Le RECYCLEUR en plongée loisir : découvrez pourquoi VOUS allez avoir envie de le tester

Vous êtes-vous déjà demandé si la plongée au recycleur était accessible aux plongeurs et plongeuses “loisir” et si l’expérience vous serait accessible ?

De mon côté, cela faisait un bon bout de temps que je voulais tenter l’expérience de la plongée en recycleur. Il est vrai que l’ap valve de mon compagnon me faisait de l’œil et que la tentation était forte d’utiliser l’engin.

Mais comme de beaucoup de plongeurs et plongeuses, je me définissait avant tout comme une plongeuse « loisir » voyant la plongée au recycleur une affaire de plongée TEK. Je n’avais donc pas encore franchi le pas.

Le recycleur en plongée loisir ? Pourquoi pas

La question de l’utilité de la plongée au recycleur m’a paru plus évidente quand je me suis mise à faire des photos sous-marines de manière plus soutenue. J’aimais l’idée de ne pas déranger les animaux marins avec le bruit de mes bulles. J’aimais aussi la perspective de plonger dans un plus grand silence.

Première expérience, première impression

Une fois décidée à tester la plongée au recycleur, nous profitons d’une journée ensoleillée pour nous rendre dans notre carrière préférée afin de profiter de la luminosité.

Didier sera mon instructeur pour cette plongée baptême au recycleur. Il prépare le matériel et me briefe sur les points d’attention principaux à avoir :

  • Vérifier régulièrement l’ordinateur et le contrôle head up : vert tout va bien 😉
  • Le poumon ballast n’existe plus il est préférable de contourner un obstacle et de ne pas passer au dessus ou en dessous
  • Inspirer et expirer normalement même si cela peut paraître différent d’un détendeur classique.
  • Si les choses ne se déroulent pas comme prévu ou voulu, passer sur le bail out (bouteille de secours) et remonter à la surface en circuit ouvert

J’ignore si c’est le cas pour vous, mais pour ma part, quand je suis impatiente de découvrir une nouvelle forme de plongée, j’ai un peu de mal à me concentrer sur toutes les informations qui me sont fournies. Je dois alors y mettre toute mon attention et mon sérieux car, en réalité, … j’ai juste envie d’aller dans l’eau !

Le recycleur, le bloc et le reste du matériel sont prêts pour cette plongée. Le beau temps est au rendez-vous, c’est parti 🙂

© DifferentDive | DDIVE

Comme à mon habitude, je plonge en étanche. Avec le recycleur en plus, je me fais l’effet d’une plongeuse s’apprêtant à débarquer sur mars, et c’est assez drôle.
Je me rends au plan d’eau (en prenant soin d’avoir le recycleur sur la position « fermé » pour ne pas le noyer d’emblée) et attend mon instructeur préféré, je suis prête 😉

© DifferentDive | DDIVE

J’ouvre le recycleur, met l’embout en bouche et nous nous immergeons. L’eau est claire et la visibilité assez bonne (une dizaine de mètres).

Ceux d’entre vous qui pratiquent ce type de plongée savent que les premières respirations sur le recycleur sont étranges : il faut inspirer une fois plus profondément pour que la machine envoi de l’air dans les faux-poumons selon la pression à laquelle on se trouve : surprenante sensation

Je me pose sur le fond de 2 mètres et teste ma flottabilité.

Tout ce que j’ai appris sur le poumon ballast n’existe plus !

La flottabilité se gère uniquement avec les faux-poumons du recycleur, l’air que j’injecte dans ma combinaison étanche et dans la stab. Que j’inspire ou expire profondément ne change absolument rien puisque tout se passe dans un circuit fermé (l’air expiré ne s’échappe pas dans l’eau mais est recyclé directement) …

…Fantastiques esprits humains qui ont pu concevoir de tels engins !

Soudain sur ma droite une énorme carpe. Elle ne semble pas m’avoir remarquée et vaque à ses occupations. Je l’observe juste à mes côtés. Je ne fais pas de bulles, c’est super, elle n’est pas dérangée 😉

Avec mon binôme, nous évoluons sur quelques dizaines de mètres à faible profondeur le temps que je prenne le contrôle de ma plongée au recycleur avant de s’aventurer un peu plus profondément dans cette merveilleuse eau claire.

© DifferentDive | DDIVE

Nous irons finalement jusqu’à 9 mètres de fond mais resterons la plupart du temps entre 5 et 6 mètres fascinés par l’incroyable spectacle des méduses d’eau douce présentes encore en très grand nombre à cette époque de l’année.

Ma respiration se fait calme et silencieuse. Seules les rajoutes d’air du recycleur, lorsque nous descendons, sont légèrement audibles, de même que le frottement des « tubes » contre mes oreilles lorsque je tourne la tête.

A plusieurs reprises j’ai l’impression que je vais lâcher l’embout qui ne se place pas comme l’embout de mon détendeur habituel. A d’autres moments, j’ai l’impression de ne pas pouvoir respirer à fond (surtout pour l’expiration). Je me rend bien compte que je manque d’expérience et qu’il va me falloir un peu de temps pour m’habituer aux spécificités de la plongée au recycleur.

Je me sens novice et me revois, débutante en plongée, avec des gestes parfois imprécis et désordonnés pour me stabiliser.

