Formation de plongée : ces exercices que vous ne devriez plus apprendre ou enseigner

Le monde de la plongée sous-marine évolue et son enseignement aussi… et c’est très bien comme cela

Alors que nos connaissances portant sur les immersions sont meilleures et le matériel de plongée incomparablement plus performant et fiable qu’au début de la plongée, il est surprenant de voir que certains exercices sont encore enseignés dans les formations de plongée loisir.

Au risque de brusquer ceux et celles qui restent attachés aux valeurs anciennes et aux pratiques qu’ils ont toujours connues, voici trois exercices que je considère comme désuets et/ ou dangereux au regard des pratiques et des outils de plongée sous-marine d’aujourd’hui

La remontée sans embout

Si la remontée sans embout a été supprimée des cursus partout dans le monde et reconnue comme accidentogène par le monde médical et/ou scientifique (voir DAN), en France elle est encore d’actualité (à nouveau suspendue depuis peu) pour obtenir le niveau 4 même si les responsables de formation eux-mêmes ont parfois du mal à comprendre pourquoi elle est au programme, puis elle ne l’est plus, puis elle est remise pour être ensuite retirée avant d’être à nouveau ajoutée… c’est à n’y rien comprendre.

Quand certains vantent ses vertus de mise en confiance, que d’autres la voient comme le seul bon moyen de se préparer à la gestion de la panne d’air,… je ne peux m’empêcher de considérer la remontée sans embout comme un exercice dangereux, d’un autre temps révolu où le matériel était rudimentaire, les planifications de plongée moins précises (il n’y avait pas d’ordinateur de plongée, pas de manomètre mais une tige de réserve d’air,…) et la condition physique des pratiquants très certainement bien meilleure que celle d’une bonne partie du public de la plongée d’aujourd’hui.

Actuellement il me semble de loin plus pertinent d’enseigner l’importance de la redondance du matériel, de la planification des plongées et du respect de celle-ci notamment au travers d’un briefing complet mais concis et de qualité.

Un plongeur enlève son détendeur sous l'eau
© DifferentDive | DDIVE

Le canard

Technique d’immersion consistant à descendre la tête en première enseignée dès le tout début de la plongée, force est de constater que, dans la pratique, les plongeurs et plongeuses ne l’utilisent pas (ou si peu).

Très difficilement réalisable (et tout à fait inutile voir dangereuse) pour les plongeurs en combinaison étanche, l’immersion par la technique du canard ne présente un avantage que pour les plongeurs très/trop faiblement lestés (qui finiront parfois par tenir leur palier en fin de plongée avec beaucoup d’effort).

Pour les autres, je n’y vois aucun avantage : il est bien plus confortable et sécurisant (et moins stressant pour certains) de descendre calmement à la verticale tête en haut en vidant l’air de son gilet de plongée. De cette manière, pas de soucis pour équilibrer ses oreilles en prenant le temps qu’il faut pour le faire, pas de soucis pour garder en visuel les membres de sa palanquée (et donc meilleur temps de réaction en cas de problème), réduction de risque de peur ou panique, possibilité de rester en surface pour récupérer son appareil photo ou sa caméra que celui ou celle resté-e sur le bateau vous tendra et de descendre confortablement avec votre précieux matériel, etc…

Aujourd’hui, les gilets de plongée étant très performants, il vaut dès lors mieux mettre un ou deux kilos de lest supplémentaires pour assurer son confort et gonfler si besoin un petit peu plus son gilet.

Je vous encourage à lire cet article sur le lestage pour comprendre l’importance de ne pas être sous-lesté.

De ce fait, l’immersion à la verticale pied vers le bas sera bien plus confortable et simple en veillant toutefois à reprendre une position horizontale rapidement après l’immersion pour ne pas abîmer les fonds marins si vous vous immergez à faible profondeur.

