Faut-il savoir nager pour faire de la plongée ?

Si la question peut paraitre stupide voir évidente pour certains, elle mérite d’être posée et n’aboutit pas nécessairement à une réponse simple et tranchée.

Ayant pratiqué la natation en compétition pendant des années et suivi une formation de maitre-nageur avant de rentrer dans le monde de la plongée, cette interrogation de l’utilité du rapprochement de deux activités aquatiques que j’aime beaucoup me parait intéressante à creuser car dans de nombreux clubs et/ou structures de plongée, il est coutume de passer de très (trop ?) longues heures à parfaire sa nage durant la formation de plongée sous-marine.

L’entrainement de natation en plongée

On les entend rouspéter au bord des piscines dans les structures associatives; les candidats plongeurs ne sont pas toujours friands de ces entrainements de natation à rallonge… et ils ont peut-être bien raison parce qu’il est probablement juste de dire qu’il ne faut pas être un bon nageur pour être un bon plongeur (ça me rappelle vaguement un moniteur que j’ai rencontré et qui ne savait que très mal nager)

Bien entendu, comme la plongée se pratique dans le milieu marin là où nous n’avons pas pieds, il est évidemment utile et plein de bon sens de pouvoir avoir un minimum d’aisance dans l’eau.

Pourtant, force est de constater que les mouvements, la respiration et l’équipement sont très différents en natation et en plongée.

Mouvements

Rapides et énergiques dans le monde de la natation, en plongée, les mouvements se feront plus lents (même si parfois un peu vigoureux s’il faut lutter un moment contre le courant).

Respiration

Vive, rythmée et plus superficielle en natation, la respiration aura tendance à adopter un rythme naturel et à privilégier les respirations longues et profondes en plongée.

Équipement

Quasi absent en natation (un maillot, un bonnet et des lunettes de bain) l’équipement de plongée sera conséquent et donnera aux plongeurs et plongeuses moins d’aisance dans les mouvements mais une flottabilité augmentée. Ils devront alors rajouter du plomb pour pouvoir s’immerger et découvrir les merveilles du monde sous-marin.

Perfectionner sa technique de nage, perte de temps ou intérêt réel pour la plongée ?

A raison gardée, on comprendra très vite qu’il n’est pas nécessaire pour un plongeur débutant de savoir nager un crawl parfait mais très certainement utile de pouvoir couler quelques brasses ou autres nages de son choix au cas où il lui arriverait de tomber à l’eau.

C’est peut-être le seul moment (à l’exception des exercices demandés par les organismes de certification) où le plongeur devra utiliser des mouvements de natation.

A mon sens, s’il faut savoir nager un minimum ne serait-ce que pour se sentir à l’aise au bord d’un plan d’eau et/ou sur une embarcation, il n’est pas utile de travailler longuement les techniques de nage.

En termes de compétence minimale, il me semble raisonnable de demander aux candidats à la pratique de la plongée de savoir nager 100 mètres sans marquer d’arrêt dans la nage de leur choix.

Et les moniteurs ?

Certaines formations de moniteurs de plongée exigent des compétences en natation assez sélectives comme un 800 mètres chronométré par exemple.
Si évidemment, au regard de mon parcours, cet exercice à toujours représenté une formalité pour moi qui était avant toutes choses une nageuse, je ne comprend pas plus l’intérêt de ces exigences que celles de faire faire un nombre incalculable de longueurs aux plongeurs.

L’argument avancé étant souvent de dire que le moniteur doit être capable d’aller secourir quelqu’un. Je vous avoue que s’il m’arrivait un jour de devoir aller porter assistance à quelqu’un se trouvant si loin, sauf cas de force majeur, je prendrai bien sur une embarcation bien plus rapide et sécurisante pour tous… alors que je suis maitre-nageur !

N’oubliez pas qu’il faut avant tout éviter les sur-accidents 

Car dans la pratique, avec un peu d’honnêteté, combien de moniteurs brevetés seraient encore capables de réaliser un parcours de plusieurs centaines de mètres jusqu’à une victime (surement noyée à leur arrivée) sans arriver essoufflés ?
Et combien de ceux et celles qui parviendraient à réaliser cet effort pourraient, une fois sur place, porter assistance avec aisance sans se mettre eux-mêmes en danger ?

Faire des longueurs, une pratique inutile ?

