Incidents de plongée : le guide seul en cause ?

Certains détails peuvent (vraiment) faire d’une simple plongée une situation accidentogène.

C’est une histoire ordinaire qui pourrait vous arriver que je vais vous relater ici.

Vraie de toutes pièces, seuls les prénoms et la photo de l’article ne collent pas à la véritable histoire afin de garder l’anonymat des personnes et du centre de plongée en question.

Cela commence comme beaucoup d’histoire, de manière assez banale, par l’envie de prendre des vacances : il y a déjà quelques temps, Stéphanie a eu le plaisir de partir plonger en famille et entre amis dans une destination aux eaux claires et chaudes.

…Malheureusement, sa première plongée ne s’est pas passée comme elle l’aurait souhaité

Retour sur une plongée qui aurait pu mal tourner

Pour l’occasion de ses vacances en famille, Stéphanie et les autres membres de son groupe forment une palanquée hétérogène : deux plongeurs de 60 ans très expérimentés, Stéphanie et Alain tous deux moniteurs de plongée et leurs deux adolescents.

Dès leur arrivée, ils avertissent le responsable du centre de leurs niveaux respectifs et lui exposent ce qu’ils souhaitent (leurs enfants étant plongeurs autorisés à plonger jusque – 30 m mais ne dépassant qu’exceptionnellement le seuil des – 20 m par mesure de prudence)

Pour leur première plongée dans cette destination, ils demandent une plongée cool, histoire que ceux et celles qui plongent moins souvent reprennent leurs marques et parce que les enfants les accompagnent.

Ils embarquent donc le lendemain en direction d’un spot apparemment très sympa et on leur attribue un jeune moniteur fraichement certifié. Qu’importe, ils sont autonomes et veulent juste être guidés.

Sur le bateau, impossible de savoir où ils se rendent car c’est une « surprise » (ou parce que le capitaine veut voir selon le courant,…).

Un peu avant d’arriver sur le spot, on leur distribue leur lestage : 6kg pour les femmes, 8 kg pour les hommes, pas un de plus. Et, bien sûr, des bouteilles en aluminium.

Si la plupart des plongeurs et plongeuses présents sur le bateau sont en shorty ou en combinaison 3mm, ce n’est pas le cas de Stéphanie et sa palanquée. Ils plongent en 5mm car ils ont prévu d’autres plongées nécessitant une isolation thermique un peu plus épaisse dans la suite de leur voyage.

Manifestement, ils n’ont pas le choix et plongeront avec ce lestage qui risque bien d’être trop juste… (J’avais déjà expliqué dans un précédent article cette espèce de phobie du sous-lestage qui peut vraiment poser problème.)

Juste avant l’immersion, les moniteurs présents leur expliquent qu’ils vont plonger sur une épave posée sur un fond de -27m. Pour une première plongée de « réadaptation » avec les enfants, ça ne convient pas du tout à Stéphanie qui expose ses craintes au moniteur qui lui répond qu’il n’y a « pas de soucis, tu peux facilement explorer le haut de l’épave et rester sur les -20m », mouais. Pas convaincue mais devant l’envie de tous de s’immerger, elle cède et ils décident de se mettre à l’eau.

Comme il y a un peu de courant, le capitaine les drope un peu plus loin de manière à ce qu’ils puissent se laisser porter et arriver pile sur l’épave.
Stéphanie et Alain brieffent les enfants et décident que le plus jeune des deux restera auprès d’elle.

Au signal, ils s’immergent et suivent leur jeune guide jusqu’au fond à -27m dans un courant très fort… et sans épave !!!

En trois signes, Stéphanie signale qu’il n’y a pas d’épave, qu’ils sont trop profond et qu’il y a beaucoup de courant et elle demande si l’on arrête la plongée parce que ces conditions sont inadaptées à leur palanquée hétérogène

Le guide lui fait signe de le suivre (à contre-courant)
Euuuh, il est pas bien lui ?
Stéphanie fait signe à son fils de rester cool (ce qu’il est), elle attrape sa bouteille et palme lentement pour deux faisant presque du sur place.

Après quelques minutes qui leur paraissent interminables, et toujours pas d’épave à l’horizon, un des membres de la palanquée s’accroche à une roche car il se sent essoufflé. Stéphanie frôle l’essoufflement aussi et décide d’échanger son binôme avec Alain qui attrape le petit… Plus moyen d’hésiter, ils demandent au guide d’arrêter la plongée.

