Accident de plongée : Appeler les secours en cas de doute, vraiment ?

Marseille, été 2018, je plonge dans un petit club sympa avec 4 autres personnes sur le bateau dont une jeune femme qui termine le passage de son niveau 2 et qui, tout en montrant des signes d’angoisse évidents, me dit être assez stressée. Le deuxième jour, je discute un peu plus avec elle sur les raisons de son stress. Elle m’explique qu’elle termine ses études de radiologue et est en stage dans 3 hôpitaux différents de la région marseillaise. Elle ajoute que sur la semaine qui vient de s’écouler, elle a vu passer pas moins de trois cas de personne qui présentait des bulles après une plongée.

« Ils étaient tout pétillants » me dit-elle avec un humour inquiet.

Je tente tant bien que mal de la rassurer pour qu’elle puisse prendre du plaisir lors de sa plongée, aborder sereinement ses exercices et lui explique que, selon moi, la meilleure des choses à faire en plongée est de ne jamais aller outre les règles de base de sécurité en gardant à l’esprit que, même si on l’adore, le monde aquatique n’est pas notre milieu naturel et peut être que, d’une certaine façon, nous sommes un peu toutes et tous des cobayes.

Quelque part, dans mon esprit me reste l’expérience de la suite d’erreurs à ne jamais faire qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques et ce monde du silence qui sévit dans l’univers de la plongée et que j’aimerais voir disparaître.

Pourtant, en cas de doute sur un éventuel accident de plongée, je ne suis pas du tout convaincue que nous agissons toujours de la meilleure des manières notamment en ce qui concerne le déclenchement de la chaîne des secours.

Appeler les secours en cas de doute, vraiment ?

Il est courant d’entendre qu’en cas de doute sur des signes visibles de suspicion d’un accident de décompression (ADD) ou accident de plongée (ADP) et lorsque la personne est tout à fait consciente, il faut administrer de l’oxygène et surveiller la personne pour voir comment son état évolue avant de réévaluer la situation après +/- 30 minutes et appeler, si besoin, les secours.

A mon sens, en cas de doute sur des signes visibles de suspicion d’un accident de décompression (ADD) ou accident de plongée (ADP) et lorsque la personne est tout à fait consciente, il faut administrer de l’oxygène, surveiller la personne et DIRECTEMENT appeler au moins le numéro international de DAN ou le numéro local de DAN pour expliquer la situation dans laquelle nous nous trouvons et demander conseil sur les actions à effectuer. Je ne connais pas d’autre service aussi efficace et uniquement orienté « plongée » (mais n’hésitez pas à en signaler d’autres en commentaire si vous en connaissez) et, il est rare que sur le site où vous vous trouvez, personne ne soit affilié à cet organisme.

DAN est un organisme international d’études en rapport avec la plongée pour entre autre améliorer la sécurité et qui propose également des assurances spécialisées pour la plongée, qui met en place pour ses membres un service d’appel avec près de 200 médecins spécialistes en médecine hyperbare qui sont disponibles 24/24 et 7/7 jours pour répondre aux questions liées aux incidents/accidents de plongée.

Le numéro d’appel international est le +39-06-4211-5685

Je ne suis pas sponsorisée par DAN mais la ligne internationale est efficace alors bon sang n’hésitons pas. Si nous appelons DAN, ils pourront nous conseiller de la meilleure façon qu’il soit. Si nous ne faisons rien …

Si la personne n’est plus (ou pas) tout à fait consciente, alors on n’hésite pas et on enclenche la chaîne des secours IMMEDIATEMENT.

Dans les cours de secourisme de plongée, un des écueils possible est que l’on apprend à réagir tellement « bien » que l’on pourrait croire que l’on peut réagir seul et « oublier » de déclencher la chaîne des secours ou la déclencher trop tard. Personne ne devrait JAMAIS se substituer à un avis médicale autorisé. Gardons toujours à l’esprit que nous ne sommes que des secouristes plongeurs et pas des médecins hyperbares ou/et urgentistes (sauf pour un tout petit nombre d’entre nous)

Notre rôle est de maintenir l’état de la victime en attendant l’arrivée des secours.

Les formations au secourisme sont très importantes. Cependant, ce n’est pas parce que l’on suit une formation de secouriste plongeur ou autre que l’on devient médecin et certainement pas médecin hyperbare et urgentiste ! Ne l’oublions pas

N’attendons pas non plus d’avoir une réponse via les réseaux sociaux. Même si cela peut paraître incroyable, c’est du déjà vu : quelqu’un demande conseil via les réseaux sociaux pour savoir si ce qu’il observe/ressent juste à la sortie d’une plongée nécessite de déclencher la chaîne des secours. Je ne peux que vous conseiller de ne jamais faire cela et de ne pas tenter non plus d’apporter une réponse autre que : « appelle un spécialiste ».

