Accident de plongée : comment éviter la suite d’erreurs à ne jamais faire

La presse nous relate encore trop souvent des cas d’accidents de plongée conduisant à la mort des personnes.

Bien que certains accidents de plongée demeurent inexpliqués ou ont des causes très nettement identifiées, d’autres s’avèrent être le résultat de la conjonction de plusieurs facteurs défavorables qui, pris un par un, n’ont peut-être pas d’incidence, mais qui, en s’additionnant, peuvent mener à des situations dramatiques.

La plupart de ces facteurs d’accident de plongée peuvent pourtant être réduits, éliminés ou neutralisés par une plus grande vigilance du plongeur envers lui-même, par celle des membres de la palanquée et/ou par le directeur de plongée.

Ce n’était pas le cas cette année … il y a plusieurs années … au début d’un été caniculaire…

Première erreur : je plonge

Avec un groupe d’amis, nous décidons d’aller plonger et nous nous donnons rendez-vous dans une carrière belge en milieu de matinée.

Je suis fatiguée physiquement et psychologiquement. La semaine a été éprouvante et la mort d’une collègue au boulot m’a énormément affectée. Je me dis que plonger me fera du bien, je me sens si bien sous l’eau.

A cette époque, je suis plongeuse autonome limitée à 30 m de profondeur et j’ai une bonne centaine de plongées au compteur.

Deuxième erreur : le profil de plongée

Lors de la plongée, mon binôme (même niveau de plongée que le mien) rencontre un problème avec son matériel et deux fois de suite nous sommes contraints de remonter en surface mais redescendons chaque fois à – 30 m

Finalement, notre plongée yoyo se passe bien. Nous ressortons de l’eau… la chaleur est accablante.

Troisième erreur : les petits détails qui tuent

Il fait vraiment chaud et magnifiquement beau et notre groupe de plongeurs décide de se rendre dans une autre carrière pour effectuer une seconde plongée avant de se retrouver, en début de soirée pour une activité chez l’un d’entre nous.

Ni un ni deux, nous remballons notre matériel de plongée en vitesse. J’ai soif, je bois un peu d’eau … ma bouteille est vide. Tant pis, nous y allons.

Une heure après la première plongée, nous sommes au bord de l’eau prêt à nous équiper. Tout en grignotant notre sandwich, nous attendons encore 30 minutes avant de nous immerger pour avoir un intervalle de surface qui nous semble « acceptable » 😉

Quatrième erreur : on ne prend pas les mêmes et on recommence

Mon binôme du matin ne faisant pas partie des plongeurs de l’après-midi, on m’attribue un autre binôme qui est le seul du groupe à avoir un niveau de plongée supérieur au nôtre. C’est un plongeur 4* CMAS en qui j’ai toute confiance.

Il me propose de descendre à 40 m. Why not ?

Ça me tente bien et lui et moi pensons, en toute bonne foi à l’époque, qu’avec nos niveaux de plongée nous pouvons aller 10 m plus bas que mes prérogatives puisque j’ai déjà commencé ma formation de plongeuse autonome à 40 m (que je réalise bien entendu avec des instructeurs certifiés et compétents mais dont aucun n’était présent ce jour là). Bien sûr, nous savons que c’est plus profond que la plongée du matin, mais le plan d’eau nous tente et nous décidons de plonger tout de même à cette profondeur … ce n’est pas pour une fois que nous le faisons que nous allons avoir un problème !

J’ai toujours si soif … vite dans l’eau pour me rafraîchir (!!!)

Nous nous immergeons en combinaison étanche dans une eau avoisinant les 5°C à certains endroits et descendons jusqu’à -40 m. Je me sens un peu bizarre (la narcose ?) et me rapproche de mon binôme « au cas où » mais sans rien lui communiquer. Durant les dernières minutes de la remontée, je me sens bof-bof, sûrement la fatigue accumulée … On refait surface +/- 45 minutes après le début de notre immersion.

Cinquième erreur : le déni d’accident

A peine sortie, une douleur cinglante me traverse le bas du dos et je me retrouve au bord de l’eau, bien incapable de faire le moindre mouvement.

