Plongée sous-marine : découvrir le job fascinant de Nathalie

Certains destins de personnes investies dans le monde de la plongée sont le fruit d’une détermination sans faille, d’autres d’un hasard ou encore d’un concours de circonstances. Mais tous ont cette constance d’une passion qui anime et tend la personne à suivre ses objectifs quel que soit l’endroit où cela la mènera.

C’est probablement le cas de Nathalie Lasselin.

Nathalie fait partie de ces personnes dont le destin m’inspire et me fascine et c’est un grand plaisir pour moi de la mettre à l’honneur.

Vous avez dit Nathalie Lasselin ?

Exploratrice, conférencière, instructeur de plongée, réalisatrice et directrice photo, Nathalie Lasselin est une passionnée qui développe de nombreux projets.

Originaire du nord de la France, Nathalie est fascinée depuis toujours par ce qui peut se trouver au-delà de l’horizon immédiat, au détour de la forêt, au fin fond d’une grange, dans un bunker… Ce qui ne se voit pas d’emblée attise sa curiosité et l’encourage à aller voir, à avancer.

Lors de son parcours scolaire, Nathalie s’oriente vers des études cinématographiques à Paris avant de poursuivre son cursus à Montréal où elle a immigré et où, à la sortie de ses études, elle aura l’opportunité de vivre ses premières expériences professionnelles auprès de l’Office National du film du Canada.

Les débuts des films sous-marins

C’est au Canada que Nathalie s’initiera à la plongée sous-marine et 6 mois après le début de ses cours d’open water, elle enchainera directement sur les cours de plongée technique.

Si au départ, l’activité de plongée a d’emblée passionné Nathalie rien que pour la sensation de l’immersion, très vite, elle se rend compte que tout dans cet univers la passionne : une épave, un poisson… Parallèlement, elle travaille sa flottabilité avant d’emmener une caméra sous l’eau et de se lancer dans la réalisation de films documentaires sous-marins.

Ma vie a changé du tout au tout en quelques mois. J’ai eu l’impression que j’avais des choses à filmer, à raconter. J’ai produit et réalisé 6 films qui ont eu de nombreux prix dans les festivals et ont été distribués dans 25 pays.

C’est le début d’une très belle aventure qui se poursuit aujourd’hui.

Ma carrière est devenue un mélange qui se résume en quelques mots: explorer, documenter et partager pour protéger.

Pour cela Nathalie utilise ses différents atouts et compétences. Et son parcours impressionne : réalisatrice – chef opérateur sous-marin, Nathalie participe également à différentes émissions de télé comme exploratrice – experte en plongée Tech devant la caméra. Elle produit et réalise des films documentaires et participe à de nombreuses conférences en plus d’écrire dans différents magazines de plongée depuis 15 ans.

Alors que l’idée de devenir instructeur de plongée n’était pas au programme, Nathalie répond aux demandes qui lui sont faites et enseigne aujourd’hui la plongée spéléo, la plongée en recycleur et la plongée trimix en plus de la photo et vidéo sous-marine.

Finalement, elle ne sait plus si elle exerce une activité professionnelle en plongée ou si la plongée est le moyen de pouvoir faire son activité et de voir et filmer des choses « au-delà de l’horizon immédiat » comme elle a toujours aimé les voir. Qu’importe, elle se laisse porter par ses envies, les opportunités et tous ses nombreux projets.

Nathalie Lasselin en plongée avec son matériel
© Nathalie Lasselin | Pixnat

Une vie au rythme des projets

Lorsque j’interroge Nathalie sur son activité dans le monde de la plongée, elle me dit que sa vie professionnelle se partage d’une part entre les tournages sous-marins, aussi bien pour des films de fiction que des pubs ou encore pour la production de ses propres documentaires sur des sujets qui l’interpellent. D’autre part sur des projets de moins longue haleine comme les articles pour les magazines.

A cela, il faut ajouter les conférences en Europe (notamment au Salon de la Plongée à Paris) et en Amérique et les formations de plongée qu’elle dispense.

Une vie de passion

Comme de nombreux passionnés, Nathalie travaille 7 jours sur 7 et enchaine son implication dans ses multiples projets.
Même si elle vit sa vie comme une passion à temps plein, Nathalie sait décrocher et parler de sujets autre que de films et de plongées.

Afin de trouver son équilibre, elle s’adonne par ailleurs de temps en temps à différentes activités, part en balade à moto, s’inspire des réalités et du quotidien des gens qu’elle aime et qu’elle rencontre,…

Une vie sans certitude du lendemain

En 1995, Nathalie Lasselin crée les fondations Pixnat, maison de service spécialisée dans les tournages sous-marins. En choisissant une vie d’indépendante, Nathalie ne sait pas toujours de quoi sera fait son lendemain.

