Travailler dans la plongée… à deux c’est mieux

Si vous êtes passionné de plongée, vous avez peut-être déjà entendu parler de couples qui font le défi de travailler ensemble dans le monde de la plongée (ou cela ne va pas tarder surtout si vous lisez l’article jusqu’au bout 😁)

Mais savez-vous qui se cache derrière ces nouvelles entreprises développées expressément pour les passionnés de plongée ?

Focus sur Mélo et Vincent, un couple de jeunes quadra (ou presque) bourré d’énergie, d’humour et d’idées. Deux personnalités sympathiques et attachantes qui ont tout misé sur leur passion pour faire de leur vie un rêve et avec qui je prends beaucoup de plaisir à échanger

Preuve pour ceux et celles qui en doutaient qu’il est possible de démarrer aujourd’hui encore un métier dans le monde de la plongée.

Début dans le monde de la plongée

Tout comme beaucoup d’entre nous, c’est le monitorat de plongée qui les lance dans une profession où ils peuvent exercer leur passion.

Initiés très tôt à la plongée, ces deux-là ont bien bourlingué autour du monde avant de poser leurs valises dans les îles lointaines de l’Océan Pacifique.

Monitrice de plongée depuis 1999, titulaire d’un Monitorat Fédéral 1er degré plongée sous-marine, d’un Brevet d’état d’éducateur sportif 1er degré plongée sous-marine et d’un monitorat de plongée international PADI, Mélo a voyagé aux quatre coins du monde pour exercer sa passion : monitrice de plongée en France, en Thaïlande, en Indonésie mais aussi chef de centre en Égypte. Toutes ces années ont participé à forger chez elle une solide expérience professionnelle.

Alors que la Polynésie Française aura habité ses rêves d’enfant pendant de nombreuses années (son père y voyagea pendant plus de 15 ans), elle s’y installe en 2012 et y gère des centres de plongée.

Une femme qui plonge à côté d'une raie en Polynésie
© Vincent Truchet

C’est en Polynésie que Mélo rencontre Vincent.

Moniteur de plongée depuis 2008 dans de nombreux centres entre la Corse, les Caraibes, la Thailande et la Polynésie où il en a géré plusieurs, Vincent a passé 9 ans en Polynésie française et plus particulièrement dans l’archipel des Tuamotu. Parallèlement à son activité de moniteur de plongée, Vincent, passionné par l’observation animalière, développe son travail de photographe sous-marin. Depuis 2012, il consacre la majorité de son temps à cette passion.

Titulaire d’un Brevet d’état d’éducateur sportif 1er degré de plongée sous-marine, il a aussi un monitorat de plongée international PADI.

Un plongeur photographie les requins à Fakarava
© Sylvain Girardot

Actuellement, si vous voulez les rencontrer, c’est en Polynésie Française qu’il vous faudra vous rendre ou, plus simplement, chaque année au salon de la plongée de Paris où ils étaient déjà présents en 2018

Naissance de Mokarran

Après avoir travaillé pendant autant d’années en tant que moniteur de plongée, Mélo et Vincent souhaitent une reconversion tout en restant proche de ce milieu. Comme Vincent est photographe, ils ont alors l’idée de lier leurs différentes passions.

C’est comme ça que Mokarran est née, disent-ils

L’idée était de créer une gamme de tee-shirts qui mettraient les animaux en avant. Leurs premiers modèles étaient destinés aux habitants de Polynésie et aux plongeurs qui souhaitaient avoir des t-shirts de qualité tout en retrouvant le nom de l’île qu’ils habitaient ou avaient visitée. Un rappel à la nature normal quand on baptise sa ligne de vêtements Mokarran rappelant de ce fait le grand requin-marteau (Sphyrna mokarran)

A partir de fin 2016, Mélo et Vincent décident de s’ouvrir au reste du monde grâce à leur boutique en ligne et à la distribution de leurs créations dans une sélection de magasins multimarques comme « Au Vieux Campeur », « La Palanquée » et aussi des clubs de plongée que vous pouvez retrouver sur leur site. Au cours de l’année 2017, les gammes de produits se développent et parallèlement Mokarran se fait connaître auprès des plongeurs entre autres grâce aux réseaux sociaux et au salon de la Plongée de Paris.

Mais Mélo et Vincent ne se reposent pas sur ces avancées et travaillent tous les jours énormément au développement de leur gamme.

Une des forces de leur entreprise Mokarran étant peut-être bien leur symbiose.