Oubliez donc les mises à l’eau de type canard, phoque ou autre bestioles sympathiques et prenez le temps (votre temps) pour vous immerger

NB: vous avez été nombreux et nombreuses à réagir suite à ce point sur la question de sur-lestage. Mon propos des « 1 à 2 kg supplémentaires » n’est certainement pas d’encourager un sur-lestage mais de permettre à chacun et chacune d’avoir un lestage correct et confortable en opposition au sous-lestage évoqué un peu plus haut qui ne permet pas de tenir un palier (obligatoire et de sécurité). De mon point de vue, un bon lestage doit permettre de s’immerger sans effort, d’évoluer sans effort ET de tenir son palier sans effort également. Et cela passe parfois par 1 ou 2 kg de lest additionnel.

Une plongeuse l'entrée du cénote de Dos Ojos
© DifferentDive | DDIVE

Les exercices de tables en but de les utiliser comme outil de décompression pendant la  plongée

Vaste débat entamé dans mon article Pourquoi j’ai décidé de ne plus enseigner l’utilisation des tables de plongée, les exercices à rallonge portant sur les tables comme moyen de décompression PENDANT les plongées sont, à mon sens, inutiles en plongée loisir. Je n’ai personnellement jamais vu aucun plongeur sortir ses tables en fin de plongée pour calculer son temps de palier (heureusement !) et je souris quand les plongeurs ou plongeuses me disent ne jamais plonger sans leur tables alors qu’ils n’ont ni profondimètre ni montre de plongée en plus de leur ordinateur.

Bien sûr, comme tous les plongeurs et plongeuses loisir, ils se réfèrent à leur(s) ordinateur(s) 😉

Cependant, cette vieille idée des tables qui seraient « plus sécurisantes » circule encore et je suis désolée de lire parfois que plutôt que de s’équiper d’un ordinateur en backup ou redondance, de très (trop ?) nombreux plongeurs privilégient encore les tables de plongées dans leur gilet (tables qu’ils n’utilisent JAMAIS) avec un profondimètre et une montre qu’il n’ont souvent pas avec eux-elles.

Plutôt qu’un ordinateur ils utilisent trois accessoires et multiplient de ce fait le risque de panne. L’argument invoqué étant souvent : et si mon ordinateur tombe en panne ? Sans que jamais ils ne s’interrogent sur : et si ma montre tombe en panne ? Et si mon profondimètre me lache ?

Une personne étende devant elle ses tables de plongée
© DifferentDive | DDIVE

Cette liste d’exercices que vous ne devriez plus apprendre aujourd’hui n’est évidemment pas exhaustive et je suis convaincue qu’en réfléchissant un peu, vous trouverez vous aussi des exemples d’exercices de plongée qui n’ont plus de sens aujourd’hui. Je vous encourage à en parler dans un commentaire directement ci-dessous sur le blog pour en faire profiter tout le monde.

Vous êtes engagé·e dans une formation de plongée ? N’hésitez pas à interroger vos moniteurs sur la pertinence d’effectuer des exercices qui n’offrent parfois plus aucune utilité dans le monde actuel de la plongée loisir. Et si vous êtes moniteur, rien ne vous empêche de prendre du recul sur ce que vous avez l’habitude d’enseigner.

Et surtout… n’oubliez pas d’être heureux / heureuse 🤗

Hélène

NB: cet article a suscité de nombreuses réactions car il touche au moins trois sujets sensibles. Certains d’entre vous se sont étonnés de le voir publié dans une rubrique intitulée « Je débute, je veux apprendre ». Ils ont eu raison car on peut réfléchir à n’importe quel moment de notre parcours. Aussi, j’ai décidé de réorganisé quelque peu mon site et de créer une nouvelle rubrique « Réfléchir ensemble » pour nous permettre de prendre du recul sur notre pratique de la plongée et de « Réfléchir ensemble » sur ce qui a du sens pour nous (et ce qui en a moins) dans une idée de partages positifs et constructifs.

  1. Salut Hélène,

    Je suis divemaster Padi 150 plongées.
    Voici mon petit commentaire.

    Le canard est enseigné chez Padi mais seulement comme technique de free diving pas en plongée scaphandre. Je n est jamais pratiqué ce genre d immersion avec des bouteilles.