Qu’est-ce qui va se présenter à moi ? Qu’est-ce qui va se réaliser ou pas ?

Les possibilités dans sons secteur lui semblent infinies. Elle apprécie beaucoup le manque de routine et les surprises continuelles de la trajectoire qu’elle a choisie.

Parfois, des offres incroyables se présentent sans qu’on ne les ai vu venir.

Une vie… sans inconvénients ?

Passionnée par son job, Nathalie a du mal à trouver des points négatifs à son activité. Cependant, elle note tout de même que la quantité d’équipement a apporter tout le temps est une charge pas toujours évidente à supporter. Et lorsqu’elle peut voyager léger, elle apprécie que mieux

Une vie professionnelle qui évolue

Dans son secteur d’activité, les équipements évoluent vite. Le matériel actuel de prise de vue et le matériel de plongée offrent de nouvelles possibilités pour repousser les limites techniques… et ses propres limites. Nathalie aime tenter de percer des mystères et relever des défis dont la préparation s’avère parfois aussi intéressante que la plongée en elle-même.

«Certaines plongées plus technique et profonde comme celles à plus de -100m dans une grotte sont des défis techniques, logistiques et psychologiques que j’aime beaucoup.»

Pourtant, aujourd’hui, ce qui anime Nathalie est de trouver les clés pour conscientiser à l’importance de la protection de l’eau en général et de l’eau douce en particulier.

C’est en poursuivant cet objectif qu’elle s’est lancée en 2107 dans une plongée de 21,1 km dans le fleuve St Laurent à la hauteur de la ville de Montréal.

Ce projet baptisé « Odyssée Urbaine Aquatique » est un projet d’expédition extrême a quelques minutes du centre-ville d’une grande ville.

« On parle souvent de changement climatique, j’ai vu l’état de la banquise et de la glace changer en Arctique, mais qu’en est-il dans notre propre environnement, dans notre propre jardin ? »

Au travers d’Odyssée Urbaine Aquatique, Nathalie a voulu constater visuellement l’état du fleuve. Malgré la visibilité faible et les courants, cette partie du fleuve accueille une grande biodiversité composée d’une centaine d’espèces de poissons, de très nombreuses espèces d’oiseaux, de hérons,

Le fleuve est aussi le réservoir d’eau potable de la ville de Montréal qui prélève 80% de son eau potable directement dans le fleuve avant d’y retourner ses eaux usées après traitement. D’où l’importance cruciale d’en prendre soin.

« Nous vivons a une époque incroyable et riche de possibilités où il nous appartient de développer un équilibre entre notre confort moderne et celui de la nature environnante » précise Nathalie

Une vie de plongeuse

En 2015, Nathalie sensible depuis longtemps aux questions de genres dans le monde de la plongée est à l’initiative du projet « Femmes à la mer » dont les objectifs sont, entre autres, de promouvoir l’activité de plongée chez les femmes et de sensibiliser à la problématique de genre.

Si la première édition rassemblera 129 femmes passionnées de plongée sous-marine, une deuxième édition en mobilisera près de 150, établissant de ce fait un record mondial.

Autant de personnes sous l’eau au même endroit et en même temps représentant un sacré défi d’organisation pour garantir à toutes un beau moment de plongée en toute sécurité. Défi relevé avec succès en 2016.

On vous l’avait bien dit que la plongée était aussi un sport pour les femmes 😉

Une vie remplie de plongées

L’activité professionnelle de Nathalie Lasselin lui fait parcourir de nombreux spots de plongée tout autour du monde.

Si elle adore la sensation de plonger en Arctique, c’est aussi la vue du regard des plongeurs qu’elle emmène plonger pour la première fois en Arctique qu’elle apprécie. Cette étincelle qui brille dans les yeux de ceux et celles qui l’accompagnent pour des expéditions et plongent sous un iceberg à – 30 m pour en découvrir la magie.

« En dépit du froid et du travail physique parfois dur, j’adore revenir vivre sur la banquise. C’est un des derniers endroits où on se sent sur une planète sans le contrôle de l’humain »

(Au passage, l’auteure de ce post, moi-même, signale que cela fait partie de ses rêves… 😁 )

Outre la banquise et les plongées glacées de l’Arctique et celles en Alaska où elle apprécie partager ses plongées avec les otaries de Steller, Nathalie aime plonger avec les requins blancs à Isla Guadalupe, dans les grottes en général ou encore sur des épaves mythiques telles que la City du Québec ou l’épave Gunilda en Ontario sacrée plus belle épave du monde par l’équipe Cousteau.

Mais si je l’interroge sur son rêve de plongeuse, la réponse est sans appel :

La fosse des Mariannes

Nathalie Lasselin en plongée dans une grotte
© Nathalie Lasselin | Pixnat

Une vie parsemée de surprises

Vivre une vie de passionnée allant tremper ses palmes sur tous les spots du monde est évidemment source d’évènements inattendus et de surprises parfois déroutantes.