Mélo et Vincent vivent et travaillent en couple. Pour eux, il n’y a que des avantages à cela :

« Il faut savoir utiliser les qualités de chacun, travailler ensemble, tout faire à deux tout en conservant ses domaines de compétences. Chacun à un regard sur ce que fait l’autre sans que ce soit une contrainte, c’est cloisonné et très ouvert à la fois. En fait tout cela se fait très naturellement » Pas mal comme philosophie, n’est-ce pas ?

D’autant que le projet Mokarran, s’il a nécessité un minimum d’investissement financier de départ, demande à Mélo et Vincent de s’y consacrer un maximum de temps puisque ces deux là créent tout de A à Z (site web, design,…)

Une femme pose en vêtement Mokarran
© Vincent Truchet

De la plongée…

S’ils se voient bien vivre dans le futur sur leur voilier (« avec un compresseur », précise Vincent), pas question d’ici là pour Mélo et Vincent de laisser la plongée de côté.

Il faut dire que les spots qu’ils affectionnent près de chez eux nous feraient vite pâlir d’envie : Fakarava, Toau, Apataki, les Marquises, Rangiroa et Tikehau qui, bien que peut-être moins spectaculaire que ses voisines Fakarava et Rangiroa, avec sa facilité d’accès et la qualité de ses plongées en font un super compromis… en plus d’être l’atoll de cœur de Vincent.

Et, bien qu’ils aient plongé dans des endroits fabuleux (Galapagos, Raja Ampat, …), c’est en Polynésie Française qu’ils ont leurs plus beaux souvenirs de plongée :

Mélo : « Ma plus belle plongée le 16 Septembre 2016 dans la passe Sud de Fakarava où nous avons eu la chance de croiser 2 baleines au milieu du mur de requin !!! Inoubliable »

Vincent : « Pour mes plus belles plongées (difficile de n’en choisir qu’une) je dirais, 2014, Fakarava sud de nuit au milieu des chasses requins. 2012, une plongée de dingue à Tikehau en compagnie de 4 grands requins marteaux (sphyrna mokarran), un tigre, du limbatus, de l’albimarginatus en pagaille et des dizaines d’autres gris, obesus, pointes noires, sur une plongée de deux heures. 2013, quand j’ai vu une toute jeune raie manta se faire prendre en chasse par un énorme marteau, moment unique (on veut bien le croire 🤗). 2016 pas une plongée mais 6 mois de plongée durant lesquels un gigantesque banc de chinchard a squatté toute la passe de Tikehau, c’était de la folie, leur présence à ramener pléthore de prédateur, ça foisonnait de vie, de scènes de prédation, c’était Star Wars sous l’eau ! »

… et encore de la plongée

Mélo et Vincent sont à l’image de ce que l’on peut s’imaginer des véritables passionnés de plongée.

Jamais blasés, ils aimeraient embarquer sur un voilier qui leur permettrait d’explorer à fond certains endroits peu fréquentés et y passer beaucoup de temps parce qu’un spot, selon eux (et j’adhère 😁) ne se découvre pas en quelques plongées mais en plusieurs années. Parcourir les océans et aller plonger dans des endroits inaccessibles et vierges de toutes traces humaines est ce qu’ils aimeraient donc faire. Vincent rajoute qu’il y a pas mal d’observations qu’il aimerait réaliser et qu’il rêve de photographier des scènes de vie jamais documentées.

Bien sur, pour cela… il faut du temps et des connaissances.

Vincent prend une photo d'un phoque sur une plage
© Vincent Truchet

Et dans le futur ?

Lorsqu’ils imaginent le monde de la plongée dans le futur, Mélo et Vincent ne sont pas toujours optimistes.

Pour Mélo c’est le côté écologie qui parait alarmant. Elle pense que, malheureusement, l’homme est en train de tuer les richesses présentent dans nos océans, les écosystèmes s’appauvrissent et les espèces se raréfient… La surexploitation des eaux, des mers, des sols, de l’air, et de toutes les ressources naturelles dont nous pouvons tirer profit sans nous préoccuper – ou trop peu – des dommages catastrophiques que cela entraîne ne la laisse pas envisager de bons présages…

Vincent de son côté pointe un fait qui m’intéressent particulièrement car il touche aux formations de plongée. S’il est conscient que la plongée s’est démocratisée, il y a déjà au moins deux décennies, il constate qu’il y a de plus en plus de plongeurs qui sont de moins en moins aguerris, donc forcément la législation est de plus en plus restrictive et, pour lui, ça va continuer dans ce sens.

D’autre part, Vincent souligne aussi de profondes modifications des écosystèmes, pas dans le bon sens malheureusement.  Avec le temps il a le sentiment que nous aurons de moins en moins de liberté afin de limiter l’impact humain sur les espèces.

