Voici pourquoi favoriser la lenteur en plongée

La plongée sous-marine est décidément une activité très particulière qui se pratique dans un milieu non naturel pour les êtres humains. Une des particularités est la recommandation portant sur la réduction voir l’absence d’efforts durant l’exploration et sur une certaine éloge de la lenteur en plongée.

On nous le répète suffisamment tout au long de nos formations de plongée : ne pas faire d’effort pendant et après la plongée car la plongée sous-marine en mode loisir est une activité lente par excellence.

Mais pourrait-on aller jusqu’à faire un éloge de la lenteur en plongée ?

C’est la question qui a été posée aux membres du groupe Formation de plongée, astuces et autres petits plaisirs « l’éloge de la lenteur en plongée, vous en pensez quoi ? »

Majoritairement les membres se sont dit favorables à une pratique de la plongée sous un rythme tout doux. Certains se définissent comme des fans inconditionnels de la lenteur en plongée pendant que d’autres se demandent comment on pourrait faire autrement ou en font une véritable philosophie de club version ZEN

La lenteur en plongée vue par les membres du groupe

  • La plongée n’est pas un sport extrême, c’est un sport zen
  • La plongée est un sport de fainéants : moins on en fait, mieux c’est !
  • Je ne vise pas le record de distance parcouru avec palmes ; ceux qui veulent aller vite peuvent aller vers la nage avec palmes ou éventuellement la plongée sportive en piscine
  • Bien sûr, en cas de problème, si mon binôme se dépêche, ce n’est pas grave 😉
  • Je suis tellement lent qu’à la fin, ce sont mes clients qui me guident
Une plongeuse entre dans un banc de poissons
© DifferentDive | DDIVE

Un côté contemplatif largement apprécié

  • Une belle plongée est une plongée où l’on se pose, où on prend le temps d’observer, d’apprécier notre environnement
  • C’est un sport contemplatif, méditatif pas une activité pour se défouler.
  • Aller jusqu’à l’immobilisme complet pour s’intégrer à l’environnement ; les poissons peuvent aller jusqu’à venir taper sur la vitre du masque ou sur le détendeur
Un poisson clown dans une anémone
© DifferentDive | DDIVE

Les avantages de la lenteur

  • Pas besoin de speedy gonzales pour nous faire des essoufflements, laissons-nous porter par le courant, le bateau viendra nous chercher
  • La lenteur permet de ne pas « rater » des choses tant d’un point de vue faune et flore que du point de vue des sensations (équilibre, jeu avec son poumon ballast,…)
  • Avec l’âge, certains apprécient la lenteur qui correspond mieux à leur rythme
  • Pour d’autres,  le plus dur est l’enfilage de la combi (voir ce néoprène qui rétrécit), le reste se fait tout en douceur quand on prend le temps
  • En allant lentement, on augmente nos chances de faire une plongée plus longue
Une murène cachée dans un corail
© DifferentDive | DDIVE

L’intérêt de la lenteur en plongée expliquée au travers :

  • D’un voyage en voiture : « à grande vitesse sur autoroute on ne voit pas les coquelicots mais dès qu’on est dans un bouchon on les aperçoit et si on est à l’arrêt et en s’approchant on peut y voir les coccinelles et en les observant on peut les voir manger les pucerons» – Serge.
  • D’une cueillette de champignons : « la vie sous-marine c’est comme la recherche des champignons à vouloir aller trop vite on marche dessus» – Christian
Un plongeur se dirige vers la sortie de l'eau à la faille de Silfra
© DifferentDive | DDIVE

Nous n’avons relevé que des avantages à pratiquer la plongée sur un mode « lent » et contemplatif. Inutile de se stresser ou de se laisser contaminer par le stress des autres qui peut aussi être contagieux… toujours plonger en toute sécurité et avec plaisir.

Alors, la prochaine fois qu’un de vos binômes vous presse, vous incite à accélérer, n’y prêtez pas attention si aucun danger ne vous menace et prenez le temps, votre temps, pour développer ce truc infaillible pour faire de chaque plongée un moment magique. Et la fois suivante, veillez bien à vous entourer des plongeurs qui profitent (plus intensément et plus fort que les autres)

Comment vous qualifiez-vous en plongée : lent ou super-actif ?

Postez un commentaire directement ci-dessous pour partager avec toutes et tous votre vision de la vitesse en plongée

Et surtout… n’oubliez pas d’être heureux / heureuses 🤗

Hélène

Envie de participer tous ensemble à la grande aventure des articles participatifs ? C’est sur le groupe Formation de plongée, astuces et autres petits plaisirs que cela se passe

  1. Il nous arrive même de faire une sieste sous l’eau. On se pose dans les posidonies, 5-6 mètres sous le bateau, et on s’endort 🙂 🙂

    1. Faire une sieste dans les posidonies, est-ce une bonne idée ?
      Il me semble qu’elles sont relativement fragiles et menacées, non ?