    Le RSE est appelé RUC ( remontée d urgence contrôlée ) avec Padi. Pratiqué en piscine et en milieu naturel le jour de la certification à 8 ou 10 mètres, l’exercice est fait avec l’embout en place donc très sécuritaire et par conséquent pas inutile puisque sécuritaire finalement en sachant qu ‘elle a ses limites. « Une RSE à -46 mètres » .

    Le surlestage,
    Au début de sa vie de plongeur, on est très souvent surlesté et on s’améliore avec le temps, parfois on plonge surlesté pour s’adapter aux conditions du site. (Courant avec franchissement d’obstacle).

    Les tables.
    Intéressantes pour comprendre la saturation à l azote, les intervalles de surface et le temps de plongée et la planification lorsque on a pas son ordi avec soit.
    Pas de plongée deco avec Padi.

    Merci pour ton Blog.

    1. Bonjour Damien,

      Merci pour ton point de vue et de cet éclairage par rapport à ce qui se passe chez PADI

      Concernant le lestage, il est vrai qu’un débutant va souvent avoir besoin d’un peu plus de lest. Mais cela va diminuer avec l’expérience, l’aisance sous l’eau…

      On ne plonge jamais avec déco chez PADI ou cela demande une spécialisation particulière ?

      1. Chez PADI la plongée avec déco se fait à partir de formation PADI tec. Pour ce qui est de la plongée loisir et même un divemaster n’est pas formé à la plongée avec déco.

  2. – Savoir faire un phoque ou un canard sert a gagner en aquaticite. C’est aussi savoir gérer son poumon ballast. Si les techniques d’immersion que tu plébiscites se resument à savoir descendre le long d’un mouillage en étant surlesté, et sans connaître un minimum de techniques, on a pas la même vision de la plongée.

    – La RSE : on l’apprend pour savoir gérer des situations merdiques. Savoir en faire une au N4 est il me semble une démonstration technique de ton aisance qui reste bienvenue.

    – les tables restent une base fondamentale lorsqu’on parle de déco. L’enseigner et Savoir fonctionner en mode dégradé est vital surtout lorsqu’on veut acquérir son autonomie.

    Je suis très circonspect par tes conseils adressés à tes lecteurs.

    1. Bonjour Frédéric,

      Merci pour ton retour sur mon article.

      Effectivement tu as raison, l’on pourrait dire qu’apprendre la technique du canard ou du phoque permettrait de travailler son aisance dans l’eau et/ou son poumon ballast. Il existe d’autres manières de travailler aussi cela mais j’admets qu’en piscine, dans cette optique, ça peut être ludique même si dans la pratique la plupart des gens ne l’utilisera pas.
      Par contre, je ne sais pas d’où tu conclus que pour moi s’immerger se résume à descendre sur-lesté le long d’un mouillage. Il me semble que c’est un raccourci saisissant pas nécessairement sympathique, mais bon…

      Pour la RSE, comme dit plus bas, force est de constater que le monde médical et/ou scientifique (DAN) la considère comme dangereuse. Qui sommes nous pour passer outre ces recommandations de ne plus la pratiquer sous quelques prétextes que ce soit ?
      C’est tout de même une grosse responsabilités d’aller à contre sens des recommandations des spécialistes de la santé, ne penses-tu pas ?
      Peut-être qu’il existe d’autres manière de faire preuve de son aisance ?

      Maintenant, chacun et chacune fera comme il voudra/pourra
      Comme pour les tables que l’on peut bien sur continuer à enseigner mais, à mon sens pas comme outil de décompression PENDANT les plongées.
      En même temps, certaines personnes s’énervent sur ce point mais dans la pratique, nous plongeons toutes et tous en nous référant à nos ordinateurs depuis bien longtemps … 😉

      Je te souhaite de très belles plongées à venir

  3. A partir du moment où tu rajoutes du plomb pour le confort, tu es en surlestage. Et c’est ce que tu préconises.

    Quant à mon niveau, je ne suis que moniteur CMAS 3* (MF2 FFESSM #1798 – je te laisse le soin de vérifier)… Donc comme un inconscient que je suis, j’ai sauvé un N4 qui a narcosé à la descente, je me suis retourné à -35m mais pas lui, et ce n’est pas à -46m que je l´ai récupéré… Je pense que tu te doutes de ce que je fais de tes commentaires, sur cet incident, je l’ai géré avec mon club Suisse de l’époque.