J’informe immédiatement mon binôme qui propose que je laisse mon bloc sur place. Il reviendra plus tard le chercher. Je marche péniblement vers ma voiture, m’habille et rejoins les autres membres de mon groupe de plongée dans l’espace fait à l’intérieur de notre cercle de voitures 😉

Il fait chaud et l’un des plongeurs me donne une petite bouteille d’eau … ça fait du bien. Comme je n’arrive pas à rester debout, je m’allonge à plat dans les graviers et nous discutons de la planification du reste de la journée. Mon binôme me dit que c’est étrange ces maux de dos et me demande si cela m’arrive souvent. Je réponds que dans le passé j’ai régulièrement souffert de maux de dos, qu’ils ont disparus depuis longtemps mais qu’ils sont sûrement de retour. Personne ne s’inquiète outre mesure et le temps passe.

La valise DAN est là, à quelques mètres de moi, avec la bouteille d’oxygène prête à servir … et personne n’y pense. On parle, on rigole, la vie est belle.

Pour aller chez notre ami qui nous accueille pour la soirée, je donne ma voiture à une autre personne et embarque avec deux amis plongeurs.

Le trajet dure 20 minutes et je m’effondre sur le siège arrière en leur disant que c’est douloureux et que je me sens mal.

Dès mon arrivée chez lui, mon ami me donne 1 gramme de paracétamol pour faire passer le mal de dos. Une demi-heure plus tard, comme il n’y a aucun effet du médicament, je décide de raccourcir ma soirée et de rentrer chez moi. Cela fait environ deux heures que j’ai terminé ma plongée et j’ai toujours au moins aussi mal au dos.

Je rassure mes amis en leur disant que ça va aller, prends le volant de ma voiture et commence à rouler vers ma maison.

Je suis alors saisie de violentes nausées.

Je roule presque au pas tellement je me sens mal et arrive enfin chez moi où je me traîne lamentablement vers mon lit en me disant que je ne suis décidément vraiment pas bien.

A ce moment, je n’ai pas encore pensé une seconde que mon état pourrait être dû à la plongée … Je ne veux pas y penser … personne de mon groupe n’a pu / voulu y penser.

Pourtant, je ne trouve pas le sommeil : pourquoi ce mal de dos si violent ? Pourquoi ces nausées ? Pourquoi cette impression étrange dans mon corps ?

Sixième erreur : ne pas déclencher la chaine des secours

Vers 23h, j’ai enfin un flash et je prends mes livres de plongée qui sont posés sur la table de nuit : j’ouvre les pages sur les accidents de plongée et la peur me prend à l’estomac.

Ce que je lis est exactement ce que je vis dans mon corps à ce moment. En résumé, il est également écrit que sans soins, il peut soit y avoir de réelles séquelles neurologiques soit que les symptômes peuvent disparaitre dans les 24 à 48 heures. Je suis terrifiée.

Les instructeurs de mon club de plongée de l’époque nous ont si souvent répété : « au moindre doute, appelez les secours »

Je sais qu’en faisant ça … je vais finir au caisson, ça me semble évident. Mais qui s’occupera de mes 3 enfants endormis dans ma maison reculée à la campagne ?

Je panique complètement et prends la pire décision : ne pas appeler les secours et attendre le lendemain matin !

Terrassée par la fatigue, la douleur et la peur, je finirai par m’endormir au cœur de la nuit.

Quelques heures plus tard, quand je me réveille, les nausées ont disparues. Ma douleur au dos est toujours bien présente mais moins violente. Je me dis que j’ai pu me tromper, exagérer et, pour être sûre, je téléphone au kinésithérapeute pour qu’il me reçoive en urgence. Rendez-vous est pris pour la fin de la journée soit 24 heures après ma sortie de plongée.

Évidemment, il ne voit rien et ne comprend pas du tout d’où vient cette douleur qui ne lui paraît pas « logique ». Quand je lui parle de mes doutes concernant la plongée, il me dit que cela semble plus probable et me demande d’aller chez le médecin pour tout vérifier … vérifier quoi ?

Bien sûr, je n’obéis pas … puisque je vais mieux.

