La plongée en recul au sud de la France ?

Je lisais récemment un article concernant la baisse de fréquentation du tourisme « plongée » sur la côte varoise qui, pour cet été 2018, enregistrerait une baisse de 12% 

Les causes énoncées de ce ralentissement de l’activité de plongée dans cette région étant ciblées par le journaliste comme étant multiples :

  • Une baisse générale de popularité de l’activité de plongée qui n’est plus mise à l’avant dans les médias
  • Une concurrence avec des destinations revenant en force après des années passées à être boudées par les plongeurs: Égypte, Espagne,…
  • Des problèmes temporaires comme les grèves SNCF ou encore le Mondial 2018 qui auraient eu comme conséquences de reculer les départs en vacances
  • Un glissement de la saison qui démarrerait plus tard mais s’étendrait jusqu’en novembre
Un plongeur sur un tombant à Nice
© DifferentDive | DDIVE

De retour du sud de la France où j’ai pris beaucoup de plaisir à plonger, je me pose néanmoins la question de savoir si ces raisons expliquent à elles seules la baisse de fréquentation des structures de plongées varoises (et peut-être plus largement du sud de la France ?) ou s’il est également possible d’aller questionner plus en profondeur le fonctionnement structurel du business de la plongée en France :

  • Comment est organisé le business de la plongée en France ? Est-ce encore d’actualité ? L’esprit d’entreprise est-il suffisamment présent ?
  • Le code du sport, qui verrouille l’accès à la profession aux seuls détenteurs d’un brevet d’État, et les tensions entre organismes de certification n’empêchent-ils pas de faire naitre une saine concurrence en termes de qualité et d’innovation dans les centres de plongée français ?
  • Les prix pratiqués dans les centres de plongée (de 50 à 70 € pour un baptême et une trentaine d’euros pour les plongées) cumulés avec ceux du tourisme lors de la saison estivale sur la côte méditerranéenne peuvent-ils faire le poids face aux offres faites dans les centres de plongée implantés dans des destinations plongées telles que l’Égypte, le Mexique ou encore l’Asie ?  
  • Culturellement, la plongée en France a débutée par les structures associatives avant de voir naitre des structures commerciales s’étant peut-être basées sur le modèle associatif largement accepté pour se développer. Aussi, il n’est pas rare de retrouver dans ces centres de plongée professionnels des fonctionnements de type « associatif » axés notamment sur une certaine idée de la convivialité. Ce modèle répond-t-il encore aux prestations auxquelles les plongeurs et plongeuses sont habitués dans d’autres parties du monde moins onéreuses ?
Une seiche photographiée au large des îles du Frioul
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En guise d’anecdote, en prévision de mon dernier séjour à Marseille, mon binôme a contacté, dès le mois de février, plusieurs centres pour réserver une semaine de plongée en plein mois d’août. Un seul a pris la peine de lui répondre. Simple négligence ou réel agenda trop chargé ? (Et dans ce cas, une réponse est-elle superflue ou un geste de politesse ?)

Une nudibranche sur une roche
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Très clairement et même si je n’ai pas la réponse à l’ensemble de ces questions, je me demande s’il ne serait pas intéressant pour les professionnels du secteur de la plongée en France de se réunir et d’entamer une réflexion globale sur la santé du secteur.

Les plongées en Méditerranée sont réellement magnifiques et il serait dommage de voir le secteur s’étouffer

© DifferentDive | DDIVE

Quelles sont vos expériences en Méditérannée ?

Et surtout,… n’oubliez pas d’être heureux/heureuse 🤗

Hélène

Référence de l’article susmentionné : 

http://www.varmatin.com/economie/pourquoi-la-plongee-connait-un-declin-de-la-frequentation-cet-ete-dans-le-var-251715
  1. Pertinent et lucide
    Comme d’hab

    ah, ce code du sport.
    Il n’y aurait qu’en France que l’on met autant de barrières administratives

    Pour passer du PA 40 au N3, il faut que je trouve un E4 (rien que la phrase, ça fait sourire)
    Et les E4 sont assez rares, pour quoi les E3 n’ont ils plus le droit?

