Pourquoi j’ai décidé de ne plus enseigner l’utilisation des tables de plongée

Il y a quelques mois, j’ai participé à la formation d’un groupe de plongeurs désirant obtenir un niveau de plongée autonome à 40 m.

L’enseignement des tables (notamment pour les plongées successives) étant encore au programme au sein de la majorité des organisations de plongée, je me suis posé la question de la pertinence de cet apprentissage et ai suggéré de le supprimer au profit d’une connaissance approfondie du fonctionnement et de l’utilisation des ordinateurs de plongée.

Après de longues discussion avec mon compagnon (Course Director et instructeur de plongée depuis près de 20 ans), nous avons décidé de partager avec vous le fruit de nos réflexions .

Revenons en arrière : un petit bout dhistoire 

L’homme a commencé à s’immerger il y a bien longtemps déjà. Au début, il s’y maintenait à une certaine profondeur un temps indéfini sans vraiment trop se poser de questions… et il sortait de l’eau quand cela lui convenait.

Fin du 19ème  siècle, début du 20ème  siècle, les choses changent car de plus en plus de personnes font des incursions sous l’eau ou dans des milieux hyperbares. Cela donne lieu à plus d’observations et de constatations.

Assez vite, on se rend compte de façon plus pertinente et corrélée que parfois au retour en pression normobare (en surface), la personne ne se sent pas bien, rencontre un réel problème, ou plus dramatiquement meurt… et cela pose question.

Quand la science sen mêle (attention, ici il faut s’accrocher 🙂 )

Dès lors des grands noms comme Haldane, Buhlmann, Workmann et encore d’autres planchent pour comprendre ce qui se passe et pour tenter de trouver des solutions permettant d’éviter ou de minimiser les problèmes rencontrés.

Sans entrer dans les détails (il faudrait un texte bien plus long que cet article), ils mettent en avant les bases du concept de la décompression en plongée.

Bien connu des plongeurs, ce concept explique le passage de la phase gazeuse de l’azote (ou de l’hélium, mais cela ne fait pas l’objet de cet article) à la phase dissoute en compression et le fait que dans l’autre sens il est pathogène d’effectuer un retour en phase gazeuse rapidement sans utiliser un protocole spécifique englobant la notion temps-profondeur.

Durant des années, ces chercheurs se sont donc appliqués à comprendre le fonctionnement du corps humain et à essayer de le modéliser entre autre en catégorisant ou compartimentant des zones de notre organisme.

Les débuts ne furent pas parfaits mais ce modèle dit « bullaire » fut dans un premier temps rapidement adopté par quasiment tous ceux qui élaboraient des tables et des outils de décompression.  Chacun y apportant cependant sa petite touche visant à être le plus précis, le plus juste ou encore le plus efficace possible.

Les résultats des expériences et études de ces chercheurs ont été consignés dans des tableaux dont l’évolution est ce que nous appelons aujourd’hui les tables de plongées ou tables de décompression.

Il existe de nombreuses tables de plongée différentes.

En nous limitant à la plongée loisir ou sportive et à l’utilisation de l’air comme gaz respiratoire pour notre explication, nous pouvons dire que la plupart des tables de plongée tiennent compte d’un nombre limité de «compartiments », habituellement de 8 à 16, définis comme une partie du corps (ex : le sang, les os, la graisse,…)

Pour dire simple, le découpage théorique en différents compartiments est utilisé pour représenter le fonctionnement du corps lors de la compression-décompression.

Si les compartiments étaient les seuls concernés pour l’explication de la décompression, le travail des chercheurs en serait rendu plus simple mais bien sur ce n’est pas le cas et de nombreux autres paramètres (dont je ne parlerai pas dans le cadre de cet article) entrent en compte pour élaborer des tables de plongée.

Malheureusement, les tables de plongée ne sont pas extensibles à l’infini en ce qui concerne les informations qu’elles donnent et les paramètres avec lesquels elles sont conçues.

Dès lors il faut faire des choix sur les informations qu’elles comportent.

Notons par exemple que celles de L’US NAVY ont été créées sur base d’un homme et pas d’une femme, jeune et en très bonne santé, capable d’effectuer des efforts physiques non négligeables,…

Les plongeurs et plongeuses de 2017 sont souvent bien éloignés de ce modèle… Et le monde de la plongée s’est de plus ouvert aux femmes… qui ne faisaient pas partie des échantillons de population observés lors des recherches initiales.

