Prise en charge du plongeur accidenté : que disent les experts ?

Prise en charge du plongeur accidenté

Quoi de mieux que de profiter d’un samedi pluvieux pour s’intéresser aux aspects médicaux de la prise en charge du plongeur accidenté »

C’est sur ces mots qu’a débutée cette journée d’études et de découvertes organisée par la Société Belge de Médecine Hyperbare et Subaquatique à l’hôpital militaire de Never-Over-Hembeek en Belgique.

J’étais impatiente d’assister à cet évènement. D’autant que j’avais déjà eu l’occasion de rencontrer dans le passé à quelques reprises Pierre Lafère. Instructeur de plongée et professeur passionnant sur toutes les questions médicales liées à la médecine hyperbare, j’étais contente à l’idée de pouvoir à nouveau échanger avec lui et avec les autres orateurs et participants.

Pierre Lafère et Hélène Adam à l'hôpital militaire de Bruxelles
Avec Pierre Lafère | © Different Dive

Il serait compliqué de me faire le relais des trois présentations de qualité auxquelles j’ai assisté. Tout comme celui des nombreux échanges qui les ont précédés ou suivis.

Aussi, je vais vous présenter les points qui ont le plus retenus mon attention sans distinction précise entre les propos des orateurs :

Frédéric Vanderschueren : kinésithérapeute, formateur en secourisme industriel et BLS et instructeur de plongée.

Frederic Vanderschueren lors du colloque sur la prise en charge du plongeur accidenté
Frédéric Vanderschueren | © Different Dive

Pierre Lafère : Docteur en médecine, PhD en physiologie, anesthésiste spécialisé en médecine hyperbare travaillant à l’ORPHY à Brest après 10 ans passé au Centre Hyperbare de l’hôpital militaire.

Pierre Lafère lors du colloque sur la prise en charge du plongeur accidenté
Pierre Lafère | © Different Dive

Peter Germonpré : responsable du Centre D’Oxygénothérapie Hyperbare de l’hôpital militaire de Bruxelles et spécialiste sur les questions de Foramen Oval Perméable. 

Peter Germonpré lors du colloque sur la prise en charge du plongeur accidenté
Peter Germonpré | © Different Dive
Voici les recommandations que j'ai retenues des trois spécialistes concernant la prise en charge du plongeur accidenté :

Remarque préalable à toute prise en charge d’un plongeur accidenté : plus l’intervention par les secouristes sera efficace, plus celle du médecin sera efficace elle-aussi.

Prise en charge du plongeur accidenté inconscient sous l’eau

  • Garder à l’esprit que nous ne sommes pas, pour la plupart d’entre nous des professionnels. Evidemment, il faut remonter le plongeur inconscient. Mais il convient tout d’abord de ne pas risquer un sur-accident.
  • Idéalement, il faut être deux pour prodiguer une aide efficace. Aussi, nous pouvons nous interroger sur le nombre de plongeurs minimum devant composer les palanquées.
  • Largage du lest: inutile de perdre du temps sous l’eau avec ce point. Les gilets actuels permettent de remonter une victime sans effort. Dès lors, il est bien plus intéressant d’enseigner aux apprenants à adopter un lestage tendant vers une flottabilité neutre. De même, il convient d’enseigner l’utilisation d’un gilet proposant un volume adéquat au regard de la morphologie de la personne.
  • Convulsions : Si la personne n’a plus son détendeur en bouche, il faut la remonter sans attendre. Si elle a toujours son détendeur en bouche, il peut être préférable d’attendre la fin des convulsions pour ne pas risquer d’être gêné dans la remontée.
  • Remise en place du détendeur : Sauf dans le cas de la plongée spéléo, il ne faut pas remettre le détendeur en bouche d’une personne inconsciente qui a perdu son détendeur. En effet, lors de la remontée, le gaz encore présent dans les poumons va se dilater. Manipuler le détendeur et vouloir le remettre à tous prix n’est pas une bonne idée et nous fait perdre du temps.

Lors de la remontée :

