Accident de plongée immérité : quand survient le doute

Accident de plongée immérité

Certains accidents de plongée surviennent alors que rien dans le profil de la plongée, la condition de la personne, l’environnement, … ne peut venir les expliquer.

En effet, si une partie de accidents de plongée a une cause évidente et que d’autres s’avèrent être une suite d’erreurs à ne jamais faire, reste l’accident de plongée « inexpliqué » que l’on appelle aussi, surement à tort, accident de plongée immérité.

Bien sûr, loin de moi l’idée de dire qu’une partie des accidents serait méritée. Non, mais ceux-là sont explicables et arrivent à la suite d’une imprudence, d’un non-respect des règles de base de sécurité, d’un problème de santé, … Ils sont explicables bien que non mérités.

Les accidents de plongée dits immérités ou inexpliqués se produisent tandis que toutes les règles de sécurité ont été respectées. Bien que tout a été mis en œuvre pour en déterminer la cause, ils restent des interrogations. Tant pour les plongeurs les ayant subis que pour l’équipe médicale les ayant suivis.

C’est le cas de l’accident de plongée arrivé à Stéphane en ce début d’année 2019, juste après notre rencontre au Lac de Lioson.

Pour lui, dans le cadre de notre passion commune, il était normal de partager les expériences. Cela, afin d’apporter certains éléments ou indices à d’éventuelles questions que tout en chacun pourrait légitimement se poser.

Mais également pour lutter contre ce monde du silence encore trop présent dans le monde de la plongée

Aussi, sans aucun tabou ou gêne, Stéphane a souhaité partager avec vous sa plongée du 23 février 2019 au travers de mon blog.

En aucun cas le sujet ne va sortir du simple témoignage pour entrer dans le domaine médical. Ceci, puisque Stéphane n’est pas médecin.
Des brumes sur le lac Léman cachent en partie les montagnes
Brume sur le lac Léman | © Stephane Egger

La plongée

Le samedi 23 février 2019, avec son binôme, Stéphane plonge sur le site du Château de Chillon situé vers Villeneuve en Suisse. La plongée débute à 09h59 depuis la petite plage. Avec son binôme, ils descendent de manière conforme le long de l’omblière jusqu’à la profondeur de 41.8 m. Ils effectuent alors le virage pour revenir sur la gauche et poursuivre la plongée en étant légèrement au-dessus de 40 mètres.

“Une petite plongée bien carrée sans excès”, dira Stéphane.

Ils continuent ensuite la plongée en faisant comme toujours une exploration de la falaise en forme de Z. L’objectif étant d’avoir une remontée lente et adaptée à leur profil établi avant la plongée.

Tous les temps de paliers ont été très strictement respectés. Ils font même 10 minutes de plus à la profondeur de 3 mètres  pour regarder les petites écrevisses. La plongée prendra fin après 55 minutes sans aucun problème de remontée ou autre.

Chateau de Chillon vu sous l'eau avant l'accident de plongée immérité
Vue aquatique du chateau de Chillon | © Stephane Egger

Stéphane et son binôme sortent de l’eau, se changent et boivent du thé avant d’aller au bord de l’eau pour compléter leurs logbooks.

L’accident de plongée se déclare : premiers secours

Environ 45 minutes après la sortie de l’eau, Stéphane a l’oreille droite qui s’est légèrement bouchée. Environ 10 minutes plus tard, il commence à transpirer et perd l’équilibre. Même à quatre pattes au sol, il “tangue”. Il respire alors de l’oxygène sur un bloc de déco 80% d’un autre plongeur présent. Cependant, cela ne sert à rien et il se met à vomir sans cesse.

“Je me serai cru sur un bateau au milieu d’une tempête avec des creux de 15 mètres”, dit-il

Immédiatement son binôme ainsi que les autres plongeurs téléphonent au 144 (secours locaux) et le sécurisent pour éviter une éventuelle chute.

Prise en charge

A l’arrivée de l’ambulance (environ 10 minutes plus tard) les secouristes font les premiers examens et téléphonent tout de suite chez DAN. L’ordre est donné de transporter immédiatement Stéphane par hélicoptère au caisson hyperbare de l’Hôpital Universitaire de Genève HUG (6 minutes Villeneuve / Genève).

Lors du décollage de l’hélicoptère à plus ou moins 20 mètres, Stéphane sent un “cloc” dans son oreille et retrouve une meilleure audition.

Arrivé au service hyperbare, il est pris en charge avec rapidité et professionnalisme par un professeur Hyperbare et son assistant. A la suite de quelques examens basiques d’équilibre, ils diagnostiquent un problème vestibulaire de l’oreille interne. Stéphane effectuera alors une session de caisson hyperbare de 5 heures à – 18 mètres. Suite à cela, il peut rejoindre la chambre en marchant lui-même sans aide. A la grande surprise du corps médicale. Selon ceux-ci, il faut habituellement 2 à 3 sessions pour arriver à marcher normalement et seul.

Suite des soins

Le dimanche 24 février à 09h00, Stéphane a une deuxième session de caisson hyperbare de 2h à – 15 mètres par sécurité.

“Le caisson seul c’est très long et pas franchement folichon. Les seuls intermèdes sont toutes les 30 minutes le rinçage (enlever le masque à oxygène 100% et respirer l’air comprimé 21% du caisson)”, raconte Stéphane.

Suite à ce deuxième passage le personnel lui offre un pain chocolat, lui redonne son ordi et lui souhaite un bon retour.
Son binôme vient le chercher à Genève à 14h00 pour le reconduire à son domicile.

Stéphane note qu'il tient à remercier chaleureusement toute l'équipe soignante.

Le questionnement : pourquoi cet accident de plongée ?

Le lundi, Stéphane reste au chaud chez lui afin d’analyser sous toutes les coutures ce qui a bien pu se produire. Sans réponse à ses questions.

Le jour suivant, il va chercher son véhicule et tout son matériel qui était bloqué chez son binôme. En effet, en Suisse, la Police met sous scellés tout le matériel pour le besoin d’une éventuelle enquête du procureur.

Suite à l’intervention de la Police du lac et de leur téléphone avec Mr le procureur, il est décidé qu’aucune enquête ne sera ouverte. Cela puisque tous les paramètres ont été respectés et aucun dysfonctionnement de matériel n’est mis en cause.