Nathalie me raconte notamment celle vécue lors d’un tournage pour Chasseurs d’épaves :

« Lors du tournage de Chasseurs d’épaves, je devais planifier une plongée et filmer une épave où personne n’avait plongé auparavant. Elle était situé dans un endroit où la topographie est très particulière et les courants violents. Nous avions une fenêtre de plongée d’à peine 20 minutes, en sachant que nous avions de la décompression à faire en plus de cela.

Ce fut la plongée la plus imprévisible de ma vie.

Nous avons tenté à deux reprises de descendre mais les courants étaient tellement fort que nous ne pouvions pas descendre le long de la corde. À un moment donné, nous n’étions encore qu’à 7m de fond à tenter de nous hisser vers l’épave quand soudain, nous nous sommes retrouvés à 20m de fond en l’espace de quelques secondes. Alors que nous étions dans une eau verte et encore lumineuse, on s’est retrouvé dans une eau noire.

Le premier plongeur décide d’avorter la plongée. Nous glissons le long de la corde pour remonter vers la surface mais on se rend vite compte que la corde est désormais parfaitement horizontale.

Sur le moment, le cerveau a beaucoup de difficulté à comprendre.

En reculant encore plus sur la corde, on arrive à la 3eme bouée qui était normalement à la surface, mais on est toujours à 20m de fond. Nous continuons de reculer et passons la 2eme bouée pour arriver à la 1ere.

C’était incompréhensible et quasiment illogique : comment tout à coup nos 3 bouées étaient immergées a 20m ?

A ce moment-là on décide de lâcher la corde et de dériver en remontant. Le bateau de suivi venant nous chercher de toute façon quoiqu’il arrive.

Quelques mois plus tard, en lisant le journal, je tombe sur un article scientifique parlant de la découverte de vagues sous-marines dans cette région. En contactant le scientifique, nous avons pu vérifier les hypothèses et nous rendre compte que c’est ce que nous avions vécu.

Finalement, nous avons réussi à plonger et filmer l’épave du Havorn. Mais ce qui reste mémorable est très certainement d’avoir vécu un phénomène naturel peu connu et d’avoir pu collaborer avec un scientifique. »

Une vie orientée vers le futur

Nathalie Lasselin enchaine les projets (tournages de séries télévisées, expéditions en Arctique,…) mais son grand projet pour 2018 est l’Urban Water Odyssey

Avec l’Urban Water Odyssey 2018, Nathalie réalisera une plongée encore plus longue combinant des recherches scientifiques sur l’eau et les sédiments.

Une vie d’espoir

Partout autour du monde, Nathalie encourage les passionnés de plongée à partir à la découverte d’eux-mêmes au travers de cette activité passionnante.

Le grand espoir de Nathalie Lasselin est de voir les plongeurs et plongeuses devenir de plus en plus conscients de leur impact sur l’environnement marin (notamment sur des sites très fréquentés) mais aussi de plus en plus lucides concernant l’importance de se sensibiliser à la fragilité de ce monde aquatique et d’en faire la promotion.

 

Au départ, rien ne prédestinait Nathalie Lasselin à devenir l’experte de reportages sous-marins qu’elle est aujourd’hui. C’est probablement sa curiosité pour la vie en général, son amour du milieu de la plongée en particulier et beaucoup d’énergie, de temps et de passion investit sans compter qui lui ont permit de suivre ses rêves.

La rencontre de personnes comme Nathalie est inspirante et porteuse d’un message : oui nous pouvons développer nos projets et réaliser nos rêves… et j’adore cela.

Et vous quel est votre rêve ?

Surtout, … n’oubliez pas d’être heureux / heureuses 🤗

Hélène

  1. A première vue une vie de rêve, même si je pense qu’il doit y avoir des moments difficiles notamment pour boucler les financements de certains projets. Je vois mal Nathalie reprendre la vie du commun des mortels et le métro, boulot, dodo… et plonger pendant les vacances. Mais je me verrais bien comme son assistant. 😉

    1. Bonjour Fred,
      J’imagine qu’il doit y avoir des moments comportant plus d’incertitudes. Pourtant Nathalie semble plus souvent guidée par les projets, l’envie de les réaliser, les opportunités,… et une certaine confiance dans la vie 😉
      Je ne crois pas qu’elle projette d’avoir une vie métro-boulot-dodo (et plongées en vacances) qu’elle n’a jamais eu 😉
      La plongée a été son outil pour aller « voir plus loin » et est aujourd’hui au centre de son activité professionnelle passionnante.
      Je serais également partante pour l’assister sur l’un ou l’autre projet 😀

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