Plongée : 4 points pour bien réaliser le check du matériel

Parler du check du matériel de plongée avant la mise à l’eau ?

Il y a quelques temps, sur le groupe de discussion Formation de plongée, astuces et autres petits plaisirs, une personne s’interrogeait sur le peu de plongeurs et plongeuses qu’elle observait réalisant un check du matériel de plongée de leur binôme attribué. 

Si le sujet est important il se pourrait que la routine en ce domaine ne soit pas la meilleure prévention contre les incidents de plongée.

En interrogeant la communauté sur leurs expériences dans le domaine, nous avons pu dégager 4 points pour bien réaliser le check du matériel avant la plongée.

1. Qu’est-ce que le check du matériel ?

Il s’agit de la vérification de l’ensemble du matériel et de son fonctionnement avant la mise à l’eau.

L’objectif ici est clairement de considérer le check comme une procédure visant à éviter les incidents / accidents dus à une méconnaissance, des défauts ou une usure du matériel.

2. Comment peut-on réaliser le check de son matériel avant la plongée ?

  • Effectuer un auto-check (en vérifiant que tout le monde fasse le sien)
  • Il faut regarder d’office le matériel du binôme même si un check n’est pas demandé/imposé… et poser des questions si besoin
  • Effectuer un cross-check (check croisé avec le binôme) avec manipulation, touché, …
  • Ne pas croire que parce que l’on est un plongeur supra, méga confirmé nous ne pourrons jamais rien oublier
  • Nous ne sommes pas dispensé du check… même si nous plongeons toujours avec le même binôme.
  • Donner les précisions supplémentaires importantes lorsque l’on utilise du matériel peu ou pas habituel pour notre binôme  : une wing, une étanche, …

3. Qu’est-ce que l’on vérifie ?

  • Le volume de la bouteille et son gonflage (via le manomètre ou l’ordi)
  • Le système de gonflage/dégonflage du gilet (direct system ou I3)… en regardant si nous avons bien branché le tuyau de l’inflateur 😉
  • Le système de lestage utilisé : poches à plomb, ceinture ou harnais
  • Que chacun ait son masque, ses palmes et son ordinateur avant d’aller sur le bateau
  • Où se trouve l’octopus ? Comment fixons nous l’octopus ? (éviter qu’il se balade derrière le plongeur sans fixation) … et le tester (le faire fonctionner en plongée de temps en temps c’est bien aussi)
  • Les sangles doivent être bien positionnées

4. On n’oublie pas (spécialement pour les distraits)

  • Sa lampe de plongée, sa boussole, sa cagoule, ses gants,… son ordinateur
  • L’ouverture du robinet de la bouteille (mais si cela nous est déjà arrivé)
  • La présence des poches à plombs ou ceinture de plombs sur le bateau avant de partir (et bien fixées le moment venu)

Le check du matériel, une habitude ?

Dans certains cursus de formation (tous ?) l’accent est mis sur le check du matériel de plongée avant la mise à l’eau tout comme sur le briefing dont nous avions parlé ici.

Pourtant nous devons noter aussi que si la plupart des plongeurs et plongeuses considère le check du matériel de plongée comme un élément de base de la sécurité.  Certains avouent être parfois (souvent ?) distraits et oublier de le faire.

Aussi, gardons à l’esprit que…

…Notre sécurité passe aussi par celle des autres

Quelles sont vos expériences heureuses ou malheureuses en matière de check du matériel ?

Racontez-les directement dans un commentaire ci-dessous 🔽🔽🔽. Elles viendront enrichir le savoir collectif sans se perdre dans le fil d’actualité des réseaux sociaux

Et surtout… n’oubliez pas d’être heureux / heureuse 🤗

Hélène

Vous avez envie vous aussi de participer à la création de savoir au travers d’articles participatifs ? Rejoignez la communauté des plongeurs et plongeuses 100% positifs du groupe Formation de plongée, astuces et autres petits plaisirs