  • Position de la tête: On entend régulièrement qu’il faut placer la tête en hyper extension pour dégager les voies respiratoires. En réalité, si cela est exact en surface avec une victime couchée à l’horizontale, il ne faut pas le faire avec une personne inconsciente maintenue dans une position verticale (lors de la remontée) au risque de voir la masse linguale venir obstruer le pharynx.
  • Vitesse de remontée : la littérature ne donne pas d’indication autre que celle de garder une vitesse contrôlée.
  • Paliers : Ici, l’information m’est apparue comme non tranchée. D’une part il était recommandé de laisser la victime remonter toute seule sur les derniers mètres et d’effectuer ses paliers s’il existe un risque non raisonnable de sur accident. Le risque non raisonnable n’étant pas ici défini autrement que par un temps important de paliers obligatoires laissés au jugement du plongeur. D’autre part, il était mentionné que lorsque l’on choisit un moyen de décompression il faut s’y fier et le respecter. Or, nous savons qu’interrompre un palier durant moins de 3 minutes va peut être nous pénaliser mais ne devrait pas, selon les algorithmes de nos ordinateurs, nous mettre dans une situation estimée dangereuse par notre moyen de décompression. Aussi, je me dis que les 3 minutes nous laissent alors le temps de remonter, d’appeler les secours et de mettre la victime la tête hors de l’eau avant de redescendre faire les paliers, non ?  Alors que faire ? Penser parfois que nous sommes décidément nous les plongeurs des cobayes.

Quoiqu’il en soit, retenons qu’il est essentiel d’avoir une sécurité en surface et de garder à l’esprit que …

… « Il ne faut jamais se mettre en danger et risquer un sur accident » 

Prise en charge du plongeur accidenté inconscient à la sortie de l’eau

  • Veiller à maintenir la victime à l’horizontale. Cela, en résumé, afin de laisser le sang dans la tête.
  • S’il existe un doute sur le fait que la personne respire, pratiquer directement au moins 5 insufflations
  • Idéalement : déséquiper tout en insufflant et en commençant le remorquage.
  • Si le bord est éloigné de plus de 5 minutes, commencer par 1 minute d’insufflation avant d’entreprendre le remorquage ventilé.
 « Le succès du remorquage ventilé dépendra très fortement de la formation reçue »

Prise en charge du plongeur accidenté hors de l’eau

Il existe beaucoup de recommandations mais la plupart sont basées sur des études réalisées sur les animaux. Ou encore sur des études avec des humains mais présentant une fiabilité très discutable. Pierre Lafère et ses collègues ont mené une grande étude sur la prise en charge des plongeurs accidentés. Les résultats viennent d’être publiés en ce mois de juin 2019 et une partie nous est partagé ici.

Rappel de la manière dont va se faire la prise en charge :

  • Activation de la chaine des secours
  • En cas de MDD, arrivée au caisson endéans les 6h après la survenue des premiers symptômes
  • Contact avec médecin hyperbare et séances caisson
  • Réhydratation
Quoiqu’il arrive, si on a besoin de soins spécifiques (recompression au caisson hyperbare), en aucun cas l’accès aux soins spécifiques ne peut être retardé dans la chaine des secours.

Il faut donc réduire à tous prix le délai et appeler les secours immédiatement même en cas de doutes. Le canal 16 VHF ou le 112 selon que vous êtes en mer ou sur terre et DAN si vous disposez de cette assurance. En effet, DAN va veiller à coordonner les secours et permettre parfois d’accélérer la prise en charge. 

Quelques chiffres interpellants :

  • Dans 45 à 50% du temps, c’est le patient (ou son environnement proche) qui est responsable du retard ou du délai
  • 50% des plongeurs accidentés présentent des symptômes dans les 10 minutes qui suivent la sortie de l’eau. Ce chiffre monte à 70% dans les 30 minutes
  • Pourtant, seulement 10% seront pris en charge dans les … 6 heures
  • Or, une prise en charge dans les 10 minutes (bon OK, nous n’avons pas un caisson de recompression avec nous, j’admets), permet de n’avoir aucune séquelle. Mais retenons qu’au plus rapide est la recompression, meilleurs seront les résultats.
  • De même, si le plongeur attend 6h avant d’aller au caisson, il a deux fois plus de risque d’avoir des séquelles après un ADD.
  • 100% des plongeurs accidentés sont en situation de déshydratation
  • 30% des plongeurs ne consultent pas en cas d’ADD
  • Dans ces 30% qui ne consultent pas, un plongeur sur 10 gardera des séquelles de l’ADD
  • Notons aussi que si le plongeur à plus de 42 ans ou s’il a plongé à plus de -40 m de profondeur, il a également deux fois plus de risques d’avoir des séquelles après un ADD.
  • Les spécialistes constatent que les plongeurs ayant eu un ADD plongent ensuite plus et plus profond allant à l’encontre des recommandations des médecins hyperbare… Incroyable, n’est-ce pas ?
  • Dans la même idée, les experts en médecine hyperbare constatent que parmi les personnes ayant eu plusieurs ADD, la plupart des plongeurs ayant eu un troisième ADD sont majoritairement des personnes qui plongent plus profond, plus longtemps alors qu’ils sont plus vieux. Dès lors, ils font l’inverse de ce qu’ils devraient faire.

Qu’est-ce qui justifie les retards des délais de prises en charge ?