    Beaucoup de commentaires te reprennent sur tes affirmations, je ne suis pas le seul à être surpris de tes positions.

    J’ai découvert ton blog suite à une alarme par une amie monitrice. Ayant pourtant été licencié NELOS et FEBRAS, je ne retrouve pas ce que j’y ai vu / pratiqué dans tes positions.

    Attention aux positions que tu prends qui ne sont pas toujours lues par un public averti. En tous les cas, si le but de l´article était de provoquer: c’est gagné !

    1. Bonjour François,

      En réalité… je ne comprends pas la colère ou autre qui t’anime à mon encontre (c’est comme cela que je ressens tes propos)

      Que les gens soient ou pas d’accord avec moi relèvent de leur liberté individuelle.
      Je n’impose rien à personne et souhaite non pas provoquer mais susciter la réflexion

      Je n’ai rien dit d’exceptionnel ni de dangereux :
      La RSE est considérée comme dangereuse par le corps médical depuis de nombreuses années.

      Qui sommes nous, plongeurs ou moniteurs pour se positionner contre cela ?

      La FFESSM elle même est en réflexion depuis des années et n’arrive pas à trancher clairement par rapport à ce point. En Belgique, la LIFRAS (pendant francophone de la NELOS au sein de la FEBRAS) a supprimé cet exercice depuis un bon bout de temps.
      Certaines personnes s’accrochent à cet exercice… moi j’ai un avis qui va dans le sens du monde médical, de la position de DAN,… de la sécurité. En quoi mes propos sont-ils dangereux ?

      Concernant l’utilisation des tables comme outils de décompression PENDANT la plongée, pédagogiquement je ne vois aucun intérêt d’apprendre cela. S’il existe un intérêt d’enseigner ce que sont les tables et comment les lire, dans la pratique, nous utilisons toutes et tous nos ordinateurs de plongée depuis longtemps. Adaptons donc notre enseignement à cette réalité pour qu’il soit plus efficient. Je ne propose rien de plus

      Enfin, pour l’immersion en canard, j’avoue que je la trouve désuète et inutile (et finalement peu ou pas pratiquée… je ne vois jamais personne la faire).
      C’est mon avis et je ne pense pas que ce soit « dangereux » de s’immerger d’une autre façon. Libre à chacun de la pratiquer, de l’enseigner,…

      Par contre, là où le débat est parti dans une certaine incompréhension (peut-être due à une mauvaise formulation de ma part, d’ou le NB ajouté à l’article), c’est sur la question du sur-lestage.

      Je crois fermement qu’il est déconseillé d’être sous-lesté et donc les plongeurs et plongeuses doivent pouvoir tenir leur palier (obligatoire ou pas) sans difficulté en respirant calmement et profondément à ce moment important du processus de décompression sans devoir passer par des subterfuges (se tenir au bout, se mettre sur le dos, se tenir à une roche, … si si on voit ça ). Cela demande parfois l’ajout d’un ou deux kilos pour ceux et celles qui sont sous-lesté·e·s. Ce n’est pas dangereux, c’est juste pour plonger de manière confortable en toute sécurité.

      Si parmi les commentaires, certaines personnes se sont exprimées en désaccord par rapport à cet article directement sur le blog ou au travers des réseaux sociaux, force est de constater que j’ai reçu également en messages privés de nombreux remerciements, félicitations et/ou encouragements.

  4. Bonjour Hélène,

    Merci pour ton blog très intéressant !

    Puisque je peux laisser mon avis, je me permets…

    Je vais reprendre point par point.