24 heures passent encore et tous les symptômes disparaissent comme par magie. Je vais bien, très bien. Je suis heureuse, très heureuse de me sentir en forme.

Je me dis aussi que j’ai peut-être eu de la chance …

Septième erreur : je garde le silence

Comme je vais bien, je décide de n’en parler à personne.

C’est un sentiment étrange qui s’empare alors de moi au fil du temps : peut-être que je suis trop sensible aux effets de la plongée ? Peut-être que si je le dis, plus personne ne voudra plonger avec moi ?  Peut-être que je ne serai plus autorisée à plonger ? (Impossible à imaginer !). Je préfère alors penser que j’ai rêvé tout ça. Que cela n’avait sûrement rien à voir avec la plongée. Que mon esprit s’est emballé pour rien … Mais au fond, je sais que tout s’est passé, ce moment a vraiment existé.

Une honte mêlée à la peur d’avoir mal fait me pousse alors à me taire.

Enfin la bonne attitude : je parle

Les plongées se succèdent tout l’été avec toujours cette peur pour moi de voir revenir cette horrible douleur.

C’est probablement cette angoisse qui fait que, deux mois plus tard, prenant mon courage à deux mains, je décide d’en discuter avec le chef d’école de mon club de plongée qui se montre très à l’écoute et me propose, entre autres choses, de faire quelques plongées ensemble pour retrouver confiance.

Il m’a fallu encore du temps pour en parler aux plongeurs et plongeuses qui m’accompagnaient ce jour-là et encore plus ou moins deux ans pour pouvoir en parler librement sans aucune honte à n’importe quel plongeur.

Si je vous livre ce témoignage aujourd’hui, c’est pour que cela ne vous arrive pas. Que jamais vous ne fassiez cette suite impardonnable d’erreurs à ne pas faire.

Mon objectif est que vous plongeurs et plongeuses qui lisez cette histoire, que j’ai vécue il y a plusieurs années, preniez pleinement conscience que ce sont souvent les suites de petites erreurs qui mènent à des situations de plongée dont l’issue est parfois dramatique.

Enfin, je caresse l’espoir que cette histoire puisse servir, à son échelle, à lutter contre certains accidents de plongées qui pourraient être écartés.

 

Comment éviter la suite d’erreurs à ne jamais faire ?

  • Plonger oui mais seulement quand vous êtes en forme, bien dans votre tête et dans votre corps. Si vous ne le sentez pas, vous ne plongez pas !
  • Évitez les plongées yoyos : si vous devez refaire surface pour un problème quelconque, soit vous redescendez moins profond (principe de précaution), soit si c’est une plongée ou rien ne se passe comme prévu, vous sortez de l’eau … vous plongerez bien mieux une autre fois
  • S’hydrater OUI et boire sans soif surtout quand il fait chaud !
  • Assurer un intervalle de surface le plus long possible
  • Dans la mesure du possible, faites la deuxième plongée avec le même binôme que lors de la première plongée. Si ce n’est pas possible, soyez vigilant aux profils de la première plongée de chacun des membres de la palanquée.
  • Respecter les prérogatives. Sachez que les règles de profondeur n’ont pas été établies pour vous pourrir la vie mais pour vous permettre une acclimatation douce à la profondeur et pour vous habituer donc à plonger plus profond petit à petit.
  • Déni d’accident : si on vous a surement répété qu’il est préférable d’exprimer les choses, il est possible que vous ne puissiez pas le faire le moment venu et / ou que votre déni soit vécu de façon +/- inconsciente. D’où l’intérêt d’être très attentif aux signes de vos partenaires de plongée. Il en va de la sécurité de tous.
  • En cas d’hésitation, administrer immédiatement de l’oxygène.
  • Déclencher la chaîne des secours le plus rapidement possible : « au moindre doute, appelez les secours »
  • Parler : ne restez pas seul avec vos angoisses, vos doutes, … il y a la plupart du temps dans votre entourage une bonne oreille qui peut vous entendre et vous guider.