  • Le plongeur accidenté s’adresse en priorité à son binôme, à un instructeur, à un directeur de centre… au lieu d’appeler un service médical.
  • Très souvent, celui qui prend le plongeur accidenté en charge relativise et fait, même malgré lui, barrage en préférant attendre, en donnant de l’oxygène, … Si le plongeur accidenté est conscient il faut le laisser parler en direct au médecin …
Ne pas faire filtre et activer les secours le plus vite possible même si on hésite

En attendant les secours :

  • Donner de l’oxygène est une bonne première intention. Non pas parce que cela empêchera des séquelles (pas d’études significatives) mais parce que, en cas de disparition des symptômes, on signera le diagnostic d’ADD. Et également car les études ont montré que la prise d’oxygène diminue le nombre de séances de caisson de recompression. Et donc raccourcit le traitement en cas d’accident de décompression.
  • Utiliser un masque avec deux valves (100%) lors de l’administration de l’oxygène donne les meilleurs résultats.
  • Hydratation: plus on est déshydraté et plus on aura des risques de séquelles. On vous le dit, en plongée il faut boire sans soif avant et après.
    Cependant, il faut éviter les solutés glucosées. Bannir aussi les sodas, l’alcool et la caféine.
    Boire de l’eau et faire boire un plongeur accidenté s’il est conscient.
    En cas de prise en charge suite à un ADD, il faut parfois donner jusqu’à 8 litres de liquide avant que la personne urine tellement la déshydratation est forte !
  • Médication : si certains aiment encore penser que l’aspirine est utile en cas d’ADD, les études ne lui attribuent pourtant aucune efficacité dans ce cas… Mais pas d’inconvénients non plus. Chacun fera ce qu’il voudra/pourra. Seuls les anti-inflammatoires combinés aux séances de caisson ont démontré une efficacité.

Autres points d’attention

  • La recompression thérapeutique dans l’eau est globalement non acceptée en Europe et aux USA. Par contre, elle est parfois proposée en Australie. Mais cela dans un cadre bien défini et nécessitant une formation adaptée et une logistique lourde. Si on vous le propose, ne redescendez pas vous immerger ni en tant que victime ni en tant que secouriste. Activez directement la chaine des secours.
  • La règle dit qu’il faut attendre 24h avant de prendre l’avion. Or, on remarque que même en respectant ce délai, certaines personnes font des bulles après 30 minutes de vols. Faire des bulles ne signifiant pas d’avoir de facto un ADD. Pourtant, cela risque dans le futur de remettre en cause cette règle des 24h.
  • Réfléchissons bien à l’opportunité d’avoir une assurance plongée complète qui couvre les séances en caisson partout. A titre d’exemple, une séance de caisson hyperbare à Zanzibar peut revenir à 45.000$
  • Avec l’apparition des ordinateurs et du matériel TEK, les profils de plongée s’éloignent de plus en plus de ce que les médecins hyperbare recommandent en termes de sécurité. Une plongée qui parait bien menée ne l’est pas nécessairement. Pour le corps, plonger 25 minutes à 40m ou 50 minutes à 20m n’aura pas les mêmes conséquences. Cela même en respectant ses temps de paliers.
Je ne peux que constater une fois de plus l’importance du respect des recommandations de sécurité. De celle de la planification, de la prévention, de l’hydratation, de la rapidité en cas d'accident…
Une ancienne ambulance exposée à l'hôpital militaire de Bruxelles
L’entrée de l’hôpital militaire donne le ton | © Different Dive

Finalement, suite à cette journée de colloque sur la prise en charge du plongeur accidenté, il me vient une question :

Où se situe la limite de la plongée loisir… avec plaisir et en toute sécurité ?

Un des orateurs me faisait remarquer le peu de participation à ce colloque concernant un point important de notre pratique de plongée alors bien même que des infos essentielles et inédites sur la prise en charge du plongeur accidentée étaient partagées. Aussi, il m’encourageait à diffuser le plus largement possible ces informations au plus grand nombre.

Dès lors, si vous voulez vous aussi être actif dans la prévention des accidents et les questions de sécurité des plongeurs en général, diffusez largement cet article dans toutes vos communautés de partage, dans vos clubs, associations et/ou auprès de vos amis. Pour une plongée en toute sécurité.