Vous me suivez toujours ? Alors, on continue… 🙂

A propos des tables de plongée comme outil de décompression

Comme dit plus haut, il faut tenir compte que l’outil (la partie « table de plongée »), a physiquement des limitations. Il n’est pas possible d’emporter avec soi en plongée un document résistant à l’eau et de grande taille pouvant comprendre énormément d’Informations !

Les tables de plongée ont donc dû être optimisées et simplifiées pour être transportables (souvent 20cm X10 cm ou 15cm X 15 cm).  Il a donc été décidé d’utiliser des temps et des profondeurs en nombre réduit pour tenir sur un document de taille raisonnable.

Comme outil, la table de plongée n’est qu’un des trois éléments permettant d’effectuer une décompression en plongée. Aux tables de plongée, il faut y adjoindre un profondimètre (pour connaitre sa profondeur) et un chronomètre (pour connaitre le temps)… et bien sûr faire fonctionner sa tête 😉

Il est important également de garder en tête que les tables de plongée ont été conçues pour effectuer une ou deux plongées par jour (parfois trois) mais pas plus à ma connaissance.

Durant de nombreuses années les plongeurs ont donc dû se contenter de ces 3 éléments pour effectuer leurs plongées et les paliers éventuels avec les limitations inhérentes. Mais ils n’avaient pas le choix et devaient faire avec les outils disponibles pour réaliser leur décompression s’il échet.

L’arrivée d’un nouvel outil de décompression : l’ordinateur de plongé

Plus récemment avec l’évolution des connaissances et des technologies, les ordinateurs de plongée sont apparus. D’abord très simples et peut être pour certains moyennement fiables et puis de plus en plus aboutis.

Actuellement, il en existe de nombreux modèles mais beaucoup, et surtout les plus anciens, sont basés sur des tables issues des travaux de Haldane et confrères.

A côté des travaux de ces premiers chercheurs, de nouveaux concepts et modèles de décompression sont apparus. Le RGBM de Bruce Wienke et le VPM de David Yount ont retenu l’attention des constructeurs de matériel de plongée qui se sont emparés de ces nouveaux résultats de recherche. Ils en ont profité, en les associant avec les nouveautés technologiques de l’époque, pour construire des ordinateurs de plongée modernes et fiables, plus compacts, plus facilement lisibles (même pour les plongeurs ayant des problèmes de presbytie) et donnant des résultats plus proches de notre réalité physiologique.

Ces ordinateurs grâce à la miniaturisation et à l’électronique permettent la compilation d’un nombre très important de paramètres pour obtenir un calcul en temps et en profondeur réelle pour une taille souvent moitié des plus petites tables de plongée « papier/plastic ».

Certains diront en plus que la magie des temps modernes permet d’acheter aujourd’hui un ordinateur de qualité pour 150€ ou parfois moins !

Pourquoi il est important de se fier à son ordinateur de plongée

Qui aujourd’hui peut imaginer s’immerger sans ordinateur de plongée ?

Les ordinateurs modernes, contrairement aux tables de plongée, permettent de nombreux réglages personnalisés pour notre sécurité et notre confort de plongée :

  • Ils apportent une plus grande précision de notre décompression en temps et en parcours réel au jour le jour ou même plongée après plongée. La décompression est alors effectuée en tenant compte du parcours sous-marin réellement effectué et pas simplement suivant une plongée carrée comme c’est le cas pour une table.

 

  • Les ordinateurs de plongée ne sont pas sensibles à la narcose et permettent un calcul précis et adapté quel que soit la profondeur réduisant de ce fait l’erreur « humaine» (de calcul) 😉

 

  • Beaucoup d’ordinateurs permettent de plonger à lair et au Nitrox voir avec de lhélium et/ou le passage rapide dun gaz à lautre.

 

  • Les ordinateurs de plongée équipés d’une sonde de pression peuvent en temps réel notifier le plongeur pour quil adapte sa profondeur et/ou son temps de plongée en fonction de sa consommation.

 

  • D’autres ordinateurs de plongée tiennent compte de la température de leau et du rythme cardiaque du plongeur pour adapter la décompression

 

  • Les ordinateurs laissent la possibilité au plongeur de durcir son protocole de décompression pour des raisons qui lui sont propres (ex: la fatigue, l’âge ou simplement un grand nombre de plongées effectuées sur la semaine dans le cas d’une croisière).