Quelqu’un ne se sent pas bien en sortie de plongée ? Ce n’est pas NORMAL, on demande conseil sans hésiter : 112, DAN, canal 16 ou canal de détresse DSC selon où l’on se trouve !

En plongée, en cas d’accident, chaque minute compte

Pourtant, dans la pratique quand le plongeur qui présente un problème est conscient, même lorsqu’il y a une action (et ce n’est pas toujours le cas), peu de personnes appellent directement la ligne DAN et/ou le 112 ou le canal 16 si vous êtes en mer.

C’est pourtant tout simple à faire, ça ne coûte RIEN et ça peut avoir de vrais effets … au minimum celui de rassurer le plongeur qui présente un problème et les personnes présentes autour de lui.

Mais pourquoi donc cette attitude hésitante d’appel des secours perdure-t-elle ?

A mon sens, les personnes ont tout simplement honte ou peur

De quoi ont peur les plongeurs et plongeuses ?

  1. D’avoir l’air bête : de quoi aurais-je l’air si c’est une fausse alerte,… ▶️ et de quoi aurez-vous l’air s’il s’agit vraiment d’un ADD et que vous n’avez rien fait ?
  2. De ne pas être « légitimé » pour appeler les secours  ▶️ peu importe votre niveau de plongée, si vous avez un doute vous devez appeler les secours
  3. Des conséquences financières : et si j’appelle les secours pour rien, le plongeur va m’en vouloir de devoir payer la facture,… ▶️ comment estimer le prix d’une vie ?
  4. De ce que cela va impliquer (ambulance, pompiers,…) ▶️ ou pas !
  5. De l’importance de l’urgence : « oui mais je ne vais pas monopoliser les secours alors qu’ils ont peut-être des cas plus urgents à traiter ailleurs » ▶️ Ce n’est pas à nous de déterminer si le cas est prioritaire ou non, laissons faire les pros !
  6. Des dérangements associés : qui va reprendre le matériel, le véhicule, s’occuper des enfants,… ▶️ voir point 3 pour rappel 
  7. Des conséquences de plongée : mon voyage est prévu la semaine prochaine, la sortie club va avoir lieu, plus personne ne voudra plonger avec moi,… ▶️ renoncer à l’une ou l’autre plongée est ennuyeux, ne plus jamais pouvoir plonger est bien différent
  8. De voir l’organisme assureur refuser de nous assurer ou demander une surprime ▶️ ce n’est pas, à ma connaissance la politique d’un organisme comme DAN qui veut avant tout connaitre et étudier les conditions réelles des accidents.

Pourtant, à mon sens, que nous soyons victime  binôme ou accompagnant, nous ne pouvons pas commencer à douter sur une de ces raisons :  nous n’avons qu’une vie et notre santé ou celle de notre binôme ne peut souffrir d’approximation.

Reporter l’action ne sert à rien, on risque juste de voir empirer l’état de la personne.

Appeler les secours en cas de doute, vraiment ?  Oui, VRAIMENT, sans hésiter

Et surtout… n’oubliez pas d’être heureux/heureuse 🤗

Hélène

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    1. Mais Robin… ça n’a rien à voir avec la plongée ou je me trompe ?
      N’empêche c’est un beau sauvetage 😉

  1. Didier,
    Encore une fois désolé si tu t’es senti agressé : ce n’était pas du tout mon intention et je te prie donc de m’en excuser. C’est une fait que je connais mal ton pays et que comme je suis français, je suis donc forcément arrogant et borné (et en même temps, on peut quand même être fier d’etre le pays qui a inventé la plongée, lol).
    Ce que je voudrais comprendre, donc, c’est quel est l’interet du DAN dans un pays comme la france qui s’en est très bien passé jusqu’ici : on a déjà un système de déclenchement de secours (le CROSS), des médecins hyperbare et des médecins fédéraux pour le conseil, des DP sérieusement formés, des caissons un peu partout (même à paris), et une assurance fédérale que tout plongeur a par principe.
    Pourrais tu éclairer pour moi cette partie ? Je serais ravi d’etre contredit ou éclairé ici !
    D’autre part, je dois quand même dire que l’idée d’appeler Le DAN en cas de doute avant d’intervenir me défrise un peu : c’est forcément une perte de temps par rapport au sacro-saint O2 + canal 16, non ? Je préférerai toujours declencher les secours pour rien au lieu de louper une internvention vitale…