Quel est votre avis sur cette question ? Dites le moi dans un commentaire directement ci-dessous sur le blog

Et surtout,… n’oubliez pas d’être heureux/heureuse 🤗

Hélène

[D’autres articles sur la prévention des accidents en plongée ici]

  1. Bonjour ,j ai fait un O P I en mai dernier ,massages cardiaque , plus de 5 mns !
    pas de stress , avec des amis ( que du bonheur ) ,pas de problémes cardiaque ,vu cardio 10 jours avant départ ( nikel ) ecg fait ensuite par les secours (parfais )stab un peut serré (peut être ) mais rien de plus , tout allait bien ,270 plongées ,niveau 2 mais je plonge avec mes amis et eux sont niveau 3 4 5 et instructeur ,mais jamais dépasser les 39 m .Ce jour la 47 minutes entre 10 et 15 m!
    tout c est su^per bien passé ,et avant de remonté l instructeur me fait signe que l on continu ,il y a énorménet de jolis poissons a cet endroit ,restait 70 80 bars ,ordi ——donc palier finit ,on peut remonter ,je lui fait signe non que je remonte ( pourquoi ???),je remonte doucement et je gonfle mon stab , et la elle ?????? arrive et je dis j étouffe ,elle regonfle mon satb ,et je cris arréte j etouffe ,je defais un crochet du stab ,pour nelever mes plombs
    et la ( finit )
    Hopital ,sortie le soir (je me sentais bien ) juste mal au coté (cotes cassées ) ensuite repos hotel plage ,enfin stréssée ,pusi 3 jours aprés réhospitalisée (je crache infection pulmonaire ) antibio ect
    Rappatriée ,cela fait 1 mois 1/2 ,une peurt d’aller a la piscine et me baigner a la mer ,car ayant cherché un maximun d’info ,j ai lu que cela pouvais arriver en piscine !!!!!
    Puis interdite de plonger 3 mois (dur de dur )
    Néanmoins malgré mon age 72 ans , j’espére pouvoir replonger sans mettre la vie en danger ,de la palanquée ! examens en cours ,cardio ‘examen scanner des coronaires et examens a Marseille dans un centre en septembre !
    Mes questions :::peut -on replonger ????? cela peut-il recommençer ???? si je replonge ,conditions ?
    Précautions particuliéres ????prévenir le centre et la palanquée ?????? risques encourus ?????
    Merci de vos réponses et conseils

    1. Bonjour Hélène,
      On peut dire que tu as eu de la chance.
      Malheureusement, tout n’est pas toujours explicable avec nos connaissances actuelles.
      En réponse à tes questions, je ne peux que te renvoyer vers le (les) spécialiste(s) qui te suit (suivent).
      Seul un avis médical est à mon sens valable.
      Mon conseil sera donc de continuer de suivre les investigations médicales et de suivre scrupuleusement ce qui te sera conseillé par les médecins.
      Nous n’avons qu’une vie…

  2. Bonjour,
    Merci pour ce bel article.
    J’ai noté que les speakers ne préconisent pas l’extension de la tête lors de la remontée (position verticale) afin d’éviter une obstruction de la langue par la pharynx. Quelle serait donc la position recommandée?
    Merci

    1. Bonjour Francesca,

      La position préconisée était… aucune en particulier à l’exclusion de l’extension de la tête.
      C’est clairement ce que j’en ai compris
      Et lorsque j’ai posé la question “oui, mais vers le bas, cela ne risque-t-il pas d’empêcher l’air de ressortir ?” Il paraitrait que non.
      Donc j’ai décidé que j’adopterais l’idée de la tête droite, ni en arrière, ni en avant

  3. Merci pour ce nouvel article de grande qualité et surtout d’un grand intérêt je trouve.
    On m’a enseigné à replacer l’embout pour le cas où le plongeur reprenne conscience ce qui s’accompagnerait d’une inspiration et donc d’une noyade mais comme tu l’écris, l’option proposée fait également sens.
    Je suis très sensible aux chiffres (plus qu’aux avis non étayés) et une information me semble d’un intérêt capital :
    100% des victimes sont déshydratées.
    50% seraient suffisants pour y attirer une grande attention mais 100%, ça relève de l’information CAPITALE non ?
    Genre, se peut-il qu’une hydratation forcée avant et après toute plongée réduise significativement les chiffres ?… Ce serait une avancée majeure.

    1. Bonjour Cyril,

      Pour moi la déshydratation, le délai bien trop long avant d’arriver au caisson et le fait que les personnes de première ligne qui prennent en charge le plongeur accidenté fassent “barrage” sont trois informations vraiment essentielles de ce colloque.
      J’ignore s’il faut forcer l’hydratation mais dans tous les cas insister lourdement pour que les plongeurs boivent de l’EAU avant la plongée et après.
      Il n’est pas question de dire : fini les apéros après plongée mais par exemple on boit d’abord beaucoup d’eau juste après l’immersion et avant de passer au moment convivial.
      Personnellement, je vois très souvent sur les bateaux toutes latitudes confondues des gens qui ne boivent ni avant ni après l’immersion.