 

  • De plus en plus d’ordinateurs proposent ou imposent des paliers profonds. Ceux-ci sont principalement issus des travaux de Wienke (RGBM) ou Yount (VPM) se rapportant au profil de décompression de façon holistique ou de Baker et Pyle se rapportant juste au stop profond.

 

  • Les ordinateurs ont également cette particularité davoir une mémoire et donc contrairement à une table qui suppose une désaturation terminée après 24 heures, les ordinateurs de plongée peuvent vous signifier des temps de désaturation bien plus longs allant parfois jusque 36 heures ou plus. Et donc pour certains plongeurs partis en croisière, en vacances ou pour le boulot qui enchaînent 3, 4 voir 5 plongées par jour, l’ordinateur augmentera leur sécurité durant la semaine en tenant compte de cette accumulation de plongées.  A la fin de la semaine l’ordinateur leur imposera un temps plus long avant de reprendre l’avion par exemple.

Les tables de plongée, encore utiles ?

Clairement, je n’utilise plus jamais de table en plongée et cela fait longtemps que je me suis acheté un 2ème  ordinateur de plongée pour des raisons de redondance sécuritaire, bien que je n’aie jamais eu de vraie panne d’ordinateur durant une plongée.

La différence de prix entre un ordinateur et l’ensemble comprenant « une table + un profondimètre de qualité + un chronomètre de qualité » est tellement minime que le choix de la redondance sécuritaire est très vite fait.

Pour être honnête, je n’ai jamais vu de plongeurs ou plongeuses « loisir » utiliser des tables de plongée comme moyen de décompression. Dans le même ordre d’idée, je nai personnellement jamais plongé avec un plongeur utilisant des tables de plongée comme moyen de décompression pendant la plongée… et je refuserais ce type de plongée à l’heure où le progrès nous permet d’utiliser d’autres outils bien plus secure.

Même si elles ont été bien utiles pendant des années, au regard de tous les avantages des ordinateurs de plongée, je n’ai pas trouvé d’arguments plaidant en faveur de l’utilisation des tables comme moyen de décompression en 2017.

Mais alors, si elles ne sont plus utiles, doit-on encore enseigner les tables ?

C’est une question que nous sommes en droit de nous poser car, même si des bruits courent selon lesquels certaines grandes agences de certification américaines voudraient en supprimer l’utilisation dans le cadre des formations, l’apprentissage des tables de plongée est encore généralisé.

En ce qui me concerne, le résultat de nos réflexions explicitées ci-dessus m’a amené à ne plus enseigner les tables que pour le concept théorique de base et la recherche historique effectuée par les pionniers que sont Haldane et autres et non plus pour réaliser d’inlassables exercices de calcul qui ne colleront définitivement plus à la réalité des plongées que les plongeurs et plongeuses seront amenés à effectuer.

Mais, me direz-vous, ne doit-on pas comprendre comment utiliser les tables si l’on veut connaitre le fonctionnement de son ordinateur de plongée ou de la décompression ?

Pour moi la réponse est clairement NON.

L’ordinateur de plongée ET les tables de plongée sont tous les deux des OUTILS pour effectuer une décompression.

D’un côté nous avons un outil moderne et dynamique proposant les nombreux avantages énumérés ci-dessus. De l’autre, nous avons un outil figé (les tables ne s’adaptent ni au parcours, ni aux plongeurs,…)

Libre à chacun d’utiliser l’outil de décompression qu’il ou elle juge le plus secure, le plus performant ou le plus adapté à son profil.

Par contre lorsque je suis amenée à participer à la formation de plongeurs, l’étude et la compréhension du processus de compression-décompression est mis en avant de même que celle du fonctionnement de leur ordinateur personnel en ce compris la maîtrise du mode de planification basée sur les informations des ordinateurs de chacun.

Cette partie de la formation est bien utile car elle force le candidat à s’intéresser à son ordinateur (qui lit les modes d’emploi ???)  mais également à celui des autres. Cet exercice met le plongeur dans la réalité d’une palanquée qui ne voit que rarement (pour ne pas dire jamais) tous les plongeurs équipés du même ordinateur de plongée.

