Le jour où j’ai découvert les coulisses d’Aqua Lung

Il fait chaud ce vendredi matin lorsque mon binôme et moi-même nous garons sur le parking d’Aqualung. Une chaleur presque suffocante qui s’abat sur la région niçoise depuis plus d’un mois.

Pourtant je me sens merveilleusement bien à l’idée de découvrir les coulisses d’Aqua Lung, marque initiée par un célèbre commandant au bonnet rouge. Aqua Lung c’est le géant mondial de la construction de matériel de plongée. L’entreprise regroupe sous la même enseigne plusieurs produits : Aqua Lung, spirotechnique, U.S. DIVERS, Sea Quest, Technisub et Pelagic Pressure System.

Invités, dans le cadre de mon blog, par Céline Juignet et Marina Aimassi du service communication, à les rencontrer directement au siège d’Aqua Lung à Carros, c’est au travers des explications de Manuel Cabrere, chef produits et référent pour les détendeurs, que nous allons découvrir cet univers incroyable.

Il faut dire que mettre des plongeurs et plongeuses dans un tel environnement c’est un peu comme Noël avant l’heure. Et je ne sais plus où poser mon regard. Manuel nous guide dans les dédales de l’entreprise et répond à toutes mes questions : à quoi servent telle et telle machine ? Combien de pièces sortes chaque jour de l’entreprise ? Comment fonctionne le processus de contrôle de qualité des produits ? Comment le personnel est engagé et formé, … Peu avare de détails et d’anecdotes, Manuel se révèle être un guide enjoué qui transmet généreusement les grandes lignes du métier.

Compte rendu d’une visite aussi surprenante qu’inhabituelle

Les services administratifs et d’innovation chez Aqua Lung

Nous commençons la visite d’Aqua Lung par les parties administratives de l’entreprise. C’est ici que tout se gère : les commandes, le service aux clients mais aussi les stratégies marketing, les innovations (on les voit bosser sur les pc ceux qui dessinent les produits de demain 😉), les prises de décisions,… Le tout dans une ambiance calme et détendue. C’est aux alentours également que l’on retrouve, exposés dans des vitrines, des pièces de collection que nombreux d’entre nous aimeraient admirer.

Hélène et Marina devant les vitrines de s anciens détendeurs Aqua Lung
Marina et Hélène | © DifferentDive

Recherche

Dans cette unité axée sur la recherche, la plongeuse que je suis apprend avec surprise qu’Aqua Lung ce n’est pas seulement le matériel de plongée que je retrouve chez mon revendeur préféré. C’est aussi un fabricant de matériel de plongée (dont des recycleurs) à usage militaire.

Le passage entre les unités Aqua Lung tous publics et la section militaire
Partie réservée au matériel militaire | © DifferentDive

Si je dois bien avouer que je ne comprends pas la totalité des explications techniques qui me sont fournies concernant le fonctionnement des machines qui nous entourent, je reste impressionnée par celle testant les détendeurs pour la recherche, le contrôle qualité, les tests prototypes, les tests qualité et les expertises (en cas d’accident). Une sorte de gros caisson qui fait office de chambre de compression pour les détendeurs nous montrant, à ce moment précis, la courbe d’inspiration et d’expiration d’un détendeur en test

Hélène et Manuel Cabrere dans l'unité de recherche de l'entreprise Aqua Lung
Devant la machine de test des détendeurs | © DifferentDive
Aqua-Lung est sollicitée par la justice lorsqu’il faut expertiser un détendeur. Manuel me dira pourtant que depuis plus de 25 ans qu’il travaille pour l’entreprise, aucune des expertises n’a conclu à un défaut de conception du détendeur. Mais toujours à une négligence et/ou faute humaine. (D’où l’importance par exemple de bien entretenir son matériel 😉 )

Contrôle qualité à la manière Aqua Lung

Le troisième service que nous traversons est le service contrôle. Ici, on s’assure que toutes les pièces qui vont servir à la fabrication du matériel de plongée sont conformes. Pour cela, des échantillons sont prélevés et testés. Les pièces seront soit validées, soit reconnues comme dérogeant à certaines parties du cahier des charges (et donc analysées plus en profondeur pour décider « de leur sort »). Soit enfin, marquées non-conformes et exclues du circuit de fabrication.

Il est impressionnant de savoir qu’avec le numéro de série d’un détendeur, on peut retrouver d’où sont venues chacune des pièces qui le compose (la plupart de chez APEKS en ce qui concerne les détendeurs)

Une zone est ici également réservée au test du matériel militaire. C’est le cas notamment des recycleurs avec une pièce spéciale « anti poussière » qui revêt une allure mystérieuse. Je reconnais ne pas être certaine d’avoir entièrement saisi les tenants et aboutissants. Devant nos étonnements qui se succèdent, Manuel nous explique que les revendeurs et autres acteurs du monde de la plongée sont régulièrement invités à visiter l’entreprise. Ceci afin de se rendre compte de leurs propres yeux du travail qui se fait en amont autour de la conception. Mais également de la réalisation et de la fabrication du matériel de plongée.

Assemblage

L’unité d’assemblage des pièces est certainement celle qui m’a le plus impressionnée et intéressée. Même si nous sommes arrivés lors de la pause de midi et que nous n’avons pas pu voir les équipes en pleine action.

Ici, pas question de travailler à la chaîne. Dans cette partie de l’entreprise, chaque employée est responsable de l’entièreté des détendeurs qu’elle assemble. Du choix des pièces au séchage en passant par l’assemblage et le contrôle. Tout est réalisé par la même personne.