Ayant fait un contrôle complet chez un ORL, il s’avère que Stéphane n’a aucune lésion de l’oreille interne. De même, il est testé négatif pour le foramen ovale perméable.

Par mesure de prévention le service hyperbare du CHUV de Lausanne lui prescrit une abstinence de 2 mois sans plonger.

Stéphane ne saura jamais ce qui l’a mis dans cet état. Un problème de l’oreille interne oui… Mais pourquoi ?

Stephane Egger juste avant l'accident de plongée immérité
Stephane en plongée au lac | © Stephane Egger

Des possibles explications de l’accident de plongée immérité 

Après un mois de film « avant-arrière et arrière-avant, pause play ralenti etc » …  une chose lui revient. Juste avant de sortir de l’eau, il a remis la tête sous l’eau pour se moucher à 2 ou 3 reprises et assez fort. Cela a-t-il pu provoquer l’accident de plongée immérité ou inexpliqué ? Ou alors un yoyo fait le jeudi précédant dans le cadre d’une formation ? Ou alors un petit peu de tout ?

Quoi qu’il en soit, Stéphane précise que, lorsqu’il plonge avec ses binômes, ils ne se quittent jamais avant minimum 1 heure passée à discuter de tout et de rien. Cela est une sage habitude car autrement, il se serait retrouvé sur l’autoroute à 120 km/h au moment des malaises.

Stéphane se rend compte aussi du côté sécuritaire de la plongée à deux et ne souhaiterait plus plonger en solo bien qu’il ait suivi la formation adéquate.

Profil de la plongée

- 55 minutes
- Température min 6 degrés / température moyenne 6.7 degrés / température de l'air 9 degrés
- Profondeur max 41.8 mètres 3 minutes / profondeur moyenne 18.1 mètres
- Pression de départ 214.29 Bar / sortie 98.6 Bar / consommation 0.76 Bar minute (normal pour moi).
- 7 minutes 50 pour descendre au 41.80.
- Palier 3 minutes à 3 mètres.
Des rayons de soleil traversant l'eau du lac Léman
Ambiance aquatique du lac Léman | © Stephane Egger

Que peut-on apprendre de l’expérience de Stéphane ?

  • Il existe des accidents de plongée dit immérités ou inexpliqués pour lesquels on ne retrouve pas nécessairement la cause.
  • Respecter toutes les règles de sécurité ne garanti pas une absence d’accident de plongée (mais diminue les risques)
  • Prendre un temps avec ses binômes après la plongée permet un bon moment mais est également une habitude augmentant la réaction face à un accident de plongée.
  • Il n’y a pas de honte a avoir un accident de plongée. S’enfermer dans le monde du silence est une réelle mauvaise idée.
  • Appeler rapidement les secours est toujours un bon réflex.
NB : comme le soulignait, à raison, un internaute en commentaire de cet article, personne ne mérite d'avoir un accident de plongée. De ce fait, nous devrions très certainement arrêter de parler d'accident de plongée immérité. Et utiliser un vocabulaire plus adéquat comme accident de plongée inexpliqué ou inexplicable. Parce que, bien entendu, personne ne mérite jamais d'avoir un accident de plongée.

Accident de plongée explicable ou non, un accident reste un évènement traumatisant qui peut laisser des séquelles. Nous n’avons qu’une vie, pensons y.

Quel est votre ressenti face aux accidents de plongée immérités ou inexpliqués ?

Postez un commentaire ci-dessous pour partager votre avis et vos expériences avec l’ensemble de la communauté des passionnés.

Et surtout… rappelez vous d’être heureux/heureuse 🤗

Hélène

L'article vous a plu ? Et si vous le partagiez avec d'autres pour encore plus de PREVENTION DES ACCIDENTS ?
  1. Bonjour Hélène,
    Oui, mon chéri a fait fermer son FOP, c’était la seule manière de récupérer ses prérogatives effectivement sévèrement limitées. Dommage qu’il ait fallu en arriver à cette extrémité, considérant qu’il a été bridé dans ses prérogatives sans certitude absolue que c’était bien un add et non pas un baro-traumatisme. Mais avec le FOP dans le portrait, tout le monde voulait rester prudent bien sûr… Un jour arrivera où on pourra mieux diagnostiquer les problèmes et conséquemment, où on pourra prendre des décisions plus justifiables.
    Bonne continuation!

    1. Effectivement, un jour peut-être
      En attendant, positivement, il n’a plus à se tracasser des éventuelles conséquences d’un FOP puisqu’il est refermé. C’est peut-être plus chouette aussi pour sa tranquillité 😉

  2. Bonjour,
    tout d’abord je suis complètement en accord avec l’utilisation du terme “inexpliqué” car trop souvent sont oubliés des détails semblant anodins et qui font dire que l’accident serait immérité. Alors que nos organismes ont toujours de bonnes raisons de réagir…
    Heureusement pour Stéphane qu’il ne s’agit que d’un vertige alterno barique (de surface).
    Il y a quelques années lors d’une croisière sur un catamaran, le matin (plus de 12h après la précédente plongée) en me mouchant au dessus du petit lavabo je me suis retrouvé en vertiges pendant plus de 5 minutes avec l’impression que le bateau faisait des tonneaux !
    Depuis je ne me mouche qu’une narine l’une après l’autre, et bouche légèrement ouverte.
    Bonnes plongées en sécurité.
    Serge
    MF1 >3000 ploufs

    1. Bonsoir Serge, merci pour cette intervention et je prend note aussi de ” ehhhhh les narines c’est chacune votre tour ).
      Oui la Sécurité c’est l’affaire de toutes et tous

    2. Bonjour Serge,
      Merci pour ton retour. Cependant, se moucher une narine et puis l’autre, si cela peut éventuellement empêcher un vertige alterno barique, cela ne sera-t-il pas un facteur d’ADD notamment pour une personne ayant un FOP ?
      Quand on sait que la plupart des gens ayant un Foramen ovale perméable l’ignore, j’aurais plutôt tendance à déconseiller de se moucher mais plutôt de se rincer le nez dans l’eau pour éliminer le mucus. Qu’en penses-tu ?