  2. Étant photographe, la lenteur ça me connait! Quoi de plus jouissif qu’un copain qui vous dit : j’aimerais bien savoir plonger comme toi! Je suis initiateur et chaque fois que je fais un baptême, mes premiers mots sont toujours : restons zen, la plongée est un sport de fainéant, c’est pour ça que je la pratique ! Comme me dit un autre ami plongeur, je palme avec mes oreilles. Et je retiens la formule de Steven Weinberg, elle résume à elle seule toute la philosophie de la plongée.

    1. Bonjour François,

      Les plongeurs photographes sont souvent des spécialistes de la plongée lente. Perso, je suis une contemplative de nature alors quand j’ai un appareil photo en plus… 🙂
      Steven Weinberg est plein de bon conseils et quelle histoire

  3. D’abord, il y a l’effort : monter le bloc, enfiler la combi, s’équiper. Ensuite, vient le réconfort : la plongée, dans un état contemplatif, proche de la méditation.

    1. Bonjour Anne,

      Tout comme toi, la plongée me plonge (c’est le cas de le dire) dans un état contemplatif proche de la méditation. Et bizarrement, je ressors quasi toujours de mes plongées en ayant vu des tas et des tas de choses merveilleuses

  4. Moi aussi, je suis super lent (ou pas) : je suis photographe, donc je peux aller très vite pour me rapprocher d’un sujet… puis passer toute la plongée sur une murène ou un nudibranche. Mon ami Steven Weinberg a même développé une théorie sur le sujet : « plus on bouge, moins on voit ». Essayez un jour de vous poser (dans je sable, sans rien abîmer) pendant toute votre plongée : étonnant…

    1. Bonjour Robin,

      « Plus on bouge moins on voit »… à mon avis, ton ami Steven Weinberg a bien raison. Il faut dire qu’en plongée, il a un peu (beaucoup-énormément) d’expérience en la matière 😉
      Mais tu as raison de préciser que le photographe sous-marin peut aller très vite et puis très lentement même si la plupart du temps en plongée il va plutôt (très) lentement

  5. Sympa l’article, Hélène – Je me dis que je vais l’intégrer dans le site de notre club Chinon Plongée! C’est vrai que dans nos clubs associatifs du centre, on plonge bcp (trop) en carrière… et vu qu’il n’y a rien à voir (ou si peu), on a tendance à faire le tour, main droite ou main gauche, on s’en fout à condition de revenir au point de départ. On apprend donc à palmer, et c’est quand même une habitude qui est difficile à perdre….

    Mais j’aime aussi la plongée cool, la dérivante, à attendre le requin qui passerait (peut-être) … là, on ne palme plus, on admire – et je me suis demandé si on ne devrait pas faire des plongées dérivante… en carrière? Fou? Sûrement, mais avec qqs croquettes pour attirer les carpes ou l’esturgeon, on pourrait commencer à apprendre à nos pauvres palmipèdes une autre façon de plonger… 😀

    T’en penses?

    1. Bonjour Charles,

      Faire le tour main droite ou main gauche : tu me fais rire car je vois bien ce que tu veux dire par là. Pourtant, que ce soit en mer ou en carrière, je plonge toujours aussi lentement et trouve lors de chaque plongée une raison de prendre mon temps. Souvent, il s’agit juste du fait d’être là en plongée tout simplement.
      Et comme je plonge majoritairement en milieu obscur (et pourrait-on dire inhospitalier ?), je me contente d’un palmage de type frog kick (donc lent) que je garde finalement toute l’année partout où je vais.

      La dérivante en carrière est un concept… particulier 😉

  6. Lent vu que je pratique la photo et vidéo…Il faut apprendre à voir…les détails de la vie sous-marine. Je suis un vieux de la vieille plus de 50 années de plongés !…et je ne suis pas encore rouillé ni épuisé…

    1. Bonjour Paul,

      La lenteur doit quelque part être une des caractéristiques des amateurs de photos et de vidéos sous-marines : prendre le temps et observer.
      Bravo pour tes plus de 50 ans de plongées… respect 🙂

  7. Mon épouse et moi sommes super lents. Les plongeurs photographes nous adorent et grâce à eux nous obtenons souvent de superbes clichés de nos plongées et nous nous en faisons des amis. Nous sommes le martyr des moniteurs et dive masters stakhanovistes, car ils doivent nous attendre et si la plongée est de 60’ max et bien c’est à 58’ que nous remontons sur le bateau avec +50 bars de réserve. Moment réjouissif que celui de voir leur mine renfrognée ! 🙂

    1. Bonjour Xavier,
      Lorsque je lis ton commentaire, j’ai l’impression que tu parles de la palanquée que nous formons mon binôme et moi-même : rythme lent, remontée sur le bateau à 58′ avec plus de 50 bars, … et des souvenirs de plongée plein la tête.
      La seule différence ? J’aime faire des photos également 😉

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