Métier de la plongée : vers une revalorisation de la profession ?

Un récent post circulant sur les réseaux sociaux mettait en lumière les conditions de travail difficiles des instructeurs de plongée dans les centres tout autour du monde.

Au travers de sa démarche, l’auteur souhaitait envoyer un message aux gestionnaires de structures de plongée afin que ceux-ci participent à une revalorisation du métier d’instructeur. 

Peu importe la filière de certification dont ils font partie et le pays dans lequel les instructeurs de plongée exercent leur métier (qu’ils ont pour la plupart choisi par passion de la plongée et du monde sous-marin), de nombreux professionnels élèvent régulièrement la voix pour dénoncer des conditions de travail inacceptables : nombre trop élevé de plongées successives, manque de jour « off » pour désaturer, salaire minimal, heures de prestations dépassant largement le nombre d’heures légales, conditions de pratique de la profession indécentes, absence de statut légal, utilisation de main d’œuvre sous couvert de bénévolat en lieu et place d’instructeurs rémunérés (encadrement contre plongées gratuites),…

Régulièrement, je mets en lumière au travers de la rubrique VOUS des parcours de personnes ayant fait du chemin dans le monde de la plongée. Toutes ces histoires sont des succes stories montrant qu’il est possible de s’épanouir en travaillant dans cet univers passionnant.

Aujourd’hui, j’ai envie de m’associer aux instructeurs du monde entier (qui partent régulièrement au bout du monde pour exercer un métier formidable) qui se retrouvent parfois à travailler dans des conditions qui ne sont très clairement pas dignes du milieu de la plongée que nous aimons tant.

Alors qu’ils sont nombreux a vouloir faire de leur passion leur métier, découragés par des patrons dont les pratiques sont quelques fois douteuses, nombre d’entre eux abandonneront le métier au bout d’une période plus ou moins courte.

Cependant, si certaines structures de plongée peuvent être pointées du doigt, nombreux sont les responsables de centres qui font preuve d’une attitude tout à fait correcte voir franchement positive et qui doivent de leur côté faire la part des choses pour rentabiliser leurs structures de plongées tout en contentant leurs employés et leurs clients.

Dans l’évolution de la qualité du business de la plongée, enlever leur part de responsabilité aux instructeurs, aux responsables des centres ou encore aux clients qui viennent y plonger relèverait, à mon sens, d’une démarche intellectuellement malhonnête.

Alors, comment concilier les exigences et obligations de chacun pour revaloriser la profession en mettant les différents acteurs et actrices devant leurs responsabilités et possibilités d’agir ? 

Focus sur quelques pistes à suivre 

 Du côté des instructeurs :

  • Commencez par investir dans votre formation, vous augmenterez ainsi vos chances qu’elle soit de qualité… et de devenir un instructeur apprécié, compétent et prudentVotre formation sera votre premier passeport vers un travail convenable. Un patron sera certainement plus enclin à vouloir garder quelqu’un qui exerce son métier avec compétence et expérience que quelqu’un qui a été formé à la va-vite parfois au détriment d’une acquisition de bases solides. Peu importe la filière de formation, prenez le temps nécessaire pour mettre des cordes à votre arc, pour acquérir les savoirs de base, des plongées variées et comprendre les ficelles du métier… Comme pour toute autre profession, il vous sera difficile d’être exigent si vous sortez tout juste d’une formation (parfois accélérée) et que vous n’avez que peu (pas) d’expérience du métier.
  • Choisissez avec soin les structures où vous allez postuler. N’hésitez pas à écouter les expériences des autres, à poser des questions et à discuter avec vos futurs employeurs.
  • Ne bradez pas vos compétences : n’acceptez pas de travailler contre un salaire de misère afin de ne pas entretenir ce système.
  • Exigez des centres qui vous emploient de respecter au minimum les standards des organismes de certification auxquels vous êtes affiliés.
  • Veillez à avoir des exigences réalistes : un billet d’avion + un bon salaire + peu d’heures prestées + un logement + un travail ne comprenant que de l’encadrement (pas de rangement de matériel de plongée, pas de gonflage bouteille, pas d’administratif),… n’est probablement pas soutenable pour le patron de la structure de plongée. Soyez conscient qu’il s’agit bien d’un job avec des avantages (faire ce que l’on aime) mais aussi des inconvénients. Toute réalisation professionnelle demande un minimum d’effort : il s’agit d’un job, pas de vacances (sauf pour Aydin dans cet article 😉 )
  • Donnez toujours le meilleur de vous-même, restez ouvert, curieux, respectueux des standards de votre filière de formation. Si vous tombez sur un employeur qui ne vous permet pas de travailler dans un minimum de conditions décentes… changez ! Vous avez cette chance d’exercer un métier qui vous permet d’aller voir de nombreux horizons.
  • Faites remonter les problématiques et dysfonctionnements que vous rencontrez concernant les standards et procédures aux responsables locaux de vos organismes de formation.
  • Si malgré tout, vous avez le sentiment d’être exploité et peu (pas) valorisé dans vos compétences, il vous reste l’option de créer vous-même votre propre business afin d’amener le monde de la plongée vers ce que vous rêvez qu’il soit  🙂