      1. Effectivement pour éviter autant que possible le FOP il vaut mieux se moucher en douceur, donc pas trop violemment

    3. Bonjour,

      Pourquoi ne pas parler d’accident “idiopathique” dans ce cas. Cela me semble plus approprié non ? Qu’en pensez-vous ?
      Cassandre

      1. Ce serait plus simple effectivement, si tout le monde en connaissait le sens. De par mon métier, j’en vois des accidents idiopathiques et les patients ne connaissent pas le sens de ce terme….
        En communication, c’est comme en plongée, on doit s’aligner sur le plus faible.
        Pour faire passer clairement un massage, il faut des idées simples portées par des mots simples
        Cela fait 40 ans que j’entends parler d’accident “immérité” sans que personne ne bouge jusqu’à il y a 15 jours quand j’ai profité de ce forum pour faire bouger les mots ….

      2. Bonsoir Cassandre, je ne connaissais pas le sens de ce mot… il est donc maintenant sûr que ce petit incident aura été bénéfique pour plein de raisons y compris une augmentation de mon savoir et ceci grâce à vous 😉
        Je suis tout à fait d’accord avec vous et Thierry Boucher.
        Le but de ma démarche était de participer en apportant une petite pierre à l’édifice de la “démuétisation” de ces incidents et en fait la rebâptisation de ces événements se joint au débat, ce qui n’est pas déplaisant 😉
        Peut-être qu’un jour …..

        Belle soirée

      3. Bonjour Cassandre, Thierry, Stéphane (et tout le monde 🙂 )
        Effectivement ce article sur l’accident de plongée de Stéphane aura eu un double effet :
        Tout d’abord celui de relater son expérience en visant l’intérêt de parler des accidents de plongée. Lever le voile de ce silence encore parfois lourd.
        Ensuite, réfléchir ensemble sur cette terminologie inadaptée qu’est “l’accident de plongée immérité”
        Il est certain que pour ma part, je ne parlerai plus d’accident de plongée immérité mais bien d’accident inexpliqué.
        Merci à vous pour cette réflexion intéressante, constructive et instructive

  3. PS. Durcir les paliers et O2 à mon avis n’auraient probablement rien changé pour Stéphane, il avait déjà prolongé son palier de 10 minutes pour les écrevisses… Et en se mouchant comme il l’a fait, est-ce qu’il n’a pas bloqué son oreille lui-même? Est-on vraiment certain que ce soit un add et pas un bête baro-traumatisme auto-inflige? Je sais, il y a quand même un délai dur à expliquer entre le moment où il s’est mouche et celui où les symptômes se sont déclarés…

    1. Accident de décompression ou “bête” barn-traumatisme? Finalement, le saurons-nous un jour ?
      En attendant, en ce qui me concerne, je m’en réfère à l’avis des experts (ici les médecins du caisson hyperbare)

      1. Bonjour Hélène,
        Sans grande importance par rapport à la situation mais puisque vous parliez plus haut de l’adéquation du vocabulaire utilisé, je saute sur l’occasion pour vous préciser qu’on utilise plus le terme de décompression. Les accidents de décompressions comprennent les accidents qui surviennent lorsque la pression diminue, donc barotraumatisme et accident de désaturation. Il est donc préférable pour éviter toute confusion, de parler d’accident barotraumatique et d’accident de désaturation. Et d’oublier le terme accident de décompression.
        Bien à vous,
        Cassandre

  4. Bonjour, mon mari a eu la même blague en Bretagne il y a 3 ans environ: 1h après la plongée, à 4 pattes, l’horreur totale, l’hélicoptère jusqu’au caisson. Première séance, il sent son oreille faire “ploc”, et puis tous les symptômes se résorbent. Par contre, un FOP lui a été détecté, qu’il a fait opérer depuis. Il s’est toujours demandé si ça n’avait pas été un vertige alterno-barique plutôt qu’un add de l’oreille interne. Je le soupçonnais de déni au début, mais au vu de la rapidité de la disparition des symptômes, du “ploc”, de l’absence totale de séquelle… On peut se poser la question. Les médecins hyperbares n’ont pas exclu cette possibilité mais vu que le traitement est le même dans les 2 situations, ils n’en ont pas fait plus de cas. On fait de la plongée technique, cavernes, trimix et tout, et c’est le seul problème qu’il ait eu. Ça ne change rien, au final, mais ça laisse songeur. Merci d’avoir partagé votre expérience, c’est vraiment courageux et profitable à tous. La communauté des plongeur catégorise rapidement d’infrequentables les plongeurs victimes d’add, et au final ça n’aide personne. Tout le monde se mure dans un silence qui nuit gravement à la pratique saine de cette noble activité.

    1. Bonsoir Sandrine,
      Permettez moi de vous remercier pour votre témoignage étrangement ressemblant au mien, j’entends bien évidemment du déroulement et de la suite médicale pour votre mari qui heureusement c’est aussi bien terminé. Est ce qu’il a aussi été contrôlé positif au test des yeux qui ne stabilisent pas en butée ” nystagmus ” ?

      Il est grand temps que tout le monde comprenne que c’est à nous de parler pour fournir des informations pour pouvoir les recouper, comparer, analyser, etc… cela ne sera que du plus pour faire évoluer notre passion.
      Nous sommes un peu des cobayes involontaires, alors autant en faire profiter les autres…
      Mais, tirons tous à la même corde !

      Sandrine et Monsieur, un grand merci de votre mot et je vous souhaite de belles plongées pour longtemps.

      1. Bonjour Stéphane!
        Non, mon chéri n’a pas été testé pour le nystagmus. 2-3 semaines après son accident, il a dû passer des tests faits par un kiné (kiné vestibulaire) afin d’évaluer les éventuelles séquelles et ses possibilités de reprise. Il a eu un score parfait sur tout. Je ne suis pas sûre que j’aurais moi-même fait si bien que lui, à la vue de ce qu’ils lui ont fait passer! Le brave kiné disait que ce test était destiné aux pilotes et aux plongeurs professionnels, afin de s’assurer que ces gens aient une oreille interne parfaite.
        Au final, notre ligue l’a tout de même bridé à plonger Nitrox, max 20m et 1 fois par jour. Par sécurité, à cause du FOP qui lui avait été détecté.
        Dans ces circonstances, et au vu de nos objectifs de plongée, il a opté pour le faire fermer.
        Bonne continuation!