C’est comme une petite piqûre de rappel pour encore plus de conscience de la difficulté que peuvent avoir les candidats aux premiers niveaux de plongée sous-marine. Cette fois, c’est moi qui suis revenue dans ce cas de figure 😉

Une demi-heure plus tard, c’est déjà le moment de refaire surface. Didier me fait signe de ne pas oublier de refermer l’embout dès la fin de l’immersion… clairement il redoute que je noie le recycleur par enthousiasme et désir de lui communiquer directement mes impressions.

Consciencieusement, je réalise les bons gestes, nous sortons de l’eau (waouh, c’est lourd le recycleur plus l’étanche quand tout est trempé !) et regagnons notre véhicule.

En résumé

Avantages du recycleur :

  • Pas de bruit
  • Très faible consommation de gaz
  • Matériel “tout en un”
  • Pas de bulles qui effrayent les animaux marins : pratique pour les amateurs de photos sous-marines
  • Réduction importante (voir élimination) des temps de paliers dépendant de la plongée
  • Air chaud et humide respiré => pas de problème de déshydratation et réduction réelle du refroidissement.

Désavantages du recycleur :

  • Respiration différente qui peut paraître difficile ou pas naturelle
  • Gestion de la flottabilité uniquement avec le circuit fermé et l’étanche/stab, on oublie le poumon-ballast !
  • Poids (c’est tout de même lourd), 27,5 Kg pour être précise, mais son petit frère ne pèse que 24,5Kg
  • Nécessité de connaître les principes du recycleur
  • Vigilance très importante à avoir (encore plus qu’en plongée loisir avec bloc me semble-t-il) sur les signaux communiqués par l’ordinateur
  • Importance d’un entretien méticuleux et rigoureux du matériel après chaque plongée
  • Le prix… c’est cher un recycleur… c’est cher la chaux sodée à mettre dedans

La plongée avec un recycleur a tout son sens pour les plongeurs et plongeuses “loisir” qui souhaitent TENTER de nouvelles expériences et/ou qui sont FOUS de photos sous-marines

Allez-vous tenter l’expérience ?

© DifferentDive | DDIVE

Si je pense qu’il faut facilement au minimum une dizaine de plongée pour se sentir à l’aise avec le recycleur, pour mieux gérer sa flottabilité, pour respirer aisément et pour acquérir de nouveaux réflexes, la plongée avec un recycleur …

…est encore une magnifique expérience de plongée à tenter 🙂

Et maintenant, quelle sera VOTRE prochaine nouvelle expérience en plongée sous-marine ?

Envie de partager vos expériences, commentaires et questionnements sur la plongée en recycleur  ?

Postez un commentaire ci-dessous… ça me fera vraiment plaisir d’échanger avec vous en direct

Bonnes bulles et n’oubliez pas d’être heureux 🙂

Hélène

VOUS avez découvert la plongée avec un RECYCLEUR mais avez vous déjà entendu de ce type de PLONGEE ?

  1. Bonjour Hélène, c’est clair que pour les photos, je suis super tenté par le recycleur. Gagner quelques centimètres ou dizaines de centimètres pour se rapprocher du sujet change le point de vue et offre la possibilité de nouvelles expressions photographiques. Enfin … j’imagine puisque je n’ai pas encore vraiment plongé avec un recycleur … à part lors d’un test en piscine.
    Bon, le poids soit, mais avec actuellement un 2×7 acier 300 bars, je ne devrais pas trop m’alourdir, peut-être m’alléger.
    Ensuite, c’est la nécessité de tout ce contrôle méticuleux. Je passe déjà pas mal de temps avec le matériel photo et je suis content de la robustesse du bloc classique qui accepte un comportement un peu empressé voir négligent.
    Le poumon ballast: j’en suis tellement coutumier … une seconde nature: cela m’a fortement perturbé(déplu ?) en piscine. Je suis vachement sorti de ma zone de confort ;-). Par contre pour les photos sur des tombants, cela doit être un atout lorsque l’on s’y est fait.
    Bref, il faudra que je réessaye et persévère pour savoir si c’est vraiment fait pour moi ou pas.

    1. Bonjour Pierre-Bernard,
      Effectivement, le recycleur à un poids et demande beaucoup de rigueur dans son entretien/utilisation. Mais vu que tu as déjà l’habitude de tout vérifier, je ne pense pas que cela serait un frein pour toi.
      Je crois que pour les passionnés de photos sous-marine cela reste une belle option. Je me surprend trop souvent à retenir ma respiration le temps du cliché… mais chacun sait que l’apnée est totalement déconseillée en plongée.
      Pour le poumon ballast, je n’ai pas d’argument, c’est vraiment déstabilisant 🙂
      J’ai un deal à passer avec toi : un baptême en recycleur fait par un pro contre une plongée apprentissage photo, ça te tente ?

  2. Bel article, je vais juste chipoter sur l’inconvénient poids, mon recycleur reste beaucoup moins lourd que mon bi 12, bailout compris

    1. Merci Tanguy,
      Pour ma part, je ne plonge jamais avec un bi ce pourquoi le recycleur a du me paraitre lourd lors de la préparation de cette plongée 😉

    1. C’est tentant… mais pour ma part, je préfère d’abord être formée et à l’aise avec le recycleur avant de plonger en mer avec l’engin 😉

  3. Je possède un draeger dolphin, que du bonheur! C’est un modèle scr…à mon humble avis, idéal pour débuter dans le monde des recycleurs. Encore un chouette article Hélène!!!! Merci!

    1. Chaque chose en son temps Anne 😉
      Le monde de la plongée est vaste et grand et beau. Il y a de multiples expériences à y faire.
      C’est aussi ça ce qui le rend merveilleux.

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