    -La RSE: l’exercice est très intéressant mais a causé de nombreux accidents. Son utilité est toujours justifiée (voir commentaire précédent sur le givrage) mais sa mise en place doit être adaptée (comme ces dernières années) pour pouvoir être réalisée avec plus de sécurité pour éviter ces accidents.
    On voit bien d’année en année que des modifications ont été effectuées pour trouver la bonne méthode. La suspension de cet exercice est révélateur du débat. Tout n’est pas blanc ou noir, il faut trouver le bon compromis. Il est sûr qu’il y a eu des accidents mais cela a aussi permis dans certains cas de sauver des vies.
    Cette technique n’est pas enseignée sans embout dans le monde mais prend une autre forme: la RUC chez PADI par exemple…

    -le canard a toute sa justification dans des conditions de plongée dégradées (fort courant de surface par exemple).

    – les tables, leur apprentissage a 2 objectif : d’une part pouvoir se servir de cet équipement obligatoire (les tables) à bord d’un bateau de plongée en France. Et aussi mieux comprendre la desaturation et le principe sur lequel peut fonctionner votre ordinateur. Cela permet d’éviter d’utiliser « bêtement » son ordinateur en se fiant trop a lui. Un ordinateur peut se planter aussi et comprendre ces principes permet de prévenir les problèmes.

    Ça m’a fait plaisir de participer à cette discussion avec vous 🙂

    Bonnes plongées !

    1. Bonjour Nicolas,

      Bien sur que tu peux laisser un commentaire et participer à la discussion. C’est d’ailleurs un plaisir de lire une intervention positive, constructive… et non agressive 😉

      En ce qui me concerne, je crois que le point qui m’interpelle le plus dans la question de la RSE est : mais si le monde médicale français, belge, international (DAN par exemple),… au travers de recommandations et/ou de recherches déconseille vivement la RSE, qui sommes nous, nous les plongeurs, instructeurs et autres pour continuer à trouver une justification à cet exercice clairement identifié comme accidentogène ?
      Ceci dit, je suis loin d’être la seule à avoir cet avis puisque la FFESSM elle-même grande défenderesse de l’exercice n’arrive pas (plus?) à décider de la maintenir dans son programme (et elle à à mon avis bien raison)
      Je ne connais pas les standards de PADI mais j’ai cru comprendre que l’exercice dont tu parles se déroule entre -6m et -9m avec le détendeur en bouche, ce qui, j’imagine enlève du stress aux élèves.

      Les questions pédagogiques sont souvent difficiles à trancher : que mettre au programme ? Comment faire les exercices ? Pourquoi enlever des exercices que d’autres ont bien réalisés dans le passé ?…
      A mon avis, pour y répondre, il faut toujours aller dans le sens du moins de risque possible en tenant compte aussi des évolutions en termes de connaissances, en termes de matériel de plongée et en termes de profils des pratiquants et comme tu le souligne, d’adapter les choses.
      Je me rappelle une petite dame de 70 ans croisée un jour dans un vestiaire d’un plan d’eau qui avait commencé la plongée à 60 ans. Elle essayait désespérément de passer son niveau 2 depuis quelques années pour pouvoir (me disait-elle) plonger en autonomie dans la zone des 20 mètres en vacances. Mais, avait-elle ajouté, son instructeur lui donnait l’impression d’être un commandant de l’armée et les exercices purement physiques lui posaient des difficultés alors qu’elle plongeait toute l’année dans nos eaux froides du Nord. Je lui ait dit qu’il devait surement y avoir d’autres clubs dans son coin qui offraient une pédagogie différente. J’ignore ce qu’elle est devenue.
      Je crois cependant que cette discussion avait renforcé mon sentiment que la plongée et son apprentissage devait être adaptée aux personnes pour plus de plaisir en toute sécurité.