    2. Bonjour Sandrine
      Un grand merci pour ton témoignage éclairant.
      Au final, ton mari a-t-il eu un ADD ou un vertige alterne-barique ? Nous ne le saurons sans doute jamais mais dans son cas, l’expérience a permis de déceler et opérer un FOP qui aurait pu être le déclencheur d’un accident de décompression plus conséquent, qui sait.
      Tu dis : “La communauté des plongeur catégorise rapidement d’infrequentables les plongeurs victimes d’add, et au final ça n’aide personne. Tout le monde se mure dans un silence qui nuit gravement à la pratique saine de cette noble activité.”
      C’est vraiment quelque chose contre lequel je veux lutter
      S’enfermer dans ce monde du silence et de la honte est une erreur pour tout le monde
      Et j’étais très heureuse que Stéphane ait eu le courage de me parler de son accident de plongée et de sa volonté de la partager avec les autres plongeurs et plongeuses.

      1. Bonjour Hélène!

        Tout à fait d’accord avec votre démarche, à toi et Stéphane! Pour nous, heureusement qu’on est un couple de plongeurs car sinon, mon chéri se serait retrouvé bien esseulé et sans réelle possibilité de plonger faute de binôme, après cette histoire… Cette période nous laisse une grosse amertume. De plongeur aguerri et exemplaire, passer au statut de “plongeur foireux” avec lequel personne ne veut plonger du fait de son FOP, c’est pas super cool. Surtout sachant qu’une personne sur 4 à un FOP, et que les FOP s’ouvrent aussi, avec les années et les choses peu recommandables que l’on fait comme se moucher fort, lever des choses lourdes en bloquant sa respiration,…

        Concernant le diagnostic du problème de mon chéri, les médecins hyperbares n’ont jamais tranché clairement à savoir si c’était un add vestibulaire ou un baro-traumatisme. A l’oral, ils nous disaient que le traitement étant le même, ça n’avait pas une importance significative pour eux de statuer.

        C’est là que ça devient super amusant, car à un moment donné, la bête victime, quand elle se sent en état, demande alors à reprendre son activité. Et là, quelqu’un doit bien prendre une décision et porter le chapeau!!

        Notre ligue a choisi la précaution en tentant de décourager mon chéri de continuer à plonger, et devant son refus, en lui bridant ses prérogatives.

        Que les médecins hyperbares ne souhaitent pas trancher à cause des raisons qu’ils invoquent, c’est entièrement justifiable. Que la ligue de plongée ne souhaite pas être plus permissive que les médecins hyperbares, c’est tout à fait compréhensible. En conséquence, il incombe donc à la victime de prendre les mesures nécessaires pour récupérer ses prérogatives, ie. l’opération de fermeture du FOP.

        Je comprends très bien comment on en est arrivé là et je ne blâme absolument personne de la ligue ou du corps médical.

        Je dis juste qu’il est tout de même nécessaire d’améliorer notre connaissance médicale afin de pouvoir prendre des décisions PLUS appropriées. Car le FOP de Chéri a peut-etre effectivement pu causer ce problème, ou aurait pu en causer un plus gros encore, c’est indéniable. Mais l’operation, faire porter ces frais sur la société, et la stigmatisation qui en résulte, sans CERTITUDE que c’était
        effectivement l’origine du problème, c’est là que je crois qu’on peut MIEUX faire. Je ne me plains pas de quoi que ce soit, attention, je dis simplement qu’il y a place à amélioration!!

        Tout ce qu’on dit dans ce thread est entièrement correct, louable et prudent, mais on ne doit pas non plus obligatoirement se cantonner dans une sur-protection paresseuse.

        Notre club de plongée avait (on est parti depuis) pour motto de dire qu’il ne faut pas faire confiance à son ordinateur car c’est une boîte noire et que personne ne sait comment elle marche. Les algorithmes de base sont disponibles et sont même faciles à comprendre, et à programmer pour les informaticiens. Suffit de s’y intéresser, et de se replonger dans les lectures scientifiques insipides.

        Quand on veut sortir des zones triviales et prudentes de plongée, il est obligatoire à chacun de s’y intéresser, car sa santé en dépend.

        J’ai moi-même écrit un planificateur de plongée, publié sur Google Play, ainsi qu’écrit un article dans une revue de plongée technique internationale expliquant comment programmer ces choses. Afin de stimuler les discussions et les réflexions.

        Plus on sera nombreux à connaître et à s’intéresser à la déco, plus on sera en sécurité. C’est facile et très commode de considérer que tout est une “boîte noire”. L’information est pourtant bien disponible pour la très grosse part, prête à être consommée. Avec tout plein de sujets à explorer davantage comme la décompression de bubulles dans les profils non carrés, et les autres centaines de choses relevées sur ce thread et ailleurs.

        Certains préfèrent aller plonger que de se taper de la lecture indigeste. D’autres veulent faire des plongées qui sont moins standard et doivent nécessairement se renseigner au maximum possible afin de mitiger les risques jusqu’à un seuil personnel acceptable. Et il y a l’insoutenable entre-deux…

      2. Merci Sandrine pour ces précisions.
        Effectivement, cela doit être dur pour ton mari de devoir se battre pour retrouver ses prérogatives.
        Bien sur, on n’a qu’une vie et il vaut mieux la conserver.
        Personnellement, je ne suis pas médecin.
        Pourtant, c’est la première fois que j’entends quelqu’un limité à 20m
        Une opération de son FOP ne serait pas une solution pour être tranquille ?
        Je continue à déplorer l’attitude des plongeurs et plongeuses qui vous attribuent un statut de “plongeurs foireux” à cause d’un FOP… c’est comment dire, pitoyable.
        Comme expliqué dans l’article sur les FOP, mon binôme a un foramen oval perméable. Cela ne l’empêche pas d’être un excellent plongeur très secure et qui adapte ses temps, profondeurs, gaz,…
        Bon courage à vous deux

  5. Ne jamais oublier que les procédures de décompression depuis plus de 100 ans sont juste des approximations mathématiques aux phénomènes phisiologiques bien plus complexes.
    Un algorithme même très évolué, une approche statistique très complète, appliqués a des tables de plongée ou des ordinateurs, ne pourront jamais prendre en compte la diversité de la physiologie humaine. De facto la sécurisation totale dans l’activité de plongée reste un objectif difficilement atteignable. La personnalisation de la décompression est un des seuls moyens actuels permettant d’éviter les ADD de type immérité.

