Le jour où j’ai cassé du corail en plongée

Casser du corail en plongée : le jour où cela m’est arrivé

Lorsque l’on est passionnée de plongée, casser du corail lors d’une immersion s’apparente à un sacrilège. Et pourtant…

Des conditions de rêve

C’était une plongée simple dans les eaux chaudes et calmes d’une île du bout du monde. Pas de courant, pas de difficultés particulières… Non, rien de tout cela.

Pour l’occasion, je m’essayais à mettre en pratique ce que j’avais appris lors de mes cours photos et me concentrais sur les différents réglages : iso, ouverture, focale…

Si j’avais été en surface, vous m’auriez plus que probablement vue sortir la langue en signe d’application intense.

Casser du corail en plongée : juste avant

Toujours est-il que, ce jour-là, je longeais le tombant et voyais mes binômes un peu en retrait à l’arrière. Avec la lumière, cela me donnait l’impression d’évoluer dans un merveilleux tableau.

Quand tout à coup, là, devant moi, une patate de corail magnifique, toute en plateaux. Le décor de rêve. Immédiatement, cela me semble parfait pour réaliser un cliché inoubliable. Je me retourne et regarde que rien ne gêne ma mise en place (je ne veux rien abimer). Ensuite, je me laisse descendre doucement pour cadrer le corail avec les plongeurs sur l’arrière.

L’appareil photo est plus lourd et encombrant que mon appareil habituel, je fais donc particulièrement attention.

Je sens que je vais avoir le bon angle alors je m’incline encore un peu, … juste un peu. J’utilise ma respiration pour arriver à la position exacte que je souhaite. Cela, sans casser du corail ni abimer d’autres merveilles sous-marines.

Et je pousse pour déclencher la prise de la photo. Extraordinaire, ça y est, c’est dans la boite. Je suis bien contente et impatiente de voir ce que cela va donner.

Toujours bien en équilibre, je me recule pour ne rien casser et tourne un quart vers la droite, en direction du large.

Et là, catastrophe…

Je la vois (mais trop tard) ma palme qui accroche ce morceau de corail qui n’a rien demandé à personne. D’un coup net et clair, il se brise et dégringole dans les profondeurs de l’océan.

« Merde », je m’écrie dans mon détendeur

Cela fait des années que je fais de la photo sous-marine, que je suis précautionneuse et attentive à ne pas casser du corail et/ou ne pas (trop) déranger les animaux marins. Et voilà que là, ce morceau de corail innocent est décédé d’un stupide accrochage avec ma palme droite.

Casser du corail en plongée : comment l’éviter ?

Alors bien entendu, certains voudront me consoler (parce qu’ils ont particulièrement gentils). Ils me diront qu’à côté des coups de nageoires des tortues par exemple, un corail sur autant de plongées, ce n’est pas un drame.

Et pourtant, dans mon cœur d’amoureuse des océans, ça l’est.

Partout on voit des plongeurs et plongeuse emporter avec eux, go pro, appareils photo… Pour le souvenir ou par passion, chacun désire remonter à la surface ses plus belles images.

Malheureusement, nombreux sont ceux qui s’accrocheront à des coraux, dérangeront les animaux marins, saccageront des sites, …

Parce que des milliers d’instagrameurs détruisent les océans, ne prenons pas le risque de nuire à l’environnement.

Pour prévenir de futurs dégâts, voyez les 12 conseils pour bien débuter en photographie sous-marine

Et puis réfléchissez : avez-vous vraiment besoin de cette image ?
En ce qui me concerne, ce jour précis… ma photo était, de plus, complètement ratée.

Vous est-il déjà arrivé d’abimer les fonds sous-marins ?  De casser du corail en plongée ? Comment l’avez-vous vécu ? Qu’avez-vous fait pour y remédier ? …

Dites-moi tout via un commentaire ci-dessous directement sur le blog. Je réponds toujours à tout le monde avec joie et bonne humeur.

Et surtout … n’oubliez pas d’être heureux / heureuse 🤗

Hélène

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  1. Bonjour à tous,
    C’est vrai que c’est difficile de ne rien abîmer sous l’eau, surtout lorsque l’on veut faire THE PHOTO, qui généralement ne sera jamais aussi belle que ce que l’on a imaginé…
    Et parfois la nature se venge ! Deux exemples qui me sont arrivés (et suis je le seul ?) :
    En plongée de nuit, permettant souvent de superbes clichés, combien de fois me suis je fait piquer par des oursins sournois, peu visibles et le piquant sur les jambes ou les mains ?
    Le second souvenir encore plus cuisant si j’ose dire est la brûlure que m’a occasionnée du corail de feu, toujours en voulant faire une photo originale… Je ne sais plus où c’était mais je peux vous dire que je me souviens parfaitement de la douleur…
    Ces expériences poussent également à maîtriser au mieux sa flottabilité et sa position dans l’eau !
    Profitez de la mer et de tout ce qu’elle nous offre avant qu’il ne soit trop tard