      1. Ni d’eau proposée par la structure sur le bateau! (pas si loin que ça: catalogne….).
        Maintenant j’y fait attention, car si tu oublis la tienne faut puiser dans celle des autres… j’aime les structures qui te propose une petite colation sur le bateau… un bon thé cela hydrate bien!

      2. Pareil que toi Christian,
        J’ai été récemment sur un bateau où il n’y avait pas d’eau à bord malgré la demi heure de navigation et les 10 plongeurs et plongeuses à bord.
        Le climat était tropical. Inutile de te dire que j’étais plus que surprise

  4. Ne pas remettre son detr.deur a un plongeur syncope a la remonte ,cela parait bizarre a la 1ere lexture me si on aprend a nos eleve la remo.te sur expiration.
    J aurai un doute si cela devais m arriver?mais effectivement la decompression des gaz dans les poumons peu peut etre suffire.
    J espere juste ne jamais avoir a me poser cette question en fin de plongee.

  5. Je suis stupéfait de la consigne de ne pas remettre le détendeur en bouche à un syncopé.
    D’une part parce que la consigne n’a pas été redescendue dans les clubs de la fédération ffesmm, j’ai passé mon temps en fosse cet hiver à faire des remontées assistées avec embout en bouche et d’autre part par la logique du principe.
    En effet, si un syncopé respire, il est logique qu’il expire. Il ne risque donc pas d’exploser ses poumons. S’il ne respire pas (poumons pleins) quoiqu’il arrive, ses poumons exploseront détendeur ou pas. Ce n’est pas le détendeur qui va m’empêcher de respirer. Si la syncope survient à 40m,a raison de 10m/mn, il sera noyé avant d’être à la surface…

    1. Bonjour Laurent,

      Je comprends ta surprise. Néanmoins, je ne comprends pas ce que la FFESSM vient faire là dedans. Ici, il s’agit de trois experts dont un a réalisé son étude exclusivement sur le public français. Les résultats son indépendants de tout organisme de certification. De plus, il ne s’agit pas de consignes mais bien de recommandations issues du champ scientifique.

      Cependant, penses-tu que si le syncopé respire, il aura lâché son détendeur ?
      S’il ne respire pas, ses poumons “n’exploseront” pas si l’air peut en sortir (pas bloqué par une tête en hyper extension par exemple).
      Si la syncope survient à -40m, durant la remontée, l’air va se dilater au fur et a mesure.
      Mais, il faut bien avouer qu’une syncope à cette profondeur est mauvaise quoiqu’il arrive. Et les plongeurs feront, à ce moment là ce qu’ils pourront. L’idée est vraiment de ne pas trainer au fond où tu vas perdre du temps, accumuler des paliers et te mettre finalement toi aussi en danger.
      Je sais que cela va un peu à l’encontre de ce que l’on a appris et de ce que l’on a “toujours fait comme ça”

      Qu’en penses-tu ?

      1. La seule hesitation, c’est ‘si jamais le gars se remet à respirer tout seul lors de la remontée’. Là, je ne sais pas si c’est une possibilité???

      2. Bonjour Hélène,
        A la lecture de la réponse faite à Laurent, je souhaite apporter une légère modification.
        L’étude que tu cites être réalisée “exclusivement sur le public français” ne l’est pas tout à fait. En réalité cette étude concerne une population de plongeurs loisirs en eau territoriale française; dans les faits, on y retrouve plusieurs nationalités différentes.
        David

      3. Charles,

        Je n’ai pas la réponse.
        Mais j’ai bien compris que l’on perd trop de temps a tenter de remettre le détendeur, voir à le maintenir en place durant la remontée en le faisant ou pas fuser,…
        J’ai également compris qu’il valait mieux de loin sortir la victime le plus vite possible de l’eau (sans se mettre en danger soi-même)

        Maintenant, sur les réseaux sociaux, un internaute dit avoir eu le cas d’une remontée de plongeur inconscient de -48m où il a remis le détendeur et où la personne s’est remise à respirer en chemin…

        Je ne suis pas spécialiste des questions médicales.
        Mais je me demande si le réflexe inspiratoire va pouvoir se faire sur un détendeur qui demande tout de même une respiration quelque peu controlée (prendre le détendeur en bouche, inspirer dans l’embout…

      4. Bonjour Hélène, en fait si je parle de la fédé française c’est que je passe mes niveaux avec elle et que les préconisations lors des cours théoriques et pratiques sont claires, il faut remonter avec embout en bouche. Si en effet, le plongeur syncopé est plutôt en apnée, il risque à tout moment de reprendre ses esprits et sans l’embout en bouche, il risque fort de boire la tasse et de paniquer.

