Pourquoi j’ai décidé de ne plus enseigner l’utilisation des tables de plongée

Il y a quelques mois, j’ai participé à la formation d’un groupe de plongeurs désirant obtenir un niveau de plongée autonome à 40 m.

L’enseignement des tables (notamment pour les plongées successives) étant encore au programme au sein de la majorité des organisations de plongée, je me suis posé la question de la pertinence de cet apprentissage et ai suggéré de le supprimer au profit d’une connaissance approfondie du fonctionnement et de l’utilisation des ordinateurs de plongée.

Après de longues discussion avec mon compagnon (Course Director et instructeur de plongée depuis près de 20 ans), nous avons décidé de partager avec vous le fruit de nos réflexions .

Revenons en arrière : un petit bout dhistoire 

L’homme a commencé à s’immerger il y a bien longtemps déjà. Au début, il s’y maintenait à une certaine profondeur un temps indéfini sans vraiment trop se poser de questions… et il sortait de l’eau quand cela lui convenait.

Fin du 19ème  siècle, début du 20ème  siècle, les choses changent car de plus en plus de personnes font des incursions sous l’eau ou dans des milieux hyperbares. Cela donne lieu à plus d’observations et de constatations.

Assez vite, on se rend compte de façon plus pertinente et corrélée que parfois au retour en pression normobare (en surface), la personne ne se sent pas bien, rencontre un réel problème, ou plus dramatiquement meurt… et cela pose question.

Quand la science sen mêle (attention, ici il faut s’accrocher 🙂 )

Dès lors des grands noms comme Haldane, Buhlmann, Workmann et encore d’autres planchent pour comprendre ce qui se passe et pour tenter de trouver des solutions permettant d’éviter ou de minimiser les problèmes rencontrés.

Sans entrer dans les détails (il faudrait un texte bien plus long que cet article), ils mettent en avant les bases du concept de la décompression en plongée.

Bien connu des plongeurs, ce concept explique le passage de la phase gazeuse de l’azote (ou de l’hélium, mais cela ne fait pas l’objet de cet article) à la phase dissoute en compression et le fait que dans l’autre sens il est pathogène d’effectuer un retour en phase gazeuse rapidement sans utiliser un protocole spécifique englobant la notion temps-profondeur.

Durant des années, ces chercheurs se sont donc appliqués à comprendre le fonctionnement du corps humain et à essayer de le modéliser entre autre en catégorisant ou compartimentant des zones de notre organisme.

Les débuts ne furent pas parfaits mais ce modèle dit « bullaire » fut dans un premier temps rapidement adopté par quasiment tous ceux qui élaboraient des tables et des outils de décompression.  Chacun y apportant cependant sa petite touche visant à être le plus précis, le plus juste ou encore le plus efficace possible.

Les résultats des expériences et études de ces chercheurs ont été consignés dans des tableaux dont l’évolution est ce que nous appelons aujourd’hui les tables de plongées ou tables de décompression.

Il existe de nombreuses tables de plongée différentes.

En nous limitant à la plongée loisir ou sportive et à l’utilisation de l’air comme gaz respiratoire pour notre explication, nous pouvons dire que la plupart des tables de plongée tiennent compte d’un nombre limité de «compartiments », habituellement de 8 à 16, définis comme une partie du corps (ex : le sang, les os, la graisse,…)

Pour dire simple, le découpage théorique en différents compartiments est utilisé pour représenter le fonctionnement du corps lors de la compression-décompression.

Si les compartiments étaient les seuls concernés pour l’explication de la décompression, le travail des chercheurs en serait rendu plus simple mais bien sur ce n’est pas le cas et de nombreux autres paramètres (dont je ne parlerai pas dans le cadre de cet article) entrent en compte pour élaborer des tables de plongée.

Malheureusement, les tables de plongée ne sont pas extensibles à l’infini en ce qui concerne les informations qu’elles donnent et les paramètres avec lesquels elles sont conçues.

Dès lors il faut faire des choix sur les informations qu’elles comportent.

Notons par exemple que celles de L’US NAVY ont été créées sur base d’un homme et pas d’une femme, jeune et en très bonne santé, capable d’effectuer des efforts physiques non négligeables,…

Les plongeurs et plongeuses de 2017 sont souvent bien éloignés de ce modèle… Et le monde de la plongée s’est de plus ouvert aux femmes… qui ne faisaient pas partie des échantillons de population observés lors des recherches initiales.

Vous me suivez toujours ? Alors, on continue… 🙂

A propos des tables de plongée comme outil de décompression

Comme dit plus haut, il faut tenir compte que l’outil (la partie « table de plongée »), a physiquement des limitations. Il n’est pas possible d’emporter avec soi en plongée un document résistant à l’eau et de grande taille pouvant comprendre énormément d’Informations !

Les tables de plongée ont donc dû être optimisées et simplifiées pour être transportables (souvent 20cm X10 cm ou 15cm X 15 cm).  Il a donc été décidé d’utiliser des temps et des profondeurs en nombre réduit pour tenir sur un document de taille raisonnable.

Comme outil, la table de plongée n’est qu’un des trois éléments permettant d’effectuer une décompression en plongée. Aux tables de plongée, il faut y adjoindre un profondimètre (pour connaitre sa profondeur) et un chronomètre (pour connaitre le temps)… et bien sûr faire fonctionner sa tête 😉

Il est important également de garder en tête que les tables de plongée ont été conçues pour effectuer une ou deux plongées par jour (parfois trois) mais pas plus à ma connaissance.

Durant de nombreuses années les plongeurs ont donc dû se contenter de ces 3 éléments pour effectuer leurs plongées et les paliers éventuels avec les limitations inhérentes. Mais ils n’avaient pas le choix et devaient faire avec les outils disponibles pour réaliser leur décompression s’il échet.

L’arrivée d’un nouvel outil de décompression : l’ordinateur de plongé

Plus récemment avec l’évolution des connaissances et des technologies, les ordinateurs de plongée sont apparus. D’abord très simples et peut être pour certains moyennement fiables et puis de plus en plus aboutis.

Actuellement, il en existe de nombreux modèles mais beaucoup, et surtout les plus anciens, sont basés sur des tables issues des travaux de Haldane et confrères.

A côté des travaux de ces premiers chercheurs, de nouveaux concepts et modèles de décompression sont apparus. Le RGBM de Bruce Wienke et le VPM de David Yount ont retenu l’attention des constructeurs de matériel de plongée qui se sont emparés de ces nouveaux résultats de recherche. Ils en ont profité, en les associant avec les nouveautés technologiques de l’époque, pour construire des ordinateurs de plongée modernes et fiables, plus compacts, plus facilement lisibles (même pour les plongeurs ayant des problèmes de presbytie) et donnant des résultats plus proches de notre réalité physiologique.

Ces ordinateurs grâce à la miniaturisation et à l’électronique permettent la compilation d’un nombre très important de paramètres pour obtenir un calcul en temps et en profondeur réelle pour une taille souvent moitié des plus petites tables de plongée « papier/plastic ».