    1. Robin,
      Tout d’abord je veux te dire qu’en prenant du recul, je ne le prends pas vraiment mal ; quoi que ; et que tout le monde peut se tromper, j’accepte donc tes excuses. J’ai pas mal de famille et beaucoup d’amis proche (de la vrai vie) qui vivent en France et j’ai cette particularité malgré un œil étranger de pouvoir bien regarder dans l’interne d’outre Quiévrain. Nous sommes aussi très fiers pour un si petit pays de pouvoir aligner entre autre Adolphe Sax, l’inventeur du Saxophone, Etienne Lenoir, l’inventeur du premier moteur à combustion interne utilisable, Zénobe Gramme l’inventeur de la dynamo, Charles Van de Poel détenteur de 249 brevets et inventeur du tramway électrique, Mercator qui nous permet de regarder la terre sur une mappemonde et situer nos spots de plongée très visuellement, André Vésale qui le premier à décrit scientifiquement l’anatomie humaine, et pour s’arrêter car il le faut bien, George Lemaitre fondateur de la théorie du big bang et un des très rares à avoir dès le début compris la théorie de la relativité d’Einstein, tu comprendras que j’aime et je suis fier de mon « petit » pays. Mais le Belge est discret, réservé, sans doute trop.

      Outre cela pour en venir à DAN, il me sidère parfois de voir comme certaines personnes sont dans leurs schémas et restent dans leurs schémas sans tenir compte qu’il existe d’autre choses et qu’entendre n’est pas suffisant, au contraire écouter est bien mieux. Parfois je me demande comment faire, pour passer au-delà du « on a toujours fait comme cela » ?
      Je vais donc remettre l’ouvrage sur le métier.
      DAN n’est pas une ASSURANCE !
      DAN n’est pas un SERVICE DE SECOURS !
      DAN n’a aucune intention de devenir l’un ou de remplacer l’autre ni en France ni ailleurs !
      J’espère que ça c’est clair ?
      DAN est une association sans but lucratif ayant pour mission d’étudier la plongée, d’effectuer des recherches pour augmenter la sécurité en plongée sur le plus grand échantillon possible de plongeurs pour que les résultats soient les plus représentatifs possibles. Pour info nous sommes environ 7,6 milliards d’individus sur terre. Vous êtes environ 60 million en France pour environ 300.000 plongeurs, en Allemagne il y a environ 800.000 plongeurs et en Belgique environ 40.000 plongeurs. Il est souvent très utile de remettre les choses en perspective. Et donc DAN cherche, étudie des tas de choses en rapport avec la plongée et ceci dans le monde entier. La toute grosse majorité des résultats de ces recherches est publié et obtenable librement par n’importe qui.
      Quand tu t’affilies à DAN, l’argent payé sert en partie à payer « la recherche » car ce n’est pas gratuit et sert aussi à donner une assurance de plongée à ses membres, peu importe où ils vivent, peu importe où ils plongent et même si l’incident/accident n’est pas en rapport avec la plongée.

      Quand tu t’affilies à DAN, tu peux bénéficier d’une ligne d’assistance rapide dispo 24/7 avec les appels enregistré pour suivi s’il échet. Ils (médecins hyperbare et urgentistes) t’écouteront avec bienveillance et te poseront les bonnes questions peut importe le comportement que tu as eu sous l’eau, eux ce qui les intéresse c’est la partie « médicale » de ce qui s’est passé à défaut de tout autre chose.
      Et donc NON tu n’appelles pas DAN pour déclencher les secours, pour cela tu appelles le numéro Européen de secours 112 quand tu es à terre et quand tu es en mer, tu lances appel sur le canal 16 VHF ou bien mieux sur le canal 70 VHF « distress » car là en plus du canal 16 du dispose du service DSC pour accélérer la rapidité d’une intervention ciblée et efficace.