N’oubliez pas qu’en tant que professionnels sur le terrain vous êtes les acteurs majeurs d’une démarche de revalorisation de votre profession

Du côté des responsables de centre de plongée

  • Acceptez de payer un salaire décent à vos instructeurs. Le turn over d’une main d’œuvre, présente en nombre sur le marché de l’emploi, non seulement vous fait perdre du temps mais ne donne pas une belle image de votre structure de plongée. Cette attitude véhiculera chez vos clients le sentiment de se retrouver face à des personnes inexpérimentées (car ne connaissant pas bien les spots sur lesquels ils sont emmenés). Votre réputation risquera d’en souffrir vite au travers, notamment, des échanges sur les réseaux sociaux.
  • Vos instructeurs pratiquent un métier qui a une influence directe sur leur santé ; établissez un planning respectueux des temps de repos et de désaturation et prenez leur une assurance.
  • Insistez au maximum sur la convivialité de vos centres de plongées : vos instructeurs sont vos meilleurs atouts pour transmettre un message positif de votre structure aux clients. Si à court terme cela n’a pas d’influence, sur le long terme ça fera toute la différence.
  • Gardez à l’esprit qu’un « instructeur heureux fera un client heureux » … qui n’aura qu’une envie, celle de revenir. Gâtez vos bons instructeurs…laissez partir ceux qui le sont moins.
  • Veillez à organiser votre centre de plongée de manière conviviale, agréable, propre, fonctionnelle et soignée. Cela donnera de meilleures conditions de travail pour vos employés et plaira sans nul doute à vos clients qui viennent pour prendre du bon temps
  • Comme les instructeurs, faites remonter les problématiques et dysfonctionnements que vous rencontrez concernant les standards et procédures aux responsables locaux de vos organismes de formation.
  • Sur le long terme, la qualité primera sur la quantité, un client content est effectivement un client qui revient et/ou qui fait circuler l’info… le contraire est très vrai aussi, méfiez-vous !

L’avenir de votre business est dans vos mains, à vous de choisir quelle image vous souhaitez donner de votre centre de plongée

Du côté des clients des centres

  • S’il existe des personnes qui peuvent faire évoluer le monde de la plongée sous-marine, ce sont très certainement les clients des centres de plongée. Si un centre n’a pas de clients, il ne peut pas fonctionner. Aussi, je ne peux que vous encourager à choisir avec attention le centre de plongée qui vous accueillera de façon conviviale pour vos merveilleuses immersions. Pour vous y aider, lisez les quelques conseils ici.
  • Même si vous avez payé et que vous considérez que vous avez droit à la prestation que vous attendez, soyez respectueux des instructeurs qui vous accompagnent dans vos découvertes sous-marines (écoutez leurs briefings, suivez leurs indications, offrez leurs vos plus beaux sourires juste parce que ça fait plaisir,…)
  • N’hésitez pas à faire remonter ce que vous trouvez dysfonctionnant auprès des responsables : à peine votre plongée finie, vous voyez votre instructeur repartir avec un autre groupe, les mêmes instructeurs sont présents tous les jours de votre séjour sans prendre de repos, vous payez un prix (très) élevé pour des prestations (trop) médiocres,…

Enfin, exigez la qualité pas uniquement le prix : perso je préfère de loin payer un peu plus mais me retrouver dans une chouette structure de plongée avec des instructeurs qui peuvent prendre le temps d’être avec leurs clients que dans une structure où « tu payes, tu plonges, tu pars »

En conclusion

Instructeurs, responsables des centres de plongée, clients de ces structures et représentants des organismes de certification nous sommes tous responsables, à des degrés divers, de la situation actuelle du monde de la plongée et donc capables d’agir et d’influer sur cette réalité.

J’ai la croyance que c’est ensemble nous pouvons toutes et tous faire évoluer ce monde merveilleux de la plongée sous-marine. C’est parti ?

Racontez nous vos expériences dans le monde du travail en plongée dans un commentaire ci-dessous, cela me fera plaisir d’échanger avec vous 🙂

Et surtout, n’oubliez pas d’être heureux/ heureuses 🤗

Hélène

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