Le guide fait alors demi-tour, remonte sur le tombant à une profondeur de – 20 mètres et leur demande de le suivre en se laissant porter par le courant.

Très vite, les membres de la palanquée aperçoivent l’épave et les autres palanquées occupées à l’explorer… Le jeune guide (qui ne s’était jamais rendu sur le site) s’était juste trompé de direction en partant à l’opposé. Stéphanie et les autres arrivent sur l’épave avec 90 bars dans leurs bouteilles !

Alors qu’Alain lui fait signe qu’il remonte sur le haut de l’épave avec le petit, Stéphanie contourne celle-ci avec sa grande fille, le guide et le reste de la palanquée.

A peine le temps de contourner l’épave par l’arrière et le courant les reprend en pleine face. Le guide demande à Stéphanie ce qu’il lui reste dans sa bouteille : 70 bars pour elle 90 pour sa fille. Il leur fait signe de venir avec lui sur l’avant du bateau pour terminer la plongée et commence à vouloir lâcher son parachute. Du regard Stéphanie cherche les autres membres de la palanquée. Ses deux amis sont devant elle et sa fille juste à côté mais elle aperçoit Alain avec le petit tout au-dessus de l’épave lui faisant signe que ça ne va pas.

En deux coups de palmes elle attrape le guide et lui signale qu’il y en a deux plus haut et que ça ne va pas. Le guide lui fait comprendre… qu’il ne comprend pas !

Sans demander son reste, Stéphanie remonte suivie du reste de la palanquée vers les deux acolytes qui ont atteint la réserve d’air et en ont surtout marre de lutter contre ce courant.

Le guide finit par les suivre et commence à s’agiter dans tous les sens pour tenter de déployer son parachute. A ce moment Stéphanie et Alain perdent patience, repoussent le parachute et les mouvements désordonnés du guide loin d’eux et tirent calmement leur parachute avant d’entamer tout aussi calmement la remontée.

Leurs deux amis n’ayant pas tout suivi, et pensant que Stéphanie et Alain veulent être « en famille », restent près du guide pour la remontée.

Arrivé au palier, les choses se corsent car, vu que les bouteilles sont nettement moins remplies, Stéphanie et Alain ne sont évidemment pas assez lestés et donc, difficile de tenir un palier de sécurité selon les ordinateurs des enfants, obligatoire selon les leurs, en faisant le double effort de se maintenir à la bonne profondeur et d’y maintenir les enfants !

Stéphanie et Alain décident alors de casser leur palier, de remonter en surface et d’intimer l’ordre aux enfants de rester accrochés à la bouée du parachute avant de redescendre directement à 5m terminer la partie obligatoire de leur palier (40 secondes) pour éviter au moins que leurs ordinateurs ne se bloquent pour la seconde plongée. Le tout en gardant les enfants en visuel (et avec le fil du parachute) vu que l’eau est limpide.

Une fois sur le bateau, le guide vient s’excuser de cette plongée ratée et avoue qu’il ne connaissait pas du tout le site… alors qu’il guide une palanquée hétérogène de 6 personnes (pour ma part, j’en reste bouche bée).

La moitié de leur palanquée, dont les enfants, décident alors de ne pas effectuer la seconde plongée avec ce guide.

Bien sûr, au retour sur la terre ferme et au terme d’une explication avec le responsable du centre, il admettra que cela relève de sa responsabilité, décidera de ne pas leur compter les deux plongées de la matinée et leur attribuera un guide expérimenté pour le reste de leur séjour chez lui.

Heureusement, cette plongée truffée de petits incidents s’est bien terminée alors qu’elle aurait très clairement pu déboucher sur un accident de plongée : essoufflement, panique, remontée trop rapide avec risque de surpression pulmonaire,…

Que peut nous apprendre cette histoire ?