      Appeler DAN n’est jamais une perte de temps, car il faut le faire à bon escient, soit ta victime est inconsciente et tu appelles directement les secours (112 ou VHF), soit ta victime est consciente mais évolue rapidement négativement et tu appelles directement les secours (112 ou VHF). Il est clair que nous avons des neurones et qu’il faut les faire travailler, analyser, prendre son risque et avancer, manifestement je crois que tu n’as jamais été confronté personnellement à une situation d’urgence ou TU dois agir pour le mieux, il m’est déjà arrivé plusieurs fois de devoir secourir un plongeur en détresse et faire par exemple un 200 m équipé pour me rendre compte que la victime était « seulement » stressée mais était devenue incapable de se gérer et de bouger d’un centimètre, il m’est arrivé de devoir remonter un plongeur en difficulté, le mettre sous oxygène alors qu’il avait « seulement » eu un coup de froid et demandait à être rassuré, ton expérience pratique des incidents/accident te permettra d’avoir le discernement de ce que tu apprends en théorie et de ce que tu dois faire en pratique pour le mieux de tous. Avec l’expérience le risque d’appeler pour rien ou de ne pas appeler pour quelque chose se réduit sérieusement, mais c’est évident que si un plongeur va vers ou perd conscience c’est le 112 ou la VHF directement avec également administration d’oxygène et ensuite seulement l’appel au DAN qui a quand même une très grande expérience des accidents de plongée, en fait c’est vrai …ils ne font que cela et ils pourront immédiatement et sur le long terme suivre et conseiller la victime bien après sa sortie de l’hôpital.
      Je ne reviendrai pas sur tes autres considérations de DP et autre qui méritent certainement un autre débat, je resterai plus global et comme point d’orgue, appeler DAN, oui certainement ne fus ce que par humanisme, il y a plus dans deux têtes que dans une ainsi que pour aider son prochain et le prochain de son prochain.
      Ce sujet est bien entendu propice à de longues discussions difficilement réalisables par écrit mais si à l’occasion on se rencontre, c’est avec plaisir que je m’en entretiendrai avec toi

      1. Didier,

        Dans ta liste sur la Belgique, tu as oublié de citer quelques éléments qui sont une contribution majeure de la Belgique au reste du monde : la bande dessinée, l’inoubliable Brel, la science de la frite, Nemo33, et bien d’autres choses encore (Johnny?, maurane, etc.).

        Je te remercie de toutes tes précisions et ça me donne d’ailleurs envie d’en savoir plus sur le DAN (voire de cotiser), mais il reste un point obscur pour moi : tu dis « DAN n’est pas une assurance », puis quelques lignes plus bas : « Quand tu t’affilies à DAN, l’argent payé… …sert aussi à donner une assurance de plongée à ses membres, peu importe où ils vivent, peu importe où ils plongent et même si l’incident/accident n’est pas en rapport avec la plongée. ». Quelle est la vérité entre ces deux versions ?

        Pour la partie recherche, elle est très intéressante et elle me concerne.

        Par contre, pour un pratiquant club comme moi en france, pas besoin d’une autre assurance car celle qui est proposée par la FFESSM couvre déjà tout les garanties proposées par DAN, et dans le monde entier !
        Peut-on cotiser au DAN mais sans payer l’assurance ?

        Si tu viens au salon de la plongée à Paris, je serai ravi de te rencontrer pour parler de tout cela !

        Cordialement,

      2. Robin,

        Essayons avec une analogie

        Quand tu t’affilies à la 2F, ton affiliation te donne certains avantages comme par exemple l’assurance LAFONT car la 2F n’est pas une compagnie ou un courtier en assurance, tu reçoit vraisemblablement aussi une revue tous les mois ou tous les trimestres etc…DONC ton affiliation te donne des avantages

        Quand tu t’affilies à DAN, ton affiliation te donne certains avantages comme accéder à certaines sections du site DAN réservé à ses membres, avant on recevait tous les trimestres une revue papier par la poste, maintenant c’est un fichier électronique, tu reçois également une assurance EXACTEMENT comme quand tu t’affilie à la 2F sauf que cette assurance n’est pas gérée par le cabinet LAFONT mais bien par une compagnie d’assurance sans courtier.

        DONC aucune différence entre DAN et 2F, ton affiliation te donne des avantages.
        La différence entre DAN et la 2F c’est que l’objet, le cœur de métier de DAN c’est la recherche médicale pour améliorer la sécurité en plongée, l’objet, le cœur de métier de la 2F, tu le connais mieux que moi, enfin j’imagine 😉

        Je serai au salon et certainement Samedi 12 janvier à 12H à l’espace scénique et ensuite à 13H à la piscine et à 13H15 à l’espace bonbon

  2. Bonjour
    Je m’interroge sur le fait que l’on diffuse un message ou on laisse entendre qu’il faut réévaluer la situation au bout de 30 min et appeler si nécessaire ?
    En tout cas si c’est mentionné quelque par où par un formateur, il est urgent de revoir la copie.