      En ce qui concerne les tables, je suis d’accord avec toi sur le fait qu’il faille savoir ce qu’elles représentent. Dans l’article ci-dessus ET dans celui dont je mets le lien, je précise bien que c’est l’utilisation des tables comme moyen de décompression PENDANT la plongée qui me pose problème 😉
      Pour comprendre le fonctionnement de son ordinateur, je n’ai pas encore trouvé de meilleur moyen que de lire le mode d’emploi. Ce weekend, je testais du nouveau matériel dont un nouvel ordinateur en backup. Comme je n’avais pas encore pris le temps de lire le mode d’emploi, je me suis surtout référée à mon ordinateur principal… me promettant de lire le mode d’emploi de l’autre pour la plongée suivante
      Souvent la solution est dans ce conseil simple : « read the book »

      Merci beaucoup Nicolas pour ta participation à cette discussion
      Bonnes plongées

  5. Bonjour Helene,

    Tous d’abord, comme toujours cette article est très intéressant.
    A mon avis l’utilisation des tables ( plongée simple, plongée successive, et consécutive ) doivent continuer à être enseigner ( pour simuler des conso, planifier des plongée et comme lu plus haut pour l’histoire de la plongée , je sais qu’il y a un mode plan sur l’ordi mais je trouve ça plus parlant pour la planification ) ensuite tous ce qui est procédure anormal (remontée rapide, etc..) ne sert plus à rien. De nos jours on plonge à l’ordi et dans chaque manuel il y a des procédures pour ces situations.
    Un cours sur l’utilisation d’un ordi serrait plus pertinent ( et pour ceux qui vont dire on peux pas connaitre tous les ordi, regardez les ordi qu’on vos élèves, en général il y a 3 modèles qui ressortent.

    Pour le canard je suis pas d’accord il faut continuer à l’enseigner pour montrer à nos élèves qu’il y a différentes façon de s’immerger et cette technique et surtout très efficace.
    Pour le sur lestage , 1 kg en plus et à mon avis un confort, 2 kg en plus et un manque de technique donc je comprends la polémique lu dans les post plus haut , la limite est mince.

    Pour la RSE c’est simple trop dangereux, et ne sert à rien. La fédé ou je suis l’a abandonné depuis quelque temps et c’est bien. Si un exercice est mis puis supprimé puis remis et re supprimé c’est qu’il ne sert à rien.

    Pour conclure je pense que votre article est intéressant car vous nous incitez à nous remettre en question sur notre péda ( du moins c’est ce que j’en ai compris) et ça malheureusement c’est trop souvent oublié.
    Merci encore de nous faire partager vos idée et à nous forcer à réfléchir.

    1. Bonjour Crazyscubadiver (ton pseudo me fait sourire, il est sympa 😉 )

      Merci beaucoup pour ton retour positif et constructif

      Effectivement, comme tu le soulignes, cet article n’a pas d’autre objectif que de faire réfléchir les plongeurs (tous niveaux de plongée et/ou d’instruction confondus) sur ce qu’ils font en plongée.

      Nous avons trop souvent tendance (c’est humain) à nous reposer sur ce que nous connaissons et ce que nous avons toujours fait sans toujours nous rendre compte des évolutions du secteur de la plongée en termes de matériel, de connaissances et de public.

      Pédagogiquement, à mes yeux, il est important que les enseignements aient du sens pour les plongeurs et plongeuses bien entendu mais également pour les instructeurs.
      Je propose juste une autre vision des choses en faisant l’hypothèse que chacun de nous est capable de raisonner peu importe son niveau.
      Concernant les tables par exemple, dans la pratique, nous savons bien que les plongeurs et plongeuses loisirs vont se référer à leur ordinateur de plongée et n’utiliseront jamais les tables en plongée.
      Si apprendre ce que sont les tables et comment les utiliser à un intérêt pédagogique, baser un enseignement long et fastidieux dont l’objectif est de les utiliser en plongée me semble inutile et dépassé en plongée loisir. Mais c’est juste mon point de vue.
      Pour faire un cours sur les ordinateurs, ce n’est pas très compliqué et il n’est pas indispensable de connaitre les ordinateurs de chacun. Nous pouvons par exemple réunir le groupe d’élèves et leur demander d’expliquer en 5 minutes ce qui fait la spécificité de leurs ordinateurs respectifs (ils vont devoir un minimum le connaitre pour cela). Ensuite, tu fais tourner les ordinateurs dans les mains des personnes et chacun et chacune, après l’avoir manipulé, doit poser une question au propriétaire de l’ordinateur. Si le propriétaire ne connait pas la réponse, on cherche ensemble dans le manuel qu’il aura pris soin d’imprimer et d’apporter (ou télécharger sur un pc, tablette,…)
      A la fin du cours, les plongeurs et plongeuses présent·e·s auront très certainement appris beaucoup de choses sur leur ordinateur mais également pris conscience que d’autres utilisent des outils différents et qu’il est utile d’en tenir compte.
      C’est une idée comme une autre parce que, comme toi, je trouve aussi qu’apprendre à utiliser ses instruments c’est important.