      5. Bonjour Laurent,
        Je comprends.
        Néanmoins, gardons à l’esprit que la FFESSM tout comme les autres organismes de certifications sont justement des organismes de certification qui ne détiennent pas la vérité mais font des choix pédagogiques, techniques,…

  6. Merci!
    Article très intéressant car il soulève la question des différences d’approches pour l’assistance, notamment celles les standards RSTC (PADI SSI SDI etc) et ceux, moins unifiés, des formations de type CMAS (je connais principalement celle que j’ai reçue en France, et le RIFAP)

    L’une des principales différence étant qu’en RSTC, la remontée gilet n’est pas vraiment travaillée en dehors du scénario plongeur inconscient, alors que c’est dans beaucoup de cas l’une des technique d’assistance de base à partir du CMAS** ./ N2.

    Le problème étant que la gestion d’une remontée avec les deux gilets reste est un geste technique qui nécessite un peu d’entrainement pour gérer la vitesse de remontée avec les purges, et ce sur des remontées partant de plus en plus profond.

    L’enseignement n’est pas prévu dans la formation RSTC de type Rescue diver, et même s’il l’était, les quelques jours que dure la formation ne permetterait pas vraiment une maîtrise du geste.
    Les formation de guide de type divemaster sont plus longues, mais ce n’est pas non plus au programme (tout comme la gestion d’une plongée à décompression obligatoire accidentelle, total ascent time etc par exemple).
    Beaucoup de personnes, y compris de formateurs de formateurs RSTC (course director et +) n’ont même pas entendu parler pas le principe de l’assistance gilet / remontée assistée avec la stab par exemple.

    Les formations RSTC, notamment PADI mettent aussi beaucoup l’accent sur le largage de lest (en surface), ce qui est moins courant ailleurs.

    Dans ma formations non-RSTC, j’avais moi-aussi appris la remise en bouche du détendeur fusant, geste justifié le reflexe inspiratoire causé, même chez un plongeur inconscient, par l’accumulation de CO2.
    Là où en RSTC le standard est la maintenue du détendeur en bouche s’il l’est, et sinon, comme dans l’article, pas de perte de temps à faire une remise en bouche.

    Puis vient la grande question des ventilation en surface pendant le tractage, le fameux exercise 7 de PADI, pratiqué au Rescue, Divemaster et pour l’examen d’instructeur.

    Dans cet exercise, le sauveteur établi la flottabilité positive en surface (gonflage des 2 gilets et large du lest de la victime et du sauveteur).
    Il enlève alors les deux masque, les deux détendeurs, ouvre les voix aériennes de la victime et vérifie s’il ventile pendant 10 secondes.
    Puis il donne l’alerte puis commence par 2 insufflations. Vient ensuite la phase de tractage, avec une insuflation toutes les 5 secondes, tout en déséquipant la victime et en se désequipant soi-même.
    Le standard précise toutefois que le sauveteur doit estimer le temps/distance, et s’il est au dessus de certains critères, se concentrer sur le fait de tracter rapidement la victime pour la sortir de l’eau, sans les insufflations.

    Dans le RIFAP, pour moi c’était plus simple: alerte, tractage avec maintient du dentendeur en bouche pour protéger les voies aériennes et déséquipage à la sortie de l’eau, l’accent étant mis sur le fait de pouvoir commencer la RCP le plus rapidement possible.

    Je pense qu’en situation, avec un minimum de mer, il doit être très difficile de faire insufflations efficaces en tractant et déséquippant, et j’ai des doutes sur le fait de retirer les masques et détendeurs s’il y a des vagues, ce qui me semble risqué ( je l’ai pourtant encore fait pratiquer hier dans une formation divemaster).

    Bien sûr, PADI enseigne aussi que le sauveteur doit évaluer et s’adapter à la situation, mais l’autre option (tractage avec maintien du détendeur, sans “rescue breaths”) n’est pas au programme comme option alternative à enseigner par exemple.

    Je m’étais renseigné sur les ventilation en question, et le concensus était alors que le plus important est le massage cardiaque et la RCP (d’où la ventilation devenue “optionnelle” dans certaines formations de secourisme) SAUF dans le cas de la noyade, d’ou l’idée d’une ventilation dès que possible (en surface) de type exercise 7.

    En dernier point, l’administration d’O2, tel qu’actuellement enseigné par PADI, ne parle pas du BAVU (bag-valve mask en anglais), alors que c’est l’équipement standard en France par exemple. Ils partent sur le “pocket mask” + O2 à 15L/m, ce qui donne du 40% d’O2 dans les insufflations, ou, en option, le ventilateur mécanique.