Certains diront en plus que la magie des temps modernes permet d’acheter aujourd’hui un ordinateur de qualité pour 150€ ou parfois moins !

Pourquoi il est important de se fier à son ordinateur de plongée

Qui aujourd’hui peut imaginer s’immerger sans ordinateur de plongée ?

Les ordinateurs modernes, contrairement aux tables de plongée, permettent de nombreux réglages personnalisés pour notre sécurité et notre confort de plongée :

  • Ils apportent une plus grande précision de notre décompression en temps et en parcours réel au jour le jour ou même plongée après plongée. La décompression est alors effectuée en tenant compte du parcours sous-marin réellement effectué et pas simplement suivant une plongée carrée comme c’est le cas pour une table.

 

  • Les ordinateurs de plongée ne sont pas sensibles à la narcose et permettent un calcul précis et adapté quel que soit la profondeur réduisant de ce fait l’erreur « humaine» (de calcul) 😉

 

  • Beaucoup d’ordinateurs permettent de plonger à lair et au Nitrox voir avec de lhélium et/ou le passage rapide dun gaz à lautre.

 

  • Les ordinateurs de plongée équipés d’une sonde de pression peuvent en temps réel notifier le plongeur pour quil adapte sa profondeur et/ou son temps de plongée en fonction de sa consommation.

 

  • D’autres ordinateurs de plongée tiennent compte de la température de leau et du rythme cardiaque du plongeur pour adapter la décompression

 

  • Les ordinateurs laissent la possibilité au plongeur de durcir son protocole de décompression pour des raisons qui lui sont propres (ex: la fatigue, l’âge ou simplement un grand nombre de plongées effectuées sur la semaine dans le cas d’une croisière).

 

  • De plus en plus d’ordinateurs proposent ou imposent des paliers profonds. Ceux-ci sont principalement issus des travaux de Wienke (RGBM) ou Yount (VPM) se rapportant au profil de décompression de façon holistique ou de Baker et Pyle se rapportant juste au stop profond.

 

  • Les ordinateurs ont également cette particularité davoir une mémoire et donc contrairement à une table qui suppose une désaturation terminée après 24 heures, les ordinateurs de plongée peuvent vous signifier des temps de désaturation bien plus longs allant parfois jusque 36 heures ou plus. Et donc pour certains plongeurs partis en croisière, en vacances ou pour le boulot qui enchaînent 3, 4 voir 5 plongées par jour, l’ordinateur augmentera leur sécurité durant la semaine en tenant compte de cette accumulation de plongées.  A la fin de la semaine l’ordinateur leur imposera un temps plus long avant de reprendre l’avion par exemple.

Les tables de plongée, encore utiles ?

Clairement, je n’utilise plus jamais de table en plongée et cela fait longtemps que je me suis acheté un 2ème  ordinateur de plongée pour des raisons de redondance sécuritaire, bien que je n’aie jamais eu de vraie panne d’ordinateur durant une plongée.

La différence de prix entre un ordinateur et l’ensemble comprenant « une table + un profondimètre de qualité + un chronomètre de qualité » est tellement minime que le choix de la redondance sécuritaire est très vite fait.

Pour être honnête, je n’ai jamais vu de plongeurs ou plongeuses « loisir » utiliser des tables de plongée comme moyen de décompression. Dans le même ordre d’idée, je nai personnellement jamais plongé avec un plongeur utilisant des tables de plongée comme moyen de décompression pendant la plongée… et je refuserais ce type de plongée à l’heure où le progrès nous permet d’utiliser d’autres outils bien plus secure.

Même si elles ont été bien utiles pendant des années, au regard de tous les avantages des ordinateurs de plongée, je n’ai pas trouvé d’arguments plaidant en faveur de l’utilisation des tables comme moyen de décompression en 2017.

Mais alors, si elles ne sont plus utiles, doit-on encore enseigner les tables ?

C’est une question que nous sommes en droit de nous poser car, même si des bruits courent selon lesquels certaines grandes agences de certification américaines voudraient en supprimer l’utilisation dans le cadre des formations, l’apprentissage des tables de plongée est encore généralisé.

En ce qui me concerne, le résultat de nos réflexions explicitées ci-dessus m’a amené à ne plus enseigner les tables que pour le concept théorique de base et la recherche historique effectuée par les pionniers que sont Haldane et autres et non plus pour réaliser d’inlassables exercices de calcul qui ne colleront définitivement plus à la réalité des plongées que les plongeurs et plongeuses seront amenés à effectuer.

Mais, me direz-vous, ne doit-on pas comprendre comment utiliser les tables si l’on veut connaitre le fonctionnement de son ordinateur de plongée ou de la décompression ?

Pour moi la réponse est clairement NON.

L’ordinateur de plongée ET les tables de plongée sont tous les deux des OUTILS pour effectuer une décompression.

D’un côté nous avons un outil moderne et dynamique proposant les nombreux avantages énumérés ci-dessus. De l’autre, nous avons un outil figé (les tables ne s’adaptent ni au parcours, ni aux plongeurs,…)

Libre à chacun d’utiliser l’outil de décompression qu’il ou elle juge le plus secure, le plus performant ou le plus adapté à son profil.

Par contre lorsque je suis amenée à participer à la formation de plongeurs, l’étude et la compréhension du processus de compression-décompression est mis en avant de même que celle du fonctionnement de leur ordinateur personnel en ce compris la maîtrise du mode de planification basée sur les informations des ordinateurs de chacun.

Cette partie de la formation est bien utile car elle force le candidat à s’intéresser à son ordinateur (qui lit les modes d’emploi ???)  mais également à celui des autres. Cet exercice met le plongeur dans la réalité d’une palanquée qui ne voit que rarement (pour ne pas dire jamais) tous les plongeurs équipés du même ordinateur de plongée.

Ma démarche à comme objectif de rendre chaque plongeur d’une palanquée conscient de l’importance de connaitre son matériel, de pouvoir effectuer les réglages principaux et d’adopter une démarche efficiente pour des plongées avec plaisir en toute sécurité.

Dans le même esprit, après le baptême, je prête toujours un ordinateur de plongée à un candidat pour qu’il puisse, dès sa première immersion, apprendre à checker ses paramètres et devenir rapidement autonome quant au contrôle de sa plongée.

En 2017, il m’apparait donc plus important de faire coïncider les apprentissages théoriques de la plongée avec la réalité à laquelle les plongeurs et plongeuses vont être confrontés.

En conclusion

Contrairement aux tables de plongée, de plus en plus d’ordinateurs sont disponibles avec des fonctions permettant une plongée plus confortable, plus précise et plus sécuritaire.

Ceci représente l’évolution et elle continuera que l’on soit pour ou que l’on soit contre.  Il est donc plus que conseillé d’utiliser en 2017 des outils actuels et performants et non plus les anciens dispositifs des débuts de la plongée, même si à l’époque ils étaient les seuls disponibles à l’usage du plongeur.