  1. Une sortie à la pointe rouge à Marseille. Je ne connais pas mon binôme et malgré çà, nous ne faisons pas de check… But de la plongée : lâchés en pleine eau, à 20m rejoindre tranquillement la falaise et faire une balade de 30 mns… Je commence à descendre doucement, mais mon binôme ne suit pas, il est toujours en surface. Je me stabilise à 10 m, en le gardant toujours en visuel. Il descend enfin, à mon niveau, le « ok » qui va bien et on continue à descendre. A 20 m je lui fais signe de se stabiliser, mais il ne s’arrête pas…. Donc je continue aussi, mais je me rend compte qu’il a du sang plein le masque. Il descend plus vite que moi…. Je me dégonfle, je souffle à fond, je le rattrape enfin, nous sommes déjà à…..48 m. Là, drame, il est visiblement narcosé. Ni une ni deux, je l’attrape, le coince avec mes jambes, essaye de gonfler son gilet, rien….il ne se passe rien…. Je gonfle donc mon gilet en espérant que çà suffise pour les deux, et je jette un oeil à mon ordi….. nous sommes à ….58 m…. Nous remontons, du coup à la bonne vitesse. A 20 m il se reprend de sa narcose, donc il peut se tenir à moi et je peux penser à sortir le parachute. A la surface, je fais le signe de détresse, le bateau arrive sur nous, ils sortent mon binôme et moi, j’ai droit de redescendre 20 mns faire le poisson rouge à 20 m. Quand je finis, je cherche à savoir ce qu’il s’est passé, en fait, il n’avait pas utilisé son matériel depuis deux ans et le gilet était collabé, impossible à gonfler. Je n’ai réalisé que l’après midi, que nous avions failli mourir tous les deux. Mais maintenant, chaque fois que je plonge, je CHECK, de haut en bas et devant derrière. La plongée n’est pas qu’une simple balade au milieu des poissons!!….

    1. Quelle histoire Maïté
      Félicitations pour ton sang froid et ta réaction.
      C’est une expérience assez inoubliable pour ne plus jamais oublier de faire le check du matériel avant une plongée.
      Vous avez surement eu de la chance (surtout lui) et heureusement que tout cela s’est bien terminé.
      Le check du matériel de plongée est vraiment un élément indispensable de la prévention des accidents.
      Bonnes bulles

  2. Bonjour,

    C’est arrivée lors d’une croisière en Egypte, la plongée ce déroulait sur Ras Mohammed.
    L’équipement se passe dans le calme, mais pas de check par binôme. Un des plongeur avait l’habitude de gonfler son gilet à la bouche… pour gagner du temps de plongée !
    La mise à l’eau se fait et se passe bien…check des détendeurs le visage dans l’eau (comme ça si la membrane d’expiration est s’est coincé à la mise a l’eau on peut le sentir). Go, on s’immerge, et a 20 m env. Tout le monde se stabilise….sauf un qui continu a descendre…pour cause le ds n’était pas branché. Il a fallut aller le chercher a 35 m etc. Une chance! Le fond est d’env. 800m de mémoire.
    Depuis qd je vois qqn faire ça je lui raconte et lui explique que les 10 litres qu’il va mettre dans sa stab ne vont lui faire perdre QUE une inspiration a 10m soit une seconde de plongée plutôt que de faire une plongée d’une vie…

    1. Merci Fred pour ce partage étonnant
      J’avoue que je n’avais jamais imaginé que l’on pouvait envisager de ne pas brancher son direct system pour « gagner du temps de plongée »… c’est incroyable et complètement aberrant.
      Surprenant aussi que le guide de palanquée ait accepté qu’il fasse cela (ou alors il ne l’a pas vu)
      Tout de même, il y en a qui vont vraiment trop loin dans leur recherche de consommation minimum …