Bien sur, tous ces conseils sont des « conseils de base », voir des évidences. Et pourtant…

L’issue pour moi aurait pu être très différente ce jour-là et beaucoup moins positive. Heureusement, ce ne fut pas le cas et on peut dire que j’ai « appris »

Aujourd’hui, après des années de plongée secures et de nombreuses formations, je suis extrêmement vigilante en plongée envers les autres et envers moi-même. Je n’hésite pas une seconde à donner de l’oxygène, à utiliser la ligne téléphonique DAN, … si j’ai la moindre hésitation à propos de mon état (ce qui n’est plus jamais arrivé depuis) ou celui d’un plongeur de mon groupe.

La plongée est un sport pratiqué dans des conditions qui ne sont pas naturelles pour les êtres humains que nous sommes. Nous devons être vigilants et attentifs les uns envers les autres afin d’éviter à tout prix la suite impardonnable des erreurs à ne jamais faire !

Bien entendu, il y a aussi d’autres façons de prévenir les accidents comme celui décrit dans cet article sur le comportement des binômes au palier que je vous encourage à découvrir.

 

Si vous souhaitez vous aussi participer à la prévention des accidents de plongée, partagez cet article !

 

Bonnes bulles et ne pas oublier d’être heureux 🙂

 

Helene

 

Post-scriptum  :

Suite à cet article, de nombreux internautes m’ont interpellée concernant deux points :

1) Je résume : « il faut être stupide pour cumuler autant d’erreurs ». Je ne le pense pas ! Ce qui est essentiel à mes yeux est de comprendre que l’erreur est humaine et qu’il est important d’en tirer des enseignements. Dans le cas exposé ici, c’est le travail d’analyse minutieux de la situation à postériori qui a permis de mettre en avant cette suite d’erreurs. J’aurai pu juste penser que la situation était arrivée parce que je n’avais pas assez bu et qu’il faisait chaud, ou que j’étais fatiguée, … sans aller au bout de l’analyse comme c’est régulièrement le cas. En effet, tous les jours, lors de plongées tout autour du monde, de nombreux plongeurs cumulent des fautes. Simplement tant qu’il n’y a pas d’incident/d’accident, cela n’est pas mis en évidence et donc, … on n’y prête pas attention

Bien que j’étais consciente que cela m’exposerait à la critique parfois (très) dure, il me paru intéressant et constructif, dans une optique de prévention des accidents de plongée, de mettre en avant tous ces petits détails que tous les plongeurs connaissent fort bien mais qui sont parfois (souvent ?) banalisés.

2) La qualité de la formation reçue et la responsabilité des formateurs. Dans le cas présent, les formateurs étaient très clairement du genre à insister sur la sécurité. La formation avait mis en évidence l’importance de tous les facteurs cités. Mais il reste toujours la liberté individuelle, l’inexpérience, la fatigue, … le fait de croire que ça n’arrive qu’aux autres. La plupart des gens passent leur permis de conduire. Pourtant, combien roulent parfois « un peu trop vite » ? Combien roulent en étant trop fatigués en rentrant le soir ? Combien roulent en regardant leur smartphone ? … Leur formateur est-il responsable de leurs comportements dangereux ?
En plongée c’est la même chose. Regardez autour de vous, prêtez-y attention, et vous remarquerez  qu’il y a un très grand nombre de gens qui ne respectent pas leurs prérogatives ou les règles de bases de sécurité, qui plongent en étant fatigués ou après une soirée arrosée, qui ne s’hydratent pas avant/après la plongée, qui ne disent rien quand quelque chose ne se passe pas bien…

Cela, peu importe le niveau de formation et/ou la qualité de celle-ci.

Suis-je stupide ? Ai-je reçu une mauvaise formation ? Peu m’importe pourvu que cet exemple à ne pas faire puisse éviter à d’autres des incidents/accidents de plongée sous-marine

Merci à vous d’avoir lu ce (très) long article jusqu’au bout et n’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous

  1. Hello Hélène, merci pour ton partage en toute humilité c’est courageux et c’est important de le verbaliser … J’adore les gens qui blâment les autres , bien souvent ce sont ceux là qui n’ont pas eu encore une alerte de cet ordre là en la vivant eux même … Déplorable comportement !
    J’ai eu pleins de petites anecdotes pas très cools sur les 50 premières plongées, du coup je suis un peu plus prudente qu’avant et un peu plus peureuse peut être, mais du coup je me contente de plonger quand je me sens à 100% d’y aller pour éviter de me faire peur, je ne suis pas accro à l’adrénaline loin de là !

