Découvrir la future “première destination de plongée” d’Europe ?

Plonger dans un endroit merveilleux et tomber en amour

Les spots de plongée tous plus magnifiques les uns que les autres sont disséminés partout en Europe. Mais savez vous quelle destination a comme objectif de devenir la première destination de plongée en Europe ?

Ce n'est ni la France, ni l'Espagne, ni la Grèce, ni aucune autre destination proposant des eaux bleues et chaudes (en été) ... mais bien la Zélande, une minuscule contrée bordée par les eaux froides de la mer du Nord qui poursuit cet objectif.

Direction cette destination mystérieuse qui parait-il regorge de trésors de faune et de flore sous-marine. Il semblerait même qu’il s’y trouve de magnifiques nudibranches.

But de la découverte, répondre à mon interrogation.

Est-il possible de voir des nudibranches dans les eaux froides de la Zélande ?

La visibilité n’est-elle pas trop restreinte, la faune et la flore absente et le plancton tellement présent qu’il empêche toute possibilité d’apercevoir de la vie ?

Me voilà donc en route direction la Zélande pour vérifier s’il est vrai que les plongées en valent la peine. Mais aussi pour voir si l’on peut apercevoir des nudibranches dans les eaux de cette partie de la Mer du Nord.

Qu’est-ce que la Zélande ?

La Zélande ( signifie terre la mer ) est une province des Pays-Bas. Coincée entre la Belgique voisine et la Hollande-Méridionale, cette province regroupe 13 communes sur une superficie d’un peu moins de 3000 km². Si la province, globalement séparée en trois par les bras de mer, ne manque pas d’atout pour le tourisme (plages immenses, bras de mer permettant de faire de la voile, restaurant étoilé, …), elle veut également attirer dans ses eaux les plongeurs européens.

En effet, depuis quelques années, la politique de la province de Zélande vise à en faire la première destination de plongée d’Europe. Pour cela, elle investit des moyens réels pour y parvenir.

Des infrastructures pour plonger en Zélande

Les aménagements effectués tant au niveau des mises à l’eau que des infrastructures gratuitement à disposition des plongeurs se multiplient. Vestiaires, douches chaudes, WC, bacs de rinçage, stations de gonflage à pièces (y compris pour le NITROX), … Mais aussi au travers de panneaux précis d’indications des particularités des sites, de la création de récifs artificiels. Ou encore d’installations de rampes d’accès ou de pontons sécurisés.

La Zélande c’est aujourd’hui plus d’un million de plongées effectuées chaque année. Cela par des plongeurs néerlandais, allemands, belges ou français. Incroyable pour un si petit territoire !

Ces plongeurs viennent, le plus souvent pour un weekend, explorer les spots de plongée du Veerse meer, de l’Oosterschelde, de la Westerschelde ou encore du Grevelingen.

Avec plus de 150 sites de plongée répertoriés au long de ses côtes, la Zélande a développé de sérieux atouts. Tout en mettant aussi en avant la facilité due au fait que les plongées s’y font pratiquement toutes du bord.

Autant dire qu'il y en a pour tous les goûts. Et qu'il est toujours possible de trouver un endroit où plonger. Même en cas de mauvais temps, ce qui est un gage de réussite d'un weekend plongée planifié dans ces contrées.

Plonger en Zélande : un minimum de préparation

Si la variété des sites de plongée et la facilité de mise à l’eau permet beaucoup de liberté, la plongée en Zélande demande cependant quelques adaptations.
Repérer le site, prévoir de devoir porter son matériel jusqu’à la mise à l’eau (et parfois monter et descendre de longues volées de marches), préparer un GSM chargé, prendre son matériel d’oxygénothérapie, … Et ne pas pour autant en oublier les heures de marées.

En effet, on ne plonge pas quand on veut en Zélande (hormis dans le bras semi-fermé). Il est donc indispensable de consulter les heures des marées pour se mettre à l’eau aux alentours de l’étale (suivant facteur de correction propre au site).

Chaque année, en province de Zélande, des centaines de minis livres d’éphémérides sont imprimés. Ils sont distribués gracieusement dans les nombreux magasins spécialisés. Plonger en Zélande se planifie !

Une fois le site soigneusement choisis et l’heure de mise à l’eau vérifiée, il me reste à m’équiper.

En hiver la température de l’eau peut descendre jusqu’à 0°C, pouvez-vous l’imaginer ?