Bien sur nous pourrions crier au scandale contre le centre et/ou le guide de plongée. Cependant, l’erreur est humaine et nous avons toutes et tous une responsabilité à la réussite de notre plongée et des possibilités de mettre toutes les conditions de notre côté pour éviter certains incidents/accidents de plongée

Aussi, plutôt que d’adopter une attitude critique et accusatrice envers le guide (qui n’apporterait peut-être pas grand chose), je vous propose de voir ensemble ce que nous pouvons apprendre de cette histoire et éviter qu’elle ne se reproduise :

  • Lorsque vous avez des demandes précises, assurez-vous quelles sont bien comprises par toutes et tous
  • Refusez de plonger avec un lestage tout juste… vous avez droit à votre confort et à votre sécurité : mieux vaut un kilo de trop qu’un kilo trop peu. Si vous plongez avec des débutants et/ou des enfants, prenez un ou deux kilos supplémentaires pour, le cas échéant, pouvoir les distribuer.
  • Si vous plongez avec une palanquée hétérogène, veillez à ce que l’entièreté du site (et pas juste une partie limitée) corresponde à la personne ayant le niveau de plongée le moins élevé mais également aux réalités des membres qui composent la palanquée (âge, conditions physiques,..)
  • Assurez-vous que votre guide connaisse le site que vous allez explorer. Si la personne vient tout juste d’arriver dans le centre, demandez à être guidé par quelqu’un d’autre qui a un minimum de connaissance des spots prévus.
  • Ne plongez pas à contre-courant surtout si vous ne voyez pas le point que vous devez atteindre (on le sait, on le dit… et parfois on croit néanmoins qu’après ce petit effort on sera au bon endroit)
  • Eviter les suites d’erreurs qui peuvent mener à des situations dangereuses

Voyez-vous encore d’autres enseignements à mettre en avant ?

Partagez-les dans un commentaire directement sur le blog afin que vos bonnes idées ne se perdent pas dans les fils d’actualité et permettent de servir au plus grand nombre d’entre nous

Et surtout… n’oubliez pas d’être heureux/heureuse 🤗

Hélène

  1. Un « guide » qui ne connait pas le site ! Pas mal… je pense que le terme « guide » est un peu galvaudé. De plus le gaillard ne sait pas se servir d’un parachute. Commencer une explo après un « début d’essoufflent » c’est de la folie, surtout avec 70 bar dans la bouteille. Début d’essoufflent c’est « abort the dive » dans tous les cas.
    La charte du groupe m’empêche de dire exactement ce que j’en pense… J’aimerais quand même bien connaître le nom du centre qui envoie des « guides » sur des dite qu’ils ne connaissent pas

    1. Bonjour Jean-Claude,
      Ici pas de charte du groupe (celle-ci est réservée au groupe Facebook issu de la page Different Dive) mais le respect est bienvenu évidemment 😉
      J’ai pour philosophie de ne jamais donner de nom des endroits que je n’ai pas aimé, à tort ou à raison.
      Ici, c’est pareil pour le retour de Stéphanie.
      Je pense que les réseaux sociaux se chargent suffisamment bien de faire circuler les infos négatives, pas besoin d’en rajouter.
      Très clairement, envoyer un guide qui ne connait pas le site n’est pas acceptable. Les personnes de la palanquée avaient confiance “par défaut” j’imagine. Mais ils ne se sont peut-être pas mis en danger puisque avant l’essoufflement, ils ont dit stop au guide qui les a fait remonter sur les 20 mètres portés par le courant. Arrivés avec une petite centaine de bar sur l’épave ils n’ont eu que quelques instants pour en profiter avant de devoir remonter.
      Sans doute une expérience de plus pour eux et surement une perte de confiance dans les guides 😉
      Moi, je suis surtout contente que cela se soit bien terminé pour eux.

      1. Pas d’accord…. début d’essoufflement tu ne remonte pas à 20 m c’est abandon de la plongée et surface !
        Je comprends qu’on ne veut pas donner des nom mais je le regrette. C’est aussi pour cela que je regrette un site comme BMPP qui n’existe plus

  2. Bonjour,

    Je ne vais pas rentrer en détails car il faut être dans cette situation pour pouvoir donner des appréciations.

    Je pense que si tout les deux avais de niveau « moniteur » soit niveau 4 ou plus des qu’on voit que le guide commence à déconner on doit prendre la situation en main et arrêter la plongée ;
    J’ai eu une situation similaire en Corse que m’a obligé a faire une remontée rapide pour panne d’aire très mal géré par un guide pas expérimenté du tout ! suite à une perte de repères dont j’ai consommé 70 bars de ma bouteille (et en suite il nos a amené a 40 m et il se perdu en nous laissant attendre au fond pour vérifier sa position).
    En ce moment je me suis rappelé de ma formation et on tout géré avec mon binôme (nager à toute vitesse au bateau pour demander une bouteille pleine et faire mon pallier à mi profondeur) après ça on s’a décidé à passer mon niveau 3.