      Merci pour ton partage et tes propos concernant mon blog que je prend pour des encouragements
      Bonnes plongées

  6. Quand je lis qu’un moniteur promeut le surlestage, désolé, toute la crédibilité disparaît. Le surlestage est accidentogène, j’espère que ce point est acquis.

    Le canard est une technique d’immersion qui a toute son importance comme le phoque, surtout pour savoir où l’on se dirige sans ravager le milieu.

    J’ai givré avec du matériel prêté par -46m dans le lac de Neuchâtel en récupérant un N4 narcosé. À ce moment, tu ne te poses pas la question de la pertinence ou pas de la RSE: tu la fais !

    Je suis d’accord que trop de moniteurs ont du mal à justifier les exercices à faire. La solution n’est pas alors d’arrêter de les enseigner mais de reprendre la justification et voir si c’est toujours d’actualité.

    La bouée de cochon, par exemple, c’est depuis la disparition des frenzy complètement inutile et oui, le collège national à pris son temps pour l’enlever. Mais tout n’est pas à jeter non plus….

    1. Bonjour François,

      Merci pour ton retour et pour ton avis sur ma qualité de monitrice.
      Avant de crier au loup, il serait peut-être utile de définir ce qu’est le sur-lestage, ne penses-tu pas ?
      Comme dit dans les commentaires plus bas, il ne s’agit pas ici de faire apologie d’un quelconque sur-lestage mais d’encourager chacun et chacune à se lester de manière à pouvoir s’immerger sans effort ET tenir son palier sans effort. Rajouter 1 ou 2 kg de lest supplémentaire peut parfois être utile pour éviter de grosses difficultés en fin de plongée.
      Si un sur-lestage de 4/6 kg peut éventuellement poser des problèmes, un kilo supplémentaire n’influera certainement pas sur le déroulement d’une plongée. Par contre, un guide allant trop vite, une mauvaise condition physique, une fatigue intense avant plongée, un stress (pour des tas de raison), un manque de préparation, une mauvaise évaluation de ses compétences, un mauvais briefing,… seront surement accidentogène.

      Je partage tout à fait ton avis sur le fait de réfléchir et de voir si les exercices sont toujours d’actualité. C’est ce que j’ai fait pour les trois plus haut qui me semble désuets et inutiles au regard de la plongée aujourd’hui.

      Enfin, perso, si je givre, je remonte en respirant sur mon détendeur qui fusse mais il est vrai aussi qu’en amont je ne plongerais surement pas avec du matériel prêté à cette profondeur.
      Mais là, chacun fait comme il peut/veut.

      1. A partir où tu mets ne serait-ce qu’un kilo pour le comfort et si tu commences ta plongee en gonflant le gilet, tu es en surlestage…
        Bloc plein en début de plongée, tu es en surlestage (Poids de l’air, 2-3kgd). Le lestage, c’est l’equilibre au palier en fin de plongée.

        Respirer sur un détendeur qui fuse, je t´en prie, essaye, tu as 2min avant que le bloc ne soit vide. Mais tu as raison, j’aurai du laisser le binome à 50m, ne pas le remonter et dire à ses proches pour son enterrement: « oh vous savez, la RSE, je ne sais plus trop à quoi ça sert au final »

        Je vais etre clair: ton blog est dangereux dans les « conseils » que tu dispenses.