    1. Bonjour Nathalie,

      Effectivement, en écrivant ce post je me suis exposée à la critique, c’est vrai. Mais je n’ai aucun problème à montrer mon parcours (avec les imperfections) qui font la monitrice de plongée que je suis aujourd’hui et qui accorde beaucoup d’importance à la sécurité.
      La plongée est et doit rester un plaisir avant toute chose.

      Tu as très certainement bien raison de ne plonger que quand tu le sens 🙂

      Bonnes bulles

  2. Bonjour
    Je suis très content d’être tombé sur ce blog
    Je te remercie Helene pour ces informations sur les accidents de plongée
    J’en ai pris connaissance et je vais en faire profiter mon entourage plongeur
    Cependant n’oublions non plus le matériel qui est aussi une partie importante des accidents
    Détendeurs mal entretenu, pile plat dans l’ordi, stab qui fuite et j’ai oublié ma boussole
    Tous ces éléments sont aussi primordiaux à notre survie dans cet environnement
    Respectez bien les dates d’entretien et ne jouez pas au petit chimiste en voulant le faire vous-même.
    Bonne bulle a tous

    1. Bonjour Oupix,
      Merci pour le retour agréable à lire que tu me fais.
      Bien entendu, l’entretien du matériel de plongée ne peut pas être négligé.
      Mais dans la suite d’erreurs présentées ici, l’ensemble du matériel était récent et/ou entretenu régulièrement par des professionnels
      Bonnes bulles à toi et n’hésites pas à revenir partager ton avis ici avec toutes et tous

    1. Cap Mish, je crois qu’avec la vaisselle tu ne risques effectivement pas l’accident de décompression même si ce sont parfois de longues plongées

  3. Merci pour ce témoignage .
    Toujours rester vigilants et à l’écoute de « nos ressentis » .
    Personne n’est à l’abris d’un incident ou accident de plongée . Personne . Ni les plus chevronnés, ni les plus attentifs . Pour preuve , la recrudescence d’accidents dits Oedeme Pulmonaire d’Immersion , qui peuvent toucher n’importe quel plongeur . Bien sur, il peut exister des pathologies sou jacentes, mais cet œdème peut survenir chez des plongeurs en bonne santé , sans pathologie, sans excès de quelque sorte et survenir sans prévenir….
    Personnellement , je pense que beaucoup d’accidents mortels en plongée sont dus à L’OAP , encore très mal connu et des plongeurs et du corps médical.

    1. Merci Fabienne pour ta réaction,
      Effectivement, l’oedème pulmonaire d’immersion est peu (pas) connu des plongeurs et plongeuses.
      Personnellement, je n’en avais jamais entendu parler.
      Quoiqu’il en soit, ça fait réfléchir !
      A très bientôt 😉

  4. Bonjour
    J ai eu ce coup de poignard dans le dos suivi 1h après d une paralysie des muscles fessier et des muscles des cuisses.
    Mis sous aspirine et oxygène rapidement et puis caisson ensuite …je m en sors avec des douleurs chroniques plus ou moins fortes et qui ont tendances à s espacer .
    Des pivotement dans les pieds la semaine d avant cet accident , une très forte fatigue dont la raison est le travail ( nous sommes début juillet à 7 jours de les vacances )….
    C était ma dernière plongée, c était à l eau d heure ….Après quelques centaines de plongées et souvent des profondes.
    Alors oui , la fatigue est dangereuse
    Alors oui , je n avais pas envie de plonger ce jour là
    Alors oui , je me disais que la plongée me ferais du bien et me destresserait après une semaine harassante. ..
    Voilà ,juste un témoignage ….

    1. Merci Philippe,
      Encore une fois une illustration du fait que ces petites choses ne sont pas anodines et que, si parfois on passe au travers des mailles, pour certains cela se transforme en accident de plongée.
      Merci beaucoup pour ce témoignage qui est finalement assez proche du mien avec malheureusement plus de conséquences.

