Organismes de certification de plongée sous-marine : comment s’y retrouver ?

Vous avez dit organismes de certification ?

Pas toujours facile de s’y retrouver dans les nombreux organismes de certification de plongée sous-marine. Histoire de mieux les comprendre, voici un bref résumé des principaux acteurs en présence.

Un peu d’histoire

Pour planter le décor, il faut tout d’abord préciser que la plongée sportive et celle dite récréative-loisir se sont fort développées après la 2eme guerre mondiale. Des plongeurs se sont alors regroupés pour élaborer des standards (les exercices indispensables à réaliser selon les niveaux) et des procédures (la manière de réaliser les formations) qui deviendront rapidement des organisations ou des associations de plongée.

Il y a actuellement environ une dizaine d’organisations à vocation internationale qui enseignent la plongée, chacune selon ses procédures, chacune avec ses buts.

On peut remarquer que deux grands types de plongées se sont développées.

Les organismes de certification de plongée à vocation majoritairement « récréative »

Nous y retrouvons PADINAUISSI pour n’en citer que quelques-uns

Les organismes de certification de plongée à vocation majoritairement « sportive » voire « technique »

Nous y retrouvons CMAS et pour les formations à vocation technique, IANTD ou TDI-SDI

L’évolution des mentalités et des marchés fait que la plongée devient de plus en plus, en dehors des écoles de plongée associatives, une activité commerciale à part entière. Chaque organisme tente alors d’offrir dans son catalogue toutes les facettes de la plongée.

Il serait intellectuellement malhonnête de prétendre qu’un apprentissage est mieux ou moins bien qu’un autre comme on peut le voir ici.

Chaque formation vise un marché de consommateurs de plongée spécifique. Certaines personnes ne voudront plonger qu’en eaux chaudes en ne dépassant pas 20 mètres de profondeur. D’autres voudront pouvoir plonger n’importe où n’importe quand ou à des profondeurs dépassant franchement les 40 mètres.

Les différents profils de plongeurs sont très distincts et nécessitent des formations différentes pour allier compétence, plaisir et sécurité.

Les 5 plus grands organismes de certification de plongée mondiaux listés par date de création sont :

1 – NAUI (National Association of Underwater Instructors), créée en 1959 en Californie

www.naui.org

A la base, Naui peut être considérée comme une association de type non lucrative. Cependant ce concept évolue. La création de NAUI services group marque un tournant vers une activité à caractère réellement commercial. Chez NAUI, le moniteur est indépendant mais peut, s’il le veut, être rattaché à une école ou un magasin de plongée.

Il donne les cours en respectant les standards et procédures tout en gardant l’entière liberté pédagogique de s’inspirer de sources autres que NAUI pour enrichir ou diversifier la formation.

Le matériel pédagogique NAUI existe majoritairement en Anglais. Parfois dans une langue locale mais pas pour l’ensemble de la littérature ou du matériel pédagogique. Le candidat plongeur choisit son moniteur. Il suit la formation et à la fin de la formation, quand elle est réussie, le moniteur enregistre son candidat chez NAUI. Le candidat reçoit sa carte de plongeur qui est valable à vie.

Il est tout à fait possible de commencer une formation dans un pays, la continuer avec un autre instructeur dans un autre pays et la terminer avec le premier instructeur. Le plongeur est toujours certifié par rapport au lieu de sa formation. Dit d’une autre façon, une formation totale et réussie en Mer Rouge donnera une certification qui nécessitera un complément de formation si le plongeur décide de plonger en lac ou carrière dans le nord de l’Europe.

Les formations sont très globalement les mêmes partout dans le monde à l’exception potentielle de la liberté pédagogique locale. Les prérogatives des niveaux sont exactement les mêmes partout dans le monde.

2 – CMAS (Confédération Mondiale Des Activités Subaquatiques), créée en Italie en 1959

www.cmas.org

On peut considérer la CMAS comme une instance « faitière » ou « transversale » composée d’entités provenant de différents pays. La notion de membre fondateur existe comme par exemple la FFESSM pour la France, la FEBRAS pour la Belgique etc…

Il existe également d’autres membres qui ne sont pas fondateurs.

La CMAS est clairement une association à but non lucratif et à une envergure mondiale bien que ses racines se trouvent en Europe de l’ouest.

La CMAS établit les standards et procédures de base du plongeur 1* au plongeur 4* et du moniteur 1* au moniteur 3*

Elle y décrit les exercices à effectuer et la théorie à connaitre ainsi que les prérogatives de chaque niveau.

Elle délivre également les cartes de certification biface qui d’un côté reprend le niveau et la mention de la CMAS et de l’autre côté des informations spécifiques aux fédérations locales.

Chaque pays ou est présente la CMAS l’est au travers d’une fédération locale, FFESSM en France, FCAS à Cuba, FAST en Tunisie, CUA en Chine, etc…

Il existe cependant quelques exceptions pour des fédérations « internationales ».