Et ce n’est pas « Parce qu’on a toujours fait comme cela » qu’on ne peut pas changer sinon à titre d’illustration par l’absurde on pourrait dire qu’il est impensable de rouler aujourd’hui dans une voiture équipée d’ABS, d’airbag, de GPS, de direction assistée,… Qui veut de çà ?

De ce fait, l’apprentissage de l’utilisation des tables comme outil de décompression me parait totalement désuet et je crois que les instructeurs et instructrices donneront un avantage certain à leurs candidats en axant la formation sur la compréhension de la compression-décompression ET celle de l’utilisation fine des ordinateurs de plongée.

J’ai conscience que mes propos peuvent paraitre inhabituels mais j’ai la conviction qu’à un moment il faut réfléchir et se positionner en prenant en compte l’évolution du monde de la plongée sous-marine que nous affectionnons toutes et tous.

En espérant que cette réflexion va susciter la vôtre et nous permettre de participer ensemble à un enrichissement de cet univers passionnant, je vous encourage à remettre en question les apprentissages, les acquis,… et à penser plus positif et plus loin.

Si vous souhaitez réagir à cet article, je vous encourage à poster un commentaire ci-dessous afin que l’ensemble des internautes puisse en profiter.

Bonnes bulles… N’oubliez pas d’être heureux 🙂

Hélène

 

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Pour approfondir le sujet :

Wienke, Bruce R; O’Leary, Timothy R (13 February 2002). « Reduced gradient bubble model: Diving algorithm, basis and comparisons » (PDF). Tampa, Florida: NAUI Technical Diving Operations. pp. 7–12. Retrieved 12 January 2010.

Pyle, Richard L. (1997). « The importance of deep safety stops: Rethinking ascent patterns from decompression dives »Journal of the South Pacific Underwater Medicine Society. South Pacific Underwater Medicine Society. Retrieved 9 March 2016.

Yount, DE (1991). Hans-Jurgen, K; Harper Jr, DE, eds. « Gelatin, bubbles, and the bends ». International Pacifica Scientific Diving…, (Proceedings of the American Academy of Underwater Sciences Eleventh Annual Scientific Diving Symposium held 25–30 September 1991. University of Hawaii, Honolulu, Hawaii). Retrieved 25 January 2012.

Baker, Erik C. « Clearing Up The Confusion About ‘Deep Stops' » (PDF). Retrieved 4 August 2015.

33 Comments

  1. Hello!
    Voilà que je découvre ton blog et il est vraiment sympa!
    Bel article et si je suis d’accord sur pas mal de points, je ne suis pas d’accord avec d’autres.
    Tu dis que l’ordi devient plus restrictif au fil des plongées successives sur une semaine: je ne connais aucun ordinateur qui le fasse. C’est vrai que le temps total de désaturation va augmenter, tout comme le « no fly time » mais je t’invite à plannifier et faire une plongée à 50 ou 60m avec une bonne décompression et de replannifier directement et sans intervalle la même plongée. Tu sera probablement surprise! Si tu trouves des ordis qui donne une décompression significativement différente, je suis preneur.
    Un élément que tu ne mentionnes pas et qui me paraît important: la plupart des plongeurs ne plongeant jamais aux tables, ils n’ont aucune idée de la décompression potentielle d’une plongée donnée. Ils ne savent donc pas détecter des informations de décompression erronées si leur ordinateur a un « bug ». D’où l’intérêt de les enseigner, de s’entraîner à les utiliser et éventuellement de retenir quelques lignes pour des profondeurs et temps que l’on a l’habitude de réaliser.

    • Bonjour Gilles,
      Merci pour ton commentaire positif et constructif, quel plaisir de te lire 😉
      En réalité, je crois que nous parlons de la même chose mais que seule la dialectique est différente. En ce qui me concerne, l’augmentation du temps de décompression et du « no fly time » font partie du durcissement de l’ordinateur vu d’une façon holistique. Les tables de décompression ne font pas cela sur une semaine de plongée…
      Tu as en cependant raison, quelques éléments clés du style « 30 mètres, 30 minutes, 3 minutes de paliers », c’est bien utile. Néanmoins, à mes yeux, cela ne justifie pas un long et fastidieux apprentissage de tables que nous savons pertinemment bien que la plupart des plongeurs n’utiliseront jamais.
      D’autre part, un ordinateur qui a un « bug » en 2017 c’est tellement rare que je n’ai jamais été confrontée à cela, ni les nombreux plongeurs de mon entourage. Mon option est donc d’encourager les plongeurs et plongeuses à utiliser prioritairement deux ordinateurs de plongée (redondance sécuritaire) au faible prix où certains sont vendus, et de vérifier le planning de plongée avant l’immersion.
      N’hésite pas à continuer à faire part de tes impressions et réflexions constructives sur les différents posts de ce blog en attendant les retours tout aussi constructifs et riches d’autres internautes sur ces mêmes sujets

  2. Je suis moi aussi d’accord avec presque tout, sauf une chose : le palier profond.

    Je ne comprends pas très bien l’avantage qu’il y a à continuer à saturer lors d’une remontée, et je n’ai jamais vu de raisonnement convainquant sur ce point ! Si tu as des sources qui pourraient éclairer la lanterne sur ce sujet, je suis preneur.

    Plongeur fédéral, j’ai toujours rêvé d’amener un profondimetre et un réveil lors d’un examen… mais sans connaître les tables, impossible de réussir son N4 (guide de palanquée).

    Merci pour cet article et les autres.

    • Bonjour Robin,

      Félicitations à toi d’avoir lu l’article jusqu’au bout ; je reconnais qu’il est un peu ardu mais le sujet me semblait important.
      J’ai moi aussi appris à connaitre les tables de plongée en long, en large et en travers pendant de longues heures avant de faire le constat d’inutilité de cet apprentissage que les plongeurs n’utilisent pas dans la pratique et que je développe dans l’article 😉
      Concernant la question des paliers profonds, pour faire simple : lors du palier profond, tu permets déjà aux tissus qui sont plus lents à commencer à désaturer. Les constructeurs l’ont compris et de grands noms comme Suunto, Mares, Cressi et Cie utilisent cet algorithme moderne qu’est le RGBM.
      Tu peux retrouver des infos (en anglais) dans les sources citées à la fin de l’article. En attendant, sache que DAN a effectué une grande étude sur le sujet en concluant à l’intérêt du Deep stop en 2005
      Merci d’avoir pris de ton temps pour partager avec un plus grand nombre ton questionnement et ton humour 🙂

  3. Bonjour,

    Article intéressant, et certainement correct dans son contenu, mais sur le fond (sans aucun jeu de mots), sur l’intérêt de maîtriser ou comprendre l’utilisation des tables, beaucoup moins d’accord.

    On pourrait faire le parallèle suivant :
    Tout le monde, via son smartphone, par exemple, a accès quasiment en permanence à une calculatrice. Et cette calculatrice est nettement plus efficace qu’un calcul mental … Dès lors, pourquoi apprendre encore aux enfants les tables de multiplication, ou de simples calculs écrits … Remplaçons le cours de calcul par la lecture du mode d’emploi de calculette …

    Oui, il ne faut plus plonger sans ordinateur.
    Non. Il faut conserver l’enseignement des tables de plongée, pas seulement pour l’aspect historique, mais pour avoir une bonne maîtrise du fonctionnement global de la décompression, et ne pas mettre aveuglément sa vie, dans les mains d’une technologie qui n’est jamais infaillible.