    1. Bonjour Alain,
      Merci pour ton retour
      Dans ton cas, ce sont les éléments marins qui t’ont “abimé” 🙂
      La maitrise de la flottabilité et la position dans l’eau sont importantes. Mais parfois malgré tout cela, l’accident arrive. Mais ça reste un accident bien sur.
      Bonnes plongées et bonnes photos à toi (en toute sécurité)

  2. Bonjour,
    Un accident arrive, c’est inévitable, à moins de rester loin de tout, soit…pas là pour vous jeter la pierre loin de là surtout après plusieurs croisières en mer rouge et en ayant vu des plongeurs ( et pas des débutants ) saccager tout sur leurs passages !
    Il y a pourtant une solution très simple… reprendre le bout de corail dur et le coincer entre 2 cailloux , dans une faille ou autre. La plupart du temps, il va reprendre, il lui faudra un peu de temps mais il va refaire une autre colonie. Ce qui lui faut est un support stable et dur.
    Bien à vous.
    Olivier.

    1. Bonjour Olivier,

      J’ignorais totalement qu’en replaçant le bout de corail sur un fond rocheux, il pouvait reprendre vie.
      Merci beaucoup de cette précision qui montre une fois de plus l’intérêt de s’intéresser à la plongée bio.

  3. Bravo pour ce bel article plein d’humilité, de bons sens, de sensibilité et donc de sensibilisation. Bien sûr je suis vigilante, comme toi et comme ceux qui ont commenté, sur l’impact incontournable que chacun d’entre nous a. Je fais très très attention et me gronde toute seule lorsque je touche quelque chose par inadvertance.. pour moi être une bonne plongeuse passera par la maîtrise parfaite de mes déplacements et sans plus rien toucher du tout!

    1. Bonjour Elisabeth,

      J’ai lu quelque part sur les réseaux sociaux que celui ou celle qui disait ne jamais rien avoir cassé ne disait pas la vérité. En réalité, parfois le simple fait de se mettre à l’eau lors d’une plongée du bord peut faire (ou fait ?) des dégâts sur la vie aquatique.
      Il n’est pas toujours aisé de reconnaitre avoir fait une erreur, une faute, un manquement.
      Mais je me dis qu’en partageant cela le message est aussi : oui ça arrive, mais voilà comment on peut faire pour limiter les chances que cela se passe.
      Merci pour ton retour

  4. Hello Hélène, Je comprends ton sentiment, c’est un truc qui me stress beaucoup et je ne veux pas que ça m’arrive….je suis tellement stressée avec ça que je reste toujours trop haut ou trop loin du corail ou du petit poisson intéressant à voir….résultat je ne casse jamais rien…. mais je rate aussi souvent de belles choses ! je fais parfois semblant que j ‘ai bien vu le micro poisson ou la nudibranche que le guide me montre pour ne pas devoir m’approcher plus ! je me fais aussi souvent”réprimander” par mon binôme car je ne suis pas suffisamment bas ou proche selon lui … et mes photos ne sont jamais vraiment top car je ne m’approche pas assez … mais bon c’est mon choix et je suis plus sereine comme ça et tant pis pour la super photo que j’ai raté ou pour le merveilleux poisson que je n’ai pas vu ce sera pour une prochaine fois ! ou pas…. comme toi , je vivrais vraiment trop mal le fait de casser le corail alors je continuerai à être trop loin quitte à rater des choses, c’est pour la bonne cause 🙂 Bonnes bulles !

    1. Bonjour Sophie,

      Habituellement, je suis plus proches des choses en plongée mais sans les abimer bien sur.
      Le travail sur la respiration et sur la flottabilité aide beaucoup à avoir confiance en soi dans le fait de ne rien casser. Et puis parfois… il y a des erreurs d’appréciation ou tout simplement une faute de distraction.
      Merci pour ton retour.

  5. Bonjour Hélène,
    Ça ne m’est pas arrivé personnellement sinon je pense que je l’aurai vécu aussi mal que toi, mais à un de mes élèves en mer rouge qui était focalisé sur sa GoPro et qui ne faisait attention à rien. Ça m’a rendu dingue et je lui ai confisqué la GoPro jusqu’à la fin du séjour.
    Quand je lui ai montré le morceau de corail qu’il venait de briser il a compris mon geste. Et je lui ai passé les images que j’avais pris moi.
    Le corail est fragile il est important et primordial d’y faire attention.

    Gilles

    1. J’avoue j’ai fauté. J’ai mis le doigt sur une anémone bijoux et ça m’a brisé le cœur. J’avais le choix entre me retrouver plaqué contre toute la colonnie et faire un massacre ou en écraser une. Le choix a été rapide mais aujourd’hui je suis très vigilant sur mon placement et j’évite d’être piégé par mon binôme et le courant…

      1. Bonjour Gilles,

        Je suis parfois surprise de voir des personnes qui débutent en plongée et qui sont équipées de Go Pro et autres appareils de prises d’images. Bien sur, ça n’aide pas à être vigilants au début de son parcours de plongée 😉

      2. Bonjour Laurent,

        Entre une ou toute la colonie, j’aurais fait pareil que toi. Parfois on peut être piégé par le courant avec ou sans appareil photo en plongée.
        Merci pour ton retour.

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