  3. Dive Bouteille, quand je te vois pleine avec des bars, je te vide, mais quand tu es vide je me plains de ne plus avoir de bulles…
    C’était du temps où la plongée se démocratisait mais pas toujours bien mais avec un matériel au top ( pour l’époque )
    Invité par un ami sur son yacht ( 18 m de long ) à plonger à Antibes, nous nous équipons, tous les 2 avec des bi 15 litres. J’avais amené avec moi une nouveauté, à savoir, le manomètre immergeable ….( qui m’avait fait traité 6 mois auparavant d' »arbre de Noël » par un moniteur dont je tairai le nom puisqu’il est maintenant BESS3 …)
    En s’équipant, je lui demande si ses bouteilles sont bien gonflées.
    Réponse: « T’inquiète pas fils, je les ai gonflées il y a 15 jours et j’ai vérifié au mano avant de mettre mon bi dans la cale du bateau ».
    Il ouvre sa robinetterie en grand et la referme d’un quart de tour.
    Mon copain était du genre « chacun sa mer ! » donc il ne faut pas avoir besoin de lui sous l’eau … C’est toujours bon à savoir.
    On se met à l’eau en sautant de la plage arrière et je sais que dès qu’il aura repris son équilibre, il va s’échapper …
    Frais émoulu niveau 4, dés que les turbulences ont cessé, je me place quand même face à lui et lui demande si tout va bien. Il me fait quand même le signe OK et on descend pour rejoindre les 35 m où parait il, il avait vu des choses merveilleuses…
    On descend vigoureusement et vers les 30 m, comme nous étions par le plus grand des hasards l’un près de l’autre, il me fait soudain le signe  » je n’ai plus d’air « !
    Les octopus n’existant pas encore sous sous forme flexible mais seulement avec des tentacules, je lui présente mon détendeur et l’agrippe fermement par la sangle du bi après avoir récupéré une grande goulée d’air ( par expérience, je sais quand on donne son détendeur et qu’on ne sait jamais quand il revient …).
    Nous remontons vers la surface et entamons un palier de principe.
    Très intrigué par sa panne d’air, après m’avoir rendu mon détendeur, il essaie le sien et, Ô miracle, il a de l’air !!
    Ni une ni deux, il décide de redescendre et nous voila repartis pour des fonds sablonneux. A 25 mètres, il m’assaille en réitérant le signe  » je n’ai plus d’air »
    Rebelote. Remontée à 2 sur mon détendeur. Re paliers de principe. Re essai de son détendeur et re miracle, il a de l’air !!! Cette fois ci, on décide d’écourter la plaisanterie et on remonte sur le bateau, la tête pleine d’interrogations.
    En nous déséquipant, on teste sa bouteille avec mon manomètre immergeable et on s’aperçoit que le fameux bi avait …3 bars et on a pu retirer l’étrier sans fermer la bouteille !!!
    L’explication lui est venue plus tard. Après avoir déposé son bi dans la cale de son bateau, le robinet central a été en contact avec les oeuvres vives de la cale, heurter un angle en bois qui a ouvert d’un huitième de tour sa bouteille qui a fuit tranquillement sans bruit pendant 15 jours, bar après bar. Donc, de l’air en surface, assez pour vérifier que la robinetterie est bien ouvert et que détendeur n’est pas collé, de l’air à 3 mètres, de l’air ( pas beaucoup ) à 20 m et quasiment plus rien à 30 m ! En remontant, au pallier, il y avait assez d’air et il avait imaginé que c’était sans doute une cochonnerie qui avait obstrué sa sortie en descendant la tête en bas ( c’était du temps où les ré-épreuves étaient tous les 5 ans …). D’où sa tentative de redescendre une deuxième fois et bis repetitas.
    Ca n’arriverait plus maintenant, notre équipement de l’époque irait certainement au Musée archéo-sous-marin, mais la morale de l’histoire est que tout (même l’impensable ) peut arriver.
    Bonnes bulles! externes …

    1. Merci Thierry pour ce témoignage qui, vu d’ici, est amusant car il finit bien (j’imagine vos questionnements à la remontée sur le bateau)
      Imaginer en 2019 que tu te faisais traiter d’arbre de Noël avec ton manomètre immergeable fait sourire aussi. Plus personne aujourd’hui ne penserait à plonger sans manomètre.
      Mais nous le savons, l’être humain a parfois (souvent ?) une certaine résistance au changement et à l’évolution. Le sacro-saint « on a toujours fait comme cela » est surement révélateur de ce besoin naturel que nous avons de rester en équilibre jusqu’au point où ce n’est plus possible, où nous changeons nos habitudes pour vite retrouver un nouvel équilibre 😉
      Ton histoire, outre l’importance d’accepter d’évoluer avec le matériel moderne, montre effectivement que parfois, malgré un certain nombre de précautions, nous pouvons être devant une situation inattendue, surprenante et/ou qui parait insoluble.
      J’aimerais bien voir à quoi ressemblait ton matériel de l’époque 🙂
      Bonnes bulles à toi