  5. C’est bien de reconnaître son ou ses erreurs, d’en avoir fait le tour, d’en tirer les conclusions et de faire partager ….
    Il est vrai que nous sommes parfois englués dans un gel psychologique qui nous interdit de modifier un comportement  » à risque « , quand bien même il y a eu là une cascade d’ erreurs  » qui auraient pu conduire à un accident bien plus grave.
    J’ai lu plus bas que la plongée est un sport. Ce qui est faux.
    Nous ne nous battons ni contre une performance ni contre un adversaire ni contre une montre. Faire du sport améliore la condition physique.
    Or, il faut ( faudrait ) être en bonne condition physique pour plonger.
    Je plonge depuis 40 ans ( hélas ) et suis toujours étonné de voir  » l’état physique  » des plongeurs qui sont des bons vivants. Obésité, sédentarité, alcool à volonté ( voire plus … ), tabagie, polymédication sont des facteurs qui facteurs qui aggravent les facteurs de plongée.
    Et pourtant, quand on sait ce qu’on sait, je trouve qu’il y a relativement peu ( et tant mieux ) d’accidents de plongée.
    Merci de votre honnêteté et de faire partager
    Dr Boucher N4 E2

    1. Merci à vous pour ce partage.
      La plongée est-elle un sport ou un loisir ? La question mérite d’être posée car il n’est pas si évident de trancher lorsque l’on comprend l’effort que le corps doit fournir lors des plongées.
      Mais effectivement, parfois il y a trop d’alcool, trop de sédentarité, trop d’obésité, trop de tabac, … qui augmentent les risques d’accident de plongée. Et pourtant, on le sait …

  6. Une accumulation surprenante ! ! La « faute » n’est pas imputable aux plongeurs, ils sont victimes. Victimes d’une formation (doit on appeler ça 1 formation ?) dispensée par des incompétents notoires ! Ce sont eux les responsables ! Quant les plongeurs, la justice ira t-elle chercher et faire assumer les responsabilités par les vrais fautifs ?
    A vous chers amis plongeurs de vous poser les bonnes questions !

    1. Bonjour Aurélien,
      Je comprends ta réaction.
      Cependant, je pense qu’aussi bonne soit-elle une formation ne garantit pas que les plongeurs et plongeuses ne feront pas d’erreurs, consciemment ou pas.
      Tes propos sont durs au regard d’une formation dont tu ignores comment elle s’est déroulée. Ici en l’occurrence, la formation avait été d’un très bon niveau, sur du long terme et dispensée par une équipe d’instructeurs ayant une grande expérience de l’enseignement et une vision très « secure » de la plongée.
      Je pense pour ma part que chacun doit être responsable de lui-même en plongée sous-marine. Nous nous devons d’adopter les comportements sécurisants appris lors des formations.
      C’est comme pour le permis de conduire : on apprend les bons gestes. Pourtant, combien roulent parfois trop vite ? combien regardent leur portable en roulant ? Combien prennent le volant en étant trop fatigué ?… La faute doit-elle être imputée à celui qui à appris où à celui qui ne respecte pas ce qu’il a appris ?
      L’erreur est humaine. L’essentiel est peut-être de se rendre compte qu’elle existe…pour mieux l’éviter 
      Merci pour ta réaction et bonnes bulles.

  7. Très sincères remerciements de nous livrer ce témoignage. Je le relis avec humilité pour en apprécier toute la sagesse.

    Merci encore.

  8. Bonjour. Fin heureuse, heureusement. Mais ce qui m’étonne, c’est qu’il s’agit d’un accident médullaire et qu’il n’y a eu aucun signe neurologique. La compression médullaire s’exprime obligatoirement.
    Et c’est normal que la douleur disparaisse ensuite spontanément.