    1. Bonjour Julien,

      Effectivement c’est une pratique qui peut paraitre étrange et pourtant qui est régulièrement pratiquée (regarde par exemple le retour d’expérience d’un internaute ci-dessous).
      En ce qui me concerne si j’ai une hésitation (comme dans cette histoire https://www.differentdive.com/accident-plongee-allergie/ ), je préfère au moins appeler le numéro de DAN et suivre les recommandations.
      Parfois, il n’y a vraiment pas de raison de déclencher la chaine des secours ; comme avec ce plongeur qui avait juste eu froid (et un peu peur) sur une plongée à -20m. Pendant que quelqu’un lui proposait l’O2, un autre téléphonait à DAN et le médecin s’est voulu rassurant. Du coup, et le plongeur et ses binômes se sont sentis rassurés et tout est rentré dans l’ordre.

  3. Bonjour Hélène,
    Je valide totalement le fait de consulter un médecin et donc évidemment d’appeler sans hésiter les secours en cas de doute.
    Par contre, il est très important de ne pas confondre assurances et organismes de secours.
    Leurs missions ne sont pas les mêmes.
    Bien à vous et bonne année,
    Marius

    1. Bonjour Marius,

      Merci de ta précision
      Bien sur, les assurances et les services de secours n’ont pas les mêmes missions. Comme dit dans l’article, DAN est un organisme international d’études en rapport avec la plongée pour entre autre améliorer la sécurité et qui propose également des assurances spécialisées pour la plongée, pas un service de secours. Lorsque l’on est affilié, on peut les appeler par exemple si on observe quelque chose qui ne nous semble pas normal et même si le plongeur dit que « non non tout va bien ». Mais on peut aussi choisir d’appeler le médecin du caisson le plus proche.
      II s’agit bien d’une situation où l’on doute, où l’on hésite sur la réalité même de ce que l’on observe.
      Perso je suis plutôt du genre à déclencher rapidement la chaine des secours. Mais j’observe que dans la pratique, ce n’est pas toujours ce qui est fait, d’où mon envie de rappeler l’importance de le faire
      Bien cordialement et bonne année à toi aussi 😉

    1. Robin,
      Je ne pense pas qu’il faille choisir entre DAN et le CROSS (ou d’autres services publics selon le pays), qui n’ont ni les mêmes objectifs ni les mêmes missions,…
      Par contre, si tu doutes face à une situation et que tu es affilié à DAN, tu peux les appeler pour un conseil comme ce fut le cas pour Daniel ici : https://www.differentdive.com/accident-plongee-allergie/
      On parle bien ici d’un doute face à une situation où le plongeur est tout à fait conscient mais présente un ou des signes qui pourraient éventuellement te faire penser à un ADD ou un ADP … avec hésitation donc.
      Une alternative, telle que celle proposée par Bardass ci-dessous, étant de téléphoner au médecin du caisson hyperbare le plus proche pour lui poser ta question.

    2. Robin, en lisant ton message je crois qu’il est indispensable d’apporter des clarifications. DAN n’est pas mieux que le CROSS et le CROSS n’est pas mieux que DAN, ce sont deux organismes qui ont des but et des moyens complètement différents. Attention également de ne pas confondre le CROSS et une fréquence d’appel VHF de détresse maritime utilisée dans le monde entier. Si tu apelles sur le canal 16 (156,8 Mhz) aux Pays-Bas, il est clair que ce n’est pas un CROSS qui prendra en charge ton appel! DAN est un organisme de recherche (entre autre) pour l’amélioration de la sécurité en plongée. De par ton affiliation, tu es couvert par une assurance qui prendra en charge (remboursement financier en fonction de ta couverture) ton secours et tes soins. DAN possède une ligne d’urgence dispo 24/7 que chaque membre peut appeler pour poser des questions en rapport avec la plongée, en rapport avec un doute sur quelque chose qui s’est passé en plongée. Des médecins hyperbares et très souvent urgentistes sont à ton écoute pour te donner le meilleur conseil. Et donc DAN n’est en aucun cas un service de secours, et forcément ne le remplace pas. Il ne faut pas confondre donner un conseil et appeler les secours, ambulance ou autre pour venir prendre en charge une victime. Sauf erreur de ma part; le CROSS n’a pas d’avions, d’hélico etc..Le CROSS coordonne (par contre a des moyens comme radar, communication etc) et fait appel avec autorité à tout moyen de secours possible, que ce soit avion, hélico, que ce soit de l’armée de la protection civile, la SNSM, les douanes, les affaires maritimes et même des bateaux « simples privés, hé oui le privé a du bon aussi » pouvant se trouver proche du sinistre. Tout appel, toute action de secours à un cout et dire que c’est gratuit est totalement faux. La personne secourue ne payera pas directement certains frais de secours mais ces services sont possibles grâce à ton impôt à l’impôt de tout citoyen et dans certains cas à l’impôt de tout citoyen européen ! Pas d’impôt, pas de service public. Et pour terminer, maintenant que tu as saisi la différence entre DAN et CROSS j’espère que tu comprendras que le mot « honte » précédent « si dans certains pays » (potentiellement le mien) ne fait pas plaisir à entendre et peut très clairement blesser. Mais je suis convaincu que dans le feu de l’action et ta compréhension partielle du sujet ces mots sont sortis de ton clavier sans réelle intention de blesser, en tout cas j’espère…..