      1. Le Dress-Code des années 70-80
        Pantalon sans bottillons ( ou bottillons sans semelles rigides qui deviennent rapidement de la charpie ..) bretelles sur les épaules
        Haut de combinaison avec cagoule et fermeture « couche-culotte ». Les fermetures-Eclair étaient nouvelles et très chères ( et laissaient entrer l’eau ! )
        Palmes Squid-Fin avec des ouïes
        Poignard GM au mollet droit avec le tuba inséré dedans
        Masque noir avec valve
        Mono bouteille gonflée à 170 bars et plus tard à 200 bars tenue par des sangles de toile épaisse et retenue par une sous-cutale et l’inévitable réserve
        Ceinture de lest en toile forte (plus tard en caoutchouc) avec des plombs de 1, 1.5 voire 2 kg que nous fondions parfois nous-mêmes (car il était inimaginable dans nos cercles de famille de jeter un tuyau en plomb sans le redonner à un plongeur pour recyclage. 1 plomb d’1 kg se vendait 10 Francs (1,5 € ) en magasin et c’était bien cher ..
        Détendeur 2 étages Poseïdon (quand même !, même si 2 copains plongeaient en Mistral …)
        Montre de plongée Kelton (achetée à Monoprix )
        Profondimètre souvent à bain d’huile, mais moi qui étais au top (!), j’avais un profondimètre à aiguille traînante 1 tour (avec un capillaire pour les paliers) et plus tard un autre à 2 tours ( 1 de 0 à 12 m et 1 tour de 12 à 120 m). Les suicidaires se fiaient à un décompressimètre porté à l’avant-bras.
        Tables de la plongée Travail de la Comex ( blanche/jaune/bleue ) glissées sous la combinaison

        Et c’est tout !!!
        Sans vouloir jouer les vieux cons, nous étions un peu le chaînon entre les excellents plongeurs du temps de Cousteau ( qui plongeaient avec des combinaisons minables thermiquement et s’équilibraient au poumon ballast ) ou de l’armée et certains plongeurs de maintenant qui n’ont connu -et tant mieux pour eux- que le grand confort de la révolution technologique.

        J’ai acheté bien plus tard une Fenzy M4 pour laquelle j’ai dû passer une épreuve (car, dixit la Fédé, « C’est dangereux !! »). Le tuyau annelé se gonflait à la bouche. Pas de Direct-System. Les bouteilles de Fenzy JAMAIS ré-éprouvées servaient à se décoller des grandes profondeurs et à remonter à 25 voire 30 m/mn.
        Certains ( beaucoup) la vidaient entièrement d’un coup sur le bateau en faisant hurler les valves ( Quel intérêt ? A part faire travailler le métal et givrer l’intérieur, condenser l’eau contenue dans l’air et ainsi rouiller le pas de vis ?). Je n’ai jamais bien compris.
        Plutôt que de les remplir au Club, les mêmes les remplissaient sur le bateau – de préférence en Zodiac, où on est sûr qu’il y aura toujours quelqu’un en face ou à côté- en les couplant avec la bouteille et ouvrant les robinets d’un seul coup d’un seul, faisant passer ces petites bouteilles rouillées à l’intérieur (JAMAIS ré-éprouvées) de 1 Bar à quasiment 200 Bars en 3 secondes.
        Je me suis toujours arrangé pour ne jamais rester dans la trajectoire potentielle de ce projectile …
        J’ai acheté au moment de mon niveau 3 (1982) , un manomètre immergeable qui m’a valu le fameux qualificatif d' »Arbre de Noël » de la part de mon MF1).
        Je plongeais réserve basse, m’étant déjà fait piéger par une réserve défectueuse qui avait laissé passer la totalité de l’air sans m’avertir … Cela ne plaisait pas à tout le monde, mais je m’approchais du niveau 4 et mes expériences me confortaient dans mes décisions.
        Mais tout cela n’intéresse personne car c’était ( presque ) des temps anciens où les bêtes parlaient et certains hommes avaient des branchies….
        Amicalement
        Thierry

      2. Bonjour Thierry,
        Quel bonheur de lire ton récit… j’ai réussi à t’imaginer dans cet équipement
        Heureusement que les temps ont changés tout de même. L’histoire de la Fenzy, des bouteilles regonflées ou du manomètre qui te valait le nom d’arbre de Noël sont stupéfiantes

  4. Et on oublie pas de faire fermer son étanche par son binôme….si si ça arrive aussi…bon ça sert de leçon mais un contrôle des combinaisons bien fermées ça ne fait pas de mal

    1. Bien vu
      Effectivement, la fermeture de la combinaison de plongée (et encore plus important quand c’est une étanche) est un classique aussi 🙂
      Merci de le rappeler

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.