    1. Bonsoir,
      Oui tout est approximatif et rien n’est établi avec assurance.
      Même avec une personnalisation du modèle de déco rien n’est garanti puisque certains jours nous sommes plus fatigué ou plus nerveux que d’autres jours.
      Nous devons faire face à une inconnue et c’est comme ça…
      Mais soyons prudent voilà 😉

      Bonne suite à vous Draguiev

    2. Très juste Draguiev,

      Comme le disait Bubulle plus bas : “le meilleur moyen d’être sûr à 100% de ne pas faire d’accident de plongée …. est de ne pas plonger”.
      Mais sommes nous prêts à renoncer à la plongée ?
      En attendant, personnaliser sa décompression et respecter les règles de base de sécurité aideront à éviter au maximum les ADD

  6. Content que tu t’en es sortie sans plus de problèmes, Stéphane!
    Trois choses :
    1 – trop bien l’habitude de ne pas quitter le binôme avant une heure. Je pense que je vais l’adopter (qu’on devrait tous l’adopter).
    2 – le fait de se moucher à la sortie… tout le monde le fait, mais c’est bien possible que cela fait ouvrir un FOP, et après une plongée, voilà les ‘pitbulles’ qui passent.
    3 – Il semblerait que beaucoup de ces accidents peuvent s’expliquer par une manque d’hydration – de plus en plus, les médecins nous conseillent de bien s’hydrater avant (AVANT) la plongée. Entre la déshydration par le froid, par la pression, par le temps, le sang finit par s’épaissir et les gaz ont plus de mal à se dissiper.
    J’espère que tu vas pouvoir continuer à plonger – et que t’en auras toujours envie!

    1. Charles merci de ton intervention,
      Oui nous pratiquons systématiquement le minimum 1h et c’est plus 2 que 1h ensemble après chaque plongée.
      En effet cela peut peut être la cause ou pas …
      Toujours avoir de l’eau avant et perso du thé pour après.
      Je me porte bien, je replonge avec plaisir 🙂

      Belle soirée et bonnes plongées

    2. Charles,

      Tout comme toi, j’apprécie l’habitude de Stéphane de ne pas quitter son binôme avant une heure. Habitude que je pratique aussi, à chacune de mes plongées.
      En plus de permettre plus de sécurité et une réaction plus rapide en cas de problème, cela permet de continuer de parler de l’immersion que nous venons de réaliser.

  7. Bonjour,

    Il ne faut non plus chercher midi à 14 heures.
    La plongée c’est la plongée avec ses limites c’est à dire avec ses risques.
    Nous sommes tous différents sur tous les plans : Physiques et psy.
    Rajoutons à cela la forme physique, l’âge, un peu de stress ou pas, un peu de soucis; en sachant que les émotions passent par ….le sang, donc rajoutons le froid et ce qui s’est passé peut être considéré comme normal tout en étant inexpliqué au niveau scientifique.
    Bon we.

    1. Et oui Vincent,
      Les plongeurs sont particuliers : des êtres humains comme les autres merveilleusement imparfaits et mystérieux qui, non content de promener leurs différences en surface, ne savent pas s’empêcher d’exposer leurs corps au monde sous-marin avec les risques qui vont avec.
      Mais quel bonheur ces immersions 😉

  8. Bonjour,
    Je pense que les accidents diminueront en plongée avec le développement et la popularisation de la plongée recycleur. En effet, la ppO2 est constante (1,30), l’air respiré est chaud et L’autonomie est très importante (2h30 a 3h). A 55 ans, la plongée recycleur me fatigue beaucoup moins que la plongée air à iso-profil de plongée.
    Mais, en même temps, la plongée recycleur nécessite le respect scrupuleux de règles de sécurité… On n’a rien sans rien…

    1. Bonjour José,
      Comme vous le relevez le recycleur à ses avantages, mais aussi ses rigueurs rinçages gestion des BO etc…
      Mais nous en voyons de plus en plus en tous cas en Suisse 😉

    2. Bonjour José,
      Les recycleurs se popularisent en effet. L’année passée, j’ai eu la chance d’expérimenter ce type de plongée. J’ai aimé même si le côté “sans poumon ballast” était surprenant.
      Est-ce que cela doit être généralisé ?
      Peu importe la réponse, il n’en reste pas moins que le recycleur impose une rigueur tant dans son utilisation que dans son entretien.
      Comme tu le dis, on n’a rien sans rien.

  9. Les commentaires me font penser que qu’ils faut absolument enseigner aux premiers niveaux la notion de comportements hors protocole (tables ou ordinateurs). Beaucoup de jeunes plongeurs se centralisent sur leur ordinateur et oublient l’importance de l’hydratation, primordial en plongée (vasoconstriction), de la récupération comme après chaque effort, de la préparation mentale et physique en amont etc… Négliger ce qui semble un détail peut rédhibitoire.

    1. Bonjour Jules,
      Bien qu’ayant été formé dans plusieurs filières avec beaucoup d’informations sur les avants ou après plongées etc…. il en arrive que malgré nous une certaine routine s’installe de façon sournoise concernant les petits détails qui ” sont très important ” ( style hop un petit coup de mouchage ). Nous devons perpétuellement rappeler autour de nous que même les gestes les plus routiniers ou qui semblent anodins sont à prendre avec sérieux. Et surtout toujours y penser.

    2. C’est évident Jules, et pourtant…
      Beaucoup de jeunes ET moins jeunes plongeurs vont respecter leurs ordis et oublier d’autres règles de base de sécurité. Arriver sur site de plonger quand il fait chaud, se mettre vite à l’eau “pour se rafraichir” (alors que boire et encore boire de l’eau aurait surement été nécessaire) et boire une bière ou autre alcool à la sortie de plongée sans passer par la case hydratation avec de l’eau.
      Merci d’avoir pointé cet aspect bien intéressant également

  10. Respecter scrupuleusement les règles, plonger au Nitrox, prolonger ses paliers, durcir son ordi, éviter les facteurs favorisant (froid ou chaleur excessive, déshydratation, fatigue, alcool, nervosité, fumée, etc…) sont bien évidemment des mesures de conservatisme, en plus d’être du bon sens.
    Et comme l’explique parfaitement “Boucher” ci-avant, nous ne sommes pas des modèles mathématiques. Les ordinateurs, aussi perfectionnés soient-ils, ne sont que des approximations. D’où le risque.
    Par dérision, le meilleur moyen d’être sûr à 100% de ne pas faire d’accident de plongée …. est de ne pas plonger.
    Mais bon, perso, je ne résiste pas à une belle plongée … 🙂

    1. Totalement vrai Bubulle,
      Mettre le maximum d’atouts de notre côté afin de réduire les risques, vous résumez très bien .
      Merci à vous

    2. Bubulle,
      Effectivement le meilleur moyen est de ne pas plonger. Un peu radical, certes, mais efficace 🙂
      J’avoue… je ne résiste pas non plus à aller plonger.