    1. Bonjour Diego,
      Merci pour ton retour.
      En ce qui me concerne, je pense que Stéphanie et Alain ont géré correctement leur plongée. A tous moments ils pouvaient décider de remonter (ce qu’ils ont fait sans le guide qui paniquait manifestement)
      Au début ils ont juste voulu donner une chance à cette plongée d’aboutir sur une belle expérience avant de rapidement signaler au guide qu’il fallait la stopper. Selon leurs dires, ils ne se sont jamais sentis en danger ou quoique ce soit mais plutôt énervés par cette plongée ratée.

  3. Bonjour,
    2 plongeurs expérimentés de 60 ans, 2 moniteurs et leur 2 enfants.
    Waouh !!!
    Et ils se sont laissés entrainer dans cette plongée !!!!!
    Stéphanie expose ses craintes mais la mère de famille se laisse convaincre par un guide qu’elle ne connait pas et qui veut absolument faire courir un risque à ses enfants……..
    Quelle fable. Ou alors il faut d’urgence retirer leur titre de moniteur à ces parents là.
    Cela ressemble beaucoup à un fake plutôt qu’à la réalité.
    D’autre part je ne me souviens pas du nom du brevet qui autorise jusqu’à – 30, je connais -20 et -40, mais pas entre les 2.

    Bonne continuation.

    Farouk, MF1 depuis 40 ans.

    1. Bonjour Farouk,
      J’ai pour habitude de remercier chacun et chacune pour le temps pris à répondre sur le blog et à partager leurs points de vue et/ou expériences
      Ici, j’ai bien du mal car je ressens ton intervention comme ayant comme seul objectif de casser, mépriser, discréditer,… sans aucune volonté de construire ensemble plus de compréhension et/ou de savoir.
      Selon moi, Stéphanie et Alain n’ont pas mal géré leur plongée et pouvaient réagir à n’importe quel moment si cela avait été nécessaire. Bien sur, nous sommes d’accord, ils auraient surement du dire “stop” dès le début mais ils ont rapidement dit au guide qu’il fallait stopper la plongée.
      Il est tellement simple de critiquer derrière un écran… bien moins d’oser partager avec d’autres ses erreurs afin d’éviter à de futurs plongeurs de vivre ce même genre d’expérience.
      J’imagine, comme tu es MF1 depuis 40 ans, que tu as toujours eu un comportement exemplaire et que tu n’as jamais commis une seule faute, bravo.
      Juste pour ton info, partout dans le monde, y compris en France, des milliers de brevets de plongeurs autonomes à -30m sont délivrés chaque année… mais ce n’est pas la “fédé”, non, il faut pouvoir regarder un peu au delà.

      1. Bonjour à tous,

        Désolé si tu as pensé que je voulais “casser, mépriser ou discréditer”.
        Ce n’est pas le cas.
        je suis simplement étonné qu’un couple de moniteurs se soit trouvé embarqué dans une telle plongée.
        Ta phrase : “….ils ont rapidement dit au guide qu’il fallait stopper la plongée.” est très étonnante puisque dans ton texte tu nous explique que Stéphanie s’aperçoit qu’elle a 70 bars et sa fille 90 après la demande du guide !!!
        Après un laïus sur la profondeur 30m et la force du courant ta monitrice attends qu’on lui pose la question ?!?!?!
        D’autre par tout palier interrompu doit être recommencé depuis le début, d’autant plus que la nage à contre courant a été soutenu donc saturation forcement plus importante, mais bon la santé de l’ordinateur semble plus importante que toutes les règles de sécurité les plus élémentaires : sous lestage, plongée profonde (30m), plongée à contre courant, décision de demi-tour alors qu’il ne reste que 30% de réserve d’air, paliers interrompus, plongeurs laissés seuls au palier (même si l’eau est claire), bref je confirme il faut vraiment enlever ce titre de moniteur à ces 2 parents.
        Désolé que cela ne corresponde pas à tes conclusions quand ce récit, ou alors il s’agit d’un truc inventé pour alimenter ton blogue.