      1. Didier,
        Merci de toutes ces précisions.
        Je n’avais pas l’intention de blesser qui que ce soit.
        Je comprends que le DAN puisse être utile dans les pays qui ont une organisation avec des services publics « faibles », mais j’ai du mal à comprevdre son intérêt en France : le CROSS s’occupe des secours (avec aussi les pompiers, la sécurité civile, etc.), les médecins hyperbare associés aux caissons de recompression peuvent donner conseil (de même que les médecins fédéraux), et nous avons pour tout pratiquants l’assurance fédérale Lafont qui couvre tous les frais éventuels, même à l’etranger.
        Donc quel est l’interet du DAN pour la france ?
        Fournir des statistiques ? (c’est utile. je ne le conteste pas).

      2. Robin,

        Tout en ne voulant blesser personne, je ne peux que constater que tu t’enfonces encore un peu plus et cette fois tu y es arrivé. Je suis vraiment blessé et vexé. Traiter un pays et ici je le prends pour mon compte, pour mon pays, d’avoir des services publics FAIBLES, c’est humiliant d’autant plus que tu ne sais manifestement pas comment cela fonctionne dans mon pays. Jamais je ne permettrais le quart du centième de ce genre de réflexion pour la France. Je ne vois aucune raison de continuer cette discussion !!!

      3. Robin,
        Tout comme Didier, je suis surprise par ces termes « honte » , »services publics faibles »
        Je ne pense pas qu’un pays soit au top et les autres mauvais. Chaque État fait avec ses réalités. Mais en ce qui concerne les secours c’est pareil.
        Ailleurs comme en France, on ne tergiverse pas : O2 et déclenchement de la chaine des secours. Ailleurs comme en France, on apprend à réagir vite. Et pourtant, Ailleurs comme en France on se retrouve parfois devant une situation qui nous fait penser à un problème de plongée mais finalement pas tout à fait…et de là vient le doute. Ailleurs comme en France, il y a des personnes qui dans la théorie feraient tout toujours parfaitement mais ailleurs comme en France lorsque la situation survient, la pratique ne suivra pas toujours la théorie. Ailleurs comme en France, pour des tas de raisons (entre autres celles décrites dans l’article), certains n’osent pas appeler les secours… Ailleurs comme en France, en cas de doutes, d’incertitude,… il est parfois utile de « faire appel à l’équipe » (DAN, médecin du caisson le plus proche,…) ne serait-ce que pour lever ce doute et être rassuré.
        Je ne pense pas que la question soit de dire qu’un pays réagit mieux qu’un autre. Pour ma part, j’ai déjà vu des situations qui font peur… ailleurs et en France

  4. je vais rapporter un cas un peu différent qui m’est arrivé
    Avec un élève qui panique depuis un fond de 38m en lac, nous faisons une remontée à près de 50m/min (l’ordinateur affiche 45 secondes de remontée).
    Une fois en surface, je m’assure que l’élève respire bien (pas de spume rosatre, signe de surpression).
    Nous sommes à 400m du bord, la sécu surface en bord de plage ne pourra pas faire grand chose pour nous.
    Je décide de nous réimmerger entre 15 et 20m pour revenir vers la plage, ce qui nous prendra un bon quart d’heure.
    Aucun problème avec l’élève à mes côtés.
    une fois arrivés sur la pgae, je demande à la sécu surface de nous aider pour limiter tout effort et je décide de nous mettre au chaux sur l’herbe avec nos blocs de déco (oxy à 80%°) en attendant la sortie de l’eau du DP.
    Protocole : 20 minutes de respiration sur la déco, rincage de 5 minutes à l’air.
    Nous rigolons avec cet élève, tout semble aller bien.
    Sauf la tête du DP quand, sortie de l’eau, elle nous voit avec les déco en bouche, assis sur l’herbe.
    Je lui explique la situation, elle veut appeler les secours.
    J’ai un avis différent, je lui propose d’appeler le caisson de Lyon pour avoir un avis médical avant l’appel.
    Le médecin hyperbare au téléphone nous propose d’en rester là (nous avons déjà fait 20 minutes de respiration sur la déco), pas d’appel des secours. il propose que les plongeurs nous surveillent pour détecter tout signe potentiel d’add.