    A une époque , il fallait un certificat médical d’un médecin du sport pour un N2.
    Mais les dirigeants ont fini par comprendre que c’était inutile

    Dans le Languedoc, on amis la licence ffessm N1 à 1 € pour attirer du monde.
    Le public préférant aller chez PADI

    Bref des contraintes pour ne plus donner l’envie de plonger

    1. Bonjour Franck,
      Merci pour ton retour
      En effet, je pense que tu pointes certains éléments explicatifs d’une potentielle baisse de fréquentation : la complexité du système français, le code du sport (mais il faut faire avec), l’attrait d’autres filières style PADI,…
      Il ne faut surtout pas perdre l’envie de plonger mais je suis certaine qu’il existe des solutions 😉

  2. Bonjour
    Étant tous les ans à la même époque (début septembre sur l île du Levant ) il m’est impossible de plonger aux alentours de Port Cross car aucun club ne veut venir me chercher,même quand je leur propose de venir uniquement quand il y a une sortie sur la gabinière ou la pointe du vaisseau ( détour de 700m!!! que je suis prêt à payer en supplément) le plus navrant, sur l île il y a un centre UCPA là aussi aucun étranger au centre, quand un centre d’une autre île oublie de vous prévenir qu il ne viendra pas car il y a trop de vent ou ne veut pas vous appeler pour vous communiquer l heure de rendez vous car vous avez un n°etranger.Je me suis résigné à ne plus plonger en Méditerranée car c est le seul moment où j y suis présent. Autrement ailleurs dans le monde on vient me chercher et avec le sourire.

    1. Bonjour Eric,

      Quel dommage qu’aucun club ne veuille venir te chercher !
      J’avoue ne pas avoir de solution à te proposer
      Je ne peux qu’espérer qu’un responsable de centre de plongée verra l’article et décidera de te proposer ce détour (si en plus tu payes le supplément )
      Effectivement, à l’étranger j’ai déjà aussi eu l’expérience de clubs qui venaient parfois faire plus d’un quart d’heure de navigation pour venir me chercher sur un petit motu… sans supplément …

  3. Bonjour,
    Je plonge régulièrement autour de Nice avec ou sans club.
    Je suis toujours curieuse de savoir comment les autres plongent (Structures professionnelles, associations, du bord, avec leur propre bateau, avec des amis, des inconnus, seul…), tous les discours sont bon à écouter avant de juger qui que ce soit.
    De ce que j’entends, si le client n’est pas satisfait, il trouvera une autre solution pour plonger, de préférence près de chez lui, même s’il n’y a pas d’autres centres à des kilomètres à la ronde!
    Je ne crois pas qu’il y ait moins de plongeurs, je crois seulement qu’ils désertent certains centres. Et donc, ils deviennent des électrons libres disparus des statistiques.
    Je ne voudrais citer absolument aucune structure, donc je vous dirai simplement qu’en cherchant bien, on peut trouver des centres qui ne sont absolument pas affectés par une quelconque baisse de la clientèle! Bien au contraire!
    Ça prouve bien qu’il est encore possible de travailler, de plonger et de satisfaire le client. Le secret est de toujours être à l’ecoute de la demande même si elle s’eloigne d’un idéal fixé.

    La questions des diplômes obligatoires pour enseigner à titre professionnel est un énorme débat sans fin! Est ce que les conséquences sont les mêmes dans toutes les régions? Bah non!
    Par exemple, entre Marseille et Menton, être dans l’obligation de passer un BP ou un DE n’est pas plus contraignant que n’importe quelles études pour apprendre un métier!
    1. Le CREPS est à Antibes
    2. La région ne manque pas d’habitants
    3. Facilement accessible aux touristes meme pour un court séjour

    Par contre, prenez l’exemple de la Corse. Oui, il y a du tourisme, mais imaginez vous aller vous faire un week-end plongées puis rentrer pour être au bureau le lundi matin… La population insulaire est un peu inférieure à celle de Nice! Ça devient un peu plus compliqué! Et c’est d’ailleurs pour cette raison que les offres d’emploi ne proposent souvent que des contrats de deux mois (juillet-août). Et donc, passer un DEJEPS pendant 11 mois pour ne travailler que deux mois… les conséquences diffèrent complètement de celles du continent où finalement nous n’avons pas trop à nous plaindre! À méditer! 😉

    Bonne bulles!

    1. Bonjour Mélissa,

      Merci pour ton retour réfléchi et instructif
      Effectivement, je pense aussi que si l’on est mécontent d’une structure de plongée, il est toujours possible en cherchant d’en trouver une autre.

      Le problème ne se pose peut-être pas pour la clientèle locale mais peut-être bien pour les clients étrangers et/où les personnes qui font de longs déplacements pour rejoindre le sud.

      Evidemment, si tu fais 1000km et que tu arrives dans une structure sans sens de l’accueil avec des infrastructures parfois presque inexistantes et/ou mal entretenues, même si les plongées sont belles, tu réfléchiras à deux fois avant de renouveler l’expérience… surtout quand tu sais qu’il est moins cher de prendre un billet d’avion pour la Mer Rouge par exemple.

      Comme je n’habite pas le sud de la France et que je voyage régulièrement tout autour du monde, je constate que les services offerts sont très différents dès que l’on passe les frontières

      Aussi, je pense que les professionnels du secteur, même s’ils sont quelque peu « enfermés » malgré eux dans les limites du code du sport auraient néanmoins très certainement beaucoup à gagner à entamer ensemble une réflexion sur l’évolution du métier.

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