        Farouk

      2. Farouk,

        Je pense que tu n’as pas bien lu le texte et/ou que je ne l’ai pas écrit dans un français suffisamment compréhensible puisque ce que tu racontes ne correspond pas à l’histoire de plongée relatée ici
        Sache que je n’invente jamais de récit de plongée “pour alimenter mon blog”… une fois de plus je perçois tes propos comme méprisants et discréditants

  4. Salut. Ça dêpend du niveau du guide aussi, de son epérience. Perso j’ai 4000 plongées, j’ai bossé dans des endroits similaires, si qq un me décrit un site de la surface je vais me débrouiller. Ce qui me plaît le moins c’est toute la mauvaise anticipation. 6 dans un groupe avec un seul guide + Plongee difficile pour des debutants. Et c’est quoi cette histoire de redescendre pour finir son palier ???? Il faudrait qu’ils se mettent à la page c’est une vieille methode ça, c’est pas bon. La santé de l’ordi est plus importante que la leur ?

    1. Bonjour Jeremie,
      D’accord avec toi, tout dépend du guide de plongée et de son expérience ; ici apparement il s’agissait d’un jeune guide 😉
      Par contre, perso, j’aurais fait pareil que Stéphanie et Alain : si pour une raison quelconque je dois remonter en surface pendant un palier et que mon ordi sonne pour que je redescende le faire, très clairement, je le fais. Mais je me suis mal exprimé dans le texte : ils n’ont pas “cassé” leur palier mais sont remontés en surface et redescendus endéans la minute
      J’ai plutôt tendance à écouter mes appareils de bord… si non, à quoi bon les utiliser ?
      Après, chacun fait comme il le sent mais il me semble que si l’ordi exigeait la poursuite du palier, ils ont bien fait de le faire… d’abord la santé tu as raison 😉

      1. Bizarre cette histoire. Je ne pense pas que le bip de l’ordi signifie qu’il faille redescendre directement, ça irait à l’encontre des régles de plongée, à moins qu’elles aient changées. Perso j’enseigne PADI, ça varie peut etre d’une fede à l’autee, avec PADI pour une plongée à 27 m qui ne depasse pas la zone de non decompression un palier de 3 mins à 5 m est recommandé mais pas obligatoire.
        La seul situation où je renverrais quelqu’un sous l’eau juste après une plongée serait le cas extrême de soupçonner un accident de décompression alors qu’on est beaucoup trop loin d’un caisson et qu’on n’a pas assez d’O2 sur le bateau pour y arriver. C’est une vieille méthode qui peut fonctionner.
        Un ordinateur est simplement là pour aider, assister, ce n’est pas lui qui prend les decisions.
        Qu’ils soient redescendus n’est pas si dangeureux que ça mais ce n’était pas, d’après moi, la procédure normale. J’aurais plutôt attendu une heure avant une plongée suivante à une quinzaine de mètres.

      2. Jeremie,
        Un plongée, même à 27 m peut nécessiter des paliers obligatoires.
        C’était le cas ici pour les deux ordinateurs des parents (qui ont des ordis plus pénalisants) qui leur imposaient un palier assez court mais obligatoire 😉
        Dans ce cas, l’ordinateur indique clairement de redescendre à 3m pour finir le palier… et, selon les modèles, il émet des bips, flashe en rouge ou fait les deux.
        C’est toujours le plongeur qui prend la décision, mais toujours en se référant à son instrument de mesure de la décompression, ici un ordinateur.
        Donc, pour moi, ils ont très bien fait et je ferais de même si j’étais dans ce cas là.
        Ils ont exactement suivi la procédure normale : si tu remontes sans avoir fini ton palier, tu as entre 3 et 5 minutes (selon l’algorithme de ton ordi) pour te réimmerger afin de le terminer
        Par contre, jamais, je ne ferai redescendre quelqu’un qui a cassé son palier (et donc dépassé le temps autorisé par l’ordinateur pour redescendre) d’autant plus s’il présente des risques d’ADD car dans ce cas, tu ne sais jamais comment la personne va réagir : convulsion, perte de conscience, panique,… au risque de se noyer !
        Mais comme tu le dis… chacun fera ses propres choix le moment venu.
        Merci pour ton partage, pour tes réflexions 😉

  5. De mauvaises expériences arrivent à tout le monde, pourquoi mettre la faute sur quelqu’un forcément.Suis instructrice et bien sûr nous faisons des erreurs !!!!!!!!!! Pourquoi ne pas tiré le positif dans tous ça….. Les parents sont moniteur,”autonome “apparemment, et bien, dans ce cas ils sont capables de revenir en surface, en toute sécurité…..c etait le moment pour eux de mettre en application leur apprentissage……. Sinon à quoi bon apprendre…….. S arrêter, réfléchir et agir………. Ça fait peur sinon, dans le cas inverse d avoir des moniteurs ne sachant pas réagir à certaines difficultés…….