  11. Plongeur lac sur des profondeurs supérieurs à 40 , je ne suis jamais descendu sans mon 6 litres à 80% d’O2 et tous les paliers dans la zone des trois mètres avec les paramètres d’une plongée air. ..c’est un minimum en associant un matériel en parfait état et un renoncement de la plongée si dans les préparatifs quelque chose ne va pas.. bonnes plongées à tous.

    1. Bonsoir, normalement j’ai toujours mon bloc 80% sauf que ce jour là nous avions décidé de faire une petite plongée légère sans blocs déco. Dans la zone des – 40 Il serait peut-être bien de systématiquement faire 10 12 minutes sur du 80% ou 100%. A voir et pourquoi pas l’adopter 😉

    2. Bonjour Magliozzi,
      Le matériel en parfait état (on voit encore parfois des trucs…) et un renoncement à la plongée si quelque chose ne va pas sont aussi deux points importants dans la prévention des accidents de plognée. Cela semble être une habitude (à raison) des plongeurs effectuant régulièrement des plongées plus engagées.
      Merci pour cette réflexion

  12. Plongée et accidents, ” vaste programme…” comme disait le grand Charles
    Un peu plus de 40 ans de plongées derrière moi et malheureusement témoin d’accidents de plongée plus ou moins graves ( de simples puces au décès ).
    Sans vouloir gloser pendant des heures sur les causes des accidents de plongée, je voudrais faire passer l’enseignement que j’ai acquis avec l’âge, les centaines de plongées en tant que N4E2 et mon métier de Dr en Pharmacie et nutritionniste.
    Si on a pu expérimenter les accidents de plongée sur de pauvres animaux de laboratoire, si on peut multiplier les tissus et tenter des modèles mathématiques, il ne faut pas perdre de vue que les expériences “in vitro” ne sont pas transposables à l” ‘in vivo”.
    En d’autres termes, ce qui est mathématique est difficilement applicable à l’expérimentation et l’expérimentation en labo n’est parfois pas transposable au vécu.
    Pour l’anecdote, on pensait que l’homme pouvait aller dans les “altitudes” (50 m) au XVIII éme siècle et pourtant les frères Montgolfier ont envoyé tout d’abord … des poules.
    Les Soviétiques ont fait la même chose avec la chienne Leika qui a précédé Gagarine dans l’espace plus lointain…
    Quand même, que de précautions sont prises , combien de jours d’examen et d’analyses médicales sont effectués au retour des spationautes. Ceux-ci sont souvent des militaires, des athlètes, des civils en excellente forme qui plusieurs semestres avant leur décollage ne feront aucun excès et seront mentalement, physiquement et intellectuellement préparés.
    On se doutait confusément dans les temps anciens, on sait maintenant , que le vivant n’est pas une mécanique et que quasiment rien n’est transposable.
    Pourquoi ai-je attrapé la grippe dans le bus et pas mon conjoint ? Pourquoi ma grippe a t elle duré 3 jours alors que mon voisin restera alité 10 jours ?
    Pourquoi se lève-t-on parfois avec” la pêche”, pourquoi est on parfois déprimé, comment se fait il qu’un jour on fasse un jogging d’enfer et que la semaine suivante on peine au 3ème kilomètre ?
    Pourquoi ai-je parfois un simple mal de tête alors que je vais souffrir de céphalées quasi invalidantes 8 jours plus tard, sans raison aggravante ?
    Les Hommes, s’ils naissent libres, ne sont pas égaux ou, comme disait Coluche, certains sont plus égaux que d’autres…
    Les “inexplications” des accidents de plongée sont à rechercher parfois dans d’étranges shunts sanguins qui ne permettent pas les bons échanges gazeux, d’autres auront un foramen ovale plus moins important etc etc.
    Et puis, 2 plongeurs ne sont pas semblables entre eux ( à la différence de certains triangles …).
    L’un aura fait un peu de sport ces derniers temps, l’autre pas ( ou trop et trop récemment ), l’un fume, l’autre sera en surpoids, l’un plonge peu, l’autre trop …
    Et dans les susceptibilités individuelles, il est impossible de présenter le même corps avec le même mental à chaque plongée.
    Nous avons tous eu retours de plongée différents. Certains jours, glorieux, d’autres jours un peu piteux. Et pourtant, même plongées, mêmes sites, mêmes profils. Et pourtant …
    Une méforme physique, même infime, une digestion alourdie, un sommeil mal réparateur, une entrée d’eau glaciale dans une combinaison soit disant étanche ou semi-étanche, une bière mal évacuée, des vapeurs de nicotine non évacuées, une prise de médicament, un souci professionnel, une discorde conjugale, et voila notre organisme qui ne sera pas à l’abri de tout ( l’est il jamais ? ).
    Et puis, n’oublions pas le mot à la mode : ” Le risque Zéro n’existe pas “.
    Chercher absolument une explication à tous les accidents est une chimère.
    Nous sommes sortis de l’eau il y a 500 millions d’années et peu de mammifères y sont retournés.
    La mer et les grandes pressions ne sont pas notre environnement naturel.
    Les dysfonctionnement générés alors sont immenses et inconnus.
    L’homme n’est pas une mécanique et nous ne savons quasiment rien de la Biologie qui nous gouverne.
    Ce dont on est sûr, c’est que plus on entre en connaissance, plus on sait qu’on ne sait …rien.
    Méfiance donc.
    Ne plongeons qu’en réduisant le plus possible les causes connues des accidents de plongée et pour les autres ( dites maintenant inexpliquées…) prions Neptune / Poséidon de ne pas nous en vouloir d’aller explorer leurs royaumes.