    Au même titre que savoir que 18×19, c’est pas loin de 400, un peu en dessous … ;-), il faut que si on fait une plongée longue et profonde, avoir une idée de la durée des paliers à faire, afin que, si par erreur, l’ordi ne demande pas une décompression significative, le plongeur se pose la question : est ce normal ? Mon ordinateur fonctionne t-il correctement ? Et cela ne s’apprend que par des exercices sur les tables …

    • Bonjour JF
      Merci de participer et d’avoir lu l’article jusqu’au bout 😉
      La table est un outil. La bonne compréhension de la compression-décompression vient avant. L’ordi est très fiable de nos jours mais pas infaillible. J’utilise donc un 2eme ordi en sécurité. Cela ne coute quasiment pas plus que l’achat d’une table, d’un profondimètre et d’un chrono. J’insiste lourdement lors des formations sur la maitrise des connaissances de compression et décompression, je l’illustre bien sur par la table qui a été le premier outil de décompression et je fais quelques calculs avec les candidats pour qu’ils comprennent le mécanisme. Ensuite je passe rapidement à l’ordinateur, à son fonctionnement, à son mode planification etc…
      Par contre, il est impensable pour moi de dire aux candidats de vérifier avec leurs connaissances sur les tables que les paliers donnés par l’ordinateur en fin de plongée sont exacts, pas en 2017. S’ils n’ont pas confiance en leur ordinateur, mieux vaut qu’ils le changent et, dans tous les cas, qu’ils investissent dans un deuxième ordinateur de « contrôle »

  4. Laurent Bardassier

    Bonjour Hélène
    Je me réjouis de lire ce sujet, je pourrai conclure par : Enfin !!
    Enfin d’autres moniteurs, d’autres écoles de plongées décident d’arrêter l’enseignement des tables comme moyen de décompression.
    Enfin des moniteurs qui choisissent un enseignement concret et pratique et sorte de la spirale théorique dans laquelle on enferme nos élèves.

    Pour ma part, j’ai fait ce choix depuis 2011, ayant fait le même constat que vous : quasiment plus aucun plongeur n’utilise des tables.
    Et encore moins celui qui vient suivre une formation de plongeur autonome.
    D’où le besoin de revenir à du concret et pratique basé sur leur moyen de décompression : l’ordinateur.

    J’ai toutefois quelques remarques à apporter à votre texte :
    – l’enseignement de l’utilisation d’un ordinateur, s’il est indispensable, ne peut se dissocier de l’enseignement de la planification.
    Et dans planification, j’entends aussi et surtout la consommation du gaz respiré. Je pense, mais peut-être ai-je mal lu ou avez-vous été rapide sur le sujet, que cette partie manque dans votre article.
    La développement d’une méthode simple, pratique et réellement utilisable n’est pas triviale.
    Pour avoir pas mal travaillé sur le sujet depuis quelques années, j’ai publié il y a qlq mois une méthode de planification (si vous souhaitez y jeter un coup d’oeil et donner votre avis : https://drive.google.com/file/d/0B2QgE3QM4MCHa3VDazdySWU0Mmc/view).
    Le principe étant le suivant : les plongeurs définissent lors du briefing une fin de plongée qu’ils ne souhaitent pas dépasser, synthétisée par une information fournie par tous les ordinateurs du marché : la DTR ou Durée Totale de Remontée (appelée aussi ASC Time, ASC, TAT … selon les marques.
    Ensuite, sur cette base, ils calculent par une simple multiplication la quantité de gaz nécessaire pour assurer cette fin de plongée en toute sécurité.
    Peu importe le profil réalisé sous l’eau, les plongeur doivent surveiller qu’aucun des deux paramètres choisis et calculés n’est dépassé. Le premier paramètre atteint signifie la fin de plongée et la remontée vers la surface avec respect des vitesses de remontée et des paliers obligatoires.
    Cette méthode est applicable à tous les profils de plongée, qu’ils soient carrés ou multi-niveaux.

    – vous évoquez les paliers profonds, c’est un sujet sensible pour l’école française de plongée qui est totalement contre quand les autres écoles sont totalement pour…
    Pour évoquer les bienfaits du palier profond, vous citez les études de DAN.
    Celles de 2004 et 2007 montrent qu’un palier profond peut être bénéfique en termes de génération de bulles, mais uniquement (DAN conclut ainsi ses études) pour certains profils de plongées (25m et 25 minutes fond). D’autre part, ces études, notamment celle de 2007, montrent que la durée du palier profond doit être bien choisie. Si l’on considère que les niveaux de bulles son corrélés au risque d’accident de décompression (étude Sawatzky et Nishi – 1990), la durée présentant le plus petit niveau de bulles est un palier profond de 2min 30. Elle montre aussi qu’un des pires profils de remontée (niveau de bulles le plus important) est de réaliser un palier profond de 1 minute. Or que proposent les ordinateurs actuels : un palier profond de 1 minute !!
    Enfin les études des marines nationales françaises (2005) et américaine (NEDU 2011) montrent que pour des profils engagés (profondeur ou durée d’immersion), les paliers profonds n’apportent aucun avantage, voire engendrent des niveaux de bulles dangereux (avec des ADD constatés).
    Toutes ces études peuvent être critiquées, l’une par le profil choisi, l’autre par le nombre de cas étudié.
    A mon sens, il est impossible d’assurer catégoriquement du bienfait ou des méfaits des paliers profonds.
    https://drive.google.com/open?id=0B2QgE3QM4MCHNnpHbE9EVTIyczQ

    Pour conclure, par votre choix de ne plus enseigner les tables, je pense que vous allez rencontrer la même difficulté que je rencontre actuellement : comment faire discuter des plongeurs formés différemment ?
    Entre ceux qui n’ont jamais appris à planifier (« on saute à l’eau et on verra bien »), ceux qui plongent au feeling (« mon expérience suffit, je fais demi-tour à 100b »), ceux qui ont appris à planifier sur les tables (et qui souvent se mélangent les pédales sur l’eau et sous l’eau), ceux qui plongent avec un ordinateur mais qui ne connaissent pas le module de planification et ceux qui ont appris une méthode récente et complète, c’est parfois le bazar. Et c’est celui qui a le plus gros caractère (ou le plus d’expérience) qui impose ses choix …
    Certes, c’est le lot de toutes les phases de transition, où les anciens doivent discuter avec les modernes.
    En étant de plus en plus nombreux à enseigner de nouvelles méthodes, cette phase de transition n’en sera que plus courte.