Matériel pour plonger en Zélande

Il est bien entendu utile de s’équiper en conséquence et de préparer soigneusement son matériel : Combinaison étanche, gants étanches (également), lampe, dragonne (pour éviter de perdre son binôme et parce que c’est vivement recommandé), masque de plongée, palmes, sifflet, parachute, matériel d’oxygénothérapie, feuille de palanquée, guide des marées, … Et bien sur, l’appareil photo. En été, une combinaison semi-étanche, des bottillons, une cagoule et des gants suffisent pour supporter la température de l’eau oscillant autour de 19°C.

Une fois équipé du matériel de plongée adéquat, c’est donc avec beaucoup de plaisir que je me dirige avec mon binôme à la découverte des eaux hollandaises sur deux sites de plongée soigneusement sélectionnés. Le premier est appelé le Zeelandburg et se trouve à proximité de Zierikzee. Le second est à Sas Van Goes. Ce sont deux sites réputés pour leur faune et leur flore.

La première impression est que le développement d’infrastructures destinées à la plongée est une réalité. Le tout est vraiment mis gratuitement à disposition de tous et très bien entretenu.

Plonger en Zélande : le site du Zeelandbrug

Le site du Zeelandbrug comme son nom l’indique est situé juste au dessous du pont du même nom. Il met à disposition des plongeurs un local avec vestiaires, toilettes propres, douches et bacs de rinçage pour le matériel de plongée (avec des radiateurs dans les toilettes pour les plongées en hiver ! ). Egalement présent sur le site de plongée, un container permettant de gonfler les bouteilles de plongée. Facile, avec des pièces de 50 cent ou, pour le NITROX, avec des jetons. (A se procurer préalablement auprès d’un revendeur de matériel de plongée des environs).

Le Zeelandbrug est un spot incontournable pour plonger en Zélande
Le spot du Zeelandbrug | © Differentdive

C’est un site facile et adapté à tous les plongeurs si l’on plonge à marée basse. La profondeur va de 0 à +/- 25m mais c’est le plus souvent dans les 10 premiers mètres que se concentre toute la vie.

Que peut-on y voir ?

Anémones de toutes les couleurs, poissons plats, couteaux, crabes et araignées de mers, seiches (le mois de mai est leur mois de reproduction à cet endroit), huitres, … Et également des homards, tourteaux, syngnates, chabots et bancs de bars. Mais nul trace d’une quelconque nudibranche à cet endroit malgré toute notre exploration autour des piliers et le long de la berge.

Nous nous rendons alors sur le deuxième site de plongée choisi.

Plonger en Zélande : le site de Sas Van Goes.

Ici, pas d’infrastructures, pas de toilettes, pas de douches, pas de station de gonflage. Mais un petit restaurant très sympathique en contre-bas du site de plongée.

Le paysage est très différent de celui du pont juste de l’autre côté du bras de mer. Si le site est plutôt facilement accessible point de vue de la mise à l’eau, méfions nous car il est réputé assez dangereux. Outre le fait que la configuration sous-marine se prête à l’égarement (parties immergées de l’ancien endiguement), il est interdit d’y plonger à marée haute. Les courants entrainant les plongeurs vers le chenal sans possibilité de retour. Malgré cela, ce site est relativement fréquenté. D’une part par des plongeurs expérimentés allant se frotter à des profondeur de 40 à 50m. D’autre part par les amateurs de faune, le site étant réputé pour sa richesse faunistique.

Plonger en Zélande : le site de Sas van Goes
Sas van Goes | © Differentdive

Appareil photo bien en main, c’est parti pour une deuxième découverte.

Que peut-on y voir ?

A peine immergé c’est effectivement la promesse d’une magnifique plongée qui s’offre à nous. Une visibilité de plusieurs mètres (je dirais entre 6 et 8). Pas de courant. Et une profusion de vie : bancs de seiches, homards, tourteaux, araignées de mer, anémones et crabes en tous genres.

Et puis soudain c’est une surprise : sous notre regard amusé, nous assistons au déménagement d’un Bernard Lhermitte. Quelle scène merveilleuse et drôle que je vous propose de découvrir ci dessous (regardez bien la fin ) :

 

Après avoir savouré cet éphémère spectacle, nous continuons notre exploration avec le ravissement de  découvrir de nombreuses et merveilleux nudibranches posés si délicatement qu’ils semblent voler au dessus des algues et roches.

Encore un spectacle de toute grande beauté.