    C’est ce qu’à fait un ami plongeur à moi lors du retour sur Lyon pendant que je conduisais : il s’est endormi en début de voyage pour se réveiller à l’arrivée. Durant les 2h de route, il m’a bien surveillé 😀

    Tout cela pour dire que l’appel des secours dépend des situations, mais qu’un avis médical expérimenté est, à mon sens, la meilleure des solutions. Que ce soit chez DAN ou un médecin de caisson s’ils acceptent. A Lyon, ils sont très cools pour cela.

    1. Merci beaucoup Bardass pour ton retour,

      Au final tu conclues de la même façon que moi : demander au moins un avis médical expérimenté si le(s) plongeur(s) pour le(s)quel(s) nous avons un doute à la sortie d’une plongée est(sont) conscient(s)
      L’appel au caisson est une autre bonne idée en plus/à la place de DAN
      Par rapport à ton compte rendu, j’ai une interrogation : pourquoi êtes vous redescendus à 15-20m et pas à 5 mètres ?

      1. parce que s’il y a une bulle que potentiellement se ballade, autant la recomprimer au mieux à mi-profondeur
        ça c’est la théorie issue de l’enseignement des tables françaises : retour à mi-profondeur en cas de remontée non contrôlée. Pendant 5 minutes au moins

        en pratique, tu fais au mieux en fonction des conditions rencontrées.
        au vu de la distance pour revenir au bord, j’ai préféré recomprimer plutôt que revenir en capelé en surface.
        Etait-ce la bonne solution ? sur le moment, j’ai estimé que c’était la meilleure au vu des conditions.

        Autre anecdote :
        une semaine avant, dans un autre club, une palanquée fait une remontée explosive proche du bateau : la plongeuse, paniquée, est mise sous O2 en surface, les secours appelés.
        Le plongeur, son binôme, préfère redescendre à mi-profondeur avec un plongeur accompagnant. Ils respectent la procédure table.
        Au final, la plongeuse est évacuée au caisson et en ressort qlq heures plus tard.
        Le plongeur n’est pas évacué, le médecin régulateur estimant que cela n’est pas nécessaire.. Quelques heures plus tard, il fait un ADD lors du repas du soir.
        Qlq jours plus tard, le DP me demande mon avis sur la procédure suivie : je lui explique qu’à sa place (c’est facile à dire au téléphone), j’aurais mis les 2 plongeurs sous O2 (il y avait un bloc de déco à 80% sur le bateau en sus du kit oxygénothérapie) plutôt qu’une redescente. Je préfère avoir les deux plongeurs en surveillance visuelle plutôt qu’un plongeur sous risque potentiel que je ne vois pas.

        Pour autant, j’ai fait l’inverse une semaine plus tard. Mais les conditions différaient.
        Comme quoi, entre la théorie et la réalité …

      2. Merci Bardass pour le complément d’information
        Effectivement, dans la pratique tu vas faire le mieux selon ton évaluation de la situation et ta formation de plongée même si, comme tu le soulignes très justement, il peut y avoir des différences entre ce que l’on pense théoriquement et ce que l’on fait au moment où la situation problématique survient.
        J’aurais surement, vu ma formation différente de la tienne entre autres choses, choisis une autre option.
        Mais vous vous en êtes bien sortis, c’est le principal.
        Les connaissances en plongée sont finalement encore très empiriques et nous sommes peut-être un peu toutes et tous quelque part des cobayes 😉

    2. Bardass,

      Réagir en théorie est relativement facile en cas réel c’est tout autre chose, il faut juger et sans doute prendre l’un ou l’autre risque…

      Je crois que j’aurais fait pareil à toi, en fait j’ai fait pareil à toi. Il m’est arrivé quelque chose de similaire et comme je n’utilise pas les tables je me suis contenté de faire ce que m’a dit mon ordinateur de plongée et les 5 dernière minutes du palier se sont terminées pour moi et mon binôme à l’O² pur à 6 mètres (comme pour toute la procédure, je ne suis pas redescendu plus bas que 6 mètres)