    • Bonjour Laurent
      Je te remercie pour ton message. Effectivement, cela fait plaisir de voir que nous ne sommes pas les seuls. Je vais lire attentivement tes documents sur le google drive. Mais déjà maintenant on peut conclure que ce sujet nécessite évidemment encore plus de recherche. Avec mon compagnon, nous avons aussi nous-même participé à certaines études dont des études pour DAN, mais le sujet est vaste et le temps manque …
      La planification ne fait pas partie de cet article ni les paliers en tant que tel. Ces deux points feront surement l’objet d’autres articles à paraitre très prochainement sur le blog. Merci de me citer Sawatzky car je ne connais pas cette étude et je vais m’empresser de lire le document 😉
      J’ai en effet décidé de ne plus utiliser l’outil « table » durant la plongée comme moyen de décompression. J’explique encore comment est fait une table et j’effectue quelques calculs avec les candidats pour qu’ils comprennent le fonctionnement mais cela s’arrête là. Concernant la dualité entre les plongeurs « anciens » et « modernes », je pense qu’elle perdurera et je ne serai pas une Don Quichotte pour me battre contre des moulins. Nous sommes surement dans une période de transition où chacun doit évoluer/comprendre à son rythme. Jusqu’à présent, tous les candidats plongeurs et moniteurs dont je suis amenée à participer à la formation sont sensibles à cette approche et prêts à accepter des idées différentes du dogme pour autant qu’elles soient étayées.
      Si d’autres sont intéressés par le sujet, je prends le temps qu’il faut pour en discuter et en effet, au vu du nombre insignifiant de personne qui utilisent réellement une table en plongée, les choses changeront à un rythme diffèrent ici et là …
      Au plaisir de continuer à échanger ensemble 🙂

  5. Chris Fro

    Bonjour
    Je découvre aussi ce blog. Je ne partage pas totalement le point de vue quant à l’abandon total des tables.
    Comme les tables de multiplication pour les calculettes, ou l’usage d’une carte routière « papier » pour les GPS, les tables permettent d’enseigner la saturation et la décompression afin de mieux comprendre le fonctionnement d’un ordinateur. Le calcul de la majoration permet de mettre en évidence les effets des plongées successives. Et on peut aussi montrer les limites des calculs de tables en comparant des consécutives avec 14′ d’intervalle et des successives (mêmes paramètres) mais avec 16′ d’intervalle.
    En clair, plonger aux tables non, mais en enseigner les principes et le bon usage permet un meilleur enseignement de la déco avec ordinateur. Et cela donne quelques notions sur les paliers potentiels.
    Car combien de plongeurs utilisent le mode planification de leur ordinateur pour évaluer paliers et conso ?
    Et soit dit en passant, la planification de l’ordinateur n’est rien d’autre qu’une plongée carrée calculée aux tables (mais avec les paramètres des plongées antérieures).
    N’oublions pas non plus que nous enseignons la décompression à des plongeurs niveau 1 (ou équivalent selon les chapelles). Or combien disposent d’un ordinateur ? Est ce que je (enseignant) connais le fonctionnement de tous les ordinateurs ? Comment en simuler le fonctionnement en salle avec 5 élèves sans matériel, un avec un suunto et un avec un aladin pro ? Personnellement, je ne sais pas (bien) gérer cela, alors que je sais éditer 2 feuilles A4 par personnes, donner des explications et faire faire 3 calculs pour découvrir le fonctionnement des MN90.
    Autre truc sympa qui n’est pas dans les ordinateurs, les procédures de secours, qui aboutissent parfois à un « game over » (remontée rapide par exemple). Cela permet ainsi de comprendre pourquoi dans certains cas, l’ordi va d’un coup ajouter X minutes de palier « sans prévenir ».
    Et de comprendre alors le risque de prévoir d’utiliser presque tout son air (oui mais avec 5 minutes en plus à mi profondeur, il me faut combien d’air pour faire tous les paliers en plus ?).
    Donc non pour plonger aux tables mais oui pour en enseigner le principe de fonctionnement pour mieux expliquer ensuite le fonctionnement d’un ordinateur ou plutôt des différents ordinateurs avec leurs spécificités.

    A l’intention de Laurent Bardassier, les Galiléo (Scubapro/uwatec) proposent des paliers profonds de 2 minutes.

    • bardassier

      Bonjour Chris,
      même un palier profond de 2 minute n’est pas terrible selon DAN : il engendre un niveau de bulles 80% plus élevé (3,98) que le meilleur profil : arrêt de 2min30 exactement + 5 minutes à 6m

      En ce qui concerne l’enseignement des tables : les tables ne sont que des outils pédagogiques pour enseigner la décompression. Il existe d’autres outils pédagogiques permettant de comprendre les principes de saturation et de désaturation, le concept de majoration entre deux plongées.

      le premier problème de l’enseignement des tables est qu’il a été dévié de son but premier pour en faire un outil de matheu qui fait peur aux élèves : voilà qu’il faut calculer l’heure de sortie au poil près, voilà qu’il faut calculer l’azote résiduel, voilà qu’on lui fait prendre de l’oxygène au milieu …
      Ce n’est pas moi qui le dit, mais les militaires avec qui j’a pu échangé et qui les utilisent tous les jours. Notre enseignement perd de vue les fondamentaux : qu’est ce que l’azote résiduel, quels sont les impacts sur la majoration et surtout qu’est-ce qu’une DTR, à quoi peut-elle servir.
      Deuxième problème des tables : elles ne proposent pas ou pas simplement de moyen de calcul la consommation nécessaire pour terminer une plongée, quel que soit le moment de la plongée. Elles ne permettent pas de répondre à la question du plongeur : quand dois-je quitter le fond avec assez de gaz ?
      la plupart font cela au doigt mouillé (on quitte à 90b) en suivant l’expérience des plus anciens ou les consignes du DP. Mais peu sont capables de déterminer cette valeur ou de comprendre pourquoi elle a été choisie.
      Les militaires partent de la DTR qu’ils s’imposent et de la profondeur de travail pour déterminer le temps fond maxi. En plus de celà, il calculent la quantité de gaz nécessaire.
      Et malheureusement, les nouvelles tables qui vont nous arriver ne vont toujours pas répondre à la question de la quantité de gaz nécessaire pour terminer une plongée.

      • @Bardassier
        Effectivement… les tables de plongée font parfois peur aux candidats
        L’enseignement des fondamentaux et du calcul de la consommation est important et permet une planification vers plus de sécurité et donc de plaisir en plongée 🙂
        Merci pour ta participation et tes intéressantes réflexions partagées avec toutes et tous

    • @Chris Fro :
      Bonjour Chris,
      Merci pour ton intervention.
      Le blog est un espace de réflexion et cela fait plaisir que des gens comme vous en faites usage pour partager avec le plus grand nombre vos réflexions et expériences 😉
      Pour revenir sur ce que tu dis, sache que j’ai décidé de ne plus enseigner et utiliser l’outil table comme moyen de décompression lors d’une plongée. Cependant, je continue à montrer des tables et à effectuer quelques calculs, pour que les candidats comprennent comment elles fonctionnent. Cela, à la suite du chapitre conséquent concernant la compression-décompression.
      Sauf durant le baptême, pour toute autre plongée je prête un ordinateur aux candidats dont je suis amenée à participer à la formation et qui n’en sont pas équipés. Ceci pour qu’ils apprennent à s’en servir le plus vite possible et qu’ils deviennent autonomes et responsables de leur plongée. Et bien entendu avant de s’immerger avec l’ordinateur, on passe en revue son fonctionnement  🙂

  6. Bonjour,
    Je ne suis qu’un modeste PA40, mais je suis d’accord avec cet article.
    Cela fait plaisir de voir une enseignante du 21ème siècle.
    Déjà en enseignement sur un bureau, on n’arrive pas toujours à faire les exercices aux tables. Alors à 30m de fond en calcul mental, je n’ose même pas imaginer.