Je ressorts ravie de cette nouvelle expérience de plongée. J’ai eu eu de la chance. En effet, la Zélande est plus souvent réputée pour avoir une visibilité dans l’eau relativement médiocre. Qu’à cela ne tienne, c’est une excellente raison pour s’adonner à la recherche minutieuse et patiente de la vie micro

Plonger en Zélande : quelques règles

Bien sur, nous prenons soin de ne rien remonter à la surface. Même si la profusion de homards pourrait donner envie à n’importe quel amateur. Car attention, la loi est ferme et les contrôles fréquents. On ne remonte rien de l’eau en Zélande sous peine d’une amende pouvant atteindre plus de 25.000€. Sans compter la mise en dépôt du véhicule et de tout le matériel de plongée !

D’autres interdictions à la plongée en Zélande sont de mise. De manière générale, la plongée est interdite si la visibilité en surface est inférieure à 100m et/ou si le vent souffle à plus de 5 Beaufort. Mais aussi dans les chenaux, ports, écluses, parcs à huitres, …

En résumé

Mon impression sur la plongée en Zélande est que, outre les infrastructures qui se développent autour de cette activité sous-marine, la multitude des sites proposés permet vraiment à chacun de profiter de son immersion. Certains sites dans le bras fermé sont tout à fait adaptés aux débutants comme Den Osse ou Scharendijk. Pourquoi ne pas en profiter pour faire plonger vos enfants ? (En été, quand la température de l’eau est de 19°C et avec une combinaison de plongée adaptée et chaude)

De plus, la région avec ses plages sauvages à perte de vue et ses petits villages typiques ne manque pas de charme. Ce qui plaira forcément aux accompagnants non-plongeurs

Pour l'heure nous choisissons de débriefer autour d'un apéro à base de genévrier et de rooibessen. (Spécialité de la région, à gouter sans attendre ). Avant de savourer des huitres de Zélande et un excellent gratin de poisson de l'Oosterschelde au fromage vieux

Tout ce plaisir dans ce pays où les cyclistes sont rois, où les plages sont immenses, où les prés s’étendent à perte de vue, où une énorme variété d’oiseaux côtoient les moutons et où l’on aperçoit au loin des moulins…

Alors, selon vous, la Zélande deviendra-t-elle vraiment la première destination de plongée en Europe ?

Vous avez vous aussi déjà découvert cette merveilleuse destination ? Si tel est le cas, n’hésitez pas à partager votre expérience en laissant un message ci-dessous afin qu’il ne se perde pas sur les réseaux sociaux et que chaque visiteur puisse vous lire et en profiter.

Et surtout…  n’oubliez pas d’être heureux / heureuse 🤗

Hélène

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  1. Hello, merci pour cet article,
    Ces sites sont bien connus des Belges et des Français du Nord de la France.
    Les non initiés nous prennent pour des fous quand on dit qu’on va plonger en Hollande, ça va peux être changer après cer article.
    D’ailleurs j’y serrais ce week-end.
    Petite rectification le pont de Zélande s’écrit Zeelandbrug

    1. Avec plaisir Christophe,
      Bien sur le pont en Zélande est le Zeelandbrug… je devais être un peu dyslexique lorsque j’ai écrit l’article 😉
      Perso, j’adore plonger en Zélande

  2. Pas mal écrit une ou deux remarques… 🙂
    Le “bref fermé” cad le Grevelingen est en réalité un bras semi-fermé puisque les écluses de chasses sont ouvertes en permanences mais le débit est insuffisant pour engendrer un courant de marée. Le seul bras réellement fermé est la Veerse meer
    La dragonne, même si elle est très utile, n’est PAS obligatoire suivant les “lois” de la “Provincie Zeeland” MAIS certaines organisations de plongée (LIFRAS, NELOS) lors rendue obligatoire dans leur règlement MAIS ce n’est PAS une loi. La confusion vers de l’époque du permis de plongée de 1983 (abrogé en 2002) ou la dragonne était indiquée dans les “avis utiles”
    Le braconnage (délit économique) est puni d’une amende de 25.000 euros et pas 15.000 La voiture et le matériel ne sont pas confisqués mais mis en dépôt jusqu’au payement de l’amende dont le montant est décidé par le tribunal de Midelburg

    BAV

    1. Merci Jean-Claude pour ce feedback très constructif 🙂
      Je me suis permise de corriger directement dans l’article car, effectivement, tes remarques de spécialiste du lieu était bien sur à propos et correctes.
      Au plaisir de te rencontrer en vrai au détour d’une plongée en Zélande ou ailleurs 😉

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