      2. Bonjour François,

        Tu dis de mon blog qu’il est dangereux pour les « conseils » que je dispense
        C’est tout de même une affirmation/accusation forte

        Comme tu as pris le temps et l’énergie de répondre à mon message, je vais me permettre de te donner une autre lecture de ton histoire:

        Tu vas plonger dans un lac froid à -46m ou -50m on ne sait pas trop bien.
        L’histoire ne dit pas ton niveau ni votre habitude à toi et ton binôme de ce genre de situation ni même si tu connais ce binôme.
        Pour effectuer cette plongée profonde, tu utilises du matériel prêté ce qui est de base imprudent (voir inconscient) pour une plongée dans ces conditions. Des plongées à cette profondeur et dans ces conditions (froid, lumière fort réduite, visibilité parfois très mauvaise selon les lacs,…) doivent être bien préparées. Si tu n’avais pas ton matériel, tu aurais clairement du adapter la plongée ne serait-ce qu’en profondeur ou la reporter à un autre moment. Une plongée profonde ne s’improvise pas, elle se prépare et se planifie et on respecte la planification !
        A -46m ou -50m selon tes messages, tu observes le N4 comme étant narcosé. A cet instant tu givres peut-être à cause de l’accélération de ta respiration dû au stress provoqué par la situation, peut-être car tu utilises du matériel non-entretenu ou mal entretenu ? en tout cas que tu ne dois pas bien connaitre car ce n’est pas le tien,…
        Tu portes assistance à ton binôme et remonte en RSE car la contenance de ta bouteille (que l’on ne connait pas : 12l ? – en fait pas possible pour une telle plongée – 15l ? 18l ? Bi ? ) ne te donne que deux minutes de temps à partir du moment ou ton détendeur fuse pour se vider complètement.
        Toute personne qui a déjà été narcosée et/ou qui a déjà assisté quelqu’un de narcosé sait qu’il suffit de remonter de quelques mètres pour que la narcose s’en aille aussi subitement qu’elle est apparue (même si la personne peut continuer à être stressée,…) et donc il est inutile de faire une remontée d’urgence sur la totalité des 50m qui vous séparent de la surface mais bien une remontée assistée la plus calme possible.
        Comme ton binôme est N4, j’imagine au moins que pour une telle plongée vous aviez une redondance du matériel et qu’il avait au minimum un octopus. Il aurait donc été très largement plus prudent d’effectuer la remontée le plus calmement possible en respirant si besoin sur son octopus (si ta bouteille était vide) plutôt que de faire une RSE en catastrophe interrompant d’emblée vos paliers (il est plus que probable que vous ayez eu des paliers obligatoires avec une plongée à cette profondeur).
        Une succession d’erreurs et d’imprudences a donc conduit à cette situation (c’est souvent comme cela qu’un accident arrive) et le stress, l’inexpérience ou le manque d’habitude t’a amené à faire le choix d’une RSE à mon sens aussi inutile que dangereuse selon les indications que tu donnes plutôt que de remonter calmement sur l’octopus de ton binôme.
        Là où tu décris cette histoire comme un succès, je la vois comme une successions d’erreurs qui aurait pu avoir de très lourdes conséquences.
        Mais peut-être que cette histoire n’est jamais arrivée. Peut-être n’as-tu jamais fait une RSE de -50m à la surface en assistant ton binôme ??… Peu importe, cela nous aura fait réfléchir 😉

        Pour revenir sur le point qui nous intéresse, je ne pense pas que parce que tu n’es pas d’accord avec ma vision des choses cela fait de moi une personne diffusant des conseils dangereux.

        Chacun voit midi à sa porte.

        Quoiqu’il en soit et malgré tes accusations, je te remercie très sincèrement car les échanges que nous venons d’avoir toi et moi m’ont inspirée une chouette idée
        N’est-ce pas à cela aussi que servent les partages d’expériences ?

        Bonnes plongées à toi

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