    Je pense que les tables ont quand même une utilité pour comprendre le mécanisme des paliers.
    Comme apprendre les tables de multiplication pour se servir d’une machine à calculer.

    Mais cela remet en question le cursus de formation de la fédé. J’ai eu droit pour un N2 à une palanquée qui fait 2 plongées consécutives mais à la sortie le gars pers sa torche et va la rechercher: Calcul des paliers aux tables.
    C’est sûr qu’avec ça …. Ben on n’a aucune expérience pratique de la plongée.

    Pour finir, un ami E3 me disait: Si mon ordi tombe en panne je remonte à 3 m et je vide mon bloc.
    Au moins les paliers seront sûrs.

    • Merci Franck pour ton retour qui m’a fait sourire 😉
      Effectivement, ce ne doit pas toujours être évident de calculer ses paliers par exemple à 40 m de fond si on est sujet à la narcose et que le tracé de l’itinéraire n’est pas scrupuleusement plat. Les ordinateurs ne sont pas infaillibles mais l’esprit humain encore moins. A mon sens la seule bonne façon d’assurer sa sécurité est d’investir dans un deuxième ordinateur (+/- 150€). Ca vaut bien ce prix la notre vie, n’est-ce pas ?

  7. Bonjour
    Pour l’enseignement des 2!
    Si tu lis les modes d’emploi des ordinateurs, tous commencent par il faut être formé en plongée… Comprend cela comme tu veux mais perso, plonge comme on te l’a appris au niveau deco. Différentes façons en fonction des « fédérations  » : en France 2 plongées/jour avec possibilité de paliers, PADI plonge autant que tu veux sans palier mais à partir de la 3ème plongée pas plus de 12m…
    Si tu suis que ton ordi, il ne fait que calculé, advienne que pourra !
    Certaines tables ont des procédures de secours en cas de problèmes sous l’eau, les ordis non mais dans ce cas il faut faire une deco table et pas un mixte des deux comme beaucoup font…
    Si tu formes dans le système français, à partir du niveau 2 tu vas faire des yoyos et l’ordi dit de ne pas en faire donc tu plonge aux tables…
    Si tu plonges avec paliers ou profond ( au delà de 50m) la plupart des ordi ne te permettent pas de planifier la plongée, ils n’affichent que la courbe de sécurité ( sauf scubapro à ma connaissance…) et s’arrêtent vers 47m, donc pour avoir une idée des paliers avec un temps de plongée raisonnable tu prends tes tables!
    Si tu es experte en ordi tu doit savoir qu’après 2 h d’intervalle surface ta courbe de sécurité sur les ordinateurs est la même qu’avant ta première plongée… Pas avec les tables qui sont dans tous les cas plus sécuritaire même si plus contraignantes dans l’utilisation.
    Pour finir je conseilles à mes élèves de prendre un ordi qui passe en mode profondimetre lorsqu’il se met en défaut ils seront alors en mesure avec des tables(15€) d’assurer leur décompression… un ordi coutant près de 200€ je te laisse calculer ce qui est le plus rentable pour eux!
    Tout cela n’empêche pas d’enseigner en plus l’ordinateur…

    • Bonjour Cyril

      Bienvenue sur ce blog et un tout grand merci de ta participation et de ton échange.
      Tout d’abord, je tiens à redire que je prends un temps conséquent pour apprendre ce qu’est la compression et la décompressions (ou saturation et désaturation) sur le corps humain. C’est la base, le fondement.
      Après viennent les outils que l’on peut utiliser lors d’une plongée et qui comprennent aussi les tables : quelles sont celles qui existent, d’où elles viennent, comment fonctionnent-elles dans les grandes lignes, … je fais quelques calculs pour illustrer mais cela s’arrête là. La table ne sera pas l’outil de décompression lors des plongées.
      L’ordinateur occupe une place importante dans la formation car c’est ce qu’une très grande majorité si pas tous les plongeurs vont utiliser dans la pratique.
      Je ne suis pas une experte des ordinateurs (il y en a bien trop 😉 ) mais j’encourage chaque plongeur à découvrir les fonctionnalités de son ordinateur et ses différences en le comparant avec ceux des autres (c’est important que les gens se parlent) pour que chacun en optimalise son utilisation.
      Un ordinateur est très fiable de nos jours mais il est vrai qu’on ne peut pas affirmer à 100% qu’il ne tombera pas en panne. Par contre affirmer qu’un ordinateur qui ne permettra plus d’afficher les paramètres de déco pourra passer en mode profondimètre (quid du mode chrono ?) me parait franchement aléatoire. Peux-tu vraiment dire à l’avance ce qui va tomber en panne ? Je pense mais je peux me tromper que s’il y a une panne c’est l’ensemble de l’appareil qui sera HS. En tout cas je ne jouerai pas à cette roulette russe, car sans un outil qui te donne le temps d’immersion et la profondeur, les tables sont inutiles. Il me semble qu’il faut refuser d’extrapoler des informations que de toute façon tu ne pourras pas utiliser car tu ne connaitras ni ta profondeur ni le temps qui passe. Donc la solution la plus sure c’est l’utilisation de deux ordinateurs. On peut déjà trouver des ordinateurs à 150 € et parfois moins lors de promos (j’en ai déjà vu à 130€ et de grandes marques réputées).
      Est-ce trop cher pour la vie d’une personne ? A chacun de faire son choix.
      Bien sûr, comme tu le dis, chacun va plonger comme il a appris (par exemple, de mon côté, j’encourage les candidats à ne jamais faire de plongée yoyo).
      Cela empêche-t-il de questionner la pertinence de certains apprentissages pour soit les remettre en cause soit en renforcer leur compréhension ?
      J’ai cette croyance que, sans se remettre en question, il n’est pas possible d’évoluer.

  8. Mais oui, je préfère en sourire.
    Je suis surpris, sur la page facebook « beauté de la plongée », du nombre de réactions positives aux tables. Pour moi, connaissance théorique, oui, utilisation, non.
    Personne n’utilise en fait.
    Manque plus que l’apprentissage du fenzy et le tuba au mollet.