    En me reseignant un peu pour une formation O2, cela semble venir du risque de lésion pulmonaire lié à l’utlisation du BAVU (mais j’ai trouvé le BAVU dans un manuel de formation DAN / NAUI par exemple).

    Très intéressant en tout cas.
    L’instructeur PADI ou autre se doit, par contrat, de respecter les standards de son organisme, mais c’est toujours intéressant de suivre l’évolution des protocoles, et surtout de pouvoir justifier ses gestes.

    1. Bonjour Ben,

      Dans le colloque sur la prise en charge du plongeur accidenté, les questions d’organismes de certification étaient totalement absentes au profit d’une réflexion scientifique s’appuyant sur les recherches effectuées par les experts.

      Pour la question du remorquage avec insufflation notamment en cas de mer agitée, la solution était présentée sous forme de l’utilisation du tuba comme moyen d’insufflation. Je t’invite vraiment à consulter les présentations qui seront disponibles d’ici quelques jours sur le site de la SBMHS qui expliquent tout cela plus en détail.

      Merci beaucoup pour le partage de ton expérience et tes réflexions.

  7. Bonjour et merci pour tes articles que je lis toujours avec grand intérêt
    Concernant celui-ci, je ne comprends pas le fait de ne pas remette le détendeur dans la boucle de l’accidente. Il ne va pas pouvoir respirer pendant plusieurs minutes !
    On nous apprend (je viens de passer mon N2) à remonter le plongeur avec le détendeur en bouche
    Autre questionnement c’est la capacité des gilets à remonter tout le monde
    Je viens juste d’ acheter ma première stab et le vendeur m’a proposé d’entrée une stab de voyage qui a un volume inférieur à une classique
    Merci pour tout

    1. Bonjour Viel,
      Merci pour tes réflexions pertinentes.
      Disons que l’on part surement du postulat de dire que si le plongeur est inconscient ET a lâché son détendeur, c’est qu’il ne respire de toute façon plus.
      Dans ce cas, la priorité est de le remonter le plus vite possible (disons sans perdre de temps).
      L’air qui sera encore contenu dans ses poumons va se dilater durant la remontée et reprendre l’espace.
      Lors d’un exercice, tu remets le détendeur, la victime n’est pas vraiment inconsciente, ça ne va pas te faire perdre temps. Mais dans un cas réel, il y a fort à parier que dans le stress et avec une vraie victime inconsciente, la remise en bouche du détendeur s’avère compliquée et te fera perdre du temps.
      Ceci dit, pour être honnête, je n’avais jamais entendu cette manière de faire mais je trouve qu’elle a du sens.
      Pour ce qui est du gilet, il faut vraiment prendre un gilet adapté à ta morphologie. Si tu choisis une stab de voyage qui propose un grand volume, pas de soucis. Par contre, il m’est déjà arrivé de plonger avec une stab standard de taille S (je suis plutôt grande mais j’ai une taille plutôt fine) qui était franchement limite point de vue de la portance. En y regardant de plus près, elle avait un volume plus faible que ma stab “voyage”.
      Merci pour ton retour sympathique sur mon blog 😉

      1. Bonjour Helene,

        Comme toi, je suis passionné de plongée, je suis aussi impliqué dans le domaine du secours à personne.

        Je me permet de reprendre ce que tu as écrit : “… si le plongeur est inconscient ET a lâché son détendeur, c’est qu’il ne respire de toute façon plus.”

        La perte du détendeur est induite par la perte du tonus musculaire et l’absence de réflexe, donc par l’inconscience. Une victime inconsciente, qu’elle respire ou non, peut très vraisemblablement perdre son détendeur. Ce n’est pas l’absence de respiration qui fait perdre le détendeur, mais bien la détresse neurologique (inconscience). Quid de “Quel sera le résultat d’une remontée de 3 minutes d’un plongeur inconscient, qui respire, alors qu’il n’a plus le détendeur en bouche ?”
        Je suis conscient que remettre un détendeur en bouche chez une victime inconsciente est peut être bien utopique.

        Depuis mon expérience de secouriste terrestre, je tente de faire le lien et d’anticiper ce que le milieu aquatique amène comme contraintes lors de la pratique de gestes de premiers secours. Pour la plupart d’entre nous, la réalisation d’un bouche à bouche EFFICACE sur la terre ferme est déjà compliquée à produire. Je ne suis pas certain que les tentatives pour une ventilation artificielle sur l’eau soient productives. Dans touts les cas, si il apparait clairement que les insufflations ne sont pas efficaces, il est préférable de regagner au plus vite un support de surface afin d’avoir les meilleures conditions possibles pour la prise en charge de l’accidenté.
        En France, les référentiels de secourismes à destinations du grand public sont explicites : Ils mettent en avant la nécessité de débuter le plus rapidement possible une Réanimation Cardio Pulmonaires (RCP) pour toutes victimes inconscientes et qui ne respirent pas.