      Et quand on sort de l’eau on est content et on se dit que finalement la vie est belle 😉

      Belles plongées à toi

    1. Merci pour cette précision Jean-Benoit,
      Mais pour faire simple, parce qu’il arrive de plonger ailleurs qu’en France et parce que c’est un numéro européen, il me semble que le 112 est un numéro qui est adapté

    2. Jean-Benoit

      Dans le monde entier canal 16 VHF ou mieux canal 70 car alors tu bénéficies en plus des services DSC.
      En Europe il existe un numéro commun le 112, au plus on l’utilise au plus on oubliera les anciens numéros et au plus vite on pourra les supprimer. Si j’ai un problème en Allemagne en Espagne ou encore en Italie, je n’ai pas envie de savoir quels étaient leurs anciens numéros d’appel d’urgence, au contraire, il faut former le 112 uniquement. Et dans certaines zone il se fait que composer le 112 appellera le 911 et vise versa

  5. Le pire scenario que j’ai vu, c’est un centre de plongée qui a hesité, tergiversé, fait trainé le coup de fil au secours… pour eviter les repercutions sur son centre lorsqu’un plongeur est remonté pas bien du tout.

     » >> Oui, mais … attends, je dois regarder mes papiers… Tiens, Bob, regarde aussi la date d’expiration de ce truc, ha et puis… Joe, tu es chez Dan? on va dire que tu etais dans le groupe, ok Joe? »

    Heureusement le plongeur n’avait pas grand chose (un coup de stress sous l’eau, debut d’essoufflement, etc) mais autant dire que pendant ces vacances, nous sommes allés des le lendemain voir ailleurs!

    1. J’imagine très bien cette situation Pierre, c’est juste inadmissible.
      J’ai des exemples comme cela en stock. Par exemple, le moniteur qui dit au plongeur qu’il a du dormir sur son ventre et que c’est pour cela qu’il a plein de tâche bleue et mauve sur le torse (après la sieste qui suivait tout juste une plongée sous les tropiques à -40m) parce qu’il ne peut pas imaginer que ce soit un accident de plongée
      Et bien non, c’était un ADD cutané chez un plongeur avec foramen perméable qui a nécessité une prise en charge.
      Effectivement, dans ce cas là, tu changes vite fait de centre de plongée …

  6. bien d’accord, pour a moi a partir du moment ou on met en place l’oxygénothérapie on ne l’enlève plus nous ne sommes pas medecin hyperbare, donc des qu’il y a oxygénothérapie il doit y avoir évacuation et prise en charge par medecin spécialisé qui eux décideront d’enlever O2 et de la procédure a suivre.

    1. Merci pour ton retour Ballot,
      En plongée, lorsque nous n’hésitons pas à déclencher la chaine des secours, nous sommes parfois tellement entrainés à réagir que nous pourrions avoir tendance à nous substituer aux spécialistes ce qui est à mon sens une erreur.

    2. Partage d’experience sur l’oxy…
      Au Japon, sur les bateaux de plongée ne peuvent se trouver un bloc d’oxy si et uniquement si l’un des membres physiquement present a bord a un diplome nippon de manipulation d’oxygene de type blabla…. Bref, le diplome que personne n’a parce qu’il est d’un niveau equivalent a celui d’infirmier en centre hospitalier. La bureaucratie extremement lourde la bas ne reconnait pas les autres formations (oxy provider, EFR, Rifap, etc….). Toute manipulation d’oxygene sans ce papier est interdite.

      Neanmoins, pour avoir été present une fois lors d’un incident, nous avons donné de l’O2 a un client qui en a eu besoin. Les gardes cotes arrivent ensuite (c’est standard), voient l’O2, nous demandent si nous avons le diplome. Nous disons que non. Silence. Puis le militaire nous dit que c’est quand meme tres bien que nous en avions, mais qu’on « doit faire gaffe ». Sous entendu, lui il est cool, mais des collegues peuvent l’etre un peu moins…

      Pensez toujours a vous renseigner sur les regles de secu de la plongée dans le pays que vous visitez, meme si c’est un pays dit « avancé ».
      Et verifiez aussi et surtout qu’il y a toujours de l’oxygene a bord de votre bateau de plongée.

      1. Incroyable cette situation Pierre
        C’est difficile de passer outre les réglementations d’un pays. Ceci dit, lorsque la vie d’une personne est en jeu…
        Merci pour cet exemple et bravo à vous d’avoir bien réagit malgré tout.
        Ton conseil est un bon conseil : vérifiez toujours qu’il y a de l’oxygène à bord du bateau 😉

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