Unité d'assemblage du matériel Aqua Lung
Unité d’assemblage du matériel Aqua Lung | © DifferentDive

Une fois de plus, je suis bluffée par la rigueur qui règne dans l’entreprise. La traçabilité est totale dans l’ensemble du processus de fabrication. TOUS les détendeurs sont testés (et non pas juste un échantillon) avant d’être envoyés au séchage (photo ci-dessous) et puis à l’emballage.

Hélène et Manuel Cabrere devant la machine servant à sécher les détendeurs dans l'usine Aqua Lung
Le moment du séchage est arrivé | © DifferentDive

En plus des contrôles systématiques, une fois par mois, un détendeur est testé dans le service « recherche » dont je vous ai parlé plus haut.

Un peu à l’écart, une pièce fermée renferme la zone de test des clapets qui seront insérés dans les détendeurs. Pièces capitales, les clapets sont testés individuellement à la main. Je ressens beaucoup de respect et de gratitude pour les employés qui effectuent cette tâche ardue qui garantira notre future sécurité en plongée.

Une cadence de fabrication impressionnante

Dans un monde idéal, lorsque tout le monde est présent (pas de RTT, arrêt maladie ou autres) et que l’ensemble des pièces sont en stock, l’entreprise est capable de produire jusqu’à 800 détendeurs… par jour !

800 détendeurs (octopus compris) étant le maximum jamais atteint par les opérateurs pour un appel d’offre. Ce qui est terriblement impressionnant quand on sait que 100% des détendeurs sont contrôlés du début à la fin (contrôles MP, contrôle valeur de décollage et de débit sans oublier un test d’étanchéité en eau d’où le séchoir à détendeur). Au final ce sont 100 000 à 120 000 détendeurs en moyenne qui sortent chaque année de l’atelier de Carros.

Des chiffres qui donnent carrément le vertige 🙄

Dans les couloirs, nous déambulons, admirant çà et là les photos de l’histoire de cette énorme entreprise. Reconnaissant aussi sur certains clichés le célèbre Commandant Cousteau. Manuel nous confie une anecdote :

Savez-vous pourquoi Aqua Lung s’appelle Aqua Lung ?

En 1945, Cousteau et Gagnan créent le premier détendeur de plongée à la demande, le CG45 (C pour Cousteau, G pour Gagnan et 45 pour l’année de fabrication).

A l’époque, le commandant Cousteau parlait du CG45 en disant : « poumon automatique à air comprimé pour la plongée. »

Il n’utilisait donc pas le mot détendeur. Car pour lui, un détendeur était destiné au gaz de ville (rien de très noble). L’appellation lui semblait dès lors péjorative pour nommer son CG45.

Les anglais ont alors traduit l’expression du commandant en créant le nom commun aqualung.

Aqua pour l’eau et lung pour les poumons

La maison mère de l’époque (Air Liquide), s’est réapproprié le nom commun que venait de créer les anglais pour en faire un nom propre. Nom qui serait le nom de la holding plongée d’Air Liquide : Aqua Lung en 2 mots.

Stock

Durant la dernière partie de la visite, nous pressons un peu le pas car nous avons réussi à nous perdre dans notre émerveillement. Alors que nous sommes attendus pour déjeuner, nous constatons que l’horloge a tourné. Aussi, nous traversons rapidement la zone de stockage de matière première (les barres de métal et autres pièces de néoprène attendant le moment de donner vie au matériel de nos futures explorations sous-marines). La visite s’achève donc par le passage un peu succinct dans l’entrepôt. Espace croulant de boite de matériel de plongée : une vraie caverne d’Ali Baba

Dans l'entrepôt de l'usine d'Aqua Lung
Entrepôt du matériel | © DifferentDive

Mais déjà, il faut clore ce moment hors du temps. Achever la découverte de ce lieu déconcertant, de ces coulisses de fabrication du matériel qui me permet de m’adonner à l’activité de plongée que j’aime tant.

Autour d’un repas partagé ensemble avec Céline, Marina et Manuel, nous échangeons longtemps sur notre activité favorite. Et rêvons d’un monde de la plongée encore plus ouvert et accessible à toutes et tous.

Après un moment de plongée partagé avec Marina et d’autres membres de l’équipe Aqua Lung, je quitte la jolie ville de Nice la tête remplie de merveilleux souvenirs.

Plus d’infos sur cette impressionnante entreprise de conception de matériel de plongée ici.

Et si vous me disiez comment vous imaginiez les coulisses d’une entreprise de matériel de plongée dans un commentaire directement sur le blog pour en faire profiter le plus grand nombre ? J’ai hâte d’échanger avec vous.

Et surtout… n’oubliez pas d’être heureux / heureuses 🤗

Hélène

Cet article est totalement indépendant de cette société. Je n’ai reçu aucune compensation en échange de sa rédaction. Mais beaucoup de bonheur et de plaisir à la visiter et à y rencontre Céline, Marina et Manuel. J’écris sur ce qui me plait ou me touche. N’hésitez pas à me contacter pour me faire découvrir vos super projets dans le monde de la plongée.

  1. Comment !?!?
    Une visite dans la caverne d’allibaba et même pas un petit Legend LX Supreme dédicassé?

  2. Mouaisssssssssss…………
    Et si tu avais annoncé ta visite, nous aurions pu faire connaissance et plonger ensemble dans mon club à villefranche

    1. Bonjour Franck,
      Effectivement nous aurions pu faire connaissance au détour d’une plongée
      Mais peut-être à l’occasion d’un autre passage du côté de Nice ou ailleurs ?
      Merci à toi pour la proposition 😉

    1. Merci Cyril pour ton retour
      Contente que l’article t’ait plu
      Il faut dire que la visite d’Aqua Lung ce n’est vraiment pas banal

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