Ma démarche à comme objectif de rendre chaque plongeur d’une palanquée conscient de l’importance de connaitre son matériel, de pouvoir effectuer les réglages principaux et d’adopter une démarche efficiente pour des plongées avec plaisir en toute sécurité.

Dans le même esprit, après le baptême, je prête toujours un ordinateur de plongée à un candidat pour qu’il puisse, dès sa première immersion, apprendre à checker ses paramètres et devenir rapidement autonome quant au contrôle de sa plongée.

En 2017, il m’apparait donc plus important de faire coïncider les apprentissages théoriques de la plongée avec la réalité à laquelle les plongeurs et plongeuses vont être confrontés.

En conclusion

Contrairement aux tables de plongée, de plus en plus d’ordinateurs sont disponibles avec des fonctions permettant une plongée plus confortable, plus précise et plus sécuritaire.

Ceci représente l’évolution et elle continuera que l’on soit pour ou que l’on soit contre.  Il est donc plus que conseillé d’utiliser en 2017 des outils actuels et performants et non plus les anciens dispositifs des débuts de la plongée, même si à l’époque ils étaient les seuls disponibles à l’usage du plongeur.

Et ce n’est pas « Parce qu’on a toujours fait comme cela » qu’on ne peut pas changer sinon à titre d’illustration par l’absurde on pourrait dire qu’il est impensable de rouler aujourd’hui dans une voiture équipée d’ABS, d’airbag, de GPS, de direction assistée,… Qui veut de çà ?

De ce fait, l’apprentissage de l’utilisation des tables comme outil de décompression me parait totalement désuet et je crois que les instructeurs et instructrices donneront un avantage certain à leurs candidats en axant la formation sur la compréhension de la compression-décompression ET celle de l’utilisation fine des ordinateurs de plongée.

J’ai conscience que mes propos peuvent paraitre inhabituels mais j’ai la conviction qu’à un moment il faut réfléchir et se positionner en prenant en compte l’évolution du monde de la plongée sous-marine que nous affectionnons toutes et tous.

En espérant que cette réflexion va susciter la vôtre et nous permettre de participer ensemble à un enrichissement de cet univers passionnant, je vous encourage à remettre en question les apprentissages, les acquis,… et à penser plus positif et plus loin.

Si vous souhaitez réagir à cet article, je vous encourage à poster un commentaire ci-dessous afin que l’ensemble des internautes puisse en profiter.

Bonnes bulles… N’oubliez pas d’être heureux 🙂

Hélène

 

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Pour approfondir le sujet :

Wienke, Bruce R; O’Leary, Timothy R (13 February 2002). « Reduced gradient bubble model: Diving algorithm, basis and comparisons » (PDF). Tampa, Florida: NAUI Technical Diving Operations. pp. 7–12. Retrieved 12 January 2010.

Pyle, Richard L. (1997). « The importance of deep safety stops: Rethinking ascent patterns from decompression dives »Journal of the South Pacific Underwater Medicine Society. South Pacific Underwater Medicine Society. Retrieved 9 March 2016.

Yount, DE (1991). Hans-Jurgen, K; Harper Jr, DE, eds. « Gelatin, bubbles, and the bends ». International Pacifica Scientific Diving…, (Proceedings of the American Academy of Underwater Sciences Eleventh Annual Scientific Diving Symposium held 25–30 September 1991. University of Hawaii, Honolulu, Hawaii). Retrieved 25 January 2012.

Baker, Erik C. « Clearing Up The Confusion About ‘Deep Stops' » (PDF). Retrieved 4 August 2015.

  1. Hello,
    Je ne suis pas forcément en accord avec ce discours :
    Pour avoir connu en effet :
    Un capteur de pression qui indique une erreur de 7m à 40m
    Un ordinateur qui implose à 68m (donné à 120m..) sur une plongée tx.
    Pour avoir vu aussi des plongeurs qui ne savent pas le temps de palier qui vont avoir sur une plongée à 40m sur épave et qui partent à l’aventure en se disant on verra au fond,

    Je pense que pour tout ça, la table reste un très bon backup pour de la plongée « loisir », et donc son utilisation doit être, à mon goût, maitrisée.