    1. Bonsoir Boucher,
      J’ai lu votre commentaire avec beaucoup d’attention, il n’est que vérité et lucidité. En effet le corps et ses fonctionnements demeureront pour encore longtemps un grand mystère de la science. Faisons le maximum par rapport à ce qui est connu, et pour le reste ” ne prenons pas de risques supplémentaires.
      Belle soirée
      Poséidon, Neptune et Nérée on vous aime 😉

    2. Merci pour ton retour
      Mais non tu ne gloses pas, que du contraire.
      Tout comme Christian ci-dessous, tu mets en évidence le fait que nous n’allons jamais nous comporter comme des ordinateurs, de manière prévisible. Au contraire, chaque plongeur ou plongeuse ira vers son expérience avec son unicité, ses spécificités permanentes et temporaires.
      Comme tu le dis si bien l’un attrapera la grippe et l’autre pas.
      Le corps humain, son fonctionnement et ses réaction reste encore mystérieux et surprenant.
      Alors, lorsque nous aurons épuisé nos neurones à réfléchir à tout ce qu’il faut ou pas mettre en place pour non pas empêcher l’ADD mais en diminuer les risques, il nous restera, outre le bonheur de l’immersion, l’humilité.

  13. Merci bcp pour le témoignage de Stéphane
    Le seul facteur favorisant apparent est le froid , à priori , avec 6 degré de T de l eau
    Le problème est aussi que nous ne sommes pas des modèles mathématiques , que sont les algorithmes de nos ordinateurs
    Des publications de l US Navy ont montré que chez les plongeurs de combat , une recrudescence des Osteonecroses Dysbariques (ADD type 1) étaient observées depuis l avènement des ordinateurs
    Revoir la courbe de sécurité ?
    Se pénaliser un peu plus en fonction de sa forme ?
    L idéal mais compliqué étant le palier à 6 m a l O 2 pure ..
    Christian MF1 , médecin hyperbare

    1. Bonjour Christian,
      Merci pour votre appréciation et vos informations, je vais en effet durcir un peu mes GF et de façon systématique utiliser lorsqu’il est possible un nitrox ainsi que procéder à du palier 9m sur du 80% ou 6m sur O2 100%. Il est tellement bête de s’en passer alors que l’on a les formations requises.
      Typiquement dans ce cas les 10 ou 15 dernières minutes entre 6 et 3 mètres sur un 80 % ou 100% ne serait que du plus en sécurité.
      Merci à vous Christian 🙂

    2. Bonjour Christian,
      Merci pour ton retour éclairé d’expert.
      J’aime assez ta vision des choses : effectivement, nous ne sommes pas des mathématiques. D’autant que les algorithmes de nos ordinateurs (et les tables) ont été, sauf erreur de ma part, conçus au départ d’un public de plongeur très différent du profil des plongeurs loisir d’aujourd’hui.
      Certains plongeurs ont peur de durcir leurs ordinateurs car ils ne veulent pas “ennuyer” les autres avec d’éventuels paliers plus longs. Personnellement, j’ai fait entre autres choses le choix de régler le palier de sécurité sur mon ordinateur à 5 minutes au lieu de trois. Parfois ça ennuie les autres, parfois.

      1. J’ai fait exactement le même choix que toi Hélène.
        Cela n’aurait “peut-être” rien changé, mais ne rien faire c’est ne pas évoluer ou s’adapter 🙂

      2. Cote durcissement, ok pas de pb.
        Par contre, si tu plonges avec des inconnus, alors dis-le lors du brief initial. Très désagréable d’etre devant le fait accompli

      3. Bonjour Solente,
        Je précise toujours dans le briefing que mon ordinateur non seulement va me proposer les paliers à +/- mi profondeur (et que je vais les faire) mais qu’en plus qu’il est réglé à 5 minutes de palier de sécurité et que je vais le faire aussi. 5Notons que cela fait partie tout de même des recommandations de DAN)
        Jusqu’à présent, cela n’a jamais posé de problèmes à aucune des palanquées avec lesquelles j’ai pu plonger. Maintenant, celui qui ne veut pas plonger avec moi aura certainement bien d’autres binômes… je ne lui en voudrai pas, c’est certain 😉

      4. Solente désolé je n’avais pas vu cette réponse, oui bien entendu j’informe mes binômes que je risque d’avoir des paliers profonds et un safety de 5 minutes au lieu de 3. Connaissant mes binômes ou binômettes cela ne va poser aucun problème, au contraire certains ont adopté également un safety five.
        Belle journée

  14. Bonjour,
    Merci pour ce partage idem pour moi il y a 6 mois sauf que les symptômes sonts apparus 12h après ma 2em plongées de la journée ..
    plongées dans les règles moins de 40m sans paliers obligatoires etc mais lors de la 1ere je me suis également mouché fort avant l immersion.
    j ai part contre fait 10 jours d hôpital 13 séances de caisson.
    et que côté séquelles moi c est au final plus compliqué j ai eu 2 hemoragies dans l oreille interne…
    sourd d une oreille,vertiges en permanence, manque de concentration etc handicap lourd et pas de grosse amélioration pour le moment..
    Cela fait plus de 20 ans que je plonge plus de 1200 plongées a mon actif et des yoyo pendant les cours de formations et cela sans le moindre problème.
    Mais il faut rester positif
    Bonnes bulles a vous Patrick

    1. Patrick, tout d’abord je vous souhaite de récupérer au plus vite et surtout à 100%.
      Merci de ce récit très intéressant aussi qui apporte une fois de plus la Certitude que rien n’est Certain !
      De part mon témoignage je me rend compte que nous sommes un grand pourcentage à avoir eu un incident, je découvre avec surprise le nombre de cas dans mon entourage proche alors que personnes ne le disait.
      Très bonne récupération à vous Patrick

    2. Merci Patrick pour ton témoignage
      Comme le souligne Stéphane, nombreux sont ceux et celles qui ont été victime un jour ou l’autre d’un ADD sans nécessairement en parler et dont les langues se délient lorsqu’ils se rendent compte qu’ils ne sont pas les seuls
      Malheureusement, dans ton cas les séquelles semblent beaucoup plus importantes.
      Je n’ose même pas imaginer les vertiges en permanence 🙁
      J’espère de tout mon coeur que tu pourras récupérer le plus rapidement possible.
      Reste positif, plein de courage pour toi.

  15. Une chose est sûre c’est que chaque accident a un lien physiologique de cause à effets.
    Qu’on n’arrive pas à l’expliquer sans aucune ambiguïté malgré le respect strict des protocoles et procédures en vigueur montre surtout la fragilité des standards de sécurité des moyens de décompression. Plus j’avance dans le monde de la plongée et plus je me rends compte des écarts de valeurs et d’appréciation de nos chers ordinateurs, tables et autres moyens de désaturation. Comme il n’y a aucune vérité en la matière, juste des statistiques qui confortent telle ou telle attitude, je dois accepter le risque d’évoluer dans un milieu qui ne m’est pas naturel et qui a des répercussions sur mon métabolisme.
    Je dois aussi accepter d’apprendre des règles établies officiellement ainsi que des expériences de mes pairs. Merci pour ce partage Stéphane car à chaque fois que je remonte vers la surface je me pose la question du dégazage anarchique (pour les néo haldaniens) et/ou de la micro bulle (pour les autres) que je vais nécessairement devoir gérer pendant plusieurs heures. Je prends ton expérience pour renforcer mon humilité et ma vigilance.