Chaque fédération adhère aux standards et procédures de la CMAS mais les adaptes parfois à des spécificités ou des volontés locales. Cela signifie que deux plongeurs présentant une carte de certification du même niveau peuvent avoir eu reçu une formation différente d’un pays à l’autre et peuvent avoir des prérogatives différentes d’un pays à l’autre.

Habituellement, chaque candidat doit s’affilier à la fédération locale de son pays,au travers d’un club, pour pouvoir bénéficier de la formation.

Chaque fédération a la plupart du temps son propre matériel pédagogique qui peut être très différent d’une fédération à l’autre.

Bien qu’ayant une idéologie non lucrative les formations CMAS ne sont pas gratuites. Souvent les moniteurs sont bénévoles et certifient au travers de leur club de plongée membre d’une fédération locale. A la CMAS le moniteur n’a pas vocation d’être indépendant bien que cela arrive parfois. Les formations se font habituellement sur une année sportive.

3 – PADI (Professional Association of Diving Instructors), créée en 1966 dans l’Illinois

www.padi.com

PADI est l’exemple type de l’organisation de plongée ayant mis en place une standardisation et une uniformisation poussée et donc avec une liberté pédagogique inexistante ou très réduite.

Son but est clairement commercial et ses moniteurs sont formé à cette idée.

Le matériel pédagogique est important et disponible dans 26 langues.

Globalement un plongeur sera formé de la même manière n’importe où dans le monde et les prérogatives à niveau identique seront les mêmes peu importe où il choisit d’effectuer sa formation.

La méthodologie pédagogique s’inspire des pratiques que l’on retrouve dans les grandes entreprises.

Le moniteur est indépendant mais peut également être employé d’une école ou d’un magasin de plongée. Les certifications sont centralisées.

La notion de spécialité est très importante et vient enrichir un niveau de plongée pour l’obtention du niveau suivant.

Padi est la plus grande organisation de formation et de certification de plongée au monde. Padi fut une des premières organisations à proposer une partie de la formation à partir de média en ligne ou sous forme de DVD.

Chaque candidat plongeur est obligé d’acheter le kit pédagogique de son niveau.

4 – SSI (Scuba Schools International), créé en 1970 au Colorado

www.divessi.com

SSI offre comme PADI une formation standardisée, la même partout dans le monde.

Une grande bibliothèque de média pédagogique est disponible en différentes langues. SSI est clairement une filière commerciale pour la formation de plongeurs et instructeurs. Certains cours sont disponibles en ligne et parfois les premiers modules sont gratuits ce qui peut convaincre un candidat de continuer sa formation avec SSI. Chaque candidat plongeur peut acheter le kit pédagogique de son niveau mais n’est pas obligé de le faire.

SSI a dans certains pays la possibilité de certifier des brevets dans des fosses indoor comme par exemple Nemo 33 en Belgique.

Tout comme PADI, SSI propose de nombreux brevets de « spécialité » qui participent à l’éducation du plongeur pour aller vers un niveau supérieur.

Le moniteur SSI peut être indépendant ou faire partie d’une structure commerciale, mais il ne peut pas certifier un candidat directement, il doit passer par un centre agréé.

5 – IANTD (International Association of Nitrox and Technical Divers), créée en 1985 en Floride

www.iantd.com

IANTD se démarque fortement des associations citées précédemment car ils mettent l’accent sur le côté technique et plus physique de la formation d’où le vocable souvent employé de plongeur « TEK »

Bien que des formations plus « récréatives » existent, elles sont malgré tout fortement teintées de notions techniques/nitrox et sont souvent la porte d’entrée pour continuer avec les formations techniques. Le plongeur peut effectuer tout son cursus chez IANTD et évoluer jusqu’au niveau de moniteur.

Par contre contrairement aux autres associations de plongée, IANTD ne propose pas de formation enfants.

 

Le choix des organismes de certification de plongée n’est certes pas aisé mais des critères peuvent nous y aider tels que : l’objectif de la plongée (sportive ou récréative), la pédagogie de la formation, la proximité d’un centre, les affinités avec les moniteurs,… et bien sur les coûts.

 

ET surtout, … n’oubliez pas d’être heureux  😃

Hélène

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  1. Encore une prise d’écriture … pour info…
    Pour la petite france, FFESSM et FSGT, et quelques standards ont fleuris en contradiction totale avec les critères de l’administration française… SNMP ANMP CLUB MED ; je me repète : en contradiction totale avec les règles existantes à l’époque,
    Qui disait seule la fédération délégataire peut créer des titres et diplômes…. je m’arrête là.
    curieux FOUILLEZ dans les archives.

    Roland

    1. Bonjour Jean-Claude,
      Merci pour ta remarque.
      Il ne s’agit ni d’un oubli, ni d’un manque de recherche de ma part.
      L’ADIP n’est pas mentionné dans la liste pour la simple raison que je me suis limitée aux 5 plus grands organismes, comme mentionné dans l’article.
      Nul envie de mettre de côté qui que ce soit 😉
      Mais peut-être me suis-je trompée dans le nombre de membres de chaque organisation ?
      Si tu as des informations plus précises à ce sujet, n’hésites pas à les partager.
      D’ici là… bonnes bulles 🙂

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