    Apres de là à passer l’essentiel des cours théoriques la dessus il y a un gap…

    1. Bonjour Sylvain,

      Tu n’as vraiment pas eu de chance (et tu parles de plongées qui quittent la sphère des plongées loisir).
      De mon côté j’utilise deux ordinateurs et je n’ai jamais eu aucun problème. L’un servant de back-up à l’autre et vise versa.
      Ces plongeurs partant en explo à 40 mètres en disant on verra au fond sont irresponsables, j’ai déjà entendu cela et c’est clairement inacceptable.
      La table à mon sens n’est pas à utiliser comme back-up si tu n’as pas un profondimètre et un chrono en plus de ton ordinateur et de la table elle même. Mais vu le prix il est préférable d’utiliser un autre ordinateur pour toutes les raisons citées dans l’article.
      Je n’enseigne plus l’utilisation des tables comme moyen de décompression lors des plongées mais comme écrit plus haut elles sont encore abordées brièvement lors de la formation théorique.
      Bonnes bulles et au plaisir d’échanger avec toi sur de très nombreux autres thèmes.

  2. Hélène je te re-répond

    Qd tu plonges, tu le fais avec un binôme qui doit en théorie avoir fait la même plongée que toi donc tu as tes paramètres de plongée… Des tables suffisent donc en back up…
    Alors un deuxième ordinateur que tu ne saura pas utiliser ou moyennement au vu de mon expérience, ou un jeu de tables et pour le même prix 2 plongées de plus. J’invite mes élèves à plonger…
    Je ne sais pas pour quelle paroisse tu prêches (FFESSM,SSI,…) mais je t’invite à t’ouvrir sur d’autres paroisses afin de se remettre en question et d’évoluer pour te citer.
    Comme je l’ai dit dans mon premier post, je suis pour l’apprentissage des 2! Car ils sont complémentaires dans certains cas…

    1. Bonjour Cyril,
      La particularité, où je vis est que, contrairement à la France, il n’y a aucune règlementation spécifique à la plongée sous-marine et pas de code du sport. Pas besoin donc d’être affilié à une fédération ou une autre (mais bien sur lorsque tu passes un niveau de plongée tu choisis un instructeur qui propose une ou plusieurs filières qui te plaisent). Il est donc relativement simple de ne pas se contraindre à suivre les prescrits d’une chapelle en particulier. Je ne connais pas les règlementations spécifiques des organisations que tu cites mais cela m’importe peu. Je préfère réfléchir sur ce que nous faisons toutes et tous en pratique dans le monde merveilleux de la plongée sous-marine.
      Depuis le début de l’écriture de ce blog, j’apprends beaucoup (et suis bien amenée à m’ouvrir 😉 ) notamment sur le système très particulier de la plongée en France que j’ai longuement étudié depuis. Apprendre me plaît énormément et c’est intéressant de voir des fonctionnements différents de ceux dont nous avons l’habitude, tu as raison.

      Concernant cet article sur les tables, nous avons passé, mon compagnon et moi-même, de très longues heures de discussions, réflexions, documentation et écriture afin de proposer le fruit de nos recherches comme base de réflexion… pour ceux qui le souhaite.

      Comme dit dans l’article, tout comme toi, j’enseigne les tables pour l’historique, pour la compréhension du principe, … Le tout illustré par quelques calculs sans trop s’attarder.
      Par contre, j’ai fait le choix de ne plus les enseigner comme outil de décompression LORS des plongées.

      C’est juste MON choix, fruit d’une longue recherche qui elle même faisait suite à la constatation de voir que, dans la pratique… les plongeurs n’utilisent pas leurs tables. Je t’avoue qu’aujourd’hui je suis surprise du nombre de personnes qui, suite à cet article, défendent l’avis contraire et le maintien de l’apprentissage des tables alors que je n’ai jamais rencontré de plongeurs plongeant aux tables, pas une fois. Cela restera pour moi un grand mystère.