Oui et non

Oui en ce qui concerne la pratique pure de la plongée sous-marine qui demande des compétences et réflexes très différents
(Sans compter que ça décourage des gens qui ne comprennent pas nécessairement l’intérêt de l’exercice qui n’apporte rien en termes de plongée et qui préfèreront partir dans des filières de formation plus ciblées)

Non car c’est une manière comme une autre de travailler son souffle et sa condition physique … et puis, cela permet aux moniteurs de discuter ensemble pendant que les candidats s’échauffent (mais si, nous l’avons tous fait)

Existe-t-il une alternative à ces séances d’apprentissage de la nage pendant les entrainements de plongée ?

Si, à mon sens, l’apprentissage des techniques de nage dans une formation de plongée n’est pas un point essentiel, par contre, il faut savoir palmer !

Dès lors, pourquoi ne pas se focaliser sur le palmage et sur sa variante bien utile pour ne rien abimer (et confortable) : la technique de palmage dite « en grenouille » comme utilisée dans les techniques de style DIR ?

 

Pro-longueurs ou complètement contre ?

Dites-nous cela dans un commentaire ci-dessous

Et surtout… n’oubliez pas d’être heureux/heureuse 🤗

Hélène

  1. Moniteur depuis plusieurs années je privilégie une bonne technique de Palmage aux interminables séances de nage libre. Je rejoins Hélène sur le fait que lequel d’entre nous est encore capable de faire le même chrono qu’à l’epoque sur un 400 ou 1500 pmt. Je me souviens aussi des épreuves de « capelé » où il fallait avoir plus de mollets que de technique de palmage. Pour ma part j’ense les deux techniques de palmage à mes élèves en privilégiant celle de la « grenouille ». Chacun trouvant celle qui lui convient. Un retour au bateau sur une distance de 100m est vécue comme moins stressante si le plongeur maîtrise SA technique de palmage. Savoir nager sur une centaine de mètres reste une sécurité pour le plongeur, peu importe la technique de nage employée.

    1. Bonjour Pascal,
      Merci pour ton retour
      C’est agréable de lire que des moniteurs de plongée enseigne les deux techniques de palmage à leurs élèves
      Pour la technique de la » grenouille », c’est très utile dans de nombreuses situations pour ne pas remuer les fonds marins ou aquatiques et/ou pour permettre aux binômes d’y voir un peu clair après le passage du premier plongeur
      Bonnes plongées

  2. Je me rappelle mes entraînements en piscine quand j’ai commencé la plongée, dans les années 80 : on commençait par nager 200 m en nage libre, nage au choix de chacun, sans obligation de mettre la tête sous l’eau. Et on enchaînait avec des longueurs en PMT… A l’époque, on ne touchait à la bouteille que lors du baptême, et puis quelques mois plus tard quand on avait maîtrisé la dissociation bucco-nasale (ah… les longueurs de piscine avec le tuba et le masque derrière la tête… quelle horreur !) et le vidage de masque en apnée (souvent traumatisant !). Bon nombre de candidats laissaient tomber en se disant que la plongée, c’était trop dur pour eux…
    Heureusement, les temps ont changé !
    A mon avis, s’il n’est pas utile d’enchaîner les longueurs, il est indispensable de savoir (bien) palmer. Combien de plongeurs pédalent, et s’essoufflent dès qu’il s’agit de lutter contre un peu de courant ? Quand on est un peu entraîné et que le palmage est efficace, on peut rejoindre le bateau sans craindre l’essoufflement…
    Et je suis d’accord avec toi, Hélène. Il faut vraiment apprendre aux plongeurs le palmage grenouille !

    1. Bonjour Virginie,

      J’imagine d’ici le nombre de longueurs que tu as effectuées 😉
      Effectivement, ce type d’entrainement peut-être un peu (beaucoup?) désuet a du en décourager plus d’un
      Perso, je suis clairement plus favorable à un entrainement visant un palmage efficace et un palmage grenouille pour éviter de tout abimer et/ou d’envoyer des sédiments sur le plongeur suivant.
      Parfois, je me fais sourire moi-même en plongée car je suis tellement habituée à ce type de palmage que je le fais partout, sans réfléchir.
      Du coup, ça me donne surement un drôle d’air dans certaines plongées (par exemple dans les plongées chaudes et sans courant en Mer Rouge,…)
      Merci pour ton retour d’expérience 🙂

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