« Notre monde est incroyable, on pollue les océans avec des produits chimiques, des plastiques, des hydrocarbures et toutes les saloperies destructrices que l’homme à été capable d’imaginer, on vide les océans de ses habitants partout sur terre et à grande échelle et en guise de pansement on fait quelques timides lois pour protéger l’environnement. C’est comme avoir mis le feu à une forêt et penser l’éteindre avec un seau d’eau. »

Vincent redoute que les plongeurs de la fin du XXIème siècle n’aient plus grand chose de vivant à observer derrière leurs masques de plongée.

Et leurs préoccupations écologiques rejoignent celles décrites ICI

Quoiqu’il en soit, à côté de cela, et à court terme, Mélo et Vincent se focalisent sur le développement de Mokarran évidemment mais aussi sur l’organisation de croisières plongées safari photo en Polynésie. Croisières auxquelles, je ne vous cache pas, j’aimerais beaucoup participer.

Parallèlement, Vincent continu son travail de photographe. Il sera d’ailleurs présent comme exposant au 22èmefestival de la photo animalière de Montier en Der. Si vous êtes dans le coin, n’hésitez pas à passer lui faire un petit coucou, son travail est juste FORMIDABLE (vous pouvez le découvrir sur son site )

Un apnéiste rejoint une baleine
© Vincent Truchet

Comme d’autres créatifs, Mélo et Vincent aiment diversifier leurs activités et il se susurre qu’un beau projet arrivera pour eux d’ici peu mais je ne vous en dirai pas plus ( car j’ai essayé de leur soutirer les vers du nez sans succès, je n’en sais donc pas plus que vous 😁)

Cependant, vous n’aurez aucun mal à avoir les informations en temps voulu ni à découvrir leur beau projet Mokarran en vous connectant à leur compte Facebook, Instagram, ou encore Pinterest

Alors, qui dit qu’il n’y a pas de possibilité de suivre ses rêves en bossant dans la plongée aujourd’hui encore ?

Quel est le projet que VOUS rêvez de développer ?

Et surtout, … n’oubliez pas d’être heureux / heureuse 🤗

Hélène

Cet article est totalement indépendant de la société Mokarran. Je n’ai reçu aucune compensation en échange de sa rédaction (même si Mélo insiste vraiment pour m’offrir un t-shirt lors du prochain salon de la plongée de Paris 😁). J’écris par plaisir pour mettre en avant les personnes qui m’inspirent dans le monde de la plongée. N’hésitez pas à me contacter si vous avez vous aussi des projets positifs à mettre en avant.

    1. Bonjour Septmeo,
      Merci pour le compliment
      Je suis moi aussi impatiente de découvrir ce que Mélo et Vincent vont développer.
      Il faut dire que j’adore découvrir les nouveaux projets ayant trait à la plongée 😉

      1. Bonjour Hélène,
        Oui, vos portraits sont superbes.
        Vous êtes passionnée et vous permettez à des passionnés de découvrir d’autres passionnés.
        On aimerait tant voir l’outil Internet consacré à la Reliance.
        J’ai appris à plonger très jeune, et les aléas de la vie m’ont un peu éloigné de ma passion. J’habite aujourd’hui dans une zone limitrophe de la Franche Comté et de la région Rhône-Alpes où j’essaie, avec une poignée de passionnés, de créer un club d’initiation à l’apnée et la plongée sous-marine. Notre souhait est de créer une porte sous-marine ouverte sur la découverte de soi, des autres, du monde, de l’urgence à protéger la Planète, et sur la Tolérance, et nous avons envie d’ouvrir cette « porte » aux enfants de nos contrées montagnardes et à nos publics handicapés, afin que ce bleu-océan immaculé, qui nous fait tous rêver, entre dans les coeurs pour toujours, et leur procure une soif d’ailleurs et de connaissance.

        A la veille de la création de notre club, où l’on commencera à plonger en apnée dans nos lacs, nos rivières et nos ruisseaux de montagne, la découverte de votre regard sur le monde de la plongée est très important pour nous, et notre découverte de votre site, Hélène, restera un moment extrêmement touchant.
        Christophe

      2. Bonjour Christophe,
        Merci pour ton retour positif sur mon blog
        Initiés les enfants et personnes porteuses d’un handicap en commençant par la découverte de l’apnée dans vos lacs sera surement une très belle expérience.
        La plongée fait rêver mais j’espère moi aussi qu’elle pourra avoir une action sur la protection de la planète et sur l’ouverture aux autres

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