    1. Bonjour Noirot,
      Merci pour ton partage d’expérience.
      Ici, l’article veut clairement mettre en avant l’inutilité de vouloir à tous prix rejeter la faute sur le guide. Par contre, l’intérêt me semble être de comprendre que cela peut arriver et qu’il vaut mieux mettre toutes les chances de son côté pour éviter ce genre de mésaventure.
      En ce qui concerne ma lecture de la situation, bien sur, les responsabilités sont souvent multiples et l’erreur est humaine.
      Stéphanie (monitrice depuis de très nombreuses années) et Alain auraient pu par exemple ne pas faire plonger les enfants sur cette plongée puisque la profondeur ne leur convenait pas (même si les enfants étaient certifiés pour le faire)
      Arrivés dans le fond, ils auraient pu refuser de suivre le guide qui les faisait aller à contre courant (mais, me disait-elle, le guide leur avait fait comprendre que l’épave était juste là, un peu plus loin et ils ignoraient que le guide n’avait jamais plongé sur ce spot)
      Lorsque des plongeurs arrivent dans un endroit du monde, il est normal qu’ils fassent un minimum confiance aux guides sur place. Si non, à quoi bon avoir un guide ?
      Pour le reste, elle et Alain ont géré, me semble-t-il, tout à fait convenablement.
      Le guide, très clairement n’aurait pas du les faire palmer à contre-courant. Plus gravement, il est vraiment fautif lorsqu’il met fin à la plongée et tire le parachute en ne se rendant pas compte qu’il lui manque deux membres de sa palanquée dont un enfant !
      Enfin, le responsable du centre n’aurait jamais du faire guider cette palanquée hétérogène par un guide qui ne connaissait pas du tout l’endroit et aurait du prévoir un spot plus simple puisque la demande des parents était de ne pas dépasser les -20 m pour la première plongée.
      Il est important, à mon sens, de passer un peu de temps à former son personnel
      D’autant qu’en cas d’accident, s’il a commis une faute (ne pas respecter les règles de base de sécurité, oublier des plongeurs dans l’eau,…), la responsabilité du guide sera engagée, peu importe le niveau des plongeurs et plongeuses qu’il guide.

  6. Le problème fondamental c’est les soit-disant guides qui sont “parachuté” sans rien connaitre au site. Pour cette raison, je préfère les guides locaux qui eux connaissent parfaitement leurs sites.

    1. Bonjour Jean-Claude,
      Effectivement, les guides qui ne connaissent pas les spots de plongée sont un véritable problème et un mauvais calcul pour les responsables des centres (j’imagine que Stéphanie ne retournera jamais plonger dans ce centre). Comme ils n’ont qu’une faible connaissance de l’environnement sous-marin dans lequel ils évoluent, les guides parachutés sans expérience du site ne vont pas pouvoir mettre en avant toute la richesse des plongées auprès des plongeurs et plongeuses dont ils ont la charge.
      Ces clients risquent d’être nettement moins satisfaits que s’ils avaient plongé avec des personnes habituées aux lieux
      Je me rappelle d’un centre au bout du monde ou le responsable faisait d’office plonger ses nouveaux employés en binôme avec un ancien pendant un mois entier avant de les laisser guider une palanquée en autonomie… et il n’y avait qu’une seule passe à cet endroit (avec 4-5 plongées différentes sur la passe)
      Ce directeur de centre estimait qu’il fallait un mois de plongées pour pouvoir ensuite guider des clients avec plaisir et en toute sécurité et an pour réellement maitriser toutes les conditions de plongée sur ce lieu. La formation des guides de palanquée était pour lui essentielle
      Inutile de te dire comme les clients étaient heureux là-bas 😉

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