    1. Bonjour François,
      Je n’ai pas d’explication.
      Y a-t-il eu des signes neurologiques ? Quelque chose qui m’aurait échappé ?
      Peut-être mais je ne saurai le dire car ce qui m’est réellement arrivé est relaté ci-dessus avec le maximum de précisions. Et effectivement, après 36 à 48 heures, tout avait disparu…comme par magie.
      Merci pour ta pertinente remarque.
      N’hésite pas à questionner les autres sujets du blog auxquels tu serais sensible 😉

  9. Bonjour,
    Tout au long de la lecture , j’étais inquiet car je ne m’attendais pas à une fin si « heureuse ». En effet tant de petits riens et surtout le silence m’ont laissé à penser à une paralysie ou autre malheur de ce genre.
    Ton corps a résisté une fois et tu en as pris conscience. Merci d’avoir fait ce récit pour que nous puissions prendre conscience que le notre ne sera peut être pas aussi résistant.

    1. Bonjour Alain,
      Mon objectif au travers de ce récit, comme tu l’a bien compris, est clairement de montrer qu’aucun détail ne doit être négligé et que c’est souvent une somme d’éléments qui feront que le corps sera impacté.
      Merci d’avoir pris le temps de lire et de commenter ce témoignage.
      N’hésite pas à partager ton opinion sur les autres sujets du blog
      Bonnes bulles

  10. Bonsoir, Votre témoignage est émouvant mais, en le lisant, j’avais du mal a imaginer que ce n’étais pas une fiction. En effet, autant d erreurs est impensable. Ce jour là vous avez eu beaucoup de chance. Là est ,aussi, le constat que nous ne subissons pas de la même manière les contraintes de la plongée. D’autres ne seraient plus là pour en témoigner. Merci

    1. Bonsoir Luc,
      Non, ceci n’est pas une fiction mais un récit fidèle de l’évènement et non autant d’erreurs n’est pas impensable mais bien plus courant que l’on ne le pense.
      C’est le fait d’avoir longuement analysé la situation pour en faire ressortir l’ensemble des éléments qui a pu mettre à jour cette suite d’erreurs à ne pas faire… et d’oser la partager, des années plus tard, pour que cela n’arrive pas à d’autres.
      J’ai aujourd’hui la conviction profonde que de très nombreux plongeurs cumulent des erreurs sans s’en rendre compte. Mais tant qu’il n’y a pas de conséquences/d’accidents, on n’y prête pas attention.
      Combien s’immergent sans boire ? Combien plongent alors qu’ils sont fatigués ? Combien ne disent rien quand ils ont un problème ?… Je pense que le nombre est largement sous-estimé.
      J’ai très certainement eu de la chance ce jour là, en effet.
      Merci pour ta réaction et le temps que tu as pris.
      N’hésite pas à revenir partager tes expériences avec tous au travers des autres articles du blog 🙂

  11. Bon, eh bien tu es en quelque sorte une miraculée…Effectivement si les erreurs commises sont sources d’apprentissage, tu as là sauté plusieurs classes ! Ne recommence plus et pense à toujours bien t’hydrater avant et après la plongée (et même pendant si tu es en eau douce potable, si si je l’ai fait). N’hésite pas à partager tes problèmes, surtout sous l’eau avec ton ou tes partenaires : ça ne va pas, on ne discute pas longtemps et on remonte. Voilà en te souhaitant les plus belles plongées !

    1. Merci Dominique pour ces sages conseils.
      Effectivement j’ai du, à l’époque, avoir de la chance.
      Aujourd’hui, j’enseigne des comportements bien plus prudents aux candidats et n’hésite pas à leur expliquer que « oui, c’est humain de faire des erreurs, mais que c’est bien mieux de les éviter » et d’axer l’enseignement sur la prévention 😉
      Je te souhaite également de très belles plongées

  12. Les erreurs sont souvent là pour mieux apprendre.. Et si elles ne laissent aucune conséquence, à nous de les prendre comme le meilleur des enseignements, celui de l’expérience!
    Un plongeur averti

    1. C’est peut-être l’essence de l’apprentissage de se tromper. Je crois qu’Einstein disait quelque chose comme cela 😉
      Merci pour ton partage

  13. L’erreur a été de faire une profonde en 2eme plongee avec les qq symptôme qui précédais dans la narration.
    Humble face au danger Et ne pas craindre le jugement
    À la moindre alerte deux précautions valent mieux qu’une.
    À quoi sert la valise dan si ce n’est que de palier au problème
    Une chance que tu t’en soit bien tirée