        Quoi qu’il en soit, ce travail d’expert permet de répondre à des questions à partir d’analyses scientifiques. J’ai hâte de pouvoir lire les parutions à venir.

        Merci pour ce blog.

        Cordialement

      2. Bonjour Laurent,

        Merci pour tes précisions et ton partage d’expertise.
        Je comprends bien que la perte du tonus musculaire et de l’absence de réflexe qui font lâcher le détendeur sont la manifestation de l’inconscience.

        Mais alors me vient une interrogation : lorsque j’aperçois le plongeur inconscient sans son détendeur en bouche, comme je n’ai pas le regard en continu sur mon binôme (je regarde aussi autour de moi,… )il a du se passer l’une ou l’autre inspiration pour lui (ou alors j’ai la chance de regarder juste au moment où il lache son détendeur). Donc, soit il ne respire pas et il ne boit pas la tasse, soit il respire mais alors il a déjà bu la tasse lorsque je le vois (ou avant que je ne mette son détendeur en bouche).

        Qu’en penses-tu ?

  8. Encore et comme toujours un excellent sujet à suivre, tous les jours nous en apprenons et cela est vraiment une particularité de notre passion.

    Concernant la limite de la plongée loisir plaisir en toute sécurité, grâce aux discussions partagées lors diverses occasions il en ressort que certains incidents ont eu lieu à -14 mètres pendant 20 minutes sans aucunes raisons…
    Donc la limites, est vraiment très théorique quant à ” être en sécurité “.
    Ce que nous pouvons par contre faire, c’est mettre le maximum de points sécuritaires de notre côté et toujours rester vigilant au règles de base 😉
    Sur ce, Santé à toutes et tous … Mais de l’eau 🙂

    1. Effectivement Stéphane, il n’est pas évident de fixer la limite théorique.
      Peut-être parce qu’elle n’existe pas ? Peut-être car nous prenons des risques dès que nous nous immergeons ?
      Comme tu le dis, pour éviter l’accident de plongée nous pouvons tout de moins mettre en place et respecter les règles de bases de sécurité.
      Merci pour ton retour

      1. Bonjour Hélène et merci pour tous ces articles intéressants que tu publies.
        Concernant la perte de détendeur chez une personne inconsciente, on observe toujours une Apnée et reflexe. Et comme nous n’avons pas l’oeil en permanence sur notre binôme il est difficile de savoir s’ il a bu la tasse ou pas.
        J’ai été pendant plus de 15 ans plongeur militaire , et je suis depuis 2001 brevet d’état. pendant ces 15 années passées à l’armée j’ai dû faire plusieurs centaines de remontée assistée de remontée sauvetage ce qui n’est jamais le cas dans les formations de plongée loisirs.
        Et pour moi la remise en place du détendeur non seulement ne me pose pas de problème mais ne me fais pas perdre de temps.
        Je pense qu’il faudrait aussi enseigner à nos élèves une fois qu’ils ont eu un diplôme que ce soit le niveau 1 le niveau 2 ou le niveau 3 de s’exercer régulièrement sur ses exercices de sauvetage.

        Gilles

      2. Merci beaucoup Gilles pour ton retour très intéressant de professionnel.
        Effectivement, avec ton expérience, j’imagine bien que remettre un embout en bouche ne pose pas de problème. Mais ce n’est pas le cas de la plupart des plongeurs et plongeuses loisir qui avec le stress risque de perdre un temps précieux.
        Maintenant, c’est comme pour tous choix pédagogiques : quelle direction prendre ?
        Ma réflexion s’oriente de cette manière : soit je passe du temps à enseigner aux apprenants à faire cette manoeuvre de remise d’embout (en me disant qu’il faudra de très nombreuses répétitions pour que ce soit efficace et rapide), soit je décide d’utiliser ce temps pour d’autres apprentissages. En réalité, pour moi, la question majeure est : est-ce que quelqu’un qui est inconscient et reprend sa respiration va le faire de manière spontanée (un peu comme quand on sort d’apnée avec un réflexe qui nous fait ouvrir la bouche) ou va-t-il le faire consciemment en respirant de manière adéquate sur un détendeur (et donc en serrant plutôt l’embout qu’en ouvrant la bouche) ?
        J’ai le sentiment qu’il aura un réflexe respiratoire qui ira vers l’ouverture de la bouche. Dans ce cas, détendeur en bouche ou pas, il boira la tasse. Et donc, je me dis que c’est mieux de passer mon temps à favoriser un retour rapide vers la surface.
        Qu’en penses-tu ?

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