      Pour conclure, je dirai que je ne veux, bien évidemment, pas imposer mon point de vue à qui que ce soit mais juste le proposer comme base d’une réflexion pédagogique.
      Chacun étant, très heureusement, libre de faire comme bon lui semble 🙂

      Merci beaucoup à toi pour ces échanges intéressants

  3. Bonjour,

    Article interessant ! Moi je pense qu’il est indispensable en effet de former les candidats pour qu’ils sachent comment utiliser leurs ordinateurs de plongees. Mais je trouverais pas malin de supprimer l’apprentissage des tables pour de simples raisons :

    -Prise de conscience d’un minimum de notion en terme de chiffres cles
    -Peut toujours etre une solution de rechange en cas de panne d’ordinateur
    -Strictement RIEN n’est complique, en l’espace de 30 min n’importe quel candidat saura utiliser une table de plongee ou le RPDml (au moins les bases pour pouvoir planifier une ou plusieurs plongee)
    -Faut arreter d’abrutir les gens en rendant tout extremement simple, vous seriez partisans aussi de supprimer le calcul mental a l’ecole sous pretexte qu’on a des calculettes a dispositions dans notre smartphone qui nous apporte confort et securite dans le calcul?

    La plongee est un sport hyper ludique et relax, si nous le rendons encore plus simpliste nous verrons encore plus de monde faire « n’importe quoi » sous l’eau et se mettre en danger sans qu’ils le sachent.

    Apres je ne suis pas partisans d’un apprentissage pousse des tables car c’est effectivement depasse mais les supprimer du programme serait en mon sens une erreur.

    1. Bonjour Gautier,
      Comme écrit dans l’article j’enseigne encore les tables mais plus comme moyen de décompression lors des plongées ou comme back-up. J’incite également les gens à ne plus les utiliser en plongée mais à parfaire leur connaissance et compréhension du processus de décompression et du fonctionnement de leur ordinateur . De toute façon, l’énorme majorité des plongeurs utilise uniquement un ordinateur. Je suis convaincue qu’il faut faire un maximum pour simplifier les choses et bien former les plongeurs à l’utilisation des outils modernes en parfaite connaissance de la théorie sous tendue. L’un ne va pas sans l’autre. Cela pour plus de sécurité. Comme écrit plus haut à Sylvain : La table à mon sens n’est pas à utiliser comme back-up si tu n’as pas un profondimètre et un chrono en plus de ton ordinateur et de la table elle même… Mais vu le prix il est préférable d’utiliser un autre ordinateur.
      Merci beaucoup d’avoir partagé ton point de vue avec toutes et tous.
      🙂

  4. Bonjour,
    Discussion très interessante. N3 plongeant peu finalement (20/an env.), la dernière fois que j’ai utilisé mes tables, c’est à l’occasion des cours de théorie de mon N3 il y a une dizaine d’années. Le calcul sur table au fond c’était pour mon N2 et encore posé a genou sur un fond sableux! Ben c’est plus simple de calculer quand on n’a pas sa flotabilité à gérer en plus du stress.
    Plongeur de l’intérieur (Francilien) ces 2 formations se sont déroulées en piscine (prof. 2 m.) et quelques fosses. Je ne dois pas être le seul élève à devoir réaliser ses calculs sur tables pour la 1ere fois en pleine eau lors du passage pratique dudit niveau. Et depuis la passage de mon N3, mes tables sont sagement rangées dans une boite à coté de mon profondimètre et prennent la poussière! A comparer avec des formations en clubs le long du littoral qui, eux, peuvent en plus pratiquer régulièrement.
    Je crains en fait que l’enseignement des tables tel qu’il est toujours pratiqué ne serve qu’à occuper les candidats pendant tout l’hiver au risque d’en écoeurer un certain nombre. Surtout si on y rajoute la physique, la bio du corps humain, la règlementation, l’éventuelle capacité du formateur à rendre son cours ludique, etc., etc.
    Pour finir (on pourrait en faire des pages), lors de mes plongées j’ai rencontré des bons et des mauvais plongeurs, pardon c’est un peu présomptueux de ma part, je devrais dire des plongeurs qui m’inspiraient confiance et d’autres moins.Mais parmi toutes ces rencontres subaquatiques, je n’en ai jamais rencontré un seul qui utilise les fameuses tables MN90! Je vais m’amuser ce soir à les ressortir et voir ou j’en suis……pour le fun uniquement! 😉
    Et longue vie à votre blog Hélène.

    1. Merci Bruley, c’est un plaisir de te lire et j’ai souri à de nombreuses reprises.
      Effectivement, dans nos expériences de plongée, nous rencontrons des personnes qui inspirent confiance et puis des autres.
      J’imagine sans peine tes tables dans une boite poussiéreuse au fond d’une armoire oubliée dans une pièce reculée… J’espère que tu t’es bien amusé 🙂

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