    • Je suis aussi surprise que toi car je n’ai jamais rencontré nul part, ni ici ni dans aucun de mes voyages, quelqu’un qui plongeait aux tables ou qui les sortaient en plongée (même les rares qui ont rencontré des problèmes avec leur ordi et se référaient alors à l’ordi de leur binôme)
      … Mais j’ai déjà vu sur un spot de plongée une personne avec une fenzy, ce qui m’a permis d’en voir une en vrai 😉

  9. Bonjour,
    ça fait plaisir de voir quelqu’un tenter de moderniser et secouer ces vénérables institutions dont les membres font plus de réunions que de plongées 😉
    Je suis entièrement d’accord avec vous sur le fait qu’il devient essentiel et urgent d’enseigner l’utilisation d’un ordinateur de plongée. Voyageant beaucoup, je plonge souvent et il y a par exemple un comportement dangereux qui se généralise par manque de connaissances des plongeurs, c’est les plongées border line sans autre palier que les 3 min 5m (ou 3m). Or si on fait une plongée ou on attend d’avoir le no deco à 1 min pour remonter un peu et etc etc, on se place vraiment dans une situation à risque. Il y a pas mal d’articles qui traitent de ces plongées loisir border line et ce serait bien de mieux former les plongeurs sur les limites de ces pratiques.
    En tout cas super blog passionnant et qui fait souffler un air neuf sur notre passion.
    Bonnes bulles à tous

    • Merci Patrick pour ton retour
      Je suis ravie que le blog te plaise 🙂
      Ces plongées border line sont effectivement un autre problème intéressant à traiter mais qui sortait du cadre de cet article.
      Pour la suite ?

  10. L’apprentissage évolue, peut et doit le faire.
    Il est moyennement utile de faire une formation sur l’ordinateur de plongée, puisque chaque marque fournit un système différent, le cours se limiterait au rôle, aux fonctions essentielles, et pour info au plus en insistant sur le primordial
    Concernant les tables, les retirer sont une grave erreur

    Quels sont les problèmes sur le terrain ? Beaucoup de plongeurs ne mesurent pas la criticité de la vitesse de remontée, la différence avec les paliers, et du palier de sécurité ( toujours généralement annoncé comme facultatif à la fédé, a ma connaissance, grosse erreur ! bref )

    Focaliser sur l’ordinateur entraînera : délégation des responsabilités au matériel, retrait de la prise de conscience, sensation de perte de compétences et de repères face au ( nouveau ) matériel.

    J’ai surtout l’impression qu’a force de simplification ( ce qui est bien dans le principe ! ) nous arrivons comme beaucoup ne veulent pas l’admettre, dans un système de dégénérescence globale voulue par confort face à l’effort. Un peu comme l’école et la capacité actuelle de savoir bien orthographier… mais la il ne s’agit que d’incompétence, et pas de vies en jeu dans ce cas.

    Pour résumer, mon avis :
    Alléger les tables, s’assurer de la compréhension de la succession de plongées, et de la courbe de sécurité. A adapter selon les niveaux. Expliquer qu’en effet il n’est pas jouable de partir avec un profondimètre mécanique, je vais revenir sur le chronomètre. En France plonger seul est interdit. En cas de problème d’ordi, apprendre a communiquer et se reporter sur la palanquée ( voir définition au sens strict : durée et profondeur… )
    Présenter le rôle concret de l’ordinateur, pas son fonctionnement en détail.. mais la notion de durée, paliers, planification, … mais surtout de ses limites

    Maintenant à côté de cela il y a une abérration : la montre / chronomètre n’est pas obligatoire, certes, mais personne n’en parle. Combien de fois les plongeurs ne savent pas ou ils en sont dans le temps ( horaire, heure ), sachant qu’il en coûte 10€ pour une montre chrono qui tiennent 100m de profondeur, ne prends pas de place sur la stab, … bref aucune contrainte !
    Par contre en effet, pour se prémunir d’un ordi qui lache, on ne trouve plus vraiment de profondimètre mécanique max, c’est dommage.

    • Bonjour Philippe,
      Ton point de vue est très intéressant.
      Lorsque tu choisis de ne plus enseigner les tables comme outil de décompression durant les plongées, tu te dois effectivement de veiller à ce que les plongeurs formés le soient également à la responsabilisation et la planification de leur plongée. Ceci, par exemple, en les faisant manipuler leur ordinateur et ceux des autres et en comprenant tous ensemble les spécificités des différents ordinateurs et ce qui sous-tend la logique inclue dans leurs fonctionnements. En choisissant judicieusement un ordinateur tu peux veiller à ce qu’il te propose un palier de sécurité et qu’il t’exprime la vitesse de remontée de façon claire et univoque (à mon avis la majorité des ordinateur récents l’offre)
      A nouveau en utilisant deux ordinateurs on augmente, à mon sens, sérieusement sa sécurité en ne négligeant pas son confort. De toute façon, comme tu le souligne, combien de plongeurs et plongeuses emportent réellement avec eux un ordinateur + leur table + une montre + un profondimètre ? …

  11. Bonjour,
    Discussion très interessante. N3 plongeant peu finalement (20/an env.), la dernière fois que j’ai utilisé mes tables, c’est à l’occasion des cours de théorie de mon N3 il y a une dizaine d’années. Le calcul sur table au fond c’était pour mon N2 et encore posé a genou sur un fond sableux! Ben c’est plus simple de calculer quand on n’a pas sa flotabilité à gérer en plus du stress.
    Plongeur de l’intérieur (Francilien) ces 2 formations se sont déroulées en piscine (prof. 2 m.) et quelques fosses. Je ne dois pas être le seul élève à devoir réaliser ses calculs sur tables pour la 1ere fois en pleine eau lors du passage pratique dudit niveau. Et depuis la passage de mon N3, mes tables sont sagement rangées dans une boite à coté de mon profondimètre et prennent la poussière! A comparer avec des formations en clubs le long du littoral qui, eux, peuvent en plus pratiquer régulièrement.
    Je crains en fait que l’enseignement des tables tel qu’il est toujours pratiqué ne serve qu’à occuper les candidats pendant tout l’hiver au risque d’en écoeurer un certain nombre. Surtout si on y rajoute la physique, la bio du corps humain, la règlementation, l’éventuelle capacité du formateur à rendre son cours ludique, etc., etc.
    Pour finir (on pourrait en faire des pages), lors de mes plongées j’ai rencontré des bons et des mauvais plongeurs, pardon c’est un peu présomptueux de ma part, je devrais dire des plongeurs qui m’inspiraient confiance et d’autres moins.Mais parmi toutes ces rencontres subaquatiques, je n’en ai jamais rencontré un seul qui utilise les fameuses tables MN90! Je vais m’amuser ce soir à les ressortir et voir ou j’en suis……pour le fun uniquement! 😉
    Et longue vie à votre blog Hélène.