    1. Richardallan,
      Il n’y avait pas vraiment de « symptômes » avant la deuxième plongée… mais déjà des facteurs défavorables c’est certain 😉
      Je crois que j’ai eu de la chance ce jour là…
      Merci pour ton retour et bonnes bulles

  14. moi ce que je ne comprends pas est que le reste du groupe n’avait pas pris au sérieux les symptômes d’un accident de décompression (fatigue intense , mal de dos ,nausée )c’est les signes élémentaires qu’on enseigne à tout plongeur de surcroît autonome ,pour le reste il est toujours décrit que le déni de l’accident est toujours présent chez la victime .Je suis très content que la suite des événements a eté favorable par miracle ,la règle d’or restera immuable :ne pas transgresser les règles de sécurité en plongée .

    1. Tu as tout à fait raison Abayahia : ne pas transgresser les règles de sécurité en plongée car elles ne sont pas là pour nous pourrir la vie mais bien pour nous permettre de plonger longtemps en toute sécurité.
      Même si l’erreur est humaine… et que l’on peut apprendre de ses erreurs.
      En ce qui concerne les autres plongeurs, je comprends ton incompréhension. Cependant, je tiens à préciser qu’ils n’ont eu connaissance que du mal de dos (les nausées étant apparues peu après que je les ait quittés)… symptôme pour lequel je leur ait précisé que j’avais déjà souffert de mal de dos dans le passé (même si ici le mal de dos était très différent). Bien plus tard quand je leur en ait parlé et que nous en avons discutés ensemble, ils se sont eux aussi rendu compte que nous avions tous été imprudents et pas suffisamment vigilants. Depuis, nous formons une bande de plongeurs misant beaucoup sur la sécurité et parfois presque trop alertes aux éventuels signes quelqu’ils soient 😉
      Tous ensemble… nous avons appris.

  15. Apres coup, on peut toujours se dire: on aurait du faire ceci ou cela, mais sur le coup on prend des decisions en fonction de la situation. C’ est vrai qu un peu d O2 aurait aidé mais le corps humain fait parfois des merveilles. Merci pour ce partage d experience. Bonnes plongees!

    1. Ce que tu dis est très juste Renaud
      Et bien heureusement, la plupart du temps, le corps va compenser et arriver à passer au delà.
      Mais pas toujours. D’où l’intérêt de rester bien conscient de la réalité de la plongée.
      Cela pour plus de plaisir en toute sécurité.
      Merci pour ton partage 🙂

  16. Beaucoup d’émotion.. . Ça se ressent et j’ai eu l’espace d’un instant la gorge serrée. Merci d’être lucide et en bonne santé pour partager ce qui aurait pu être fatale.

    1. Effectivement Nhermine, beaucoup d’émotion rien qu’en y repensant et quelques hésitations aussi à coucher tout cela ici sur Different Dive
      Publier cet article, c’était aussi risquer de montrer à toutes et tous mes faiblesses de l’époque, mes erreurs, … et de ce fait, m’exposer à la critique.
      En réalité, de très nombreuses personnes en plongée font des erreurs de ce type de manière +/- consciente : plonger quand elles sont fatiguées et/ou après une soirée arrosée, ne pas s’hydrater suffisamment, plonger un peu trop profond, … Heureusement, la plupart du temps cela ne porte pas à conséquence. L’erreur est humaine, mais il me semble important d’en tirer des enseignements.
      C’est pourquoi j’ai décidé d’écrire cet article car je crois très fortement à la puissance de la transmission des expériences et aux enseignements qui en découlent.
      J’espère que ce témoignage permettra à certains de prendre conscience de l’importance de tous ces petits détails qui peuvent déboucher sur un accident de plongée.
      Merci à toi pour ton commentaire. Bonnes bulles.

    1. Bonjour Mic
      C’était un article un peu difficile à écrire car finalement il me reste encore beaucoup d’émotion quand je repense à cette histoire…
      Mais je pense qu’il est important de relayer aussi ce type d’expérience pour que les plongeurs et plongeuses ne fassent pas ce genre de suite d’erreurs.
      Merci à toi pour ton commentaire encourageant 😉

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.