    1. Merci Jf, commentaire très pertinent puisque oui rien n’est établi ou et scientifique, à nous de prendre les bonnes décisions concernant notre sécurité.
      Durcir les ordinateurs, utiliser des gros Nitrox, s’imposer des paliers 80% ou plus…
      Perso j’ai mon choix, il ne me mettra pas à l’abri mais j’aurais tout de même pris des décisions allant dans le sens sécuritaire 😉
      Good dive

    2. Comme tu le soulignes Jean-François, nous sommes quelque part un peu des cobayes et nous devons accepter d’évoluer dans un monde encore assez peu connu.
      Bien sur, il y a toujours l’option de durcir au maximum les ordinateurs, de limiter les profondeurs et/ou les temps d’immersion, d’utiliser d’autres gaz,… Mais cela nous mettra-t-il hors de danger ou juste dans une situation ou l’on diminue le risque ?
      Finalement nous n’en savons pas grand chose .Et parfois, malgré toutes les précautions, un ADD surviendra alors bien même que nous aurons respecté toutes les règles de base de la sécurité comme ce fut le cas pour Stéphane
      Alors oui, il nous reste l’humilité.

  16. Bonjour Hélène. Merci pour ce bel article et merci à Stéphane d’avoir partagé son expérience.
    À mon tour je voudrais partager la mienne. Et j’ai été victime d’un add cutané lors d’une croisière en Thaïlande en novembre 2018. Cet accident est survenu environ 1h30 après la 3e Plongée de la journée. 3 plongées dans la zone entre 20 et 30 mètres. des plongées assez faciles sans courant avec un profil carré et des temps de palier respectés.
    Voici les symptômes : Une grande fatigue, impression d’être essoufflée et surtout des marbrures qui commençaient à apparaître sur le thorax.
    Le guide francophone du bateau a très vite réagi et m’a mise sous oxygène puis aspirine puis hydratation. Il a pris contact avec le médecin hyperbare du caisson de Phuket. Tout est rentré dans l’ordre très rapidement. Je suis quand même restée sous oxygène pendant 4 heures en faisant des pauses de 5 min toutes les 20 min.
    Revenue en France j’ai vu un médecin hyperbare et un médecin fédéral. J’en ai aussi parlé au médecin de notre club qui médecin fédéral, médecin du sport et mf1.
    Tous les examens se sont révélés négatifs. Pas de fautes. Du coup une interdiction de plongée de 3 mois. Ensuite je peux reprendre sans restriction mais de préférence au Nitrox.
    Ce weekend d’ailleurs je pars avec mon club plonger sur antibes.Reprise pour moi avec un peu d’angoisse malgré tout…

    1. Bonjour Perrine,
      Votre témoignage et très courageux aussi et merci.
      Dans votre cas ce fût aussi une très mauvaise surprise qui c’est heureusement bien finie pour vous grâce à une réactivité du guide, lorsque l’on dit qui ne faut pas tergiverser et agir c’est bien vrai 😉
      Je vous souhaite de magnifiques futures plongées.

    2. Merci Perrine pour ton partage,

      De manière tout à fait empirique, j’ai déjà pu constater à quelques reprises que des ADD cutanés se produisaient lorsqu’il faisait chaud. Je pense que lorsque l’on plonge en été et/ou sous des latitudes bien ensoleillées, il faut encore plus être prudents qu’à l’accoutumé et penser à s’hydrater et boire bien avant d’avoir soif.
      Je te souhaite une excellente reprise et de très belles plongées à Antibes avec ton club

  17. Juste un mot, en vitesse pour essayer de nous sortir de la bouche cette affreuse expression “d’accident immérité”.
    A mon sens, personne ne MERITE d’avoir un accident de plongée et personne ne MERITE de rester aphasique, en fauteuil roulant, voire de décéder des suites d’une plongée.
    Cette expression est horrible et les accidentés ne méritent pas ce terme d’immérité.
    Un accident est expliqué, explicable, ou inexpliqué voire inexplicable mais ne sera jamais mérité ou non.
    Il serait bien qu’Hélène qui communique bien fasse passer le message
    Sur ce, bonnes plongées bien méritées à tous …;-))

    1. Merci beaucoup Thierry d’avoir pointé cela.
      Bien sur, personne ne mérite de vivre les conséquences d’un accident de plongée.
      Le terme, même s’il est usité, mérite d’évoluer.
      En ce qui me concerne, sur la lecture de ton commentaire, j’aurai appris.
      Et, je me suis permise d’apporter une correction en ce sens.
      Merci pour ta vigilance, ton bon sens et la sympathie avec laquelle tu as pu l’exprimer.

    2. Bonsoir Thierry, c’est évident que cette remarque est pertinente car en effet personne ne mérite quoi que ce soit de négatif dans sa vie … et comme le nb apporté par Hélène ou cité par toi ” inexplicable ou inexpliqué ” devrait être utilisé… c’est ce que je vais faire
      Belle soirée

  18. Un très grand merci à Hélène pour son travail afin de pouvoir publier ma plongée témoignage, j’espère que cette petite contribution permettra de briser un certain tabou, pudeur ou gêne de parler ouvertement des petits couacs qui peuvent nous arriver car dire que cela ne va pas fait gagner de précieuses minutes 😉
    A toutes et tous, je vous souhaite de belles bulles

    Stéphane

    1. Merci à toi Stéphane d’avoir partagé avec nous toutes et tous ton expérience. Vivre un accident de plongée n’est jamais une belle expérience et pouvoir en parler permet aussi à d’autres de mieux comprendre et appréhender ce qu’ils vivent et ressentent.
      Je ne doute pas un instant que tu pourras reprendre beaucoup de plaisir dans tes immersions futures

      1. Ça a été avec plaisir Hélène, le but étant de faire avancer notre sport, notre passion afin d’un jour nous puissions peut-être apporter des réponses à certaines questions

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