    • Merci Bruley, c’est un plaisir de te lire et j’ai souri à de nombreuses reprises.
      Effectivement, dans nos expériences de plongée, nous rencontrons des personnes qui inspirent confiance et puis des autres.
      J’imagine sans peine tes tables dans une boite poussiéreuse au fond d’une armoire oubliée dans une pièce reculée… J’espère que tu t’es bien amusé 🙂

  12. Bonjour,

    Article interessant ! Moi je pense qu’il est indispensable en effet de former les candidats pour qu’ils sachent comment utiliser leurs ordinateurs de plongees. Mais je trouverais pas malin de supprimer l’apprentissage des tables pour de simples raisons :

    -Prise de conscience d’un minimum de notion en terme de chiffres cles
    -Peut toujours etre une solution de rechange en cas de panne d’ordinateur
    -Strictement RIEN n’est complique, en l’espace de 30 min n’importe quel candidat saura utiliser une table de plongee ou le RPDml (au moins les bases pour pouvoir planifier une ou plusieurs plongee)
    -Faut arreter d’abrutir les gens en rendant tout extremement simple, vous seriez partisans aussi de supprimer le calcul mental a l’ecole sous pretexte qu’on a des calculettes a dispositions dans notre smartphone qui nous apporte confort et securite dans le calcul?

    La plongee est un sport hyper ludique et relax, si nous le rendons encore plus simpliste nous verrons encore plus de monde faire « n’importe quoi » sous l’eau et se mettre en danger sans qu’ils le sachent.

    Apres je ne suis pas partisans d’un apprentissage pousse des tables car c’est effectivement depasse mais les supprimer du programme serait en mon sens une erreur.

    • Bonjour Gautier,
      Comme écrit dans l’article j’enseigne encore les tables mais plus comme moyen de décompression lors des plongées ou comme back-up. J’incite également les gens à ne plus les utiliser en plongée mais à parfaire leur connaissance et compréhension du processus de décompression et du fonctionnement de leur ordinateur . De toute façon, l’énorme majorité des plongeurs utilise uniquement un ordinateur. Je suis convaincue qu’il faut faire un maximum pour simplifier les choses et bien former les plongeurs à l’utilisation des outils modernes en parfaite connaissance de la théorie sous tendue. L’un ne va pas sans l’autre. Cela pour plus de sécurité. Comme écrit plus haut à Sylvain : La table à mon sens n’est pas à utiliser comme back-up si tu n’as pas un profondimètre et un chrono en plus de ton ordinateur et de la table elle même… Mais vu le prix il est préférable d’utiliser un autre ordinateur.
      Merci beaucoup d’avoir partagé ton point de vue avec toutes et tous.
      🙂

  13. Hélène je te re-répond

    Qd tu plonges, tu le fais avec un binôme qui doit en théorie avoir fait la même plongée que toi donc tu as tes paramètres de plongée… Des tables suffisent donc en back up…
    Alors un deuxième ordinateur que tu ne saura pas utiliser ou moyennement au vu de mon expérience, ou un jeu de tables et pour le même prix 2 plongées de plus. J’invite mes élèves à plonger…
    Je ne sais pas pour quelle paroisse tu prêches (FFESSM,SSI,…) mais je t’invite à t’ouvrir sur d’autres paroisses afin de se remettre en question et d’évoluer pour te citer.
    Comme je l’ai dit dans mon premier post, je suis pour l’apprentissage des 2! Car ils sont complémentaires dans certains cas…

    • Bonjour Cyril,
      La particularité, où je vis est que, contrairement à la France, il n’y a aucune règlementation spécifique à la plongée sous-marine et pas de code du sport. Pas besoin donc d’être affilié à une fédération ou une autre (mais bien sur lorsque tu passes un niveau de plongée tu choisis un instructeur qui propose une ou plusieurs filières qui te plaisent). Il est donc relativement simple de ne pas se contraindre à suivre les prescrits d’une chapelle en particulier. Je ne connais pas les règlementations spécifiques des organisations que tu cites mais cela m’importe peu. Je préfère réfléchir sur ce que nous faisons toutes et tous en pratique dans le monde merveilleux de la plongée sous-marine.
      Depuis le début de l’écriture de ce blog, j’apprends beaucoup (et suis bien amenée à m’ouvrir 😉 ) notamment sur le système très particulier de la plongée en France que j’ai longuement étudié depuis. Apprendre me plaît énormément et c’est intéressant de voir des fonctionnements différents de ceux dont nous avons l’habitude, tu as raison.

      Concernant cet article sur les tables, nous avons passé, mon compagnon et moi-même, de très longues heures de discussions, réflexions, documentation et écriture afin de proposer le fruit de nos recherches comme base de réflexion… pour ceux qui le souhaite.

      Comme dit dans l’article, tout comme toi, j’enseigne les tables pour l’historique, pour la compréhension du principe, … Le tout illustré par quelques calculs sans trop s’attarder.
      Par contre, j’ai fait le choix de ne plus les enseigner comme outil de décompression LORS des plongées.

      C’est juste MON choix, fruit d’une longue recherche qui elle même faisait suite à la constatation de voir que, dans la pratique… les plongeurs n’utilisent pas leurs tables. Je t’avoue qu’aujourd’hui je suis surprise du nombre de personnes qui, suite à cet article, défendent l’avis contraire et le maintien de l’apprentissage des tables alors que je n’ai jamais rencontré de plongeurs plongeant aux tables, pas une fois. Cela restera pour moi un grand mystère.

      Pour conclure, je dirai que je ne veux, bien évidemment, pas imposer mon point de vue à qui que ce soit mais juste le proposer comme base d’une réflexion pédagogique.
      Chacun étant, très heureusement, libre de faire comme bon lui semble 🙂

      Merci beaucoup à toi pour ces échanges intéressants

  14. Hello,
    Je ne suis pas forcément en accord avec ce discours :
    Pour avoir connu en effet :
    Un capteur de pression qui indique une erreur de 7m à 40m
    Un ordinateur qui implose à 68m (donné à 120m..) sur une plongée tx.
    Pour avoir vu aussi des plongeurs qui ne savent pas le temps de palier qui vont avoir sur une plongée à 40m sur épave et qui partent à l’aventure en se disant on verra au fond,

    Je pense que pour tout ça, la table reste un très bon backup pour de la plongée « loisir », et donc son utilisation doit être, à mon goût, maitrisée.

    Apres de là à passer l’essentiel des cours théoriques la dessus il y a un gap…

    • Bonjour Sylvain,

      Tu n’as vraiment pas eu de chance (et tu parles de plongées qui quittent la sphère des plongées loisir).
      De mon côté j’utilise deux ordinateurs et je n’ai jamais eu aucun problème. L’un servant de back-up à l’autre et vise versa.
      Ces plongeurs partant en explo à 40 mètres en disant on verra au fond sont irresponsables, j’ai déjà entendu cela et c’est clairement inacceptable.
      La table à mon sens n’est pas à utiliser comme back-up si tu n’as pas un profondimètre et un chrono en plus de ton ordinateur et de la table elle même. Mais vu le prix il est préférable d’utiliser un autre ordinateur pour toutes les raisons citées dans l’article.
      Je n’enseigne plus l’utilisation des tables comme moyen de décompression lors des plongées mais comme écrit plus haut elles sont encore abordées brièvement lors de la formation théorique.
      Bonnes bulles et au plaisir d’échanger avec toi sur de très nombreux autres thèmes.

  15. Bonjour Helene , bonne réflexion à faire merci.

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